Les vendanges 2016 ont débuté en Alsace. Et, pour l’heure, les professionnels s’intéressent au crémant. Le 7 septembre dernier, Étienne Dreyer, à Ammerschwihr, était l’un des premiers viticulteurs de la région à récolter.
L’entreprise s’est lancée dans la production de crémant en 1981. « À l’époque, mon père avait fait des stages en Champagne où nous avons de la famille. Nous avons observé cette manière de travailler et de faire des bulles. C’est de là qu’est venue l’idée de faire du crémant », explique Étienne Dreyer. La production stagne jusqu’au début des années 1990 où les ventes et la production prennent davantage d’ampleur au fil des ans. À partir du début des années 2000, le crémant devient un produit important avec de fortes ventes. « Nous avons profité de la notoriété grandissante du crémant d’Alsace. Nous avons également proposé un produit de qualité. Et nous avons su innover. Depuis l’année passée, notre crémant issu de raisins récoltés sur le Kaefferkopf est un assemblage de quatre cépages autorisés, le gewurztraminer, le riesling, le pinot gris et le muscat. Aujourd’hui, le crémant représente environ 15 % de la production totale de l’entreprise. Le crémant d’Alsace est devenu un produit anti crise », ajoute Étienne Dreyer.
Environ 2 700 bouteilles de crémant rosé
Que ce soit pour le crémant ou l’ensemble de l’appellation Alsace, les trois dernières vendanges ont été difficiles. Les stocks ont baissé. « L’année passée, j’ai vendangé le 31 août. Mais, les premiers relevés indiquaient plus de 12 °. C’était trop tard pour faire du crémant rosé. Du coup, mon stock va me permettre de tenir jusqu’à Noël. Pour le crémant blanc, la situation est plus favorable. Je compte sur cette récolte 2016 pour inverser la tendance », note Étienne Dreyer. Depuis quelques jours, le viticulteur est bien plus serein. Avec un professionnel de Dorlisheim et un autre de Bergheim, il a pu vendanger son pinot noir dédié au crémant rosé dès le mercredi 7 septembre. « Les mesures fin août indiquaient déjà 10,6 ° et je l’ai finalement vendangé à 10,9 °. Au début, j’étais sceptique sur la qualité. J’ai rapidement été rassuré. J’ai fait un rendement de 76 hl/ha, tout proche du taquet. C’est donc de bon augure pour la suite. La qualité est là. Certes, c’est sec. Mais le fait qu’il fasse beau empêche le développement de la pourriture. Mes raisins sont ultra-sains », observe Étienne Dreyer qui se souvient que l’année passée, l’ensemble de la production du domaine atteignait un rendement moyen de 45 hl/ha. Les débuts sont donc positifs. La récolte du 7 septembre va lui permettre de réaliser environ 2 700 bouteilles de crémant rosé.
Reconstituer les stocks
Pour le crémant blanc, la récolte devait démarrer mercredi 14 septembre sur deux demi-journées. « Hier, mardi 12 septembre, j’ai mesuré les raisins à 10,3 °. J’estime donc que ce sera vendangé à 10,5 °. Je vais travailler avec mon équipe de douze vendangeurs mercredi après-midi et jeudi matin, juste avant l’arrivée de la pluie annoncée jeudi après-midi. Mon objectif est d’arriver à faire 7 200 bouteilles. Cela va me permettre de reconstituer mes stocks et de faire une belle récolte. Cela va faire du bien financièrement à l’entreprise et nous permettre d’investir à nouveau », indique Étienne Dreyer qui vend également un peu de raisin et, s’il le faut, du vrac. Concernant les vendanges pour le reste de l’appellation Alsace fixées au 22 septembre, il se donne un moment de réflexion. « Après le crémant, je vais laisser passer le week-end avant certainement de faire des prévendanges pour le pinot noir trois ou quatre jours avant la date officielle. Je sais que ce cépage est bien en avance. Pour l’heure, l’état sanitaire de mes parcelles est bon », conclut Étienne Dreyer.