Vigne

Route des vins d’Alsace

Reconnue itinéraire culturel

Publié le 06/07/2016

La plaque officialisant l’agrément et l’entrée dans le réseau européen Itinéraire culturel a été remise récemment à quatre sites alsaciens de la route des vins d’Alsace.

Iter Vitis, « les chemins de la vigne », est un réseau européen reconnu Itinéraire culturel par le Conseil de l’Europe (ICCE) qui valorise et met en lumière le paysage culturel viticole du vieux continent, témoin de notre héritage commun. L’itinéraire culturel Iter Vitis implique 12 pays, de l’Atlantique au Caucase et de la Méditerranée à la Baltique. Cet itinéraire assure une mission de préservation de la diversité européenne, de transmission des connaissances et de valorisation du patrimoine culturel viticole. Il contribue à une plus grande visibilité du patrimoine culturel matériel et immatériel, met en évidence les particularités des terroirs et permet d’identifier des sites, des destinations répondant aux attentes du visiteur international, épicurien et passionné de culture. Il donne du sens à un tourisme basé sur la dimension humaine. En France, cette mission est menée par l’association Iter Vitis France, qui fédère les acteurs de trois grands secteurs du développement territorial régional - viticulture, tourisme et culture. La certification s’applique à un lieu, paysage ou un ensemble d’éléments ou sites (par exemple route des vins, d’abbayes) appartenant au patrimoine matériel ou immatériel et répondant à la thématique des paysages culturels viticoles. Ils sont répertoriés en six domaines : naturel, architectural, historique, savoir-faire, tradition et artistique. La certification se base sur des critères de sélection objectifs établis par le comité scientifique consultatif de l’association, composé de représentants des ministères, des institutions, des organismes professionnels, des universités, de personnes qualifiées issues de divers domaines (scientifique, communication, marketing et innovation, journalisme, membres européens du réseau ICCE). Leur expertise permet d’asseoir la légitimité du site en tant qu’élément d’intérêt du patrimoine viticole. Quatre sites alsaciens distingués Compte tenu de la richesse de l’offre sur la route des vins d’Alsace, les premiers éléments qui ont été distingués au sein de l’itinéraire se devaient de refléter la diversité du vignoble. Ils ont été retenus par le comité scientifique pour la richesse de leur témoignage sur l’histoire de la vigne et du vin. Quatre sites alsaciens ont obtenu cette distinction. À commencer par Les Ateliers de la Seigneurie à Andlau : le Centre d’interprétation du patrimoine propose une découverte interactive du patrimoine local du piémont viticole avec une approche différenciée du savoir-faire des artisans, des vignerons, des personnages historiques locaux. Entouré de deux AOC Alsace grands crus, village natal du Pape Léon IX, Eguisheim est un village remarquable aux richesses patrimoniales et viticoles exceptionnelles. Eguisheim bénéficiera également de son inscription sur la route des pontifes. Berceau légendaire de Sainte Odile, Obernai est une cité médiévale et renaissance, offrant au visiteur un riche patrimoine architectural et religieux. La cité fait le lien avec le Mont Sainte Odile, haut lieu de pèlerinage dédié à Sainte Odile, patronne des Alsaciens, qui fait partie des sites incontournables en Alsace offrant un panorama exceptionnel sur la plaine d’Alsace. Enfin, les pentes du grand cru Rangen de Thann offrent un paysage surprenant où les vendanges s’effectuent en cordées… À l’extrémité sud de la route des vins, l’AOC Alsace grand cru Rangen est cultivé depuis le 13e siècle. La route des vins, avec son paysage culturel dans toutes ses composantes, paysages, villages typiques, patrimoine architectural et culturel remarquables, intègre ainsi le réseau européen, bénéficiant de nouveaux créneaux de communication et contribuant à rester une destination d’excellence œnotouristique en Europe.

Publié le 03/07/2016

Dix-huit viticulteurs de Westhalten ont proposé aux habitants de découvrir leur démarche innovante la nuit du 23 juin. Ils constituent l'un des onze groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) viticole reconnus par l'État.

