Vigne

Niess Viti à Dambach-la-Ville

Affluence record dans les vignes

Publié le 04/04/2019

Beaucoup, beaucoup de monde lors des démonstrations Niess Viti à Dambach-la-Ville, mercredi 27 mars. Au programme, les outils de désherbage et d’entretien du cavaillon Clémens et les pulvérisateurs Lipco avec leur panneaux récupérateurs.

Les opérations « saison morte » chez Niess Viti ont été plutôt dynamiques, avec près d’une quarantaine de châssis Clémens et les outils adaptables pour le désherbage mécanique et l’entretien du cavaillon. Environ 200 vignerons et viticulteurs ont répondu à l’invitation de Gérard Jacquat et ses collaborateurs pour découvrir en action la panoplie d’outils Clémens, la lame Radius, les double disques émotteurs Rollhacke, les bineuses à doigts que Kress fabrique désormais spécifiquement pour Clémens, le tout monté sur les châssis  SB Compact, SB 2 ou Hexagon. Les vignerons cherchent désormais activement des solutions de substitution au désherbage chimique, souhaitées ardemment par la société civile pour des produits ludiques ou culturels, tel que le vin. Ce qui explique le succès rencontré par les équipes Niess Viti, qui répondent présent sur ce marché, accompagnées de Clémens depuis 2013. Manfred Niess toujours bien présent sur les manifestations ne pouvait que constater l’affluence énorme ce mercredi matin dans les vignes entre Dambach-la-ville et Blienschwiller. Au programme également, les pulvérisateurs Lipco, sans doute l’un des opérateurs les plus anciens du marché des pulvés à proposer des panneaux récupérateurs. Des pulvé extrêmement bien pensés agronomiquement pour limiter le tassement avec des double-essieux, des panneaux dont l’encombrement en tournière a été limité par un système de levage et bien sûr une efficacité de récupération qui confine le traitement. Sans doute l’une des solutions les plus envisageables dans les zones sensibles à proximité des habitations. Les panneaux Lipco récupèrent ainsi jusqu’à 70% des volumes en début de végétation et 40 % ensuite. Au point que certains viticulteurs proposent un aménagement avec les panneaux devant le tracteur et la cuve derrière pour plus de maniabilité… « On sait déjà faire avec le rognage.» Bref, les équipes Niess sur le terrain, sont bien décidées à accompagner les viticulteurs confrontés à de nombreux défis sociétaux et écologiques.

Publié le 04/04/2019

En dix ans, la maison de négoce Biecher a réduit de deux tiers ses achats de vins d’Alsace. Ses fournisseurs actuels, mais encore plus futurs, sont invités à offrir de plus en plus de lots de vins bio.

