Vigne

Rencontre des trios royaux à Ammerschwihr

Sous le soleil, les Reines

Publié le 23/07/2016

Mardi dernier, la future Reine des vins 2016 et ses dauphines ont passé la journée aux côtés du trio royal 2015. Une occasion conviviale pour transmettre le flambeau entre dégustations de Kæfferkopf et balades en gyropodes dans les rues d’Ammerschwihr.

Un léger bourdonnement parcourt les chemins du Kæfferkopf, entre Ammerschwihr et Katzenthal. Sous un soleil de plomb, le 51e Grand Cru d’Alsace accueille le plus royal des cortèges. D’un côté, Mathilde Fleith, la Reine des vins fraîchement élue mais pas encore couronnée, et ses deux dauphines Maïté Burg et Marine Wessang. De l’autre, la Reine des vins 2015, Laëtitia Pantzer, et ses dauphines Alix Roeckel et Joséphine Spannagel. Deux trios royaux rassemblés le temps d’une journée conviviale et informelle par Pascal Kieffer et sa compagne Caroline, blogueurs viticoles sur VinéoNews Alsace, et Fun Moving, entreprise alsacienne spécialisée dans les balades en gyropodes (voir encadré). Après une dégustation rafraîchissante au domaine Henri Florence, toute l’équipe a traversé les rues d’Ammerschwihr avant de se rendre aux lettres du Kæfferkopf. C’est la deuxième année que les deux partenaires organisent une telle escapade. L’an passé, le trio 2014 et le trio 2015 s’étaient rencontrés au pied du Zinnkoepflé. « L’objectif est de leur permettre de se rencontrer avant l’intronisation officielle. Cela permet au nouveau trio de bénéficier du retour d’expérience de son prédécesseur », explique Pascal Kieffer. L’année à venir va en effet être longue pour Mathilde Fleith et ses dauphines. Entre présences à assurer et discours à préparer, elles n’auront pas le temps de chômer. Mais pour le moment, c’est surtout des interrogations qui tournent dans leurs esprits. « C’est vrai qu’il y a pas mal de choses nouvelles à savoir. L’échange avec l’ancien trio permet d’être mieux préparée », témoigne Alix Roeckel avec du recul. Cela permet aussi de prendre la température, au sens propre comme au sens figuré, des échéances à venir. Mathilde Fleith a pu en faire l’expérience. À mi-chemin sur son gyropode, la future Reine des vins d’Alsace a dû faire une halte pour un gros coup de chaud. Rien de grave heureusement, mais instructif pour la suite. Pour la prochaine Foire aux vins, les zones d’ombre seront de rigueur. Au sens propre cette fois-ci.

Les 22, 23 et 24 juillet à Ribeauvillé
 

Fête du vin et de la gastronomie

Publié le 21/07/2016

La 88e foire aux vins de Ribeauvillé et la 9e édition de la fête de la gastronomie auront lieu les 22, 23 et 24 juillet à Ribeauvillé avec comme invité d’honneur le Japon.

La plus ancienne foire aux vins d’Alsace s’annonce de haute tenue cette année encore. Le public aura une nouvelle fois l’occasion de découvrir la richesse des accords mets et vins avec la dégustation de 240 vins AOC, grands crus et crémants d’Alsace qui seront présentés dans la salle du Parc à Ribeauvillé en présence de 21 vignerons, sept restaurateurs, deux pâtissiers, un fromager et un distillateur. Cette année, Romain Iltis, meilleur sommelier de France 2012 et meilleur ouvrier de France 2015 en sommellerie sera le « parrain » de la fête. À ce titre, il animera une dégustation commentée sur « Les Rouges d’Alsace » samedi 23 juillet de 15 h à 16 h 30. La dégustation de vins sera suivie d’une dégustation de sakés, proposée par huit producteurs japonais venus spécialement pour l’événement. Le Japon étant l’invité d’honneur de cette 88e foire aux vins de Ribeauvillé. « Nous n’avons jamais eu d’invité d’honneur à cette manifestation. Mais, nos relations commerciales et amicales avec le Japon sont réelles. En discutant avec le consul du Japon, nous avons constaté qu’il était intéressé par la foire aux vins. Il faut rappeler que la route des vins d’Alsace est jumelée à la route du Saké. Les discussions ont permis d’organiser cet événement ensemble », se félicite Nicole Bott, membre du syndicat viticole en charge de la foire aux vins. La salle de dégustation des vins, à l’intérieur de la salle du Parc, se composera de trois îlots qui se suivront dans un ordre logique pour une dégustation optimale en lien avec la gastronomie. Saké, vins d’Alsace, exposition d’art Le public pourra profiter d’un stand de cuisine japonaise qui sera animé par Daniel Zenner et la chef japonaise Asao Hattori. Ils proposeront le « Chirashizuchi de Shizuoka » accompagné d’un verre de saké ou d’un verre de gewurztraminer. Il y aura également une exposition d’art du Centre européen d’études japonaises d’Alsace (CEEJA) dans la salle du Parc pendant les trois journées de la manifestation. Un espace coloriage « Manga » sera prévu pour les enfants. Sans oublier le Saké : « Les producteurs japonais vont venir avec 16 références différentes. Ils seront servis avec des mets japonais et alsaciens. De nombreuses autres animations sont prévues tout le week-end comme le vendredi soir, avec Pascal Lacom, le samedi soir avec l’orchestre Jean Chrispal et le dimanche, pour l’apéritif, à 11 h, avec la présence de l’orchestre folklorique « Les Wiemeckla » jusqu’à 15 h puis à nouveau Pascal Lacom tout l’après-midi. La fête foraine au jardin de ville et le bar à vins et crémant sous le chapiteau ponctueront ces trois jours festifs et gourmands », ajoute Nicole Bott. Le syndicat viticole de Ribeauvillé, présidé par Francis Fischer peut de son côté se féliciter de pouvoir compter sur la participation de trois professionnels supplémentaires par rapport à l’année passée : le domaine Mittnacht frères à Hunawihr, la grange de l’oncle Charles à Ostheim et le domaine Jean-Paul Schmitt à Scherwiller, qui rejoignent les autres domaines fidèles de l’événement.