La Nuit de l'agroécologie, manifestation nationale, a été déclinée à Westhalten par les viticulteurs engagés depuis 2010 dans un programme tendant à limiter les herbicides sur le cavaillon. Dix-huit vignerons, qu'ils soient en culture conventionnelle, biologique, indépendants ou en coopérative forment un GIEE représentant 200 ha sur les 300 du ban communal. Ils cultivent 40 ha sans herbicide. En un peu plus d'une heure de découverte entre une vidéo d'archive sur le vignoble de Westhalten, une vidéo réalisée par le ministère de l'Agriculture pour expliquer la démarche des GIEE et enfin, une promenade commentée dans le vignoble, les habitants ont pu découvrir les méthodes de travail mises en place. « Cela nous permet de faire face aux critiques des habitants et leur prouver que l'agriculture peut communiquer, estime Jean-François Lallemand, président du syndicat viticole de Westhalten. Nos techniques sont basées sur les savoirs du vigneron, car elles ont autant de valeur que les connaissances des techniciens et des ingénieurs dans ce projet ». En effet, le groupement associe l'INRA et des botanistes à ses réflexions. Piloselle ou charrue ? Deux méthodes ont émergé. Une partie des viticulteurs a choisi le désherbage avec charrue. La Nuit de l'agroécologie a aussi permis de rassurer les habitants qui ont par le passé connu les coulées de boue dans le village. Là où le travail du sol n'est pas adapté, une plante ressemblant à de la mâche, la piloselle, a été implantée sur certaines parcelles à partir de mai 2014. « 80 heures par hectare sont nécessaires pour trois plants entre chaque pied, soit 12 000 plants/ha », indique Pierre Isner, viticulteur du groupement. « Au départ, nous achetions le plant à 0,23 euro. Aujourd'hui, la semence est récoltée et réimplantée sur place ». La plante aurait peu d'influence sur la vigueur du pied. Elle nécessite cependant d'être fauchée une à deux fois par an. Pour cela, une nouvelle faucheuse achetée par la coopérative d'utilisation de matériel agricole. « C'est un investissement en temps important au départ, mais sur dix ans, cela sera tout de même moins cher que le désherbage », affirme Pierre Isner. Pour éviter que des plantes concurrentes de la vigne ne se développent, la troisième étape du projet est l'intégration entre les rangs d'une quarantaine de plantes poussant sur les landes. Elles ont été sélectionnées par les viticulteurs et Gaëlle Grandet, botaniste au conservatoire des sites alsaciens. Elle récolte les graines sur les pelouses du site Natura 2000 des collines sous vosgiennes, pour les réimplanter entre les rangs. « Nous essayons de les multiplier pour pouvoir fournir le marché de ses semences d'ici deux à trois ans », projette Heitz Bernard, directeur de Nungesser semences. Après deux ans d'essai, les viticulteurs sont satisfaits de leur initiative. Il s'interroge tout de même : est-ce qu'à long terme, ces techniques peuvent influer le goût du vin ?

Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace

Didier Pettermann, nouveau président

Publié le 01/07/2016

Didier Pettermann est le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (Civa). Il succède à Robert Dietrich. Il a été élu lors de l'assemblée générale qui s'est déroulée vendredi 24 juin dans les locaux de la Maison des vins d'Alsace à Colmar.

