Vigne

30e édition du Salon des vignerons indépendants

Beau succès en attendant le lancement du Comptoir des vignerons

Publié le 21/02/2023

Au vu de la fréquentation du 30e Salon des vignerons indépendants de Strasbourg, les affaires semblent reprendre. Les vignerons indépendants d’Alsace espèrent que cette réussite préfigure celle du futur Comptoir des vignerons, au cœur de Strasbourg, qui ouvrira le 3 mars.

Les 24 000 m2 du nouveau bâtiment du Parc des expositions de Strasbourg, le PEX, accueillaient pour la première fois les ­550 vignerons exposants du salon des vignerons indépendants. Une surface amplement suffisante pour les 40 000 visiteurs attendus du 3 au 6 février. Reste l’épineuse question des parkings : « Pas de parking, pas de business », a souligné Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants de France (VIF) et vigneron à Fitou, qui insiste sur la question « du confort d’accès », notamment pour retirer les bouteilles après achat. Selon les VIF, les dépenses des 550 vignerons généreraient 2 500 nuitées et 500 000 € de retombées. Et ceci sans compter celles des visiteurs dont la moitié serait étrangère, particulièrement une clientèle allemande et américaine stationnée en Allemagne et venue en bus. Côté business, une première estimation à la louche indique que le « chariot moyen » du visiteur se situerait autour de 400 €, soit au total un peu plus de 15 millions d’euros de CA générés par ce salon de Strasbourg. « Nous ne sommes indépendants que si nous sommes solidaires » Placé sous le signe de la reprise des affaires après les années Covid, ce salon préfigure peut-être une autre réussite : celle du lancement début mars du Comptoir des vignerons indépendants en plein cœur de Strasbourg, place Gutenberg. Cette « ambassade » des vignerons indépendants d’Alsace ouvrira le 3 mars. L’inauguration pour les 75 adhérents est prévue le 7 mars, et une cérémonie plus officielle est programmée pour le 23 mars. La naissance de ce projet attendu est vécue comme un soulagement après quatre années d’une gestation qui a dû surmonter plusieurs péripéties, dont principalement celle du Covid, mais également des difficultés personnelles de santé pour le président du Synvira Francis Backert qui n’en fait pas mystère. Dans une profession des vignerons indépendants où la culture de la différence est un art, réunir autant d’acteurs est une gageure. Elle résulte selon Francis Backert de trois valeurs qui ont guidé cette action : « La solidarité, la résilience et l’anticipation. Nous ne sommes indépendants que si nous sommes solidaires. Et plus nous serons capables d’accepter nos différences, plus nous serons collectivement forts. » Le président du Synvira espère que cet outil donnera l’envie aux jeunes de s’investir dans ce métier qui « permet de créer le produit à son image ».

Concours général agricole des vins

Colmar : l’heureuse exception

Publié le 09/02/2023

Les présélections des vins de la région Alsace du Concours général agricole se sont déroulées mardi 7 février au Parc-Expo à Colmar. 560 échantillons ont été soumis à l’appréciation des membres du jury. Pour les producteurs, l’objectif est de se retrouver en finale le 25 février au Salon international de l’agriculture.

