Vigne

Ordre du Mérite agricole

Denis Meyer, chevalier

Publié le 14/09/2017

Denis Meyer a été promu au grade de chevalier de l’ordre du Mérite agricole. Une décoration qui lui a été naturellement remise par son voisin, ancien maire de la commune, le député Jacques Cattin.

Denis Meyer est un homme qui a plusieurs cordes à son arc. Né en 1954, il fait partie en 1971 de la première promotion de BTA option Viticulture-Œnologie du lycée agricole de Rouffach. À la suite de son père Fernand, le viticulteur développe l’image de son domaine avec son épouse Brigitte. Vinificateur de talent, il travaille des vins de qualité, avec notamment une prédilection pour le muscat pour lequel il obtient de nombreuses distinctions. Administrateur-secrétaire de Groupama et délégué des salariés à la MSA, il est également vice-président du syndicat viticole de Vœgtlinshoffen de 1983 à 2012, où il porte, entre autres, le dossier du grand cru Hatschbourg. Aujourd’hui ce sont ses filles, Céline et Valérie, et son épouse Brigitte, qui ont repris les rênes du domaine. Très investi dans la commune de Vœgtlinshoffen, il devient conseiller municipal en 1995 et adjoint en 1995 ; il est également membre du corps des sapeurs-pompiers de 1976 à 2011.

Civa - 4e contrôle de maturité

La ligne 2015

Publié le 14/09/2017

Au quatrième contrôle de maturité, les courbes d’accumulation des sucres ont légèrement fléchi tandis que l’acidité suit une ligne 2015 et reste remarquable tant pour les pinots que pour le riesling…

Démarrées avec un potentiel d’acidité supérieur à 2015, et assez remarquable au regard de la précocité, les courbes d’accumulation des sucres et de baisse d’acidité ressemblent désormais au millésime 2015, tant pour les pinots gris que pour les rieslings. Ou même pour les pinots noirs et blancs. Cependant, comparé à 2015, les pH s’affichent à des niveaux bien bas, à l’exception de quelques gewurztraminers dans certaines communes. Ce qui laisse désormais un peu de temps pour vendanger les raisins à vins tranquilles, sauf risques sanitaires de fin de cycle. Les rieslings atteignent à ce stade autour de 11° d’alcool potentiel acquis avec toujours des acidités de pH autour de 3. Excepté quelques prélèvements où la maturité s’attarde. Tandis que nombre de pinots gris affichent 13° ou plus avec des pH à 3,2-3,3 : la garantie de vins de grande fraîcheur se confirme. Les mesures d’anthocyanes et de polyphénols des pinots noirs font apparaître également des teneurs sensiblement équivalentes au millésime 2015, légèrement plus de couleur qu’en 2014, mais nettement moins qu’en 2013.

Publié le 13/09/2017

À Katzenthal, Christine et Daniel Meyer utilisent le chat pour donner une identité forte à leur gamme et à leur domaine.

