Vigne

Stand Chambre d'agriculture Alsace - Groupama - L’Est agricole et viticole - Paysan du Haut-Rhin

« Un lieu ludique et convivial »

Publié le 11/08/2016

La chambre d’agriculture d’Alsace a rejoint vos journaux agricoles et Groupama au cœur du parc agricole de la foire aux vins de Colmar. Ce stand commun renforce cette année encore son statut de rendez-vous incontournable du monde agricole.

Que serait la vie du Parc agricole sans le stand Paysan du Haut-Rhin, Est agricole et viticole, Groupama, et désormais, Chambre d'agriculture d’Alsace ? Ses rendez-vous rythment la foire : l’inauguration, la soirée des exposants et la remise du prix de l’innovation, la journée du Parc agricole et son célèbre lâcher de ballons, avec tous les jours des animations variées. Pour Libertad Galli, chef de pub pour le PHR et l’Est agricole et viticole : « La foire aux vins en général et notre stand en particulier sont un lieu de convivialité, d’échange et de partage ». Elle en détaille les particularités : « Le concours de dessins destinés aux enfants, ayant pour thème cette année « Dessine-moi l’Alsace dans ton assiette », nous permet de rencontrer les parents pour la plupart agriculteurs, viticulteurs et surtout des lecteurs de nos journaux. Nous leur proposons différentes activités et animations, comme la dégustation à l’aveugle de produits régionaux, la découverte du miel et du métier d’apiculteur. Nous avons envisagé ce stand commun comme un lieu ludique et convivial ». Montrer la diversité du terroir alsacien L’équipe de la chambre d’agriculture a tout de suite apprécié cette ambiance, selon Stéphane Janus, chargé de communication. Si la chambre d’agriculture d’Alsace a changé de stand par rapport à la précédente édition, le service aux agriculteurs est constant : « Il y a toujours un conseiller disponible sur le stand pour répondre aux questions des agriculteurs. Nous les invitons à participer à une enquête pour connaître leur vision de l’avenir de l’agriculture d’Alsace. Nous souhaitons les interroger personnellement afin de mieux répondre à leurs attentes et les accompagner dans leurs projets de développement ». Ce questionnaire est également disponible sur le site de la chambre d’agriculture. Le stand s’adresse aussi naturellement au grand public : « Nous proposons aux visiteurs de découvrir la fédération des apiculteurs du Haut-Rhin, pour montrer que la biodiversité profite à tous. Dans le même sens, nous exposons une jachère fleurie. D’autre part, nous faisons découvrir les produits médaillés du concours général agricole, seul concours reconnu par ministère de l’agriculture. L’idée est de montrer la diversité du terroir alsacien ». Les animations à succès, comme la roue de la chance Groupama pour gagner des cadeaux aux couleurs de Groupama, le jeu-concours ou la fontaine de lait, ont retrouvé leurs amateurs cette année encore. « Depuis une vingtaine d’années, ce stand commun est un plaisir grâce des événements organisés de concours, souligne Stéphane Schneider, chargé de communication chez Groupama. Il nous permet de rencontrer nos sociétaires viticulteurs, agriculteurs et particuliers dans un cadre détendu, mais aussi répondre à leurs questions si nécessaire. Un conseiller est toujours présent pour les recevoir ».

69e foire aux vins d’Alsace de Colmar

Si le vin manque, il manque tout

Publié le 10/08/2016

La 69e foire aux vins d’Alsace a débuté vendredi 5 août et se poursuit jusqu’au lundi 15 août au Parc des expositions de Colmar. La profession agricole et viticole est au cœur de l’événement.