L’ambiance est studieuse dans la Halle aux vins. Les 109 membres du jury sont répartis autour des 31 tables mises en place pour l’occasion. On y retrouve des viticulteurs, des sommeliers, des professionnels du vin, des représentants de l’administration, des étudiants du BTS technico-commercial vins et spiritueux à Rouffach ou encore des membres de la confrérie Saint-Étienne de Kientzheim. « Après ces années difficiles en raison de la crise sanitaire, on sent une certaine effervescence. Les gens sont de retour pour profiter de leur passion et découvrir de beaux produits », se félicite Mélanie Haby, commissaire régionale du concours pour la Direction départementale des territoires (DDT) du Haut-Rhin. Comme chaque année, elle est en charge de l’organisation de l’événement avec la Chambre d'agriculture Alsace et l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava). L’intérêt de la manifestation a fait venir à Colmar Olivier Allemann, commissaire général du Concours général agricole national depuis 2020. « Ce concours est une référence. Je suis heureux de constater que le jury se féminise et rajeunisse. Cette évolution est importante car, certes, il y a un cahier des charges à respecter mais il y a également une évolution des goûts des consommateurs. Nous devons en tenir compte. Nous avons tous besoin de continuer à tirer nos produits vers l’excellence », rappelle Olivier Allemann. L’année viticole 2022 a été complexe au niveau météorologique. C’est ce qui explique vraisemblablement cette baisse de 5 % des échantillons présentés au niveau national. Mais Colmar fait l’heureuse exception. Une vraie performance aux yeux d’Olivier Allemann. Ce sont en effet 560 échantillons, essentiellement du millésime 2022 mais parfois de celui de 2021 ou même de 2020, qui ont été présentés par 23 maisons. Il y a là 106 rieslings, 82 pinots gris, 81 crémants, 76 gewurztraminers, 65 pinots noirs, 61 pinots blancs, 58 sylvaners, 25 muscats et 6 chasselas. Sachant que 4 klevener d’Heiligenstein seront directement dégustés à Paris. « Cette année, la notation se fait sur 20 comme pour la grille du CGA à Paris avec des demi-points. Nous vous rappelons que nous sommes ici sur une présélection et pas sur des vins à médailler. Ne soyez donc pas trop sévères. Les vins qui ont une note inférieure à 14 ne passeront pas cette présélection. Apportez un commentaire pour chacun des vins. Il faut au maximum 60 % des vins qui peuvent passer ce concours aujourd’hui. Vous devez avant tout éliminer les vins avec des défauts. Ne gâchez pas des potentialités », précise Marie Eber-Nussbaumer, œnologue-conseil à la Chambre d'agriculture Alsace et nouvelle responsable de l’organisation du CGA pour la partie vin. Frédéric Roy étant encore de son côté le coordinateur. Diversité de produits S’il ne déguste pas, le président de l’Ava Gilles Ehrhart a tenu à être présent lors de cette matinée. « Depuis mon élection, je n’avais pas encore pu y assister. Et puis, il y a eu la crise sanitaire. L’Ava reste dans ce partenariat avec la Chambre d'agriculture Alsace et l’État. C’est bien de voir cette bonne organisation. Ce concours est important car il est encore local. C’est valorisant. Les produits présentés représentent bien ce qui a été réalisé dans le vignoble », se félicite Gilles Ehrhart. La coordinatrice du BTS technico commercial en vins et spiritueux au lycée de Rouffach, Véronique Sirguey est tout aussi satisfaite. Elle est venue avec 17 étudiants de deuxième année et 10 autres de première année. « Dans un premier temps, Frédéric Roy est venu au sein de l’établissement nous expliquer le concours, son organisation, l’importance des médailles. Dans ce second temps, il y a ce que j’appelle la mise en pratique. La dégustation des vins d’Alsace, où nous pouvons nous rendre compte de la diversité des produits. Je suis également professeure de marketing. Pour nos élèves, il est important de pouvoir expliquer les qualités des vins pour ensuite les valoriser et les vendre. Pour ma part, je cherche de jolies couleurs et des vins bien aromatiques », précise-t-elle. Président de l’association des étudiants de ce BTS technico-commercial en vins et spiritueux depuis mars 2022, Étienne Heitz est également ravi. « Cette dégustation nous permet de découvrir la diversité des vins d’Alsace. À cette table, nous avons des pinots gris. Ce n’est pas mon cépage de prédilection, mais il y a des choses intéressantes. C’est une belle expérience en tout cas. Nous pourrons témoigner auprès de l’ensemble de nos camarades », témoigne le jeune homme. Plus expérimenté, le directeur de la confrérie Saint-Étienne, Éric Fargeas est sur la même ligne : « À ma table, nous dégustons des pinots noirs. Il y a de belles couleurs, de belles intensités, de belles matières. Nous découvrons des produits qui représentent bien les vins rouges d’Alsace. Cette dégustation est d’autant plus pertinente qu’elle complète les vins que nous avons déjà à l’œnothèque de la confrérie. Le millésime 2022 va donc élargir encore davantage la gamme. C’est valorisant. »

Grand cru Rangen à Thann

Une des 12 merveilles du monde

Publié le 26/01/2023

Le réputé Rangen à Thann figure parmi les douze « plus grands vignobles du monde », selon la revue de référence du monde viticole Decanter. Une belle reconnaissance pour les huit professionnels qui exploitent ces parcelles emblématiques.

