Vigne

Comité des Reines des vins d’Alsace

Un déjeuner royal

Publié le 14/04/2019

Le comité des Reines des vins d’Alsace a organisé récemment un « déjeuner royal » à Riquewihr pour mettre à l’honneur l’actuelle Reine des vins d’Alsace, Margaux Jung, native du village viticole.

Une cinquantaine de convives a répondu favorablement à cette invitation. Nous avons croisé des élus de Riquewihr, des membres de différentes confréries et bien évidemment quelques anciennes reines et dauphines des vins d’Alsace. Ce déjeuner qui a eu lieu au restaurant « La Diligence » a permis au comité des Reines des vins d’Alsace que préside Claudia Renel, de présenter la première cuvée appelée « L’âme des Reines ». Il s’agit d’un Riesling 2017 Côte de Rouffach, réalisé en partenariat avec le domaine de l’école des Sillons de Haute Alsace de Rouffach. Les bénéfices des ventes de cette cuvée ont été reversés à deux associations locales l’année passée lors de la soirée d’intronisation du trio royal 2018 à la foire aux vins de Colmar : « Vivre comme avant » qui soutient les femmes atteintes d’un cancer du sein et l’APEI Centre Alsace (Amis et parents d’enfants inadaptés) qui soutient les enfants en situation de handicap. « Nous poursuivons les ventes des dernières bouteilles et nous allons créer cette année une nouvelle cuvée. Les bénéfices seront à nouveau reversés à ces deux associations », indique Claudia Renel. La soirée d’intronisation du nouveau trio royal 2019 aura lieu le 26 juillet prochain à la foire aux vins de Colmar.

Domaines Schlumberger à Guebwiller

Une journée de dégustation très professionnelle

Publié le 13/04/2019

Alors qu’un nouveau caveau, espace d’accueil et de dégustation, doit ouvrir le 6 mai prochain, les domaines Schlumberger à Guebwiller ont organisé lundi 8 avril leur journée annuelle de dégustation, ouverte à leurs clients professionnels. L’occasion de découvrir le millésime 2018.

« Cette journée professionnelle se veut conviviale. Dans un cadre sympathique, nous pouvons tranquillement échanger avec nos clients professionnels et les remercier ainsi de leur collaboration et de leur fidélité. Nous attendons sur la journée plus de 250 personnes. Ce sont des clients qui viennent de toute l’Alsace, de Franche-Comté et quelques Lorrains. Ils sont distributeurs de notre domaine. Nous échangeons et nous dégustons. C’est une journée désormais bien ancrée dans le calendrier et qui est toujours très appréciée », explique Stéphane Chaise, directeur général des domaines Schlumberger. Autour de lui, toute l’équipe du domaine, la famille Schlumberger et les commerciaux de chaque secteur : Alexandre Bringel pour le Haut-Rhin, Régis Maréchal pour le Bas-Rhin, Hugo Dole pour le Doubs, la Haute-Saône, le Jura et le Territoire de Belfort. Dégustation verticale La dégustation a concerné, en premier lieu, la gamme « Les Princes Abbés ». Cette gamme décline les sept cépages alsaciens. Elle bénéficie pour chaque millésime de raisins issus des Grands Crus. L’occasion d’apprécier le Muscat 2018, le « S » de Schlumberger ou de redécouvrir le Pinot Noir 2016. L’atelier suivant a été consacré à la dégustation des Grands Crus avec le Riesling Saering 2015, le Pinot Gris Spiegel 2017 ou encore le Gewurztraminer Kitterlé 2012. Les vendanges tardives « Cuvée Éric » 2014 n’ont pas été oubliées. Une dégustation verticale de Gewurztraminer « Cuvée Christine » a ensuite été proposée. Un hommage à Christine Schlumberger (1894-1971) qui a assuré pendant presque 20 ans la direction des domaines Schlumberger. Toute la journée, il a également été possible de visiter le vignoble et de profiter d’un buffet orchestré avec les partenaires de la journée : AZ Réceptions à Colmar, les eaux minérales Velleminfroy et le café de la maison Giordano.

Publié le 12/04/2019

À Bennwihr, Julien Minery démarre son domaine en partant de zéro. S’il réalise un rêve d’enfance, celui-ci prend aujourd’hui les allures d’un défi.