Invité d’honneur de l’inauguration de la 69e foire aux vins d’Alsace, le chef trois étoiles de l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern, Marc Haeberlin, a souligné l’importance de l’événement « pendant cette période sombre ». Avec un élan d’optimisme, tandis que des signes d’embellie pointent dans l’horizon économique. Plus à l’aise, de son propre aveu, derrière les fourneaux que devant un micro, Marc Haeberlin a rendu un hommage émouvant et sincère à la manifestation et à l’art de vivre à la française. « L’obscurantisme ne triomphera pas, au pays de la gastronomie, de la table et des vins. Nous avons encore plus besoin de nous retrouver et de faire la fête, pour prouver à ces lâches et à ces abrutis que la vie est belle, et qu’elle continue. Cette foire aux vins rassemble tout ce qu’il y a de plus beau dans le terroir alsacien, et bien sûr tous les grands vignerons : nos cépages alsaciens peuvent s’allier à toutes les cuisines, traditionnelles, contemporaines ou exotiques. Oui, la foire aux vins est comme un restaurant, qu’elle soit belle et festive, alors bon appétit et large soif ! Mais avec modération. » Des propos enthousiastes qui ont évidemment ravi l’assemblée. Une méthode d’élaboration rigoureuse Le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Didier Pettermann, a profité de cette inauguration pour faire un tour d’horizon de l’actualité viticole. Il a salué le 40e anniversaire de l’AOC crémant d’Alsace, une appellation qui a profondément bouleversé la physionomie de la filière. « Dans les années 1970, l’Institut national de l’appellation d’origine (Inao) souhaitait clarifier l’offre des vins effervescents pour faciliter l’émergence des productions d’AOC. Le choix s’est porté sur le terme « crémant » pour qualifier l’ensemble des AOC qui accepteraient de se ranger sur une méthode d’élaboration rigoureuse, comprenant à la fois le pressurage du raisin entier, la limitation du taux d’extraction de la vendange, et la deuxième fermentation en bouteille. Il se trouve qu’à cette époque, l’Alsace faisait preuve d’une belle antériorité dans le domaine des effervescents, puisqu’une maison célèbre s’était lancée dans cette belle aventure dès l’aube du 20e siècle ». Les volumes représentent désormais 27 % de l’ensemble de la production régionale. Ce qui assure au crémant d’Alsace une position de leader incontesté dans la famille des crémants. Le président du Civa a également évoqué la clarification de la loi Évin au cours de cette année 2016 et la réussite de nombreux événements qui témoignent de l’attractivité du vignoble alsacien comme, par exemple, le slowUp du dimanche 5 juin, le salon Millésimes Alsace le 13 juin ou encore le Marathon du vignoble d’Alsace qui, petit à petit, devient une référence. Concernant la situation économique, Didier Pettermann se veut optimiste malgré les difficultés. « Durant ces trois dernières années, la nature n’a pas été très généreuse avec notre vignoble avec trois petites récoltes très en dessous des besoins de nos marchés. Nous connaissons les prévisions de récolte 2016. Elles nous laissent espérer le retour à la normale. Mais, la saison viticole n’est pas terminée et certains secteurs ont souffert de l’excès d’eau durant ce début d’année. Et comme disait mon grand-père, nous ne pourrons nous faire une idée de la récolte que lorsque nous l’aurons en cave. » Il a également relevé la qualité du millésime 2015 que certains n’hésitent pas à qualifier de « millésime du siècle ». Parallèlement, les ventes à l’export progressent (+ 6,7 %) depuis le 1er janvier sur l’ensemble des pays tiers. « Cette évolution positive sur les marchés lointains mérite d’être soulignée car s’ils représentent encore des volumes relativement modérés, ils montrent un intérêt croissant pour les vins d’Alsace qui sont d’ailleurs mieux respectés et valorisés sur ces marchés. Cela doit nous encourager à poursuivre l’effort de communication engagé dans ces pays avec le soutien du budget européen depuis 2009 », a ajouté Didier Pettermann. Une meilleure valorisation des vins d’Alsace Le président du Civa a profité de la tribune pour insister une nouvelle fois sur la nécessité de repenser la stratégie collective de la filière viticole. Il avait déjà tenu ces propos lors de son élection, en appelant les professionnels à être unis pour faire progresser les vins d’Alsace. « Cela