C’est dans son édition du mois de janvier que la revue Decanter, créée en 1975 au Royaume-Uni, a établi une liste des douze plus grands vignobles du monde. Parmi eux, le Rangen est le seul vignoble alsacien à se démarquer. On y retrouve par ailleurs des noms prestigieux comme Petrus, Montrachet ou encore la Napa valley. Decanter est diffusé sur abonnement dans 90 pays dans le monde. Ce magazine livre informations et conseils sur les vins du monde entier. Il est aussi connu pour, chaque année, organiser un concours des vins. Le « Decanter World Wine Awards » est ainsi une référence mondiale dans le domaine viticole. Depuis plusieurs années, d’autres trophées ont été mis en jeu par le magazine. Par exemple, un prix est remis à la « meilleure personnalité » du monde vin, depuis 1984. La France est toujours bien représentée. Cette « bible du vin » propose également chaque mois des reportages et des notations sur les vignobles et les vins du monde entier. Un vignoble exigeant Dans son article annonçant les douze vignobles sélectionnés, Decanter fait la description du sol que l’on retrouve au Rangen et ses caractéristiques topologiques très particulières. Il est précisé qu’il est le plus méridional d’Alsace et le seul de la région à être classé grand cru dans sa totalité. Ses coteaux, situés entre 350 et 450 mètres d’altitude, sont orientés plein sud. Ils s’étendent sur une surface de 22 hectares avec des pentes allant jusqu’à 45 degrés. Pour illustrer les écrits, une grande photo montre les vignes, la chapelle Saint Urbain, avec en toile de fond les ruines du château de l’Engelbourg. « Nous sommes fiers de voir le Rangen cité et valorisé de cette façon. Notre grand cru est dans le peloton de tête des grands crus en Alsace, se réjouit Eugène Schnebelen, l’un des huit vignerons du Rangen et président du syndicat viticole de Thann. C’est un vignoble exigeant et difficile, avec un terroir particulier. Les vins produits sont d’abord très fruités quand ils sont jeunes. Au fil du temps, ils acquièrent une bonne tenue et une bonne minéralité. Ils s’exportent facilement. J’ai un ami américain de Washington qui m’en commande régulièrement. Un autre se déplace spécialement à l’occasion des vendanges pour y participer pendant quelques jours. Oui, le Rangen, c’est une étoile qui brille. » Valoriser les vins Eugène Schnebelen occupe la présidence du syndicat depuis 1988, en lien avec Bernard Schoffit. « Je vais passer la main lors de la prochaine assemblée générale le 5 mars prochain. Je suis atteint par la limite d’âge. J’ai 70 ans. Ce sont Alexandre Schoffit et ma fille Léa Schnebelen qui vont prendre la suite. C’est aussi elle qui va me succéder à la tête du domaine familial, le Clos de la Chapelle Saint-Urbain. Sur le Rangen, nous sommes un petit domaine. Nous y produisons sur 62 ares du riesling et du pinot gris à raison de 3 500 bouteilles. Ce sont les maisons plus réputées comme Schoffit, Wolfberger ou encore Zind-Humbrecht qui tirent la production ici au Rangen », ajoute Eugène Schnebelen. Le viticulteur espère désormais que cette citation internationale va donner encore davantage de notoriété au grand cru pour favoriser le tourisme et valoriser les vins. « À titre personnel, je pense que l’Alsace manque de locomotive en termes d’image et de prix. Quand je vois les mercuriales des vins, je suis agacé. Des vins à 6 € dans les grandes surfaces ou à 4,99 € pour le crémant, cela ne colle pas à ce que j’imagine. Il faut bonifier notre image. La mise en avant de cette façon de notre terroir qui n’est, lui, pas délocalisable, peut nous y aider », conclut Eugène Schnebelen.

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