Vigne

Publié le 23/12/2022

Depuis le 24 novembre, le marché de Noël de Colmar fait le plein en termes de fréquentation. Pour les vignerons présents parmi les exposants, c’est l’opportunité de réaliser une bonne partie du chiffre d’affaires annuel grâce à une visibilité inédite. Mais pour la première fois cette année, ils doivent se passer de chauffage, un « inconfort » de plus synonyme de résilience pour les uns, et de frustrations pour d’autres…

Plus efficace qu’internet, moins confortable qu’au caveau. Pour les vignerons participants, le marché de Noël de Colmar représente une formidable ouverture sur le monde avec ses très nombreux visiteurs (1,5 million en 2019) qui déambulent dans les rues de la ville pendant plus d’un mois. Aux côtés des habitués de la Route des Vins que sont les Allemands, Suisses, Belges et Hollandais, ce moment fort de l’hiver alsacien voit défiler une multitude d’autres nationalités, et autant d’opportunités commerciales pour les exposants. Ce 8 décembre, cela fait quelques jours que des vagues d’Italiens, d’Espagnols, de Portugais et d’Américains passent d’une maisonnette à l’autre pour découvrir les spécialités gastronomiques du cru, les créations artisanales, et les dernières cuvées de vins alsaciens. Sur la place des Dominicains, Marc Mann, du domaine Wunsch & Mann à Wettolsheim, ne manque aucun marché de Noël depuis 2015, année où il s’est décidé à déposer sa candidature pour redonner un second souffle à l’entreprise familiale vieille de quatre générations. « Cela faisait quelque temps qu’on constatait une baisse significative des visites dans notre caveau. Notre clientèle historique était vieillissante, les modes de consommation étaient en train d’évoluer. On ne pouvait plus se reposer sur nos acquis », témoigne le vigneron.     Lorsque le domaine dépose sa candidature, d’autres maisons viticoles sont déjà présentes parmi les exposants du marché de Noël, mais aucune certifiée bio. « On s’est convertis en 2008. Clairement, cela nous a beaucoup aidés à faire accepter notre candidature », retrace Marc Mann. Il faut dire que les emplacements sont très convoités, malgré un prix en constante augmentation. « Heureusement, cela reste une opération rentable, se félicite le vigneron de Wettolsheim, même si, cette année, je constate qu’il y a davantage de promeneurs que d’acheteurs par rapport à 2021. La crise est passée par là, les gens dépensent moins facilement. » Malgré tout, l’AOC Alsace continue de faire recette, surtout son cépage le plus emblématique qu’est le gewurztraminer. « Tout le monde le connaît, même si beaucoup n’arrivent pas à le prononcer », s’amuse Marc Mann. Les vendanges tardives ont encore et toujours la cote, mais tout de même un peu moins cette année à cause de la baisse du pouvoir d’achat. Rien d’alarmant pour Marc Mann qui reste convaincu de la pertinence du marché de Noël colmarien pour la vitalité économique de son entreprise. « C’est l’équivalent de 50 % de fréquentation en plus pour nous. Nous avons la chance de bénéficier d’une visibilité inédite ici, et cela incite même beaucoup de personnes à nous rendre visite au caveau. » « Il faut se bouger si on veut faire la différence » Le constat est partagé par le domaine Karcher, présent sur la place Jeanne d’Arc depuis cinq ans. C’est, avec le domaine Martin Jund, la dernière exploitation viticole à être située dans l’enceinte colmarienne. « Étant de la ville, cela nous semblait logique d’être présent au marché de Noël », résume Pierre Karcher, cogérant de l’entreprise familiale avec son frère Gilles. Pour eux, l’intérêt commercial de ce rendez-vous annuel est plus que manifeste. « Décembre, c’est LE mois de l’année pour nous. On y réalise un peu moins de 10 % de notre chiffre d’affaires de l’année. » Pour la constitution d’une clientèle à l’export, le marché de Noël est une réelle aubaine. « On vend un peu aux Pays-Bas et aux États-Unis. Grâce au marché de Noël, on