doit nous permettre d’avancer sur différents sujets de préoccupation comme, par exemple, la recherche d’une meilleure valorisation des vins d’Alsace. Pour y parvenir, nous devons définir, ensemble, notre identité, améliorer la lisibilité de notre gamme extraordinairement riche de diversité, créer de la valeur en promouvant la qualité des vins et leur image. Nous devons également conforter la recherche et le développement pour la mettre au service de nos préoccupations prioritaires : préserver la santé du vignoble, préparer l’avenir avec du matériel végétal parfaitement adapté, poursuivre notre orientation de développement qualitatif des vins d’Alsace. Nous devons également nous engager sur le plan national pour mettre nos moyens en synergie avec ceux des autres vignobles comme nous le faisons avec le Comité national des interprofessions vinicoles (CNIV) et avec le soutien de FranceAgriMer sur le plan national de lutte contre les dépérissements ! » Et d’insister sur la nécessité de renforcer l’accompagnement des entreprises dans leurs choix économiques, faciliter la dynamique de mise en marché, et notamment d’export, et redynamiser le marketing et la communication autour des vins d’Alsace. « Il faut partir de notre ADN, de ce que nous sommes et surtout de ce que nous voulons être. Ce message doit être perceptible dans chaque affiche, dans chaque encart presse. Il doit être une vraie ligne conductrice de notre stratégie à long terme. Et nos metteurs en marché doivent se l’approprier sur leurs propres outils. Le vin d’Alsace est le fleuron de notre patrimoine régional. Il est une composante majeure de notre économie, créateur de richesse et d’attractivité pour le territoire alsacien », a-t-il conclu. Promouvoir une filière ambitieuse La foire aux vins d’Alsace de Colmar peut aider la profession viticole et agricole à se promouvoir. Une filière qui est au cœur de l’activité économique de la région comme l’a rappelé Christiane Roth, présidente de Colmar Expo et de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) du Centre Alsace. « Ce rendez-nous revêt cette année une importance particulière, car il témoigne également, dans le contexte sécuritaire national, de notre volonté de maintenir des événements festifs et de continuer nos activités sociales et économiques, en prenant toutes les mesures de sécurité nécessaires. Certes, le chômage reste trop élevé en Alsace, à plus de 9 %, malgré une stabilisation ces douze derniers mois. Mais les tendances pour les prochains mois sont plutôt positives, tant sur le chiffre d’affaires que sur le carnet de commandes ou l’emploi. Les créations d’entreprise ont rebondi de manière significative au cours du premier trimestre 2016 : + 10 % dans le Haut-Rhin et + 26 % dans le Bas-Rhin, grâce au plan de revitalisation à Colmar et dans ses environs, 34 entreprises ont été soutenues et 400 emplois sont en passe d’être créés. Mais, seuls les investissements ne suivent pas ces tendances car les chefs d’entreprise se montrent encore prudents même si les projets sont nombreux dans le Centre Alsace ». De son côté, le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a salué ces améliorations économiques, et notamment sur Colmar. Il a estimé que « si la foire aux vins pouvait paraître en décalage par rapport aux attentats ailleurs en France, il faut continuer à aller de l’avant. Car oui, c’est toujours un grand moment d’être présent ici. Il faut continuer de promouvoir cette filière viticole ambitieuse, d’excellence, dans une démarche collective, de proximité et d’authenticité ». 350 exposants et une nouvelle reine des vins d’Alsace Sur cette note d’optimisme, la 69e foire aux vins d’Alsace a été inaugurée après la traditionnelle passation de « pouvoir » du trio royal. La cape a été remise à la nouvelle reine des vins d’Alsace, Mathilde Fleith, de Beblenheim. Près de 350 exposants et presque autant d’animations attendent les visiteurs en onze jours d’ouverture. Une bonne trentaine d’entre eux sont présents pour la première fois comme le viticulteur Damien Schueller d’Husseren-les-Châteaux. Les vins d’Alsace restent les « stars » de l’événement tout comme les entreprises agricoles qui sont présentes au cœur d’un parc agricole toujours plus agréable. Et comme l’a souligné, Christophe Crupi, directeur des foires et salons, « si le vin manque, il manque tout ».