Seul candidat, le producteur de Dambach-la-Ville a été élu par douze voix favorables et quatre abstentions issues de la coopération. Il sera entouré pour les trois années à venir de trois vice-présidents : Georges Lorentz (pour le négoce à Bergheim), Christian Kohser (pour la production à Wangen) et Robert Dietrich (président sortant, pour le négoce à Wettolsheim) ; d'un secrétaire général : Pierre Heydt-Trimbach (pour le négoce à Ribeauvillé) ; et d'un trésorier : Pierre-Olivier Baffrey (pour la production à Bennwihr). Les autres membres complétant le bureau du conseil de direction sont Nicole Bott (pour le négoce à Ribeauvillé), Pierre-Étienne Dopff (pour le négoce à Riquewihr), Erwin Moser (pour le négoce à Barr), Jérôme Bauer (pour la production à Herrlisheim), Pierre Bernhard (pour la production à Châtenois) et Georges Wespiser (pour la production à Hunawihr). En préambule, le président sortant du Civa, Robert Dietrich a fait un bilan de son action lors de ces trois dernières années. Il a rappelé qu'à son arrivée, il avait trouvé une situation inédite avec un conseil de direction remis en cause et la nécessité de faire trois assemblées générales pour arriver à faire accepter un comité directeur. À ses yeux, son action a permis au Civa de stabiliser son fonctionnement. « Notre décret exécutif date cependant de 1963. Il faut le réviser, le faire évoluer. Des solutions seront certainement proposées dans les mois qui viennent », a expliqué Robert Dietrich pour qui le Civa repose sur trois pôles opérationnels : technique (renforcé récemment pour la création variétale avec l'Inra), économique (ressources et intelligence économique) et communication ; mais également sur trois pôles fonctionnels : le conseil de direction, les moyens généraux et le service administratif et financier qui seront renforcés avec l'arrivée de Gilles Neusch, en tant que directeur adjoint, à partir du 1er octobre. Robert Dietrich constate par ailleurs que la santé économique du vignoble demeure toujours et encore fragile. Une situation qui est aggravée par « une tension sur les prix avec comme conséquence une baisse des ventes. En l'occurrence, moins 10 %. Les efforts réalisés dans l’Union européenne et les pays tiers se font fort heureusement ressentir. Sur les quatre premiers mois de l’année, les ventes progressent de 10,9 %. C’est une évolution positive. Dans ces pays, on assiste à un intérêt croissant pour les alsaces, d’ailleurs bien mieux respectés et valorisés sur ces marchés. Maintenant, il y a une autre réalité. Pendant ces trois années, la nature n'a pas été généreuse avec le vignoble. Nous avons tous besoin d'une belle récolte 2016 pour reconstituer nos stocks ». Et de conclure en insistant sur la nécessité de mettre la priorité sur l'image et la valeur des produits avec une amélioration de la lisibilité de la gamme, une meilleure compréhension pour les consommateurs et une visibilité plus claire. « Définir ensemble l'identité des vins d'Alsace » Le directeur du Civa, Jean-Louis Vézien, a ensuite présenté le rapport d'activité. Un document de synthèse constitue la mémoire et les archives de l'interprofession. Néanmoins, cette communication évolue. « Nous sommes tous conscients qu'avec le développement d'internet, des réseaux sociaux, l'information se diffuse largement et rapidement. Nous allons donc également proposer le développement de la communication du Civa dans la Revue des vins d'Alsace pour que tout le monde puisse suivre, chaque mois, en temps réel, nos actions. » Une nécessité qui doit répondre à l'attente des différentes composantes de l'interprofession. Après une tournée politique des sous-régions viticoles, le nouveau président du Civa, Didier Petterman, veut « revoir les fondamentaux des budgets. Il faut que nous définissions tous ensemble un projet stratégique du Civa pour les trois à six années à venir. » Et de préciser que « le projet sera défini collégialement avec toutes les forces vives du vignoble alsacien. Le premier point concernera la valorisation des vins. Nous devons définir ensemble l’identité des vins d’Alsace et leur ADN, la lisibilité de notre gamme. Nous devons augmenter la valeur ajoutée, pour pouvoir continuer à la partager de façon équitable au lieu de vouloir prendre la place ou la part du voisin. Ce défi est à relever collectivement et je compte sur l’implication de toutes les sensibilités. Le second point doit nous inciter à faire face aux évolutions que connaît notre vignoble. Il faut mieux répondre aux préoccupations des viticulteurs (santé du vignoble, recherche sur le matériel végétal), mais aussi à l’évolution qualitative des vins d’Alsace et son inscription dans le moyen et long terme. En matière d'intelligence économique, il faut aider les producteurs dans les prises de décision, les viticulteurs à l’export. Le Civa doit aider à ouvrir ou consolider des marchés pour les opérateurs alsaciens. Enfin, il faut revoir la communication et le marketing autour de nos vins. Il faut partir de notre ADN, de ce que nous sommes, et surtout de ce que nous voulons être ». Dans ces perspectives, Didier Pettermann souhaite travailler en confiance avec les services de l'État, les partenaires du Civa, et bien évidemment, les entreprises du vignoble alsacien. « Nous avons six mois pour écrire une feuille de route politique et redéfinir les priorités d’actions de notre Interprofession. Je souhaite que nous ayons des échanges francs et constructifs pour reconsidérer certaines activités historiques, en créer des nouvelles en phase avec les attentes des opérateurs sur le terrain », a-t-il conclu. Un avenant problématique Si l'approbation du rapport financier de l'exercice 2015 et celui concernant un avenant complétant l'accord interprofessionnel 2016-2019 n'ont pas trouvé matière à discussion et ont été approuvés à l'unanimité, cela n'a pas été le cas pour un autre avenant portant sur les contrats de vente. Suite à des abus, le législateur a en effet modifié le plafond légal régissant les délais de paiement entre acheteurs et vendeurs de raisins ou de vrac. Cet avenant prévoit le raccourcissement du délai (un plafond fixé entre 45 jours fin de mois ou 60 jours calendaires) pour éviter les chevauchements de récolte. Il précise par exemple que ces délais de paiement s'établissent au 15 septembre (au lieu du 15 décembre) dans le cadre d’un contrat pluriannuel, et entre le 15 janvier et le 15 septembre dans le cadre d’un paiement en quatre tranches. Cette disposition a provoqué la colère des négociants. « C’est un scandale. Le négoce paie les pratiques d'entreprises qui ne se situent pas dans la région. C'est irrespectueux par rapport à la profession viticole », s'agace Jacques Cattin de Vœgtlinshoffen. Un premier vote des élus du Civa décide alors de ne pas valider l’avenant n° 2 de cet accord interprofessionnel. Mais cela pose problème. D'abord pour l'administration qui ne fait qu'appliquer la loi, mais également pour la profession. « On ne peut pas aller à un règlement à soixante jours en nous opposant ainsi. La seule solution est d'approuver pour l'instant et d'aller prochainement à Paris pour demander de modifier le cycle de paiement. Nous approuvons, que ce soit clair, contraints et forcés, précise Pierre Heydt-Trimbach. Avec toutefois l’assurance d’une renégociation sur un retour aux conditions qui ont satisfait tout le monde ces 30 dernières années. » Ce deuxième vote est finalement approuvé à l'unanimité, moins une abstention.

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