Vigne

Publié le 30/09/2017

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace réfléchit à une nouvelle stratégie de promotion des vins d’Alsace. Voilà ce qui se prépare en concertation avec les opérateurs.

« Les vins d’Alsace ont toutes leurs chances pour se vendre mieux ! ». Les élus du Civa portent ce message depuis plusieurs mois sur les tribunes où ils s’expriment. S’il ne fallait qu’un pourcentage pour justifier leur optimisme, ce serait sans doute 77 % ! C’est le taux de notoriété assistée qui a été mesuré pour les vins d’Alsace par l’étude Wine Intelligence. Autrement dit, ils figurent dans la mémoire de près de 29 millions d’adultes parmi les 38 millions de Français qui consomment du vin à domicile. « Il n’y a pas de rejet des vins d’Alsace, mais une indécision à leur égard. Seuls 12 % considèrent qu’ils sont trop chers et pas assez souvent en promotion. 46 % des personnes interrogées ont une position neutre vis-à-vis d’eux. Cela veut dire qu’il y a un grand potentiel à exploiter » rappelle Gilles Neusch, directeur du Civa. Comment ? En « faisant le ménage dans les circuits », en France comme à l’étranger. « Des marchés proches comme le Benelux, l’Allemagne ou le Danemark présentent de bonnes perspectives mais sont pourtant en recul. Nous devons mieux connaître nos consommateurs et savoir comment les toucher » résume Gilles Neusch. Ce chantier est ouvert. Il commence par l’analyse des marchés à dynamiser, à maintenir ou à surveiller. « Grâce au passage des touristes, l’Alsace a toujours eu la chance de vendre ses vins sans faire trop d’efforts commerciaux. Mais la concurrence d’autres régions lui intime aujourd’hui de faire du marketing qui lui donnera une assise commune, au-delà des choix propres à chaque entreprise » analyse Tanguy De Prest, architecte de marque et conseiller marketing du cabinet belge Lielens & Partners, partenaire du Civa pour mettre au point la stratégie de communication qui doit succéder à l’actuelle, mise en route en 2014. Le travail en cours est de définir des valeurs spécifiques aux vins d’Alsace pour ensuite les traduire, à la fois en images et par un discours adapté à chaque marché en fonction de sa maturité. Une première évidence sera de se consacrer aux pays proches où les vins d’Alsace possèdent de la légitimité. « Nos consommateurs y sont vieillissants. Il est plus facile d’y essayer d’en recruter de nouveaux. Ce choix nécessite moins d’investissements que dans les pays où les Alsace sont peu ou pas connus » assure Tanguy De Prest. Une nouvelle signature à Prowein La lisibilité de l’offre est un autre défi à aborder. « La valeur qu’un consommateur est prêt à donner à un produit doit être en équilibre avec l’émotion qu’il lui procure. Or l’émotion que procurent actuellement les vins d’Alsace n’est pas à la hauteur car la gamme présente une image floue » avance Tanguy De Prest. « La complexité actuelle des gammes n’est pas au service au consommateur. Il faut faire de la diversité une force, sensibiliser les opérateurs pour qu’ils simplifient l’étiquetage de 75 % des vins mis en marché. L’offre à mettre en place par les entreprises doit être claire, compréhensible, avec un code facilement mémorisable » poursuit Stéphanie Dumont, responsable du service d’intelligence économique. Dans l’esprit de Gilles Neusch, cette logique collective à installer concerne essentiellement l’appellation Alsace, moins les cuvées particulières que leurs élaborateurs continueront à vendre au contact direct des consommateurs avec les explications adéquates. Le but ultime reste d’améliorer la valeur créée par de la vente à un prix plus élevé. « L’Alsace n’est pas un vignoble à rester confiné dans son coin. Il a tous les atouts pour se positionner en marque forte, de référence, créatrice de valeur, avec l’appui de tous les opérateurs alsaciens » insiste Tanguy De Prest. Une telle ambition prendra la forme d’une nouvelle signature et d’un nouveau visuel pour les vins d’Alsace. Aux entreprises de se les approprier. Et ce dès mars 2018, dans les allées de Prowein à Düsseldorf. Selon le calendrier du Civa, le salon allemand et le millésime 2017 serviront de lancement à la nouvelle identité du vignoble. Elle sera mise à disposition de tous les exposants alsaciens qu’ils soient dispersés dans les différents halls ou rassemblés sur le nouveau stand collectif du Civa. La seule certitude est que le terme « Vins d’Alsace » figurera dans le futur emblème du vignoble.

Publié le 27/09/2017

Justine Schmitt, la reine des vins d’Alsace, organisait avec sa famille à Ottrott des vendanges amicales pour une cuvée de rouge d’Ottrott un peu particulière.

