Vigne

Publié le 26/01/2023

Tiré à 50 000 exemplaires, le guide Hachette est une référence chez les amateurs de (bons) vins. La dégustation annuelle des vins d’Alsace a eu lieu du 18 au 20 janvier dans les locaux de la Maison des vins d’Alsace à Colmar. 715 échantillons ont été présentés. Les résultats seront officialisés fin août/début septembre quand le millésime 2024 du guide Hachette paraîtra.

Le guide Hachette existe depuis 1985. Il a beaucoup évolué depuis sa première édition. Plus de 35 000 vins français sont dégustés tous les ans. 7 000 à 8 000 sont finalement retenus. « Nous sommes très sélectifs car nos lecteurs ont besoin d’une sélection la plus affinée possible. Nous essayons de leur donner de nombreuses références tout en cherchant l’excellence, la qualité. Nos lecteurs sont essentiellement des amateurs de vins mais également des professionnels ou tout simplement des spécialistes. Ils sont plutôt masculins, à 70 %, ont souvent une belle cave de vins chez eux, et ont entre 40 et 60 ans en moyenne », explique Stéphane Rosa, directeur du guide Hachette depuis 2011. Depuis quatre ans, le guide met en valeur « les vignerons de l’année » pour chaque région en expliquant leurs particularités et celles de leurs vins. Il existe depuis une dizaine d’années, aux côtés de la version écrite et papier, une version digitale en ligne, qui rassemble les quelque 200 000 références. Pour la dégustation de cette année, 715 échantillons des millésimes 2020 et 2021 ont été présentés aux membres du jury. « C’est une légère augmentation par rapport à l’année passée. Il y en avait 697. Les vins sont présentés par des vignerons indépendants, des coopérateurs et des négociants. Ils sont originaires de toute l’Alsace. Il n’y a aucune condition pour les présenter gratuitement. Il faut juste respecter les règles du concours et apporter deux échantillons de chaque bouteille. Les membres du jury sont également des professionnels de la région. Chacun va en déguster une vingtaine et remplir une fiche de dégustation avec des observations précises sur le vin à l’œil, au nez, à la bouche, mais aussi des remarques personnelles sur l’harmonie générale du vin, les accords possibles, et enfin une note. Ce travail d’écriture est ensuite analysé par nos services. C’est à l’issue qu’on sélectionne ou non l’échantillon », ajoute Stéphane Rosa. Chaque année, environ un quart des vins présentés sont finalement retenus. Le riesling d’abord Avec 215 échantillons, c’est le riesling qui était le plus représenté avec 106 échantillons en AOC, 103 en grand cru et six en vendanges tardives, devant les 148 échantillons de gewurztraminer, les 107 de pinot gris et les 80 de pinot noir. « L’Alsace est bien appréciée dans notre guide et sa présence est proportionnelle à son importance géographique par rapport aux autres vignobles de l’Hexagone. Le guide consacre un total de 1 200 pages aux vins des différentes régions du pays. C’est un gros investissement en temps pour le réaliser. Nos équipes pérennisent son développement en le modernisant chaque année. Le développement numérique a été réalisé. Nous nous développons désormais sur les réseaux sociaux. Pour la version papier, nous faisons régulièrement évoluer la maquette et la cartographie viticole. C’est ce qui fait le succès et la bonne réputation du guide Hachette », conclut Stéphane Rosa.

Thierry Fesser, président du canton viticole des JA du Haut-Rhin

« Venir à la rencontre des gens »

Publié le 20/01/2023

Les jeunes viticulteurs du Haut-Rhin se sont retrouvés vendredi 6 janvier pour évoquer les dossiers d’actualité : la baisse des rendements et la récolte 2022, la transmission et la reprise des exploitations, ou encore les animations à réaliser pour promouvoir les vins d’Alsace.

