Vigne

Syndicat viticole de Colmar-Houssen

Pour une cohésion « sans faille » de la profession

Publié le 17/03/2019

La dernière assemblée générale du syndicat viticole de Colmar-Houssen a mis en exergue la nécessité, pour la profession viticole alsacienne, de rester « unie » afin d’assurer l’avenir du vignoble.

La viticulture alsacienne a le « tapis rouge » devant elle. Pour l’emprunter, une seule condition aux yeux d’André Ducros, président du syndicat viticole de Colmar-Houssen, et de Gilles Neusch, directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace : la « cohésion sans faille » de l’ensemble de la profession. « Nous devons anticiper et être capables de voir plus loin que demain. La pérennité de notre vignoble en dépend », prévient André Ducros. Les certitudes d’hier ont laissé la place à des interrogations tenaces. Celles liées aux changements climatiques en premier lieu. « Les aveugles veulent continuer comme si de rien n’était. Mais force est de constater que nous sommes face à des changements notoires. Quand j’ai démarré mon activité en 1978, les vendanges démarraient rarement avant le 20 septembre. On était la seule région à avoir un droit de chaptalisation. L’acidification était interdite. Maintenant, le vigneron doit suivre de près la maturation des raisins pour éviter que ses gewurztraminers ne dépassent les 15 degrés. De plus en plus de dérogations sont déposées pour faire face à la dégradation plus rapide de l’acidité. Le profil de nos vins évolue et nous devons évoluer aussi », souligne le président du syndicat viticole de Colmar-Houssen. La maîtrise d’hier a laissé la place aux doutes d’aujourd’hui. Si les vers de grappe se font plus discrets, d’autres maladies font leur apparition, obligeant la profession viticole alsacienne « à se remettre en question ». Autrefois qualifié de septentrional, le vignoble rhénan « risque fort » de devenir un vignoble méridional. « C’est une réalité à prendre en compte et à assumer. Tout comme le fait que nous évoluons dans une société rapide, changeante et instable. Dans ce contexte, nous ne pouvons plus nous asseoir sur nos vieux modèles et attendre que ça passe tranquillement. » La cohabitation avec les riverains et des promeneurs doit désormais être abordée « sans fard » tandis que la remise en cause doit se faire « dans la douceur ». Sans compter la flavescence dorée qui frappe aux portes de l’Alsace (lire en encadré) et qui doit être prise « très au sérieux » selon André Ducros. « On a été trop timide jusqu’à maintenant » Les dangers qui guettent le vignoble alsacien sont aussi (surtout ?) présents en interne. Il y a certes les problèmes de climat et de sécheresse inhérents, mais il y a surtout le « risque de ceux qui rêvent d’une Alsace à deux vitesses, déplore André Ducros. Il faut chasser du paysage les esprits étriqués et partisans qui ne prêchent que pour leur paroisse. Le cœur de nos objectifs doit être une juste rémunération des raisins. Alors faisons attention à ce qu’une bouteille AOC ne se vende pas sous les 9 €, et pas au-dessous de 15 € pour les grands crus. C’est comme cela qu’on pourra rentrer à nouveau dans le club des grands vins français. Ce n’est pas avec des prix trop bas qu’on peut augmenter les ventes. » Gare à l’excès d’inflation cependant. Pour assurer la « reconquête » du marché français, il ne faudra pas appliquer d’augmentation « trop forte », annonce Gilles Neusch. « C’est clair que nous avons un peu de marge devant nous. Mais faisons attention quand même, car il y a un seuil à partir duquel le consommateur ne suit plus. Il va falloir y aller étape par étape. » Au vu des chiffres présentés par le directeur du Civa, le prix moyen de l’AOC alsacien est en effet loin d’être ridicule par rapport aux autres vignobles français. À 7,85 € HT en moyenne, seule la Bourgogne valorise mieux à l’heure actuelle ses vins blancs. L’Alsace se situe en seconde position à 5,74 €, puis le Bordelais à 5,05 €, et enfin le Val de Loire à 4,74 €. Idem pour le crémant d’Alsace dont le prix moyen se situe dans le haut du panier des AOP effervescents. « L’essentiel est de vendre à bon prix. Et pour cela, il va falloir faire bien mieux que nos concurrents en matière de valorisation. On a été trop timide jusqu’à maintenant », souligne Gilles Neusch. Le temps des clients qui venaient en cave pour remplir les coffres des voitures est révolu. On est entré dans l’ère du zapping facilité par la démocratisation d’internet. Un consommateur peut comparer les viticulteurs en ligne, lire des blogs « d’expert », trouver le vin idéal au bout de son smartphone. Le directeur du Civa poursuit : « On s’est endormi sur nos réseaux historiques. Maintenant, nous devons nous réveiller. Tous ensemble. Nous avons des atouts que tout le monde rêverait d’avoir et des faiblesses qui ne sont qu’alsaciennes. Le premier concurrent de l’Alsace, c’est l’Alsace elle-même. Il faut arrêter avec ça et désormais s’attaquer à nos vrais concurrents. Les opportunités sont là. Il n’y a que nous qui pouvons décider de les saisir. » Le tapis rouge attend.