Les vendanges amicales sur le domaine Fritz-Schmitt vendredi 22 octobre revêtaient un double intérêt : celui de célébrer la cuvée de la reine des vins d’Alsace qui se prépare avec le millésime 2017, et de rappeler que l’opération Vendangeur d’un jour continue en ces vendanges 2017. Une vingtaine de convives étaient accueillis par Justine Schmitt, son frère, Antoine, et ses parents, Bernard et Catherine Schmitt. 30 vignerons indépendants ont accueilli cette année en Alsace des œnotouristes, désireux de vivre durant une demi-journée l’ambiance amicale et festive des vendanges manuelles. Pour mettre en rapport les vignerons organisateurs et les œnotouristes, l’opération s’appuie sur les offices de tourisme du vignoble alsacien. L’un d’entre eux, celui de la Communauté de communes des Portes de Rosheim, est présidé par Claude Deybach, également maire d’Ottrott, qui s’est félicité d’avoir parmi ses administrés ottrottois la reine des vins d’Alsace. La vendange de rouges terminée, Bernard Schmitt a fait visiter le chai du domaine aux convives et livré quelques explications sur la vinification du rouge d’Ottrott, l’une des 13 appellations communales du vignoble alsacien. Pratique vraiment singulière et fastidieuse dans l’univers des vins d’Alsace, ici à Ottrott, les pinots noirs sont encuvés et macérés dans de grands foudres. Après ouverture de la porte du foudre « au cric », le décuvage s’effectue manuellement. Place ensuite à la dégustation, sans que les invités aient chacun à leur tour, félicité la nouvelle reine des vins d’Alsace. Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, a pour sa part rappelé le rôle important d’ambassadrices des vins d’Alsace que jouent la reine des vins et ses deux dauphines. Philippe Meyer, vice-président du Conseil départemental, et maire de la commune voisine de Bœrsch, se disait impressionné par le parcours de la reine des vins élue parmi 27 candidates sur des critères qui exigent une bonne connaissance du vignoble. Quant à Pierre Bernhard, président du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace, il a surtout félicité la famille Schmitt pour les efforts qu’elle consent en matière de qualité d’accueil œnotouristique.

Publié le 25/09/2017

Premiers résultats pour le Plan national dépérissement du vignoble piloté par la profession viticole avec le soutien de l’État : neuf programmes de recherche sont lancés. Ils couvrent des domaines d’investigation variés avec des approches transversales et multifactorielles.

Il a fallu moins d’un an entre l’appel à projets de recherche (octobre 2016) et le choix des neuf premiers lauréats (juin 2017). Les interprofessions réunies au sein du Comité national des interprofessions des vins à appellation d’origine et à indication géographique (CNIV), le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et FranceAgriMer se donnent les moyens de relever le défi du dépérissement du vignoble. Plus de 3 millions d’euros d’aide vont être octroyés aux neuf lauréats sur la durée des programmes. Bordeaux, Orange, Montpellier, Colmar, les équipes scientifiques leaders de chaque projet sont réparties dans différents pôles scientifiques et régions viticoles. 75 % de la surface viticole française est constituée de cépages sensibles, et plus de 70 facteurs impactent plus ou moins directement le dépérissement des ceps de vigne : ils sont biologiques (virus, ravageurs), physiques (stress hydrique) ou liés aux pratiques culturales (taille, gestion des maladies, qualité du matériel végétal). Stopper le dépérissement de la vigne, c’est agir efficacement contre tous ces facteurs pour préserver la vitalité et la longévité des ceps et donc à terme, la qualité de nos vignobles. Cette première série de neuf projets couvre en grande partie les axes du plan Recherche-Innovation-Développement : la prévention et la maîtrise des risques biologiques sont bien sûr centrales mais, les projets retenus, interdisciplinaires, s’investissent aussi sur la compréhension de la relation entre rendement et longévité, la fabrication du plant de vigne et les leviers socio-économiques. L’approche scientifique est renouvelée : conduite par de nouvelles équipes, elle sera à la fois multifactorielle et transdisciplinaire, incluant même les sciences sociales et économiques. De nouveaux moyens pour de véritables solutions au service de la filière. Au total, cette première sélection privilégie une approche scientifique systémique, ambitieuse et élargie par rapport aux usages habituels en vue de proposer des solutions rapidement utilisables dans les vignobles. Le prochain appel à candidatures sera lancé début 2018. Il permettra de compléter et d’orienter les travaux sur les sujets qui n’ont pas été traités à ce premier appel à projets et notamment la problématique de la qualité des sols. De même, le volet économique sera approfondi. Une ambition et des moyens importants La profession viticole représentée par le CNIV, avec le soutien de FranceAgriMer et le ministère de l’Agriculture ont uni leurs forces. Philosophie générale, méthode de gouvernance collective, approche scientifique, engagements budgétaires : c’est un véritable plan de bataille qui est en réalité enclenché. Les moyens financiers sont à la hauteur des enjeux : au total, 10,5 millions d’euros sont engagés sur 3 ans (2017-2020), à parité État et interprofession. Tous les acteurs travaillent de concert : le conseil de surveillance, piloté par le CNIV réunit les interprofessions, l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) et l’État, cofinanceur. Il est en charge de la stratégie et garant de la bonne mise en œuvre du plan. Il s’appuie sur un directoire technique, un comité scientifique et un comité de suivi. Quatre grands axes structurent toute la démarche : le « viticulteur - acteur » est placé au cœur du dispositif, la pépinière viticole est impliquée, un observatoire du vignoble est constitué, la recherche est un pivot essentiel : maladie, environnement, pratiques viticoles font l’objet des champs étudiés. Plateforme collaborative pour les vignerons Pour compléter le dispositif, une plateforme collaborative a été conçue afin de mutualiser les informations relatives au Plan national dépérissement du vignoble. Après plusieurs mois de test, elle est désormais en ligne ici : https ://www.plan-deperissement-vigne.fr. Elle met à disposition une boîte à outils permettant de partager les bonnes pratiques au sein du vignoble, des témoignages, des conseils de formation et présente les travaux relatifs aux recherches en cours. Véritable outil de partage à disposition du vigneron, elle a vocation à durer et sera complétée au fil de l’eau.

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