Sur douze vins présentés dans une niche près de l’accueil des vins Biecher, quatre viennent d’Italie, quatre autres de Californie et les quatre derniers de Gascogne. Aucun d’Alsace. Un signe ? « En 2008, nous achetions encore 60 000 hl de vins d’Alsace. Aujourd’hui plus que 15 000 à 20 000 hl selon l’année. Ce volume restera à ce niveau à l’avenir. Nous nous sommes détachés de l’Alsace car la production y est trop instable. Une telle variabilité crée une concurrence avec des prix que certains opérateurs pratiquent et sur lesquels nous ne pouvons pas nous aligner. Le yoyo des tarifs décrédibilise les vins d’Alsace aux yeux des acheteurs. Nous ne sommes donc plus que ponctuellement aux achats. Notre campagne vrac pour le millésime 2018 est bouclée. Nous avons donné la priorité à nos fournisseurs habituels. Nous avons payé plus cher alors que nous aurions pu acheter pour moins cher », explique Olivier Biecher, PDG de l’entreprise éponyme. En réalité, le négoce est en train de se recentrer sur les vins bio. Il a signé des contrats de trois ans avec une soixantaine de viticulteurs. Ils comportent un prix fixe garanti sur la durée de l’engagement, sans référence à la mercuriale. « L’objectif est de maintenir une rémunération. Ces apporteurs nous fournissent de 6 000 à 8 000 hl/an. Mais si dans cinq ans, ils représentent la totalité de nos vins d’Alsace, ce sera très bien », poursuit Olivier Biecher. Pour l’heure, le négoce ne cherche à augmenter, ni le nombre de ses partenaires, ni ses volumes de gewurztraminer ou de pinot blanc. « On nous en propose trop. En revanche, il manque de riesling bio. J’ai dû limiter certaines ventes pour ce cépage », avoue Olivier Biecher. « Notre développement sur l’Alsace, mais aussi sur des vins d’autres vignobles, passe par le bio. La viticulture conventionnelle n’est pas un axe d’avenir. C’est à la fois ma position personnelle et l’analyse que je fais du marché. L’amateur de vin se préoccupe de ce qu’il consomme, de l’impact de la production sur le milieu. Nous commençons à réaliser des audits de responsabilité sociétale et environnementale chez nos fournisseurs étrangers. Cet aspect va prendre de plus en plus d’ampleur. Les certifications de type HVE (Haute valeur environnementale) sont des initiatives qui valent mieux que rien, mais restent à mes yeux sans intérêt », lâche Olivier Biecher. L’offre du négociant s’est étendue à des vins nature d’origine Alsace mais aussi d’Espagne. Un cahier des charges pour des vins vegan est en cours d’élaboration. « Il y a de plus en plus un réel questionnement sur ce que l’on mange et ce que l’on boit. C’est un vrai sujet de société, une mutation de la manière de penser. Le produit va devenir central ». « L’export a l’avantage d’être un débouché plus stable » Sur les années, la maison Biecher a maintenu son volume d’activité avec une part de vins premier prix en baisse constante. « Nous voyons ce qui se passe sur le marché national, mais de moins en moins. Nous nous adressons essentiellement aux marchés export qui ont été obtenus suite à des opportunités. Ils ont l’avantage d’être des débouchés plus stables ». Ces circuits plébiscitent la capsule à vis qui « garde une fraîcheur incroyable aux blancs ». Ils apprécient les vins bi ou tri-cépages ainsi que les BIB. « Le format de 1,5 litre a le vent en poupe. Il peut se vendre autour des 12 €. Cela correspond à une montée en gamme dans la rémunération du produit », remarque Olivier Biecher. Les vins d’Alsace restent quelque part handicapés par leur conditionnement. « Il m’est impossible de répondre à certains appels d’offre car la flûte Alsace mesure 33 cm de haut alors que le maximum toléré est de 31 cm. » Olivier Biecher est persuadé que d’ici quelques années, le bilan carbone sera un critère d’achat. Et sur ce plan le polytéréphtalate d’éthylène (PET) a une longueur d’avance sur la bouteille. Début 2019, la maison Biecher vend déjà du millésime 2018. « La réalité du marché, ce sont des consommateurs jeunes qui veulent boire les vins de l’année. La demande porte plutôt sur des rouges, bien mûrs, souples, avec 5 à 6 g de sucre. En blancs, on veut des vins frais. Il est donc important d’être sur un millésime jeune. » Pour l’Alsace, Olivier Biecher ne compte pas rentrer dans les vins de terroir ou les futurs premiers crus. « Les vignerons indépendants font ça très bien ! Ce genre de segmentation multiplie les couches. L’Alsace n’a pas besoin de cela pour être difficile à expliquer à l’export. À notre niveau, autant de strates, c’est ingérable. » Les grands crus font exception à cette analyse. La maison Biecher en vinifie 30 000 à 40 000 bouteilles par an à partir d’achats de raisin. « Je n’ai pas de difficultés à les vendre. Et tout leur potentiel est loin d’être exploité ».

Publié le 04/04/2019

La maison Bestheim vient de lancer cinq nouveaux vins et crémants. Leur design décalé et leur conception moderne sont destinés à conquérir un public plus jeune et peu habitué aux produits alsaciens.