attire de nouveaux clients de ces pays qui reviennent ensuite les années suivantes. »     Comme Marc Mann, Pierre Karcher a bien compris que la seule vente au caveau était désormais insuffisante pour maintenir une bonne dynamique économique. « Il faut se bouger si on veut faire la différence », constate le jeune vigneron qui remarque au passage que sa certification bio représente « un avantage de plus » auprès de la clientèle étrangère. « Après, c’est toujours la dégustation qui fait la différence, bio ou pas. » Si l’opération séduction réussit, Pierre Karcher peut alors rediriger ses nouveaux clients vers le caveau situé à seulement 200 mètres de la place Jeanne d’Arc. « Si les gens veulent repartir avec plusieurs cartons, ils peuvent toujours. Ils vont au domaine avec leur voiture et font le plein. Sur le stand, c’est plus la découverte de nos vins et les coffrets cadeaux. » Leur contenu reste classique, à base des inévitables crémants, gewurztraminers et rieslings, mais aussi des muscats qui sont de plus en plus plébiscités. « C’est un cépage qui marche bien chez nous alors qu’on en trouve de moins en moins en Alsace », ajoute Pierre Karcher. Des gewurz et des crémants très prisés L’opportunité commerciale du marché de Noël est également vraie pour les grosses caves coopératives. À la place de l’Ancienne Douane, Wolfberger profite de l’évènement pour asseoir davantage sa marque auprès du public étranger. La cave est une habituée du marché de Noël depuis de nombreuses années, et pas seulement celui de Colmar. « On a des stands dans plusieurs villes d’Alsace », explique Paul Richter, recruté en intérim uniquement pour animer le stand durant un mois.   Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Wolfberger (@wolfberger_officiel)   Pour sa première avec Wolfberger, il constate comme Marc Mann, que les gens ont plus de difficultés « à sortir le porte-monnaie » en cet hiver 2022. « En tout cas, pendant les dix premiers jours. Maintenant, cela se passe mieux quand même. » Comme chez les confrères, les gewurztraminers sont très prisés, quelle que soit la nationalité de l’acheteur, encore et toujours les vendanges tardives, et de plus en plus le crémant. « C’est un produit qui marche vraiment bien à l’approche des fêtes. Il y a d’ailleurs beaucoup de gens qui le confondent encore avec le champagne. Alors je leur explique la différence. » Pas de chauffage et quelques frustrations Paul Richter assure la permanence du stand toute la semaine. Le week-end, il est secondé par un ou deux collègues pour gérer la forte affluence et le travail plus conséquent. Le tout, sans chauffage, comme sur tous les marchés de France afin de réaliser de précieuses économies d’énergie. « Il est clair que le matin, ça réveille ! Mais en soi, je pense qu’il faut juste s’adapter, on met des bonnets et des gants et ça passe. » À quelques dizaines de mètres de là, Denise Meyer, qui représente le domaine Alphonse Meyer & Fils, de Turckheim, est bien plus réservée sur cette mesure inédite. « Ce ne sont pas des conditions humaines qu’on nous impose. On ne laisserait pas un chien dix heures par jour dans le froid. Déjà qu’il n’y a pas de toilettes pour les exposants… » Pour la première fois depuis qu’elle participe au marché de Noël de Colmar, Denise Meyer se dit « frustrée » par la manifestation, à tel point qu’elle n’envisage pas de poursuivre l’année prochaine si les « conditions durent comme cela ». Heureusement pour elle, le sourire revient quand les touristes prennent le temps de s’arrêter sur son stand. Cette année encore, ils sont nombreux. « C’est indéniable que d’un point de vue économique, le marché de Noël est vraiment très intéressant pour nous. Nous bénéficions d’une visibilité qu’on ne peut pas espérer au domaine. On arrive à se faire connaître et à donner envie à certains de venir à la propriété pour acheter des cartons supplémentaires », conclut la vigneronne de Turckheim.