Publié le 17/03/2019

L’année a commencé sur les chapeaux de roues pour la confrérie Saint-Étienne. Déjà plusieurs chapitres ont eu lieu, dont trois à l’étranger. Jean-Louis Vézien, nouveau Grand Maître, et sa Major, Céline Stentz-Koch, ont annoncé le programme chargé, et déjà bien entamé donc, des rendez-vous de la confrérie pour 2019, gravitant autour du thème de « l’universalité des vins d’Alsace ».

Entouré de ses prédécesseurs, Martine Becker et Pascal Schultz, le Grand Maître de la confrérie Saint-Étienne pour l’année 2019, Jean-Louis Vézien, a détaillé à l’occasion d’une conférence de presse le programme de l’année, marqué par les traditionnels chapitres au château de Kientzheim et à l’étranger, des ateliers ouverts au public et l’incontournable vente aux enchères (lire en encadré). À ajouter à cela, la Foire aux vins de Colmar et le grand rassemblement des dix confréries viniques d’Alsace, le 21 juillet, avec le défilé dans les rues de Strasbourg. 2019 a été placée sous le signe de l’universalité, un thème cher à Jean-Louis Vézien. Ancien directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), le Grand Maître a voué sa carrière aux vins d’Alsace. Une passion qui continue à l’animer dans ses nouvelles responsabilités. « Par la richesse et la diversité de la gamme, les vins d’Alsace sont faits pour s’accorder à toutes les traditions culinaires du monde, a-t-il expliqué. Ils bénéficient d’une singularité due au climat qui permet de conjuguer la maturité et l’intensité aromatique, deux qualités qui s’excluent l’une l’autre habituellement. C’est pour cela qu’ils sont inimitables ! » Parmi les moments forts à venir, la Major Céline Stentz-Koch a mis en avant le voyage des jeunes, qui n’a pas eu lieu depuis 19 ans. « Durant mon mandat, j’ai souhaité réitérer ce projet qui doit rapprocher les personnes, a-t-elle souligné. Nous irons quatre jours dans le Piémont italien. En dix ans, cette région, longtemps fermée au public, a réussi à développer une route des vins. C’est un bel exemple pour l’Alsace qui a un fort potentiel œnotouristique. » Enfin, elle a insisté sur la vente aux enchères. Pour la confrérie, il est encore difficile de faire reconnaître la faculté des vins d’Alsace à se complexifier et se bonifier, et donc à prendre de la valeur avec le temps. Céline Stentz-Koch a salué cet événement comme « un moyen de faire profiter les amateurs des trésors de notre œnothèque et de trouver une autre source de financement pour les rénovations du château ». Jean-Louis Vézien en a ainsi profité pour placer quelques mots sur un autre objectif de la confrérie, en plus des activités proposées : la préservation et la valorisation du château du village de Kientzheim (68) qui accueille 15 000 personnes chaque année. Seule confrérie propriétaire d’un monument historique, Saint-Étienne souhaite voir les liens se renforcer avec la ville, le musée du vignoble et des vins d’Alsace voisin et le Civa, pour le développement de l’œnotourisme. « Le château de Kientzheim n’est pas réservé aux initiés. Nous avons beaucoup de secrets mais nous voulons les partager, a affirmé le Grand Maître. Nous voulons que les Alsaciens s’approprient ce lieu. » Déjà proposées à la location pour divers événements, les salles du château sont appelées à s’agrandir, selon Jean-Louis Vézien, qui rêve de construire « une nouvelle salle moderne pour l’œnotourisme ». L’heure des bilans pour Martine Becker Pour la Grand Maître sortante, Martine Becker, l’heure est au bilan après une année de mandature. Pour conclure sur le château de Kientzheim, elle a rappelé leur participation au Loto du patrimoine 2018 : « Le Grand Maître précédent avait constitué le dossier, j’ai serré la main de Stéphane Bern et d’Emmanuel Macron, et c’est mon successeur qui recevra la subvention ». Cette loterie a aussi offert une nouvelle visibilité au monument qui a accueilli 350 personnes à l’occasion de la Journée du patrimoine. Martine Becker a tenu à saluer l’investissement des membres de la confrérie : « les anciens Grands Maîtres et les bénévoles, un noyau de 100 personnes » se sont vraiment investies, a-t-elle précisé. Parmi les moments forts de l’année, elle retient la soirée accord vins et mets autour de la gastronomie japonaise, qui a eu droit à une seconde édition tellement elle a plu. « Cela a permis de montrer l’ouverture d’esprit et à quel point nos vins pouvaient s’accorder à tous les mets ». Enfin, elle a souligné la réussite du premier chapitre à l’étranger 2019 à l’ambassade France à Berlin. « Ça a été incroyable, s’est-elle réjouie. Nous avons pu reprendre contact avec des membres de longue date lors de cette soirée mémorable. » Portée par une équipe qui se renouvelle d’année en année, 2019 a ainsi commencé sous de bons augures et promet de continuer sur cette envolée.

