Cultures

Filière horticole d'Alsace (Flhoreal)

Communiquer, former, pérenniser

Publié le 17/06/2016

Mieux communiquer, aider les horticulteurs à assurer la pérennité de leur entreprise et l'avenir du métier, proposer des formations, poursuivre et développer les expériences afin de favoriser la recherche de nouvelles références techniques. Autant de sujets évoqués mercredi 8 juin lors de l'assemblée générale du groupement de la filière horticole de la région Alsace (Flhoreal).

Le groupement comptait en 2015 pas moins de 35 adhérents : des entreprises horticoles, des pépiniéristes ou encore des lycées horticoles, comme celui du Pflixbourg à Wintzenheim où s'est déroulée cette assemblée générale. L'occasion de rappeler les missions de Flhoreal : proposer des expériences pour rechercher de nouvelles références, assurer la promotion de la filière, favoriser et promouvoir une démarche de qualité, participer et organiser des événements, monter des dossiers de subvention d'aide à la filière et surtout promouvoir une activité de conseils et de suivis auprès des horticulteurs. Des actions qui se font en lien avec différents partenaires parmi lesquels la Chambre d'agriculture d'Alsace, qui en partenariat avec Flhoreal avait commandé un audit (financé à 80 % par la région Alsace de l'époque) pour faire le point sur la filière. Le président de l'interprofession des fruits et légumes d'Alsace, Pierre Lammert a rappelé le contexte. « L'idée était de savoir où nous en sommes sur l'horticulture en Alsace. Cet audit doit servir à alimenter la réflexion au niveau de la nouvelle grande région ». Un point d'étape a été réalisé par le directeur de l'Ifla, Fabien Digel. « Plusieurs orientations stratégiques ont été validées. À savoir la mise en place d'un réseau technique pour tout le grand Est afin de mutualiser les moyens, notamment au niveau des conseillers techniques. Il a également été décidé de créer une nouvelle structure sur la base de Flhoreal appelée « Fleurs et Plantes d'Alsace » avec un nouveau logo qui se veut davantage fédérateur. Le but est de faire avec ce logo une promotion commune. La communication collective de la filière est absolument indispensable. Elle se fait avec le slogan suivant : « Produit ici, ça change tout ! ». Des actions qui seront complétées avec un site internet relooké et des mises en situation avec le nouveau visuel ». Créer une dynamique d'entreprise Une action stratégique va démarrer : l'accompagnement des chefs d'entreprise. C'est la plus grosse lacune apparue dans l'audit. Les professionnels ressentent le besoin d'être aidés et accompagnés dans leur stratégie d'entreprise, dans leur gestion des ressources humaines, dans le marketing. « Nous devons et nous pouvons leur donner des outils nécessaires pour qu'ils dirigent plus sereinement leur exploitation et gagnent en compétitivité », a souligné Chloé Schneller, conseillère horticole chez Flhoreal. Un plan de formation est donc mis en place. Une première session aura lieu en deux fois trois jours. Les 13, 14 et 15 septembre 2016, puis les 9, 10 et 11 janvier 2017. Cette formation, intitulée « Du pilotage à la stratégie de mon entreprise » doit permettre aux participants de développer leur autonomie et de créer une dynamique d'entreprise pour une meilleure maîtrise des enjeux économiques, commerciaux et stratégiques. Le public visé ? Dix chefs d'entreprises horticoles en Alsace et/ou des collaborateurs chargés de la gestion de l'entreprise. Lors de cette formation, assurée par Richard Loizeau, consultant financier confirmé en approche globale de l'entreprise, lui-même à la tête d'un domaine horticole en Vendée, et par Dénoline Jolivet, conseillère horticole chez Flhoreal, il sera proposé des outils d'analyse et de pilotage dans le contexte concurrentiel actuel des entreprises. Un second projet de formation, intitulé « Renouvellement des cadres, des générations » sera mis en place au courant de cette année. Il s'agira d'expliquer aux plus jeunes producteurs le fonctionnement et les enjeux des différentes institutions agricoles, de mieux comprendre la filière horticole, de créer du lien et de favoriser la transmission de compétence en matière de représentation professionnelle. Il s'agit d'identifier quatre à cinq jeunes, âgés de 25 à 30 ans, prêts à s'investir pour le collectif. Recruter des jeunes Pour Paul-André Keller, vice-président du groupement, l'intérêt de ces formations est évident. « Nous vieillissons et il faut des gens qui s'engagent car sinon il n'y aura plus rien dans nos structures. Il faut recruter des jeunes en Alsace, monter un groupe afin de transmettre le flambeau. Et puis, au-delà de la formation, les participants vont pouvoir sortir de leur entreprise. Cela va leur permettre de voir autre chose. Nous avons tendance à nous calfeutrer chez nous. Là, il y a possibilité d'écouter et d'observer ce qui se fait ailleurs. Et d'apprendre ainsi de nouvelles choses ». Chloé Schneller a dressé le rapport d'activité de Flhoreal. Un rapport où toutes les expérimentations menées en 2015 ont été mises en valeur. À commencer par la rencontre technique du 23 septembre 2015 à Cernay ou encore l'Olympiade des métiers à Strasbourg fin janvier 2015 qui a permis de rassembler 900 candidats, 1 600 bénévoles, 80 000 visiteurs et 600 experts horticoles. Une manifestation importante pour valoriser la production. En matière de communication, toutes les actions menées au cours des saisons ont été évoquées, comme celle du printemps « Votre horti vous fait une fleur » qui a donné la possibilité de valoriser les produits locaux sur les lieux de vente de proximité. Une image forte car ce produit-là est bien positionné et ne peut pas être concurrencé.

