Vigne

Mini-foire aux vins de Colmar

Être viticulteur, c’est vivre une passion

Publié le 12/07/2016

Vendredi dernier, jour de l’ouverture de la 41e mini-foire aux vins de Colmar, les cinq domaines viticoles, qui vont se relayer jusqu’au 28 août sous le porche du Koïfhus, ont accueilli différentes personnalités à l’occasion de l’inauguration.

Parmi les élus présents à l’inauguration de la mini-foire aux vins de Colmar, le député et président du Conseil départemental, Éric Straumann, la vice-présidente du Conseil départemental, Brigitte Klinkert, le maire de Colmar, Gilbert Meyer, entouré de plusieurs adjoints et conseillers, et la reine des vins d’Alsace, Lætitia Pantzer. Dans son mot d’accueil, André Ducros, président du syndicat viticole, a énuméré les points communs des différents discours qu’il a prononcés depuis 2004. À chaque fois, il y était question des conditions climatiques et de leurs conséquences sur le vignoble. Une météorologie qui en 2016 a provoqué une pression mildiou jamais connue à ce jour et des dégâts qui sont d’ores et déjà avérés. « Si notre revenu est chaque fois impacté, nous ne faisons pas grève pour défendre nos acquis. Tout au plus, mettons-nous la pression sur nos parlementaires pour pouvoir parler librement du vin, sans être condamnés pour incitation à l’alcoolisme. Nous sommes des gens de la terre, nous n’exerçons pas un métier, nous vivons notre passion. » L’occasion pour André Ducros d’évoquer la réglementation, devenue de plus en plus absurde et tatillonne, l’évolution du métier d’agriculteur, chef d’entreprise passant plus de temps dans les bureaux que sur ses terres, les organismes de contrôle, certes sérieux, mais décernant des avertissements. Et de relayer certains souhaits exprimés par la profession, parmi lesquels la date d’ouverture du ban des vendanges, à fixer début août pour l’ensemble de l’Alsace, afin d’éviter les prévendanges qui ont lieu systématiquement. « Le climat change et il faut s’adapter, la sécheresse est un des défis à relever dans les années à venir, avec notamment des études sur les possibilités d’irrigation des vignobles AOC. » Gilbert Meyer a mis l’accent sur cette manifestation qui valorise le terroir de Colmar et qui chaque année précède la grande foire aux vins : « Il ne s’agit plus de produire du volume, a-t-il souligné, mais de privilégier la qualité, les circuits œnotouristiques qui participent également à la valorisation des vins d’Alsace ». Éric Straumann, pour sa part, a rappelé au sujet de la loi Évin, « qu’il faut lutter contre l’alcoolisme et non contre la promotion ». Le mot de la fin est revenu à Lætitia Pantzer, qui a officiellement procédé à l’inauguration de cette mini-foire.

Du 8 juillet au 27 août au Koïfhus à Colmar

41e mini-foire aux vins

Publié le 08/07/2016

Ce vendredi 8 juillet démarre la 41e mini-foire aux vins au Koïfhus à Colmar. Les cinq maisons de la capitale des vins d’Alsace vont se succéder jusqu’au 27 août pour proposer aux touristes et colmariens leurs plus beaux produits.

Du 8 au 18 juillet, le domaine Karcher sera le premier à proposer ses vins. La maison Jund suivra du 19 au 28 juillet, puis le domaine Jux (Wolfberger) du 29 juillet au 7 août, le domaine Schoffit du 8 au 17 août et enfin le domaine viticole de la ville de Colmar du 18 au 27 août. « Au départ, cette mini-foire était destinée à se créer une nouvelle clientèle, les vins ne se vendant pas trop à l’extérieur. Aujourd’hui, elle nous offre une belle lisibilité. C’est l’occasion de promouvoir la viticulture colmarienne qui se revendique capitale des vins d’Alsace. Le ban de Colmar totalisant plus de 500 hectares de vignes. Cette mini-foire aux vins est un moyen fantastique pour mieux faire connaître nos vins », explique André Ducros, de la maison Jund. Pour y parvenir, les cinq domaines colmariens accueilleront le public tous les jours de la semaine sur la place du Koïfhus (ancienne douane) sous le préau et en partie sur la place où seront installés quelques tables et bancs. Les horaires d’ouverture ? De 10 h à 19 h les dimanches et lundis, de 10 h à 23 h les mardis, mercredis et jeudis, et de 10 h à minuit les vendredis et samedis. « Nous terminerons peut-être plus tard le dimanche 10 juillet si la France est en finale », ironise Georges Karcher du domaine du même nom, en faisant allusion à l’Euro de football. Une manifestation importante et qui prend du temps. « Nous sommes en effet en pleine période de palissage et il faut faire marcher le caveau pour accueillir les touristes. Mais, nous devons être présents », assure Jean-Cyril Alafaci, du domaine Jux. Chaque mardi soir, de 20 h 30 à 22 h, il y aura également une animation folklorique proposée par différents groupes de la région, en lien avec l’office de tourisme. Une promotion importante Une promotion d’autant plus importante que la situation économique du milieu viticole est tendue après quatre années de récoltes difficiles où les rendements n’ont pas été au rendez-vous. « Les volumes disponibles sont en net recul. Nous comptons nos bouteilles. Nous avons de moins en moins de vins en cave », soupirent les vignerons. « 50 % de mes auxerrois et pinots gris sont déjà partis », souligne pour sa part Georges Karcher. Fabienne Schoffit n’est, elle, pas certaine de présenter cette année du muscat. « C’est le cépage du vignoble qui est le plus sensible. C’est donc lui qui souffre le plus de tous ces aléas climatiques. Nous allons sans doute le garder pour nos fidèles clients ». Et les dernières intempéries ont pour conséquence l’apparition de maladies dans les vignes. Le mildiou bien entendu, mais également l’oïdium et les problèmes de coulure lors de l’inflorescence. Mais, les vignerons gardent leur (bonne) énergie. « La mini-foire aux vins est un événement important et attendu. Elle connaît chaque année une belle réussite. À nous cette fois encore de séduire ceux qui viendront nous rendre visite », conclut Aurélie Schneider, du domaine viticole de la ville de Colmar.