Daniel Meyer n’avait pas encore donné son premier coup de sécateur en 2017 qu’il savait déjà à quoi s’attendre. Le gel d’avril se solde par des dégâts notables. « Je vais faire ma plus petite récolte » avoue-t-il. L’hectare d’auxerrois de plaine qu’il destine habituellement au crémant n’a fourni qu’aux alentours de 35 hl. Son gewurztraminer a aussi souffert. Daniel et Christine comptent sur le volume rentré en 2016 pour maintenir le courant de ventes qu’ils ont développé en dix-sept ans d’initiatives commerciales. Daniel reprend le domaine de 6 ha de son père Alfred en 2000. Il a 31 ans, une formation de pâtissier et sept ans d’activité comme salarié viticole pendant lesquels il vit au quotidien un passage au bio. Alors qu’il enchaîne son BPA, son père le lance d’entrée dans le bain en lui confiant la vinification. Novice en cave, il s’en sort en signant un contrat de suivi œnologique assuré par Michel Pinsun, œnologue de la chambre d’agriculture. À l’époque, le domaine est à l’étroit dans le bourg. Daniel prend le taureau par les cornes et réalise une sortie d’exploitation en bordure de la commune en 2007. Le nouveau caveau qu’il vient d’y aménager doit progressivement relayer l’ancien point de vente d’une trentaine de mètres carrés tenu par sa mère au village. Daniel s’interroge sur ses choix à la vigne. « Avec les sécheresses qui se répètent, l’herbe qui occupe un rang sur deux n’a peut-être plus sa place. En hiver ou tôt au printemps, j’ai commencé à passer une charrue quatre dents à dix centimètres de profondeur dans les sols les plus légers. Après coup, je décide en fonction de la météo de renouveler le passage ou de laisser pousser » dit-il. Daniel réajuste les éléments minéraux par un engrais organique tous les trois ans après analyse de sol. Il protège ses vignes par un systémique à la floraison et laisse effeuiller les deux côtés de ses parcelles les plus vigoureuses. Il vise le rendement autorisé par appellation sauf en pinot noir et en gewurztraminer. L’essentiel d’une vendange rentre en bottiches qui, en attendant l’essai d’un tapis de chargement, sont amenées par un élévateur dans le pressoir de 40 hl. Des plaques descendent la température de débourbage à 10°. Seules les premières cuves sont levurées avant vinification dans une cuverie un tiers bois, deux tiers inox à une température qui n’excède jamais les 19°. L’Élixir voyageur Le temps des vins à sucres résiduels élevés « plus faciles à vendre » est passé. Le domaine est retourné à des rieslings à 1-2 g. En 2017, l’Élixir de Katz, un assemblage à parts égales de riesling, pinot gris et gewurztraminer reviendra de ses 15 g habituels à 2 ou 3 g. « Nous commençons à travailler aux Pays-Bas. La demande porte uniquement sur du sec » constatent Christine et Daniel. Le couple attend un premier retour du Canada où Christine s’est rendue en mai 2017 après une formation au CFPPA. En scrutant les premières réactions de sa clientèle, Daniel et Christine savent déjà qu’ils ont misé juste en s’identifiant au chat suggéré par le nom de leur commune. La viticultrice l’a stylisé et repris pour désormais signer la gamme avec une couleur dédiée à chaque type de vin. Le domaine se construit sa réputation avec le site que Christine a réalisé elle-même après avoir participé à une formation au CFPPA d’Obernai et en publiant en moyenne une actualité par semaine sur les réseaux sociaux. L’une d’entre elles concerne régulièrement l’Élixir. Christine et Daniel confient une bouteille à des connaissances, à charge pour eux de la photographier partout où ils se rendent sur la planète, de la Laponie à l’île Maurice. Le compteur du site a dépassé les 2 000 vues et a suscité des commentaires. Le domaine ajuste chaque année ses prix. Un mailing annuel et un autre ciblé auprès d’un potentiel de 5 000 clients constituent une communication obligatoire. Car depuis dix-sept ans, Christine et Daniel cumulent chaque année 35 000 kilomètres pour effectuer des livraisons sur Paris, se rendre sur seize salons en associant parfois leur déplacement avec des dégustations privées. « Il nous arrive de louer une camionnette. Pendant que Christine est sur un salon, j’enchaîne trois dégustations. Un tel week-end doit permettre de vendre au moins 1 000 bouteilles » analyse le viticulteur. Mais l’objectif du couple serait de diminuer ces jours d’absence. « J’en ai compté quatre-vingt-dix sur 2016 » signale Daniel. Le couple espère traduire le bel impact que laisse leur étiquette ainsi que le grand panneau noir avec l’emblème du chat qui retient les regards sur un salon, par une hausse de fréquentation de leur caveau. Leurs efforts depuis cinq ans pour se constituer un portefeuille d’importateurs doivent permettre d’écouler leurs vins par un circuit qu’ils espèrent moins gourmand en temps.

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