Publié le 20/12/2022

Les mois de novembre et décembre sont primordiaux dans l’activité économique des domaines viticoles alsaciens. Les vins d’Alsace seront sur les tables et sous le sapin. Le crémant est toujours présent, mais qu’en est-il des vins tranquilles ?

Au domaine Humbrecht 1619, à Gueberschwihr, chaque fin d’année depuis 19 ans est synonyme de dégustation gourmande avec des accords entre amuse-bouches et vins. Force est de constater que ces associations ont évolué au fil des ans et d’autant plus depuis l’arrivée du fils, Maxime, sur le domaine en 2018. Il remarque que plus de vins sucrés sont vendus durant les mois de novembre et décembre, mais sans commune mesure avec ce que le domaine a connu il y a dix ans. Les goûts du consommateur évoluent, comme celui de la jeune génération de viticulteurs dont Maxime fait partie. Parmi les 25 références à la carte, 6 cuvées ont autour de 15 g de sucre résiduel. La carte s’est élargie ses dernières années avec des vins nature, tous secs. Ces cuvées sont vendues à 15 % à des cavistes. La dernière en date est un assemblage type gentil, avec trois cépages sur quatre macérés puis assemblés et élevés en amphore de grès. Pourtant, les derniers millésimes plus chauds sont davantage favorables à des vins plus sucrés. D’ailleurs, Gueberschwihr est connu pour avoir un terroir propice au gewurztraminer, qui représente 2 ha des 8 ha du domaine. Le changement de tendance a des conséquences sur l’encépagement du domaine. Les vieilles parcelles de gewurztraminer ont été remplacées par des pieds de pinot noir ou de riesling. Le crémant représente 20 % de la production. Il est vendu toute l’année avec une hausse de la demande durant les fêtes. « Nous adaptons la date de récolte et la maturité pour aller vers un taux plus faible d’alcool. Nous faisions des vendanges tardives (VT) à chaque année propice. Aujourd’hui, ce sera forcément lors d’une bonne année, mais aussi en fonction des stocks car ces vins ont un roulement plus long. Actuellement, on vend le millésime 2018. Il devient rare qu’un client parte avec un carton de VT, ce sera plutôt une voire deux bouteilles. Les dernières sélections grains nobles (SGN) que nous ayons récoltées datent de 2011. Même si nous avons des VT qui auraient le potentiel pour revendiquer l’appellation SGN, nous ne le faisons pas parce que cette référence n’est pas nécessaire pour nous. » Pour les repas de fêtes, Maxime suggère une légère entorse à la tradition : « Personnellement, je ne suis pas amateur de VT avec du foie gras. La plupart du temps, c’est une entrée. Le sucre risque de saturer le palais. Je conseillerais un pinot gris avec 10 g de sucre résiduel, par exemple. Je garderais le VT pour le dessert, ou en fin de repas, seulement pour le plaisir. »     Des vendanges tardives plus équilibrées À la cave de l’Ill, à Brunstatt, le responsable Maxime Mura ne cache pas ses préférences en matière de vin : « On aime tous les vins d’Alsace et on essaye d’orienter les clients vers les bouteilles de notre région. Mon cépage préféré est le riesling pour le blanc et le pinot noir pour le rouge. La