Publié le 08/07/2016

Ministre de l'Agriculture sous Raymond Poincaré, père des appellations d’origine, fondateur de l’Inao, Joseph Capus (1867-1947) avait rédigé « Comment combattre le mildiou de la vigne », où les observations d’hier sont finalement toujours et plus que jamais à l’ordre du jour.

Si l’on reprend le suivi des courbes de contamination-incubation en mildiou cette année, le cycle s’est enclenché extrêmement tôt dans la région, qui s’est finalement retrouvée ce printemps dans une situation climatique plutôt océanique que semi-continentale, avec des cumuls de précipitations rarement égalés en avril, mai et juin. Dès le débourrement, la vigne était sous pression, mais il a fallu attendre la floraison, stade de fragilité de la plante, pour voir s’exprimer la maladie jusqu’alors invisible. Les premières taches d’huile sur feuille n’ont été visibles qu’autour du 19 mai, indique le Bulletin de santé du végétal. Mais les pluies des 11 et 12 mai étaient déjà extrêmement contaminatrices de façon invisible si l’on en croit les modèles météorologiques de contamination. Pour aider à comprendre ce qu’il faut bien appeler certains échecs de protection contre le mildiou cette année, on peut relire Comment combattre le mildiou de la vigne, publié en 1930 par Joseph Capus, ministre de l'Agriculture sous la présidence de Raymond Poincaré. Il dit : « Les invasions sont précoces chaque fois que l’hiver ou le début de printemps sont pluvieux. La première période pluvieuse qui suit le débourrement provoque une contamination qui peut donner lieu à une invasion très grave. […] Or ces invasions redoutables sont celles contre lesquelles les viticulteurs se prémunissent le moins. Parmi les contaminations les plus redoutables que j’ai vues sont celles qui se sont accomplies le 6 mai et 11 mai 1908. » Et le père des appellations d’insister : « Aucun traitement (NDLR : de contact, car on est au début du siècle) ne peut arrêter l’extension de la maladie à l’intérieur des organes. Il faut donc à tout prix empêcher une première invasion sur les grappes. » Quand ? « Les premières incubations vont de 18 à 26 jours. Ce n’est donc pas 8 à 10 jours avant la date à laquelle s’observent d’ordinaire les taches qu’il faut effectuer les premiers traitements, mais beaucoup plus tôt, 26 jours avant si on veut procéder avec prudence », écrit l’académicien de l’agriculture. On en déduit, si l’on en croit Joseph Capus, qu’il fallait cette année protéger la vigne extrêmement tôt, avant les pluies des 10-12 mai si l’on utilise des produits de contact. Les vignerons qui ont utilisé des produits curatifs systémiques, mais plus tard, ont finalement réussi à « arrêter l’extension de la maladie à l’intérieur des organes », pour reprendre les termes de Capus. Qui explique par ailleurs que « les sulfatages effectués au cours des périodes pluvieuses sont efficaces ». Conséquences : le climat étant de plus en plus aléatoire, les vignerons devront s’armer des modèles mathématiques de contamination portés à la connaissance du plus grand nombre. À la date du 10 mai, ils auraient aidé à prendre conscience de la pression extrême, même s’ils restent à la libre appréciation de chacun. Les domaines touchés à 50 % et plus doivent désormais s’unir pour demander des mesures socio-économiques de soutien.

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