Le canton viticole des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin compte une cinquantaine de membres. Elle est présidée depuis un an par Thierry Fesser en cours d’installation sur l’exploitation familiale à Niedermorschwihr. « Nous avons dix hectares de vignes. L’année a été compliquée avec des pluies qui étaient attendues. Finalement, la récolte a été intéressante avec un millésime de qualité. Ici, nous faisons également de la prestation de service autour du village », explique le jeune viticulteur âgé de 23 ans. Plus globalement, les professionnels se sont également félicités de cette récolte 2022. « Les vins ont une bonne acidité et les volumes sont là. Avec 980 000 hl, il y a de quoi valoriser les vins d’Alsace. Maintenant, l’objectif est d’atteindre le million », poursuit Thierry Fesser. D’autant plus que les ventes sont également en augmentation, de l’ordre de 3 à 4 % sur une année. Pour sa première année à la présidence des JA viti, Thierry Fesser a souhaité multiplier les actions et initiatives pour dynamiser toujours davantage la section. Outre les actions syndicales menées de concert avec les aînés de la FDSEA du Haut-Rhin, les jeunes professionnels étaient présents pour tenir la buvette au concours régional de taille de la vigne, aux JA’S Day à Mulhouse en avril, à l’opération « sourire » du week-end de Pentecôte au Koïfhus à Colmar, ou encore à des animations pendant la Foire aux vins à Colmar ou d’autres manifestations viticoles dans le vignoble. « Nous serons encore présents en 2023. Nous allons également organiser un voyage au Portugal du 22 au 26 mars. Nous voulons aussi réaliser un container qu’on puisse poser sur une remorque pour mettre nos frigos et fours à tartes flambées quand nous nous déplaçons sur des événements. Ces actions permettent de nous rassembler, de créer du lien et surtout de faire bouger la profession. Le monde viticole a trop tendance à s’asseoir sur sa chaise et à attendre les touristes sur la route des vins. Nous comptons au contraire multiplier les déplacements et venir à la rencontre des gens », confie le jeune vigneron. Ne pas faire du business énergétique Concernant les dossiers d’actualité, la chasse et les dégâts de gibiers sont des sujets récurrents alors que celui concernant les panneaux photovoltaïques est plus récent. « Sur les toitures, ce n’est pas un problème, bien au contraire puisque nous sommes nombreux à avoir un tel projet. Mais des panneaux au sol, ce n’est pas acceptable. Les sols sont là pour nourrir la population et non pas pour faire du business énergétique », prévient Thierry Fesser. Il invite ses adhérents à s’intéresser à tous ces sujets mais aussi à s’investir et à venir se former à l’école des cadres qui est en cours. « Apprendre à s’exprimer en public, savoir répondre efficacement à nos interlocuteurs, bien réagir face à des situations complexes, mieux appréhender nos sujets agricoles, sont autant de points que l’on apprécie mieux après une formation à l’école des cadres. Pour nous, les jeunes, c’est une bonne formation. » Il invite au passage ses adhérents à assister à l’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs le 2 février prochain. Lors de l’assemblée générale, la caisse d’assurance-accidents agricoles (CAAA) du Haut-Rhin interviendra sur le thème la prévention et la réactivité vis-à-vis des accidents agricoles. « La CAAA nous accompagne au quotidien dans nos métiers. Pour nous, il est important de prévenir les risques d’accidents mais également d’avoir la bonne réaction s’ils se produisent. De tels accompagnements sont nécessaires lorsqu’il s’agit d’accidents mais également dans les démarches administratives pour s’installer car le parcours n’est pas simple », estime Thierry Fesser. Une réforme sur la transmission est d’ailleurs à venir. « Jusqu’à présent, les principales difficultés pour les jeunes qui ont un tel projet, c’est de pouvoir financer les charges liées aux bâtiments existants, sans parler du foncier. Les coûts sont énormes à l’heure de la baisse des rendements. Mais nous, jeunes viticulteurs, restons confiants et mobilisés. Les ventes de vins d’Alsace repartent à la hausse. Il faut donc relever les nouveaux défis qui sont face à nous », conclut Thierry Fesser.

Publié le 20/01/2023

Dans leur boutique, située dans le quartier Saint-Joseph à Colmar, Nicolas Senn et son épouse Nathalie font cohabiter leurs passions respectives : le vin et la littérature.