particularité de notre cave est que 90 % des vins d’Alsace que nous proposons sont rares à la propriété, voire inaccessibles chez le vigneron. Nous affinons les vins et proposons cinq à six millésimes différents de la même cuvée. » L’un des fondateurs de la cave, Vincent Nanni, précise : « Nous sommes marchands de vins. On achète, on porte les stocks et on soutient les vignerons. On affine les vins d’Alsace pour leur permettre de montrer leur potentiel de garde. Les plus vieilles bouteilles ont soixante ans. » Clémentine Schildknecht, responsable marketing, remarque une tendance vers les vins secs toute l’année, mais les fêtes font exception. « Je pense que la tendance vient de l’évolution du palais, mais aussi dans un esprit diététique, pour garder la ligne. Durant les fêtes, on se fait plaisir. » Du chauvinisme ou un vrai goût pour les sept cépages ? « Les alsaces sont très demandés par nos clients, considère Maxime Mura. À tel point que nous n’arrivons pas à avoir autant de références que nous le souhaiterions chez certains domaines. Dans les coffrets que les entreprises envoient à leurs collaborateurs, ils choisissent souvent un blanc moelleux, un rouge et un crémant. Les vignerons élargissent leur gamme pour proposer à la fois plus de vins secs, tout en gardant des vins moelleux et liquoreux. C’est pourquoi, je pense que l’indication de la sucrosité sur les bouteilles est une bonne chose, car nous ne sommes pas présents lorsque le client final sort le tire-bouchon. Le consommateur non averti peut s’y perdre. Offrir un vin liquoreux durant les fêtes et en déguster est une tradition qui ne se perd pas. De plus, nous avons la chance d’avoir des vendanges tardives de plus en plus équilibrées qui plaisent à un nombre grandissant de personnes. Je pense à certains rieslings VT avec de belles acidités que je préfère à un sauternes qui sera plus lourd. » À Eguisheim, Carole Couret, directrice commerciale et marketing de Wolfberger, considère que la tendance aux vins plus secs ne se confirme pas pour toutes les cibles, ni pour toutes les occasions. « Tout d’abord, d’après les chiffres des ventes en GMS, le gewurztraminer est toujours notre meilleure vente, vient ensuite le riesling, puis le pinot gris. Cela signifie que nous avons des clients en attente de vins doux toute l’année. Je suis convaincue que les vins blancs sont porteurs. C’est une couleur plus dynamique et facile d’accès pour une cible jeune, les consommateurs de demain. » La maison propose les quatre cépages nobles en vendanges tardives. Le gewurztraminer et le pinot gris plus sucrés et aromatiques, et le riesling et le muscat plus frais et équilibrés. 45 % des SGN et VT sont vendus entre novembre et décembre mais ils ne représentent que 5 % des ventes de vins durant cette période. « Leur disponibilité est lissée sur plusieurs années puisque ce sont des cuvées tributaires de la météo. 2022 est une grande année à VT. C’est aussi un incontournable car avec une vendange tardive, on ne peut pas se tromper. Elle est clairement identifiée par le consommateur comme un vin plaisir. C’est rassurant. »