Publié le 08/08/2016

Les températures moyennes grimpent, les mois les plus chauds le sont de plus en plus, les mois les plus froids le sont de moins en moins, les pics de fortes chaleurs se font plus fréquents, les cycles végétatifs se décalent…

À en croire les prévisionnistes météorologiques, les hivers enneigés alsaciens ne seront bientôt plus qu’un vague souvenir dans l’imaginaire collectif, véhiculé par quelques illustrations de Hansi et quelques réminiscences de parties de luge endiablées. Et ce n’est que la conséquence la plus palpable et la plus symbolique du changement climatique. Les agriculteurs peuvent en citer une pelletée d’autres : survie des pucerons aux hivers, cultures grillées par les coups de chaud estivaux, décalage des périodes de floraison, de maturité, dysfonctionnement de certains microclimats propices à l’épanouissement de quelques fleurons de la viticulture française… « Il n’y a pas que les banquises qui fondent sous l’effet du changement climatique, nous enregistrons aussi des chiffres très nets ici en Alsace où il y a de moins en moins de neige en plaine, voire quasiment plus du tout », indique Yves Hauss, responsable études et climatologie Nord-Est à Météo France, qui dégaine une palanquée de chiffres pour étayer son propos. Depuis 1880, les années les plus chaudes se concentrent dans les plus récentes : 2015, 2014, 2010, 2005, 1998, 2013, 2003, 2002, 2006 et 2009. En France, de 1959 à 2009, les températures moyennes de chaque décennie se sont réchauffées de 0,2 à 0,3 °C. Lyon à Strasbourg Pour caractériser le climat alsacien, il se fonde sur les enregistrements issus de la station d’Entzheim, qui ont débuté en 1921. Le nombre de jours correspondants à un pic de forte chaleur affiche une tendance à la hausse, avec une progression de 150 % depuis 1950. Conséquence pour les agriculteurs : « Les plantes souffrent davantage de la chaleur. » Parallèlement, le nombre de jours sans dégel a diminué de 50 % depuis 1950. Et la période à risque de gelée a diminué de 40 jours de 1921 à 2014. Résultat logique, la tendance des températures moyennes annuelles est à la hausse. Avant de passer à l’analyse des « normales de saison », Yves Hauss en rappelle la définition : « Les normales, c’est la moyenne des températures à une période donnée sur les trente dernières années. » L’analyse de l’évolution de ces normales montre qu’elles ont augmenté de 0,4 °C par décennie depuis 1990 : « La température annuelle normale de Strasbourg aujourd’hui atteint la température annuelle normale de Lyon dans les années 1950 ». Tunis à Moscou Lorsqu’on s’intéresse aux températures extrêmes, en pointant les mois les plus froids et les plus chauds, on constate que depuis 35 ans, aucun record mensuel de froid n’a été enregistré. Et certains de ces records peuvent être qualifiés de dérèglements. Par exemple : août 2003 et juillet 2006, où les températures enregistrées à Strasbourg correspondaient plutôt à celles de Marseille à la même saison, ou avril 2007, où cette fois on approchait plus des normales d’Alger, avec à la fois des températures élevées et des précipitations rares, ou encore juin 2003, où on s’approchait des normales de Tunis. L’Alsace n’est bien sûr pas la seule région concernée, Yves Hauss rappelle les incendies qui ont ravagé la Russie en juillet 2010 : « 20 % des cultures ont été détruites à 100 %. La température moyenne était de 26,2 °C, soit la normale de Tunis, les végétaux n’y ont pas survécu. » Des cultures désorientées Le mois d’avril est traditionnellement un mois de bascule, au niveau climatique. Mais Yves Hauss note que depuis 2007, ses températures sont souvent plus élevées. Résultat : « Le printemps est décalé, les plantes fleurissent plus tôt, les fruits mûrissent plus tôt ». Avec des conséquences particulièrement préoccupantes en viticulture : « La date de mi-véraison a tendance à avancer, le degré alcoolique des vins a tendance à augmenter, car les baies sont plus riches en sucre, certains microclimats, comme celui du vignoble du Sauternes où l’alternance entre l’humidité matinale liée aux eaux froides du Ciron et des après-midi chaudes et ensoleillées sont favorables au développement de Botrytis cinerea, sont menacés… » Et les températures ne constituent pas le seul paramètre impacté par le changement climatique : le niveau des précipitations évolue aussi. « Elles ont tendance à être plus importantes dans le nord-est de la France, et plus particulièrement en automne et en hiver d’après les relevés d’Entzheim », constate Yves Hauss. Du picon au pastis… Voici pour le court terme et ce qui est déjà constaté. Que prévoient les spécialistes à plus long terme. Plusieurs scénarios ont été élaborés, selon l’efficacité avec laquelle les éléments perturbateurs du climat seront atténués. Dans les scénarios les plus optimistes, d'ici 2100, les températures moyennes n’auront augmenté « que » de 2 °C. « Au mieux, on aura donc les températures actuelles de Montélimar », illustre Yves Hauss. La tendance, déjà perceptible, à des hivers plus doux et plus humides et des étés plus chauds et plus secs (NDLR : Toute ressemblance avec une exception récente n’est que fortuite) devrait se confirmer. Le scénario qui a été retenu par les autorités, moins optimiste, prévoit une hausse des températures moyennes de 3,7 °C d'ici 2100, soit + 0,45 °C par décennie, ce qui correspond effectivement au rythme actuel. S’il devait ne pas faiblir, on enregistrera à Strasbourg en 2100 les mêmes températures qu’à Marseille actuellement. … mais sans glaçons Ces changements climatiques vont inexorablement s’accompagner de bouleversements en tous genres et l’agriculture sera particulièrement impactée. Il faudra adapter les cultures, les variétés, les itinéraires culturaux, sans parler des cépages et des essences forestières… Et puis il ne faut pas négliger les effets de la fonte des glaciers, des neiges permanentes, qui jouent un rôle majeur dans la régulation du débit des cours d’eau : des neiges permanentes qui fondent dans les Alpes, ce sont d’importants à-coups dans le débit du Rhin à prévoir, donc de potentielles inondations, si les digues actuelles devaient ne pas suffire à les juguler, mais aussi des phénomènes de basses eaux plus marqués en été. Le Rhin pourrait alors devenir impropre au transport fluvial, la nappe phréatique serait moins rechargée. Et si sa réputation d’inépuisable devait être remise en question, l’irrigation des cultures pourrait-elle être remise en cause ? Ce ne sont que des hypothèses, mais Yves Hauss prévient : « Dans les Vosges du Nord, de petites sources commencent à se tarir ».

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