Publié le 14/03/2019

Beaucoup de viticulteurs étaient présents, jeudi 7 mars dans la salle communale de Saint Hippolyte, pour le VitiTour des établissements Armbruster. Une soirée innovante avec les présentations de Movida, un modèle de prévision du risque mildiou, des robots Naïo Technologies et de Vinewiew, des drones pour cartographier les parcelles en viticulture de précision.

En introduction, Aymé Dumas, responsable du service technique viti chez Armbruster, a présenté les résultats encourageants de Stopesca, un charbon actif à badigeonner sur les plaies de taille, qui neutralise les toxines du champignon. Également présenté, QualiDrop, un outil de mesure de la qualité de couverture de pulvérisation. Movida est un outil d’aide à la décision de traiter en fonction de l’évaluation du risque mildiou ou oïdium. Il table sur un modèle mathématique qui intègre nombre de paramètres, dont les données météorologiques à l’échelle de la parcelle, la phénologie du pathogène et celle de la vigne. L’outil s’articule sur quatre piliers paramétrables, énumère Jacques Louvet de Bayer en charge du développement de Movida : « La gestion de la parcelle ; le risque maladie - sensibilité de la parcelle ; la croissance de la vigne - sa physiologie ; et la météo ». Movida répond à deux enjeux principaux : « Obtenir une récolte saine et sans résidus d’intrants ». En pratique, sur son smartphone, le viticulteur voit ses parcelles cartographiées avec une punaise de couleur rouge, orange ou verte, qui lui indique la nécessité ou non de traiter. Il faut compter 150 € par an pour 10 parcelles. Naïo Technologies est une entreprise toulousaine qui développe des robots. Créée en 2011, elle compte aujourd’hui 50 salariés et propose quatre robots : Dino, Oz, Ted et Jo. À ce jour 100 robots Oz, pour le désherbage en maraîchage, ont été vendus, une vingtaine de Dino pour le maraîchage en planches. Ted et Jo s’adressent à la viticulture. Pour les vignes larges, Ted, un enjambeur qui dispose de 8 heures d’autonomie, certifié pour sa fiabilité, combine trois systèmes de guidage GPS, laser et caméra. Ce robot admettra des outils de désherbage mécanique classiques. Et en projet sur ce robot, un appareil à traiter hyper-bas volumes. « Notre vraie problématique est de voir comment ces robots vont s’intégrer avec les humains dans les exploitations », explique-t-on chez Naïo Technologies. Troisième présentation lors de cette soirée, Vineview qui propose une cartographie des parcelles pied par pied, au moyen d’un drone qui renseigne sur la vigueur et les manquants. Il en résulte de multiples applications en viticulture de précision et en œnologie de précision pour la sélection intra ou extra-parcellaire, sur la base de ce zonage de la vigueur.

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