Publié le 16/12/2022

Paul Bott est officiellement à la tête du domaine Bott frères à Ribeauvillé depuis avril dernier. La transition s’est faite sur deux ans. Les changements apportés dans les vignes comme à la vente ont été accueillis avec bienveillance par Nicole et Laurent Bott.

Depuis 14 ans, Paul Bott œuvre dans le domaine de ses parents. Formé au lycée agricole de Rouffach, il s’est rendu deux fois en Nouvelle-Zélande pour les vendanges. Cette expérience lui a apporté une autre vision du travail : « Là-bas, l’essentiel est fait mécaniquement hormis quelques vendanges manuelles pour le pinot noir. » De ses différents stages dans des domaines alsaciens, il a dessiné sa volonté de presser le raisin entier « pour un jus plus clair, plus propre et plus intéressant organoleptiquement ». Sa compagne Gladys Wintermantel, est titulaire d’un BTS vins et spiritueux à Rouffach et d’une licence vin et commerce à Colmar. En 2014, elle était dauphine de la reine des vins d’Alsace. Elle gère la partie commerciale du domaine depuis 2016. Elle poursuit sa formation à distance avec une œnologue située en Afrique du Sud pour améliorer son anglais et décrocher le WSET (Wine & Spirit Education Trust), mais aussi pour affiner ses connaissances en dégustation et technique. Depuis décembre 2021, elle est stagiaire au comité de direction du Civa. Paul a repris l’entreprise familiale il y a cinq mois, à la suite du départ à la retraite de ses parents. La transition a été réalisée petit à petit, durant deux ans, avec l’accompagnement bienveillant de Laurent et Nicole Bott, toujours présents pour l’épauler. Sur ce terroir principalement argilo-calcaire avec un peu de marne, Paul entame la conversion vers la viticulture biologique et des pratiques pour en « faire moins » comme le semis direct. Le millésime 2022 sera officiellement AB. « Je passe trois fois la lame interceps et disques pour garder le cavaillon propre. J’ai traité sept fois cette année pour une moyenne de 1,2 kg de cuivre par ha. L’ensemble du ban de Ribeauvillé est en confusion sexuelle à l’initiative du syndicat viticole. Les actions communes sont nombreuses comme le plan biodiversité et le financement de semence mellifère. Le passage en bio signifie plus de travail mécanique. Progressivement, nous allons renouveler nos anciennes parcelles pour faciliter le passage du tracteur et augmenter la surface de pinot noir. Je palisse de manière traditionnelle, je taille Guyot-Poussard et je fais un rognage par an ».     Un bon produit au bon prix « J’ai intégré l’ébourgeonnage à nos pratiques depuis 4-5 ans, pour éviter l’entassement et la création de foyer de pourriture. » Selon lui, 95 % de la qualité du vin se fait dehors. La vendange est manuelle grâce à une équipe fidèle de 17 personnes. Il pressure pneumatiquement des raisins entiers durant 5 à 6 h. Il procède à un débourbage statique entre 12 et 18 h. Après levurage, il laisse la fermentation « prendre le temps » jusqu’à un an et dix jours pour le pinot gris par exemple. Il élève sur lies et filtre de manière tangentielle avant la mise : en mars-avril pour le gewurztraminer, le pinot noir rosé et le muscat, le reste en juillet-août ou au plus tard avant la vendange. L’étiquetage est réalisé souvent par Laurent, selon la demande.     « Notre objectif est la qualité. Nous souhaitons proposer un bon produit au bon prix. Nos clients sont aujourd’hui prêts à payer un prix cohérent avec le travail fourni. Ils veulent consommer moins mais mieux », note Paul. « À partir du mois d’octobre, il n’y aura plus de bouteille en dessous de 10 €», souligne Gladys. « Lorsqu’un stagiaire m’a demandé de justifier le prix de nos grands crus, je l’ai emmené travailler avec moi dans les parcelles. Désormais, il trouve qu’ils ne sont pas assez chers », poursuit Paul. 50 % des ventes sont réalisées au caveau. C’est le lieu de rencontre des clients fidèles. Il a aussi été pensé comme un lieu d’attractivité œnotouristique avec une visite guidée tous les jours à 14 h 30, proposée 12 € avec la dégustation de trois vins. En plus de l’accueil de groupes et de bus au domaine, chaque saison est rythmée par des activités. En octobre, lors des Fascinants week-end, le caveau accueillera cette année une exposition du peintre colmarien Jean-Pierre Dinterich. En décembre, la maison participe aux caves de Noël chapeautées par l’office du tourisme. À Pâques, il y a la chasse aux œufs pour les enfants et la chasse à la bouteille pour les parents. À la belle saison, les visiteurs sont invités à enfourcher un deux-roues pour un tour dans le vignoble. « Nous sommes présents sur des sites internet comme « rue des vignerons » où il est possible de réserver des prestations en ligne et notamment des dégustations », note Gladys. Le deuxième débouché des vins de la famille (25 %) est l’export aux États-Unis, Pays-Bas, Brésil, Vietnam, Canada, Suède, Danemark, Belgique, Suisse… C’est le fruit du travail entamé depuis 20 ans par Nicole Bott. 20 % des ventes sont réalisées auprès de cavistes et restaurateurs principalement en Alsace et à Paris. Les 5 % restants représentent les salons (cinq salons professionnels et deux salons pour particuliers par an).    

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