Vigne

Publié le 03/06/2019

À Wettolsheim, Aimé Ehrhart joue de sa personnalité exubérante pour transformer l’accueil en échange humain qui enclenche la vente, au caveau comme dans ses excursions chez ses amis.

En ce milieu d’après-midi, ils sont trois couples à se relayer entre le banc et le comptoir du caveau occupé par une forêt de bouteilles aux étiquettes kitsch. Aimé Ehrhart en ajoute une. « Tenez, goûtez-moi ça. C’est une nouveauté », lance-t-il en dévissant la capsule de son dernier-né : un pinot blanc à 11° additionné de gaz carbonique. « C’est du « Spritz ». C’est frais. Il est pensé pour donner l’envie d’en boire même quand il fait très chaud. Un voyage en Italie m’en a donné l’idée », explique Aimé. Sa philosophie peut se résumer en trois mots : étonner, séduire, oser. « Je suis ouvert à tout pour mes clients. Et ils peuvent tout déguster. Absolument tout ! On n’achète pas une paire de chaussures sans les essayer. Le vin, c’est pareil. » Outre les vins de cépage, de terroir, les sélections, le domaine se démarque avec des vins « décalés ». Nés de l’imagination du vinificateur comme le « Plaisir d’Aimé », un pétillant demi-sec aromatisé au dégorgement au safran, au litchi, ou à autre chose, en fonction de l’humeur de l’année. « Tout vin est bon. L’essentiel est de savoir le vendre. Ce pétillant figure au tarif à 5,70 € la bouteille. Il s’adresse davantage aux jeunes, mais c’est toujours un brut », argumente Aimé.     « Il faut faire parler de soi », insiste Aimé pour qui la vente semble avoir toujours été le cadet des soucis. Les particuliers constituent 80 % de ses débouchés. Depuis 2018, le caveau tenu par Claudine, sa sœur, ne ferme que le dimanche après-midi. Le passage y est permanent, « parce que je suis là », rigole Aimé. Il faut dire qu’il n’a pas la langue dans sa poche et qu’il tire les traits d’humour plus vite qu’une arbalète. « Je n’ai jamais fait beaucoup d’export. Mais j’ai passé des jours et des nuits sur les routes, partout en France » explique-t-il. Quand, dans les années 1980, Aimé commence à aider son père Antoine, le vignoble familial ne couvre que 3,5 ha. Il dépasse les 6 ha au décès d’un oncle. Aimé s’installe sur cette surface en 1995 et crée un négoce en 2000. « Il n’y avait rien à louer et je manquais de vin », se rappelle-t-il. Au départ, il achète du vrac, puis du raisin. « Mes livreurs ont tous des surfaces modestes. Ma force a été de leur proposer les services de ma vingtaine de vendangeurs ainsi que la récolte mécanique avec ma propre machine. Cela a créé des liens. Nous formons une grande famille. Eux s’occupent de leurs vignes, moi et mon équipe du commerce. » Une gamme joviale Le domaine propose de l’edelzwicker, du sylvaner, du pinot blanc et du riesling au litre. Hormis les vendanges tardives, aucun vin ne dépasse les 10 €. « Je n’ai pas la clientèle prête à payer plus et je ne la recherche pas », dit Aimé. Depuis 1993, il se déplace sur trois salons en France et deux en Belgique. Il multiplie les présentations de ses vins dans tout l’Hexagone, des soirée où ses relations invitent leurs amis. « Le jour où ces personnes m’ont rencontré physiquement, j’ai vendu le double ! Plus on me connaît, plus on apprécie mes vins. J’ai gagné quand quelqu’un ouvre une de mes bouteilles et que la discussion s’enclenche. On se vend mieux quand on parle de vous que quand on se vend tout seul », estime Aimé. La difficulté est qu’il devrait être sur tous les fronts. Alors comme il ne peut pas se couper en quatre, il envisage d’embaucher à la vente.    

48e Grand concours des vins d’Alsace de Colmar

La révolution...

Publié le 29/05/2019

Le 48e concours des vins d’Alsace, nouvelle formule, s’inscrit dans la stratégie du Civa de reconquérir le cœur des consommateurs de vins d’Alsace. Avec à la clef de ce concours, une sélection de 10 coups de cœurs dont les vignerons verront leur visage affiché à travers une campagne d'affichage dans les grandes agglomérations alsaciennes.