Vingt-cinq ans et inconscient Julien Minery ? Pas vraiment. « J’ai abandonné des études d’infirmier pour faire un BTS viti-œno à Rouffach en 2013, d’abord à plein temps, puis en alternance. J’ai enchaîné avec une licence vin et commerce à Colmar. J’ai donc eu beaucoup de temps pour réfléchir à mon projet d’aller du raisin à la bouteille, à mes choix, ma manière de m’organiser et de travailler. Et mes parents me soutiennent à fond » lance-t-il. Son principe ? « Faire les choses dans l’ordre ». En 2016, il signe un CDD d’un an chez un viticulteur proche de Colmar pour acquérir de l’expérience en vigne comme en cave. En 2017, il crée son domaine, le Vignoble des 5 sens, en nom propre sous le régime du microbénéfice agricole. La même année il loue 20 ares. En 2018, une cessation d’activité lui permet d’augmenter sa surface de 1,9 ha d’un coup. En 2019, une nouvelle opportunité se présente. Julien reprend 50 ares d’un même propriétaire, autant que Thierry, son père, coopérateur sur 6 ha. « Il vaut mieux ne pas être trop gourmand au début. Je ne veux pas me laisser dépasser par les événements, mais garder la maîtrise du temps » justifie Julien, d’autant que ses vignes sont éclatées entre Sigolsheim, Bennwihr, Mittelwihr, Beblenheim et Zellenberg. En revanche, Julien n’a pas pu faire l’impasse sur l’équipement. Il achète tracteur, faucheuse, prétailleuse, rogneuse, un pressoir de 12 hl, dix cuves inox de 2,4 à 25 hl et même une petite ligne de mise en bouteille qu’il partage avec un collègue… Il finance le tout par un emprunt sur huit ans. Comme un projet de construction d’un hangar avec un collègue échoue, faute d’accord de la commune, Julien se replie sur une maison avec un peu de terrain en face de chez ses parents. Il aménage sa cave dans un garage de 40 m² qu’il isole pour que la température ne dépasse pas les 14°. Ce printemps, il commence à rénover la demeure. Elle doit accueillir un gîte de six à huit lits. « Mon idée est de développer l’œnotourisme, de diffuser dans les offices de tourisme un calendrier de visite et/ou de pique-nique au vignoble » explique Julien. Tout compris, le jeune homme a investi pour plus de 300 000 €. « Ma banque croit en mon projet » sourit-il. Trouver l’équilibre en cinq ans À la vigne comme en cave, Julien a préféré ne se fermer aucune porte. « Je débute. Je n’ai pas de droit à l’erreur » rappelle-t-il. Il ne se montre pas frileux pour autant. Sa première décision a été d’expérimenter la piloselle. Il en a semé sur le rang en 2017. « La plante concurrence un peu la vigne, sans que cela soit dérangeant. Il me faut en revanche bien travailler les deux côtés du rang pour empêcher qu’elle envahisse tout. Je ferai le bilan au bout de cinq ans » dit-il. Les autres cavaillons sont désherbés deux fois par saison à l’aide de disques crénelés. Le rang travaillé et alterné tous les deux ans voit également passer des disques. Les fils ont été ramenés à 25-30 cm pour « favoriser la qualité ». Julien réfléchit au bio mais n’est pas décidé à franchir le pas. « Je crains les années pluvieuses qui obligent à multiplier les traitements et à tasser un peu plus le sol. Dans un premier temps je vais plutôt m’orienter vers une certification HVE (1). En 2018, quatre sorties avec du cuivre et une spécialité systémique ont suffi à protéger mes parcelles ». Julien vise les rendements des appellations qu’il produit. Il a récolté 14 hl en 2017 et 90 hl en 2018, tout en livrant quelques raisins au négoce pour se faire de la trésorerie. En cave, il sulfite le moût à 2 g/hl et 4 g/hl à la mise. Il levure. « À terme, je m’en passerai peut-être, mais au début je ne veux pas prendre de risque » assure-t-il. Julien pense écouler ponctuellement un peu de vrac, comme cette année une vingtaine d’hectolitres de gewurztraminer du millésime 2018. Il a vendu ses premières bouteilles en mars 2019. « Uniquement grâce au bouche-à-oreille. Des amis, des connaissances, achètent pour me donner ma chance. Ils veulent découvrir. Ils en offrent ou font déguster. Cela démarre doucement » avoue-t-il. « Le commerce me fait un peu peur car je manque de temps pour m’y consacrer. Je dois encore prospecter en restauration et pour des salons ». Le dernier millésime va lui permettre d’étoffer sa carte. Julien prévoit quatorze vins à dominante sec. Il a également élevé en barrique de chêne un auxerrois, un pinot gris et un pinot noir qu’il a conditionnés en bouteille bourguignonne. « Enfant, mon rêve était de devenir œnologue. Là, il devient réalité. Mais c’est aussi un défi. Le risque climatique, le dépérissement des ceps sont des éléments qui m’inquiètent. J’aimerais parvenir à un équilibre d’ici cinq ans avec cinq hectares afin de pouvoir cesser de proposer la prestation de service. Le fait que mes proches, des amis et mes premiers clients me soutiennent, me rassure ».  

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