Vigne

Publié le 24/03/2019

La cave de Cleebourg vient de lancer Clero Randonneur, le premier représentant de la gamme Clero, destinée à être déclinée en quatre cuvées au fil des saisons.

Vous ne le saviez peut-être pas, mais les Cleebourgeois sont des sangliers. Un sobriquet qu’ils doivent au fait qu’autrefois ils allaient à l’église en sabot. Un symbole qui leur est resté. Et que la cave de Cleebourg a décidé d’utiliser pour illustrer sa nouvelle gamme. Et tant qu’à faire honneur au village dont est issu leur vin, elle a décidé de baptiser cette nouvelle cuvée Clero, du surnom du village. Frédéric Orth, directeur de la cave, raconte la genèse de Clero : « Nous étions en train de renouveler toute notre gamme d’étiquettes, mais nous n’étions pas emballés par ce que nous proposait l’agence de communication, alors nous nous sommes mis autour de la table en interne, et nous en avons discuté. » C’est ainsi qu’est née la gamme Clero : les pieds ancrés dans son terroir. Il est vrai qu’une agence de communication parisienne n’avait peut-être pas toutes les références nécessaires. Quoi qu’il en soit, ce renouvellement du packaging de la cave a été saisi comme une occasion de présenter de nouveaux produits. Quatre vins pour quatre saisons Avant Clero, la cave de Cleebourg proposait deux produits saisonniers : la cuvée Fleur de printemps, pour ouvrir le millésime. Et L’Aurore, un rosé pour l’été. À ces deux produits s’ajoute donc la cuvée Clero, ou plutôt les cuvées Clero, puisqu’après la version Randonneur - « un auxerrois mis en bouteille précocement, qui présente un côté floral, printanier », décrit Olivier Kreutzberger, le maître de chai -, il y aura Clero Baigneur, un frais rosé d’été qui sera lancé début mai, puis Clero Chasseur, un pinot gris à même d’accompagner les gibiers, et enfin Clero Skieur. « A priori, ce sera un assemblage, idéal pour accompagner les fêtes, les soirées aux sports d’hiver en famille ou entre amis », précise Olivier Kreutzberger, même s’il ne sait pas encore de quoi sera fait cet assemblage. Désacraliser le vin Le premier né de la gamme, le Randonneur donc, a clairement été motivé par le boom des marches gourmandes. « C’est un vin parfaitement adapté pour y prendre part », estime Frédéric Orth. Mais, avec Clero, la cave de Cleebourg s’adresse aussi clairement aux jeunes consommateurs. « Ils parlent comme ça, avec des diminutifs. Nous avons voulu faire une gamme de vins faciles à boire, simples et gourmands à la fois, avec pour objectif de désacraliser le vin. » C’est sûr qu’une étiquette avec un sanglier équipé de chaussures de marche, d’une chemise à fleurs et d’un rouk-sac, ça fait bien moins guindé qu’un château.

Publié le 23/03/2019

120 hectares, 23 déclarants de récolte, 9 metteurs en marché, dont 6 en bio et un certifié Haute valeur environnementale, un grand cru Bruderthal, trois coteaux - le Finkenberg, le Schaefferstein et le Hahnenberg de Molsheim - en demande de reconnaissance en premier cru : les vignerons de Molsheim, dont le syndicat viticole est présidé par Henri Kaes, affichent de l’ambition culturelle pour leurs vins.