Publié le 16/06/2016

Suite aux pluies abondantes de ces derniers jours, des parcelles de maïs se retrouvent inondées. Conséquences sur les plantes et conduite à tenir.

Du fait des précipitations intenses, de nombreuses parcelles de maïs se sont retrouvées partiellement ennoyées, et pas uniquement celles à proximité de rivières en crue. L’excès d’eau est assimilable à une sécheresse : la culture ne peut plus assurer ses échanges respiratoires avec l’atmosphère, elle s’asphyxie. Le pronostic est fonction de la durée de l’ennoiement. Au-delà de 48 h de submersion totale, les chances de reprise de la culture sont infimes. Une fois l’eau retirée, les plantes encore viables auront un développement ralenti et risquent d’exprimer des symptômes de jaunissement, voire de rougissement. Une autre conséquence, généralement observée suite à de l’ennoiement aux stades actuels du maïs, est le développement de mildiou ; l’expression la plus spectaculaire s’exprime après la floraison par la prolifération désordonnée de feuilles autour des organes reproducteurs du maïs. Mis à part favoriser l’évacuation de l’eau des parcelles, aucune solution préventive ne permet de limiter ce risque de maladie. Une fois l’eau retirée et les sols suffisamment ressuyés, un binage des parcelles peut s’avérer bénéfique pour casser les croûtes de battance qui se sont formées et favoriser la reprise du maïs. Biner pour favoriser la reprise Même si les maïs ne se trouvent pas totalement submergés, la présence d’eau pendant une longue période au niveau des racines peut engendrer des conséquences d’asphyxie. Vis-à-vis du désherbage, il ne faut pas attendre d’efficacité complémentaire des produits racinaires appliqués avant les pluies importantes. En plus d’attendre que les sols redeviennent portants, il est préférable de patienter jusqu'à ce que le maïs ait repris de la vigueur avant d’envisager des interventions herbicides. La pression des limaces, déjà importante depuis le début de la campagne, ne risque pas de faiblir rapidement. Rappelons qu’au-delà du stade six feuilles la sensibilité de la culture diminue fortement. Concernant la fertilisation azotée, le drainage qui s’opère sur les parcelles ne manquera pas de lessiver tout ou partie de l’azote apporté avant les pluies. Dans ces conditions, il faudra être d’autant plus vigilant à ce que le solde de fertilisation soit apporté dans les meilleures conditions pour en garantir l’efficacité. Un binage des parcelles ne pourra être que bénéfique une fois que les conditions le permettront.

Excès d’eau sur les céréales à paille

Les conséquences dépendent de trois critères

Publié le 16/06/2016

Les précipitations abondantes provoquent des excès d’eau dans de nombreuses situations, voire des inondations. Quelles conséquences sur les céréales à paille ?

