Syndicat des distillateurs et liquoristes d’Alsace
Les eaux-de-vie : pas qu’en digestif !
Syndicat des distillateurs et liquoristes d’Alsace
Publié le 04/11/2022
Le 21 octobre, le syndicat des distillateurs et liquoristes d’Alsace organisait une opération de promotion pour mieux faire connaître au grand public les eaux-de-vie d’Alsace sous signe de qualité et d’origine.
Elles sont six. Six eaux-de-vie dont la provenance alsacienne est garantie par un signe de qualité et d’origine : l’IGP (indication géographique protégée) ou l’AOP (appellation d’origine protégée). Le marc de gewurztraminer d’Alsace a été le premier à obtenir une AOP en 2009. Le kirsch, la mirabelle, la framboise, la quetsche et le whisky d’Alsace ont obtenu leur IGP six ans plus tard. Leur élaboration répond à un cahier des charges propre à chaque eau-de-vie : tout le savoir-faire alsacien en matière de distillation est contenu dans ce document, de la provenance des fruits ou des matières premières utilisées jusqu’au temps et aux conditions de conservation avant la commercialisation. Le respect des cahiers des charges est garanti par un organisme de contrôle indépendant. C’est pour faire découvrir au public ces six eaux-de-vie et leurs spécificités que le syndicat des distillateurs et liquoristes d’Alsace a lancé, en 2016, Alsace in Spirit. La cinquième édition de cette opération de promotion a eu lieu le 21 octobre devant le magasin de producteurs La Nouvelle douane à Strasbourg, en collaboration avec l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava), en charge du marc de gewurztraminer d’Alsace. « Nous ne faisons pas de vente aujourd’hui mais nous essayons de faire redécouvrir les alcools de fruits à ceux qui ne les connaissent plus, en particulier à la génération des 25-40 ans - la génération Coca-Cola », expose Régis Syda, président du syndicat. Le lieu est bien choisi : le vendredi après-midi, nombreux sont ceux qui passent devant le magasin de producteurs pour se rendre au centre-ville de Strasbourg ou pour regagner le parking après une après-midi shopping. « C’est génial : il y a des locaux, des touristes, des gens de tous âges… » Yves Lehmann, de la distillerie éponyme, a amené un petit alambic. Ceux qui ne connaissent pas le processus de distillation peuvent ainsi visualiser comment le distillateur part du fruit pour arriver à l’eau-de-vie. Dans le cas du marc de gewurztraminer, c’est la peau des raisins qu’on fait fermenter et qu’on distille, précise Élodie Spittler, de l’Ava. « La double passe est obligatoire », précise la jeune femme. L’alcool qui sort de l’alambic doit titrer 45°, c’est prévu par le cahier des charges de l’appellation marc de gewurztraminer d’Alsace. Ils sont encore nombreux à produire cet alcool en Alsace - 157 - dont de nombreux viticulteurs. Six marcs provenant de maisons différentes sont proposés à la dégustation : histoire de comparer la « patte » de celui qui le fabrique, le distillateur. Cocktail de saveurs À travers Alsace in Spirit, les distillateurs et liquoristes d’Alsace souhaitent dépoussiérer l’image de leurs produits et faire émerger de nouveaux modes de consommation. Faire savoir que les eaux-de-vie ne sont pas réservées à la fin de repas, le fameux digestif, mais qu’elles peuvent se consommer en cocktail. Associé à un jus de tomate, le kirsch d’Alsace remplace par exemple très bien la vodka dans un Bloody Mary. L’eau-de-vie de quetsche, mariée à du sirop de pêche et de pamplemousse et rallongée d’un trait de crémant, constitue un apéritif original à l’attirante couleur orangée. Quant au marc de gewurztraminer, il peut être associé à la liqueur de pain d’épices et au jus d’orange, selon une recette figurant sur les contre-étiquettes de la distillerie Hagmeyer de Balbronn. Vincent Bouman, de la distillerie Miclo à Lapoutroie, fait découvrir les whiskys d’Alsace. Les flacons présentés ont en commun d’avoir été distillés, vieillis et embouteillés dans la région. Seules deux régions françaises ont droit à une indication géographique protégée - l’Alsace et la Bretagne - à l’égal de l’Écosse. La distillerie haut-rhinoise fait vieillir ses whiskys dans des fûts de Sauternes et de Bourgogne, voire dans des barriques ayant contenu des cerises… à l’eau-de-vie. « 80 % du goût d’un whisky vient de la barrique. La durée de vieillissement est de trois ans minimum, mais certaines distilleries les font vieillir 7 ou 8 ans, ce qui influe sur la puissance et la couleur du produit », précise le jeune homme. En plus de sa gamme permanente de quatre whiskys, la distillerie Miclo sort régulièrement des éditions limitées. De quoi susciter l’attente et la curiosité autour du produit.