« Casser les codes. » L’expression revient dans toutes les bouches, mardi 2 mars, lors de la présentation de la nouvelle gamme de Bestheim. « Hopla by Bestheim » de son vrai nom. Elle aura pour mission de dépoussiérer l’image des vins d’Alsace. « L’idée est de donner des clés d’entrée ludiques aux consommateurs novices », théorise Pierre-Olivier Baffrey, président de la cave. Selon lui, les vins locaux souffrent d’un manque de lisibilité. Avec sept cépages et 51 grands crus, difficile de s’y retrouver pour un néophyte. Ses équipes ont donc décidé de s’écarter de la sacro-sainte notion de cépage. Finis les riesling, pinot et gewurztraminer. La gamme « Hopla » présente un « rouge charpenté », un « blanc sec », un « blanc moelleux », un « crémant brut » et un « crémant rosé ». Plus simple. Plus ludique aussi. Mais attention, ces bouteilles conservent leur AOC. « On a voulu faire quelque chose d'accessible et d’emblématique de l’Alsace », résume Sylvain Kamm, l’œnologue maison. Moustache, cigogne et diamant Le visuel de la gamme se veut également moderne. Pour cela, la coopérative s’est associée aux designers Bretzel Airlines. Le résultat ? « Un design plus Rock’n roll » selon Sylvain Kopferschmitt, cofondateur de l’entreprise strasbourgeoise. Ainsi, les bouteilles sont recouvertes d’une étiquette intégrale. Dites « sleevées ». « C’est inédit en Alsace », témoigne Thierry Rentz, le directeur commercial. Dessus, les dessinateurs ont apposé un maillage en losange sur un fond bleu nuit, la couleur historique de la cave. Surtout, chaque bouteille présente des particularités. Elles ont toutes une couleur différente. Du rouge au blanc cassé. Les vins sont agrémentés de la silhouette d’une hirondelle tandis qu’une cigogne accompagne les crémants. Un pictogramme définit aussi chaque boisson. Le diamant pour le crémant brut. Une moustache pour le « rouge charpenté ». Un cupcake pour le blanc moelleux. « On est en rupture par rapport à ce qui se fait traditionnellement, mais on respecte l’identité de la marque et de l’Alsace », justifie Sylvain Kopferschmitt. Un coffret complète la gamme. Il comprend les cinq bouteilles, un accessoire (en ce moment un rafraîchisseur) et un jeu avec des questions sur la maison Bestheim. De plus, des QR-codes collés à l’arrière des bouteilles donnent accès à des vidéos de Nicolas Rieffel, ancien participant à Masterchef. Le client scanne le code-barres et suit les pérégrinations du présentateur alsacien. « Cela permet de répondre à la recherche d’expérience des consommateurs », explique la coopérative. On n’achète plus du vin juste pour le boire. Mais afin de voyager. Pour un public jeune et étranger Le design et les détails ludiques ont été pensés pour un public jeune. Étranger aussi. « On a l’identité du vin sur la bouteille, commence Thierry Rentz. En France on ne se rend pas compte, mais à l’étranger c’est quelque chose qui marche beaucoup. » Dans de nombreux pays, le client cède à l’achat coup de coeur. Il prend moins le temps d’analyser le millésime, l’appellation, le cépage… D’où l’importance d’un visuel attractif. #DrinkAlsace at #Prowein Few of the great Alsace wines tasted at @ProWein recently Filtered by #ludwig pic.twitter.com/5h2yIpBOfZ — Foulques AULAGNON (@FoulquesA) 28 mars 2019 Afin de simplifier encore plus la lisibilité du produit, toutes les bouteilles sont vendues au même prix. 8,90 €. Les équipes de Bestheim ont prévu entre 20 000 et 40 000 bouteilles pour chaque référence. « On y croit », sourit Thierry Rentz. Reste à savoir si les clients y croiront aussi.

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