Ouvert en février 2022, le Chat perché n’est pas une cave à vin comme les autres. Sa singularité apparaît dès la vitrine, où les livres l’emportent en nombre - et de loin - sur les bouteilles de vin. Pourtant, sur la porte d’entrée, le chat qui sert d’emblème à la boutique, postérieur posé sur une pile de bouquins, lève son verre comme pour trinquer à la santé du prochain client venu. Nicolas Senn et son épouse Nathalie ont réuni leurs deux passions dans un commerce de quartier situé rue du Logelbach, à Colmar, à l’ombre de l’église Saint-Joseph. Enseignante en lycée à Colmar et grande lectrice, Nathalie Lesperat-Senn rêvait d’ouvrir une librairie : pour faire aboutir son projet, elle se forme dans une école spécialisée à Paris et effectue des stages chez des libraires. Nicolas, son mari, à la retraite depuis deux ans, a une carrière professionnelle bien remplie : il a enseigné les techniques des métiers de salle pendant 15 ans au CFA Storck à Guebwiller, avant de lancer la section sommellerie dans l’établissement. De là datent ses premiers contacts et expériences professionnelles avec des vignerons, dont plusieurs stages dans le Bordelais. « Plus j’enseignais, plus j’apprenais », raconte Nicolas Senn, qui se passionne pour le monde du vin au point de quitter l’enseignement en 1999. Recruté au domaine Schlumberger, à Guebwiller, il réactive un réseau d’agents commerciaux qui vendent les vins du domaine alsacien dans toute la France. Un poste qui satisfait autant son goût pour le contact humain que pour le terrain. Au terme de cinq années de vadrouille, le voilà engagé par le caviste mulhousien Georges Henner avec pour mission d’approvisionner les restaurateurs de la région en vin. Il œuvre ensuite au Clos 3/4, autre établissement mulhousien connu des amateurs de vins et des professionnels, et supervise la sélection mensuelle de la Fédération culturelle des vins de France, une organisation à laquelle adhèrent de nombreux clubs de dégustation amateurs. « Pendant toutes ces années, j’ai été amené à beaucoup déguster. Des vins divers et variés. C’est ainsi que mon goût personnel s’est formé, retrace Nicolas Senn. J’ai commencé à avoir des affinités avec les vins en biodynamie et avec les vins sans intrants. Ce sont des vins qui me parlent aussi bien par la philosophie de travail que dans leur appréciation gustative. Je suis passé par des étapes avant d’en arriver là, contrairement à la nouvelle génération de cavistes qui y va d’emblée car elle est très sollicitée par les jeunes vignerons présents sur les réseaux sociaux et dans les salons. » Cette connaissance approfondie des vins et ce penchant particulier pour les vins nature l’amènent à ouvrir une petite cave à vin à Katzenthal. Nature en cave s’installe pour un an dans des locaux loués par un vigneron du village. Chaque samedi, Nicolas pousse jusqu’au marché Saint-Joseph, de Colmar. Les clients du marché s’habituent à le voir déballer les cartons du coffre de sa voiture. Ils s’intéressent aux vins qu’il sélectionne. Aussi, lorsque vient le moment de trouver un local à Colmar, c’est vers le quartier Saint-Joseph que le couple porte son choix. « C’est comme un village, il y a des commerces et une vraie vie de quartier », assure le caviste qui apprécie la mixité et l’esprit bon enfant qui y règnent. Une région qui bouge « Nous n’avons pas cherché à créer un concept. Nous ne vendons pas de coffret avec un vin et son livre », s’amuse Nicolas Senn. Le client qui pousse la porte du Chat perché peut être un amateur de littérature comme un œnophile plus ou moins averti. Il arrive même qu’il ou elle apprécie les deux spécialités. Dans la petite boutique, l’étagère consacrée aux boissons occupe le mur du fond, immédiatement visible depuis l’entrée. Juste à côté, une guirlande photo permet de visualiser chaque fournisseur. 70 à 80 références de « vins vivants » sont disponibles, dont une bonne part de vins d’Alsace. Fier de sa région qui « bouge beaucoup sous l’influence de vignerons trentenaires et de quelques néovignerons », Nicolas Senn vend les flacons d’une vingtaine de professionnels alsaciens : des pionniers de la biodynamie comme Jean-Pierre Frick, rencontré par le biais de l’association Slow food locale qu’il a présidée pendant dix ans, des vignerons bio tels que le couple Beck-Hartweg à Dambach-la-Ville aux domaines plus récents comme les Funambules à Ammerschwihr, Moritz-Prado à Albé ou le domaine In black à Saint-Pierre. « Comme je suis limité en place, je fais tourner. » En dehors de l’Alsace, sa sélection inclut des vins du Languedoc, du Sud-Ouest, de la vallée du Rhône, ainsi que quelques références de la Loire et de Bordeaux. Aucun vin du Jura, qu’il apprécie pourtant, ni de Bourgogne, parce qu’ils sont « introuvables à prix raisonnable ». À la vente, Nicolas Senn tient en effet à rester dans une fourchette comprise entre 8 € et 30 €. En complément des vins, le caviste propose une sélection d’ouvrages sur ce thème, ainsi que la revue spécialisée Le rouge et le blanc, vendue au numéro, sans publicité.

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