Vigne

Confrérie des Amis d’Ammerschwihr et du Kæfferkopf

Des bouteilles pleines de valeurs

Publié le 16/09/2016

La confrérie des Amis du Kæfferkopf a récemment organisé sa dégustation annuelle des vins issus du 51e grand cru d’Alsace. Les meilleurs d’entre eux garniront l’œnothèque de la confrérie pour les prochaines décennies.

Entretenir la mémoire du Kæfferkopf. Chaque année, la confrérie des Amis d’Ammerschwihr et du Kæfferkopf organise une dégustation pour départager les meilleurs représentants du 51e grand cru d’Alsace qui iront alimenter son œnothèque. L’édition 2016 s’est tenue le mardi 6 septembre dans la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de la commune. Plus d’une vingtaine de dégustateurs (dont une majorité de vignerons issus du village) devaient départager les vins issus des millésimes 2015 et antérieurs. Pour intégrer l’œnothèque de la confrérie, un vin devait obligatoirement obtenir une note minimum de 7/10. « Seuls 30 % des vins dégustés reçoivent l’estampille », précise le Grand Maître de la confrérie, François Bluem, très attaché aux « valeurs » du Kæfferkopf. « Ce sont des vins fins et élégants, dont l’histoire est vieille de plusieurs siècles. C’est aussi un grand cru qui se caractérise par les assemblages que peuvent faire les vignerons, et par la richesse géologique du sol », poursuit-il. Avec plus 71 hectares, le Kæfferkopf fait partie des terroirs alsaciens qui ont le plus de surface… et le plus de diversité géologique dans le sol. « Le Kæfferkopf a de multiples facettes qu’on retrouve ensuite dans le verre. C’est une vraie richesse », témoigne François Bluem. D’où la nécessité pour la confrérie de conserver dans son œnothèque cette « mémoire précieuse » qui se transmet depuis des siècles sur les coteaux d’Ammerschwihr.

Publié le 16/09/2016

À Bernardswiller, les domaines Lang, Motz et Bilger se relaient tout l’été pour organiser la promenade des 7 péchés capiteux. Pour leur part, Fabienne et Jean-Pierre Bilger ont repris le principe de la marche gourmande.

Il est un peu plus de 17 h 30 ce jeudi soir dans l’allée de la chapelle. Jean-Pierre Bilger termine le pointage des personnes qui se sont annoncées. Aujourd’hui, il explose sa statistique avec cinquante-cinq inscrits ! Une dame s’inquiète de ce nombre. « On est organisé. Ce n’est pas la première fois » rassure Jean-Pierre. Le départ ne tarde pas. Cent cinquante mètres à peine, et c’est déjà la première halte au pied d’un calvaire. Jean-Pierre embraye sur l’histoire du vignoble, de l’AOC Alsace… Le public est attentif. Il se compose majoritairement de couples, des touristes, mais aussi des autochtones venus avec de la famille habitant la Mayenne ou les occupants de leur gîte. Tout le monde a rapidement un verre de sylvaner entre les mains. Barbara, une amie de Fabienne et Jean-Pierre, Catherine, la sœur de Jean-Pierre, Aurore et Céline, les deux filles de Jean-Pierre, les ont distribués. Elles forment l’équipe chargée de l’intendance. À bord d’un Renault Trafic, elles font en permanence la navette entre le domaine et chaque halte. « Pour que les vins et les mets restent frais » précise Barbara. Les ingrédients ne quittent le frigo que pour les trois glacières de transport installées à l’arrière du fourgon. Les associations mets/vins servis au bord des vignes sont éprouvées. À la tartine de fromage herbes lardons accompagnée de deux pinots blancs, dont une réserve, succèdent une tartine de rillettes de saumon et son riesling, un mini-pâté en croûte et son pinot gris et enfin une tartine de mousse de foie de volaille et un pinot gris réserve. Le tout a été préparé depuis le matin par Barbara, Catherine, Aurore et Céline aidées par Jeanine et Pierre, les parents du viticulteur. « La journée y passe ! » résume Barbara. Mais revenons à Jean-Pierre. Il est bavard. Il évoque maladies, ravageurs, traitements, entretien des sols… Il avait prévenu en démarrant : « il n’y a pas de sujet tabou ». Au bout de deux bonnes heures et moins d’un kilomètre de parcours, le groupe est revenu au domaine. Aurore et Céline distribuent assiette en carton et serviette à l’entrée de la cour où de simples bancs sont disposés en épi. Trois autres amis du couple de viticulteurs s’affairent autour de deux fours à tarte flambée. Au milieu des bancs, Jean-Pierre ne tarde pas à reprendre ses explications avec ses choix de vinification. De quelques bouteilles à plusieurs cartons Comme il alterne avec les domaines Motz et Lang, Jean-Pierre Bilger assure son tour toutes les trois semaines. Douze ans que ça dure, en collaboration avec l’office du tourisme d’Obernai car « l’intercommunalité a permis le rattachement de Bernardswiller à la structure ». « La promenade des 7 péchés capiteux », en clin d’œil aux sept cépages alsaciens, est un nom et un concept déposés, donc protégés. Les viticulteurs se sont concertés pour trouver une formule souple qui laisse chacun s’organiser à sa façon pourvu qu’elle marie vins et gastronomie. « En fin de soirée, les participants ont mangé » assure Jean-Pierre. À 8 € par personne, il est au mieux question pour les viticulteurs de couvrir les frais. Chez Fabienne et Jean-Pierre, les tartes flambées simples, gratinées ou au munster sont relevées de rosé, de pinot noir et de gewurztraminer. Un crémant est servi à la cave avec un gâteau aux trois chocolats en guise de dessert. Les convives apprécient. Patrick, qui a inscrit six personnes dont Georges, son logeur, retrouve l’ambiance des marches gourmandes auquel il participe en Charente où il réside. « Jean-Pierre explique bien. On sent qu’il est passionné. J’ai découvert un métier complexe où rien n’est figé. J’ai presque appris trop de choses » juge Gabriel, originaire de Mayenne. Dans la soirée, une averse fraîche mouille la cour. Mais Jean-Pierre a prévu le coup en déménageant quelques palettes de sa cave. Il est plus de 22 h et le plus grand nombre se serre encore sur les bancs déplacés à la hâte pendant que Jean-Pierre continue inlassablement de répondre aux questions. Il sait que le contrecoup physique sera pour le lendemain. Des applaudissements ponctuent ses mots de remerciement. Les personnes qui s’éclipsent ne partent pas les mains vides. « Cela va de quelques bouteilles à plusieurs cartons. Souvent les vins qui ont été servis. Certains reviennent après coup » indique Fabienne, tout en maniant sa calculette. Pour 10 ha en production, le domaine écoule du vrac et, bon an, mal an, 45 000 bouteilles, sans que le couple ne se déplace sur des foires ou des salons. Comprenez que la quasi-totalité de ce volume est achetée en direct au domaine. Alors forcément, chaque été, les différents rendez-vous de la promenade des 7 péchés capiteux sont capitaux !