Publié le 20/07/2016

Des cicadelles vectrices de la flavescence dorée (Scaphoideus titanus) viennent d’être identifiées dans l’aire d’appellation. Ce qui change notablement la donne de la vigilance envers la maladie dans le vignoble alsacien.

Qu’on se rassure : pour déclencher la lutte insecticide obligatoire, il faut la maladie déclarée sur des plants porteurs du phytoplasme responsable de la flavescence dorée (FD), et il faut l’insecte vecteur, la cicadelle au nom taxonomique de Scaphoideus titanus. Jusqu’à présent, quelques pieds flavescents avaient été identifiés dans le vignoble alsacien, de façon très éparse, avec peut-être une introduction par des bois contaminés en pépinière provenant d’autres régions viticoles déjà touchées par la maladie. Mais le petit insecte piqueur suceur, vecteur du phytoplasme, donc susceptible de propager la maladie, n’avait jusqu’alors pas été identifié en Alsace. Quand bien même on trouvait ici ou là un pied contaminé, le vignoble bénéficiait donc d’une relative tranquillité vis-à-vis de cette maladie qui décime des vignobles plus méridionaux.Depuis la semaine dernière, les choses semblent changer. C’est Philippe Kuntzmann, de Vitisphère-Alsace, qui « au cours d’un prélèvement pour comptage en acariens et en typhlodromes, dans une vigne à proximité de Colmar », a identifié des larves de Scaphoideus titanus. L’identification a été validée par le laboratoire d’entomologie de l’Anses.Après avoir procédé à l’élevage des larves, il a obtenu un adulte. Et il se trouve que la cicadelle de la flavescence dorée est bel et bien installée dans la parcelle observée. « Avec une densité de sept larves pour cent feuilles. » Pas de quoi déclencher des traitements donc, puisque le phytoplasme infectieux n’est pas présent et qu’il faut les deux - l’insecte et le parasite, sorte de protoplasme informe qui obstrue les vaisseaux de sève - pour déclencher les traitements. Plus de génotypage, de prospection… Cependant, la présence de la cicadelle de la FD, va notablement changer la donne de la surveillance de la maladie dans le vignoble alsacien. Et il va falloir recourir à davantage d’analyses de génotypes dès lors qu’un pied présente la maladie. En effet, le simple aspect visuel d’un pied flavescent ne permet pas de distinguer s’il s’agit de FD ou de la maladie du bois noir. Et même s’il présente les symptômes, il peut aussi être atteint d’un autre phytoplasme, celui de la jaunisse de l’aulne, qui ne présente pas de risque de transmission épidémique par S. titanus. Seule une analyse poussée permet de dire si le pied malade est infesté par un phytoplasme de la FD à transmission épidémique par Scaphoideus titanus.En tout état de cause, la présence de l’insecte vecteur ne va pas manquer de relancer le débat sur la nécessité d’obtenir une traçabilité en pépinière totalement étanche, avec des bois indemnes de phytoplasmes. Car si un pied est atteint, la présence de l’insecte vecteur fera que la lutte insecticide risque d’être rendue obligatoire par arrêté préfectoral. Par ailleurs, les campagnes de prospection rapprochée menées dans le vignoble seront également à l’ordre du jour. Celles pratiquées en Bourgogne ont montré à ce jour leur efficacité pour raisonner la lutte à la zone touchée, et pour endiguer la maladie.

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