Récolte 2017
Précocité, qualité, hétérogénéité
Récolte 2017
Publié le 01/09/2017
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les viticulteurs alsaciens n’ont pas tardé pour débuter cette récolte 2017. Dès le jeudi 24 août dans les secteurs les plus précoces. Dès le 28 ou le 29 août pour les autres. Partout, les commentaires sont les mêmes. Les grappes sont belles, mais peu chargées. Et, les rendements sont variables selon les parcelles.
À Pfaffenheim, Jean-Claude Rieflé a débuté mardi 29 août. Une première dans sa carrière professionnelle. « En 2015 et en 2011, j’étais sorti dans les vignes le tout dernier jour du mois d’août. Là, il n’y avait pas le choix. Je dois reconnaître que ce n’est pas ce qui est le plus agréable. Il y a un temps pour tout. Nous n’avions même pas encore terminé les mises en bouteille du millésime précédent ! Cela étant, comme la récolte est petite, nous n’allons pas avoir de problème de place », explique Jean-Claude Rieflé. Le viticulteur est cependant contrarié dans son emploi du temps. « Début septembre, depuis longtemps, nos importateurs organisent des présentations de gamme. Nous nous déplaçons du coup beaucoup à l’étranger à cette époque de l’année. Malgré les vendanges, nous n’allons pas changer cette habitude professionnelle. Le week-end à venir, je suis au Danemark. Mon fils Paul, lui, va se rendre dans les tout prochains jours deux semaines aux États-Unis ». Le domaine familial est certifié en bio depuis le millésime 2014. Il consacre entre 25 et 30 % de sa production totale au crémant. Un pourcentage qui ne change pas depuis des années. La moitié de cette production est exportée. 7 à 8 jours de récolte En cette première matinée de travail, la récolte est intéressante. « La pluie il y a quelques semaines qui nous a apporté 25 mm a été une bénédiction. Du coup, les raisins sont beaux et de qualité. Bien évidemment, les grappes ne sont pas très chargées. Mais, nous le savions. Nous nous étions préparés depuis longtemps à cette petite récolte. Là, nous sommes tout de même satisfaits, avec un degré de 11,5. Cela passe bien ici. Nous insistons beaucoup au domaine sur la générosité de nos vins, leur puissance. Nous cherchons des vins murs avec cette acidité qui reste présente du fait de nos sols où il y a du calcaire », insiste Jean-Claude Rieflé. La première parcelle vendangée, grande de 70 ares, se situe au lieu-dit du Drotfeld où se trouve le pressoir de l’entreprise. Les Rieflé prévoient 7 à 8 jours de récolte pour le crémant. La baisse de température annoncée pour la fin de la semaine est considérée comme une bonne nouvelle si, par la suite, le temps ne devient pas « pourri ». La famille Rieflé fait appel à l’association Cap-Vers pour les vendanges, mais aussi d’autres travaux manuels tout au long de l’année. « Nous procédons ainsi depuis la vendange 2008. On est quasiment à deux postes équivalents temps complets réservés à l’association. Ses membres travaillent bien et nous avons la même philosophie. Nous sommes attachés à notre terroir », précise Jean-Claude Rieflé. Ce même mardi 29 août, le viticulteur venait de recevoir deux œnologues de l’entreprise « Duo Œnologie » dont le siège est à Châtenois. Jean-Claude Rieflé apprécie leur service. « Ils sont une approche intéressante sur le bio et la biodynamie. Comme eux, je n’aime pas trop les vins dessinés pour rentrer dans des cases. Ici, on aime bien laisser du temps, faire des efforts qualitatifs dans la vinification, mais également dans l’élevage avec des fermentations longues. Au domaine, les dernières fermentations ont été réalisées il y a deux semaines. Et le Steinert 2016 fermente encore. Cette notion d’élevage n’est pas suffisamment prise en compte dans le vignoble alsacien selon moi. L’inconvénient, c’est que je ne peux plus participer aux concours régionaux car mes vins ne sont pas terminés », conclut Jean-Claude Rieflé. Le viticulteur, en revanche, est bien présent avec ses vins dans les palmarès de concours internationaux.