Construction d'un chai à Scherwiller

Peu d’énergie grise et beaucoup de matière grise

Publié le 15/09/2016

À Scherwiller se monte un chai partagé et bioclimatique. Il abritera les vins d’Yves, Jean et Pierre Dietrich. Et il abritera également la cave de Jean-Paul Schmitt et Bernd Koppenhoefer.

À la sortie Scherwiller, direction Dieffenthal, difficile depuis la route des vins de ne pas voir ce spectacle d’un chai en train de sortir de terre, avec des murs en big balles de paille. Il se monte là un chai partagé entre deux domaines viticoles, premier du genre. C’est l’architecte Christophe Köppel, d’Architecture & Paysages à Strasbourg, qui a imaginé la construction de ce bâtiment nécessitant peu d’énergie grise, car il est fait de matériaux au bilan carbone très avantageux (bois, paille), mais beaucoup de matière grise, c’est-à-dire conçu selon les connaissances modernes de régulation bioclimatique et passive des bâtiments. Il assiste au quotidien à la réalisation des travaux. Avec des murs en paille, de même sous la toiture, des charpentes de bois en lamellé-collé d’une portance de 30 mètres, le tout avec des dimensions impressionnantes, le bilan carbone global de ce chai est particulièrement favorable. À peine construit, il va déjà abriter du vin d’Alsace dans les toutes prochaines semaines. Ces délais extrêmement réduits ont été imposés aux initiateurs de ce projet, Yves, Jean et Pierre Dietrich, Jean-Paul Schmitt et Bernd Koppenhoefer, en raison des multiples autorisations administratives qui ont tardé à venir et qui leur ont causé beaucoup de tracasseries. Ils travaillent donc d’arrache-pied pour arriver dans les temps impartis à presser et à encuver la vendange. Modèle du genre, véritable cathédrale de paille, il rayonne déjà de ce lieu une énergie positive et une atmosphère de bien-être. Ce chai respirant abritera le premier millésime de la famille Dietrich. Quant à Jean-Paul Schmitt et Bernd Koppenhoefer, ils transféreront progressivement leurs foudres et barriques sur un sol de tomettes prêt à accueillir un nouveau millésime de Rittersberg.

Pages

Les vidéos