Il n’y a pas que le Civa qui connaît une profonde transformation portée par la nouvelle équipe. Le Grand concours des vins d’Alsace aussi, observe une profonde mutation. L’équipe du Civa au grand complet était à pied d’œuvre mercredi 22 mai pour l’organisation pratique des dégustations. Une organisation méthodique pour reconquérir le cœur des consommateurs. Le tandem Gilles Neusch-Philippe Bouvet à la manoeuvre a accueilli les 250 à 300 dégustateurs. Fait notoire et preuve que quelque chose se transforme dans le vignoble, aucune des places de jury n’était vacante. « On a procédé à deux changements de fond : un jury qui décernera des coups de cœur, et on implique dans les dégustations plus de professionnels de l’aval, restaurateurs, sommeliers, cavistes », introduit le directeur du Civa.   48e Concours des Vins d'Alsace de Colmar : progression en nombre d'échantillons présentés (1020), d'entreprises participantes (102) , de dégustateurs professionnels présents (+ de 200). Nouveauté : la sélection demain de 10 "coups de cœur" parmi les Médailles d'Or #DrinkAlsace pic.twitter.com/RjpWbC9smq — VinsAlsace (@VinsAlsace) 22 mai 2019   Autre fait notoire : Le nombre d’entreprises inscrites augmente de 7 %, «surtout des vignerons indépendants». Et le nombre d’échantillons progresse. Il repasse la barre des 1000 vins en lice. Gilles Neusch y voit un signe fort. « L’objectif, c’est de remettre les vins d’Alsace à la place qu’ils méritent », explique Philippe Bouvet. Mais le vignoble a besoin de se « transformer », car la consommation mondiale de vin stagne. Elle régresse même au plan national. Mais Philippe Bouvet veut voir dans le vin blanc et les alsaces en particulier des raisons d’espérer. Avec des arguments de fraîcheur, de buvabilité, et un haut de gamme des alsaces (avec les chenins de Loire) beaucoup plus référencé que toutes les autres appellations dans les grands restaurants. Mais il s’agit de « reconquérir les cœurs, avec un impératif de cibler un public plus large, qui connaît les vins d’Alsace de nom, mais ne les achète pas. » Et ceci, sans raison particulière pour 40 % d’entre eux. (Chiffres validés auprès d’un échantillon de 2000 consommateurs) « Reprendre du grip auprès des consommateurs » Pour y remédier, Philippe Bouvet recommande de « reprendre du grip » auprès de ces indécis. Cela passe par le story telling. « L’onde de choc » que doit constituer la nouvelle campagne de communication partira du Grand Est, dans des villes, quartiers, lieux emblématiques qui ont une très forte influence et affluence. Avec notamment comme support 4 nouveaux visuels portés sur l’authenticité. Une valeur immatérielle en forte recrudescence auprès de la jeunesse. Un attrait des affiches qui suggère l’importance de la dimension humaine dans les vins d’Alsace, en lien avec des vins de caractère et de forte personnalité. L’élégance des rieslings, la puissance et la délicatesse des gewurztraminers, la brillance des crémants, et la verticalité des grands crus. Et s’agissant du grand concours des vins, il verra 10 coups de cœur attribués « qui valoriseront ce que la filière fait de mieux. Et on le fera savoir par une campagne d’affichage en Alsace qui mettra en lumière les vignerons et vigneronnes lauréats. On finalise le plan média, ce n’est pas anodin», annonce le directeur marketing du Civa.

Publié le 28/05/2019

Wolfberger développe son troisième métier, les liqueurs et spiritueux, après les vins tranquilles et les crémants. Petite revue des derniers projets et investissements du groupe.

Authentique réussite Wolfberger, l’amer bière se réinvente dans une déclinaison d’amers aux arômes naturels de fruits, pour accompagner le renouveau des bières artisanales. À base de fleur de bière, une base d’alcools supérieurs extraits de fleur de bière, d’infusion d’écorce de quinquina et de caramel, l’amer bière est proposé en quatre versions : gingembre, cerise, mandarine et framboise, qui s’ajoutent à l’amer authentique. Cette nouvelle gamme d’amers bière était présentée ce lundi lors d’une « amer party » sur le site de la Fecht à Colmar, à l’ensemble des clients Wolfberger, les restaurateurs et prescripteurs du Grand Est. Dans une ambiance décontractée, signature de la marque, le groupe a présenté également sa gamme de crémants et de vins. Sans donner de chiffre, Bertrand Dufour, le directeur du groupe Wolfberger, observe une croissance de l’activité liqueurs et spiritueux, portée par l’innovation, tournée sur des produits tendance et des arômes naturels à base de fruits. « Contrairement aux AOP, c’est un monde qui ne nous limite pas dans la créativité. Nous sommes en train de construire deux salles blanches, l’une pour la distillation, l’autre pour la liquoristerie. Et le conditionnement sera refait l’année prochaine », indique le directeur. D’autres travaux s’annoncent imminents dans la partie vins et crémants : une cuverie de 30 000 hl supplémentaires toujours sur le site de la Fecht, et dès septembre la construction d’un nouveau vendangeoir à Dambach-la-Ville. « Notre monde évolue très vite, comme en politique, le consommateur lui aussi est bousculé depuis 2-3 ans », analyse Bertrand Dufour. Conséquence, il y a urgence à répondre à ses exigences parfois contradictoires : « Il veut plus de respect du développement durable, et en même temps il veut tout, tout de suite, des produits hyperqualitatifs et en permanence des produits différents. » Pour s’adapter à ces évolutions consuméristes, la transformation de l’entreprise depuis la vigne jusqu’à la mise en marché représente un vrai défi. « On travaille sur de nouveaux cépages, plus économes en eau, tout en conservant la typicité alsacienne, mais en tenant compte du changement climatique. » Un conservatoire des cépages sera installé dès cette année devant la boutique colmarienne sur les conseils de Guillaume Arnold. Il devrait conserver une sélection de vieilles souches de vignes massales des vignerons du groupe pour constituer une banque génétique. À la vigne, Wolfberger encourage les pratiques agroécologiques : 300 ha actuellement sont en semis directs pour stimuler la vie des sols, « nous devons aller plus loin ». Quant à l’entretien du cavaillon, Bertrand Dufour attend beaucoup de la robotique, avec plusieurs essais de robots en cours. Enfin, l’entreprise Wolfberger digitalise sa production : « Il y a beaucoup de choses à faire », note Bertrand Dufour. L’idée est « de limiter les risques psychosociaux et faire en sorte que les salariés se sentent bien dans l’entreprise. » La digitalisation devrait également répondre au défi logistique complexe chez Wolfberger avec plus de 2 500 produits référencés : « C’est un vrai sujet et ça devient le facteur limitant du développement aux États Unis ». Parallèlement, Wolfberger annonce une augmentation de son budget marketing « plus que jamais en 2019 et 2020 sur de la communication à 360°», c’est-à-dire sur l’ensemble des médias.

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