De la consommation courante à l’acte culturel. Les vignerons de Molsheim ne ménagent pas leurs efforts pour faire valoir la qualité de leurs vins et de leurs coteaux en particulier. Ils tenaient leur assemblée générale au restaurant de l’hôtel Diana, le 13 mars dernier, autour d’un repas gastrovinique, concocté par le chef Frédéric Malaisé, et agrémenté des crus en devenir. Une assemblée générale dans une ambiance décontractée, même si les sujets abordés étaient extrêmement sérieux : rendements 2019, liste des cépages, assemblages, riverains des vignes, et préparation des manifestations viniques d’envergures régionale et nationale. Assemblage ou monocépage Henri Kaes cède la présidence de la gestion locale du Bruderthal à Jérôme Neumeyer. Hommage a été rendu au travail de Bernard Weber et Gérard Neumeyer, ainsi que de Philippe Heitz pour avoir obtenu la reconnaissance en 1992. Julien Boehler relève cette incohérence : « La variable entre les grands crus, ce n’est pas le cépage, mais le terroir ». Il prend l’exemple du Zinnkœpflé : les vignerons se sont accordés sur deux versions, l’une liquoreuse et l’autre en sec, à l’exclusion de la mention des cépages. Ils deviennent juste une mention informative et qui n’est plus identitaire. Mais Jérôme Neumeyer estime que le cépage est un marqueur de terroir, en particulier le riesling. Faut-il alors ajouter une déclinaison supplémentaire d’assemblage à l’offre des cépages et rendre l’offre encore plus complexe ? Julien Albertus estime que la complexité de l’offre n’est pas un frein au marché, bien au contraire. Comme pour le Zinnkœpflé, le cépage, qui ne serait plus la variable identitaire du terroir, deviendrait néanmoins un élément informatif sur la contre-étiquette, jugé nécessaire certes, mais plus en tant qu’élément protecteur de l’appellation… Faut-il stabiliser, voire diminuer, les rendements ? Le syndicat viticole se demande s’il faut diminuer les rendements d’appellation compte-tenu des problèmes d'écoulement de stocks sur  le marché du vrac. « L’idée serait surtout de baisser dans une perspective de produire mieux », dit un vigneron, car « la question est de valoriser nos productions ». Mais cette décision hypothétique de diminution ou de maintien des rendements reste suspendue au fait que « 60 % des volumes de vins d’Alsace sont dans les mains de dix opérateurs », fait remarquer un autre vigneron. Étiquetage sec, demi-sec, moelleux, liquoreux Un loup juridique a été soulevé, car l’actuelle réglementation qui encadre la sucrosité du riesling ne permet pas de replier un riesling grand cru en riesling AOC Alsace. La réalité du débat est de savoir s’il faut informer le consommateur par l’étiquette sur la teneur en sucrosité contenue dans le vin. Les vignerons s’interrogent : ces mentions européennes porteront-elles préjudice ou valoriseront-elles l’image du vin ? Ou inversement amélioreront-elles les ventes par une meilleure lisibilité de la sucrosité du contenu ? Phytosanitaires - riverains Les millésimes 2017 et 2018 se caractérisent par « peu de pression sanitaire et pas de soucis identifiés avec les riverains ». Henri Kaes en appelle au bon sens des bonnes pratiques, comme « ne pas poudrer le samedi à 11 h 30 ». Il invite aussi à nouer contact avec les riverains et plus largement les Molsheimois, à « privilégier les relations de bon voisinage. On est en position favorable à Molsheim » en raison de la configuration parcellaire et globalement des Molsheimois compréhensifs, même si des questionnements se font de plus en plus nombreux.

Publié le 22/03/2019

La presse nationale et régionale s’est fait écho des fameux amandiers en fleur de Mittelwihr et Beblenheim. Marie-France Siegler, vigneronne à Mittelwihr, avec la complicité de Jean-Jacques Mauler, vigneron retraité et conservateur de ce patrimoine millénaire, souhaite sensibiliser les vignerons à cet arbre unique sur son terroir du Mandelberg.

La légende dit que c’est le long de la voie romaine traversant les coteaux de Beblenheim et Mittelwihr, que Charlemagne ou ses troupes auraient laissé des amandes. Quoi qu’il en soit, les amandiers du Mandelberg sont une variété locale qui résulte d’une adaptation multiséculaire, unique en Europe, ayant la propriété de fleurir si tôt au sortir de l’hiver qu’aucun autre arbre ne peut rivaliser de précocité. Le contraste paysager de ces coteaux ornés de fleurs d’amandier sur fond de couleurs hivernales est saisissant. « Un paradis pour les chasseurs d’image. » Mais ce coteau du Mandelberg n’a presque plus de rapport aux amandiers que son nom. Car depuis 50 ans, la mécanisation viticole a peu à peu décimé ce patrimoine variétal, pourtant si identitaire du terroir. Les arbres qui ornaient les vignes et les chemins du Mandelberg ont été coupés pour laisser passer les engins. Sauf qu’un ancien vigneron, Jean-Jacques Mauler s’échine chaque année à replanter une quarantaine d’arbres à partir des boutures qu’il fait pousser. Sensibilisée par cette volonté farouche de « faire revivre ce patrimoine », Marie-France Siegler, vigneronne sur le Mandelberg, remue ciel et terre depuis quelques semaines pour faire redécouvrir ce spectacle saisissant des amandiers en fleur. France 3, les quotidiens régionaux et même nationaux comme Le Parisien sont venus filmer ce spectacle, interviewer Jean-Jacques Mauler et goûter aux amandes sur kougelhof, accompagné d’un mandelberg. Une amande qui a une autre caractéristique : sa coque d’une remarquable robustesse. Pour découvrir les amandiers, goûter aux amandes et aux vins des amandiers, contactez Marie-France et Joël Siegler au 06 08 12 94 12 ou siegler-kuster@orange.fr.

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