Les pluies incessantes de ce printemps font exploser les cumuls de précipitations dans bien des situations, des Pays de la Loire à l'Est en passant par le Centre du pays. Dans le Centre et l’Est, ces pluies interviennent sur des sols déjà bien pourvus en eau, ce qui explique en partie la rapidité des inondations. Plus récemment, les conditions météorologiques se sont un peu arrangées, et les pluies complémentaires restent modestes par rapport aux épisodes passés (figure 1). Les conséquences d’un excès de pluie et d’eau sur des cultures de céréales à paille sont nombreuses, tant sur le plan physiologique (anoxie), que pathologique (maladies) ou mécanique (verse). Cet article ne se penche que sur les cas les plus extrêmes d’excès d’eau : l’inondation des parcelles, voire la submersion des cultures, et les conséquences sur le schéma d’élaboration du rendement des céréales à paille. Des conséquences fonction de trois critères Un excès d’eau fait rentrer la culture en anoxie (défaut d’oxygène) et bloque donc son métabolisme. Lorsqu’une petite partie de la plante (racines notamment) est concernée, cela bloque la croissance le temps de l’accident ; c’est ce qui se passe le plus souvent en hiver, à un stade peu sensible, et avec des températures fraîches. Ce qui arrive cette année est exceptionnel, et assez rare pour avoir beaucoup de mal à accumuler des suivis précis et fiables qui permettent d’apprendre de ces accidents. Les conséquences d’une inondation des parcelles vont dépendre de trois critères : le stade de la culture, le niveau et la durée d’immersion, les conditions de drainage de la parcelle. Critère 1 : le stade de la culture Il y a une période de sensibilité maximale à la floraison et au début du remplissage. Cela s’explique par le risque de défaut de fécondation ou celui d’avortement précoce. Au moment précis de la fécondation (1 à 3 jours avant la floraison), et dans les quelques jours qui suivent, les grains en tout début de formation ont besoin d’être alimentés par la plante. En cas d’excès d’eau (immersion ou simple excès d’eau), la plante réduit voire arrête son métabolisme, et ne peut donc pas alimenter les grains en cours d’initiation. Par ailleurs, des synthèses d’hormone (acide abscissique) peuvent pénaliser la fécondation des ovules. Cette situation concerne donc essentiellement les blés de la zone nord. On peut donc s’attendre à 30 à 100 % de perte de rendement selon les cas. Pour des stades plus tardifs (remplissage déjà avancé, grain laiteux), les grains sont mis en place, leur croissance va juste être « mise en pause » quelques jours. Si la plante repart (sous-entendu que l’immersion n’est pas trop longue pour être létale), elle devrait pouvoir remobiliser une partie de ces réserves pour accompagner un complément de croissance des grains. Il s’agit donc en priorité d’orges d’hiver pour lesquels la perte de rendement pourrait aller de 20 à 60 %. Pour les stades plus précoces, courant montaison (cela concerne les orges de printemps), les risques sont moindres et les possibilités de rattrapage plus nombreuses.  Pour les céréales qui atteignent la méiose à l'épiaison (orges de printemps précoces ou blés très tardifs), le risque est accru car on risque de pénaliser la fertilité du pollen ou d’abaisser le nombre de fleurs fertiles. Critère 2 : le type d’immersion Une immersion totale engendre trois problèmes : l’incapacité totale de transpirer, de respirer pour la totalité des tissus, et la possible altération des pièces florales. Il s’agit donc du cas de figure le plus pénalisant. Une immersion de courte durée (24 h) n'anéantira sans doute pas la culture ; par contre, pour une durée supérieure à 3-4 jours, il y a fort à craindre que toutes les plantes périssent, ou qu’au minimum la fertilité des épis soit très fortement affectée. Une immersion partielle (à mi-hauteur, qui ne recouvre pas les épis) va plus provoquer un arrêt de croissance de la plante, qui pourra repartir si l’eau n’est pas restée trop longtemps. Néanmoins, pour des cultures autour de la floraison, où la composante fertilité des épis se finalise et le PMG s’initie, un arrêt de croissance de plusieurs jours peut pénaliser de manière irrémédiable et très importante le rendement. Critère 3 : les conditions de drainage Une fois l’épisode d’inondation passé, les conditions de drainage de la parcelle, et de reprise de la végétation seront primordiales. Il y a deux situations à craindre : Le maintien de l’hydromorphie au niveau du sol (surtout valable pour les cuvettes et mouillères) : si les racines trempent, elles ne pourront pas redevenir opérationnelles assez vite pour permettre la reprise de la croissance de la culture. Un retour rapide et brutal d’un temps chaud et ensoleillé : avec un tel scénario, la demande évaporative des parties aériennes ne pourrait pas être satisfaite par des racines encore en situation d’anoxie, et cela pourrait provoquer une forme d’échaudage. L’idéal serait d’avoir une période de 2-4 jours de transition pour permettre à une partie des excès d’eau de s’évacuer. Une conséquence indirecte de cette hydromorphie exceptionnelle peut aussi être une aggravation du risque de verse, soit parce que le courant d’eau a poussé les plantes, soit parce que le sol perd sa cohésion et l’ancrage racinaire fait défaut. Quelles actions prendre ? Évidemment, pour la culture en place, il n’y a pas d’intervention possible et raisonnable. Et de toute façon, les conditions ne rendent pas les parcelles praticables. Par contre, il peut se poser la question du retournement de la culture pour tenter une culture d’été en remplacement. Le diagnostic et la décision doivent se faire sur l’observation de la présence et de la croissance des grains (possible une semaine après la floraison). Si les grains sont absents, le remplacement par une autre culture est envisageable, dès que les conditions le permettent. Si des grains sont présents et continuent de croître, il est sans doute préférable de laisser la culture aller à son terme et récolter ce qu’il restera. Certains producteurs pourraient se poser la question de faucher ou d’ensiler leurs céréales touchées pour en faire un fourrage. La décision devra être prise au cas par cas, mais plusieurs éléments importants doivent être soulignés. La valeur énergétique des céréales immatures est maximale au stade grain laiteux-pâteux. En moitié nord de la France, ce stade n’est pas atteint en orges d’hiver, ni en blé. La valeur fourragère serait donc limitée, sans doute plus proche d’une bonne paille que d’un bon foin. La contamination des plantes par des particules de terre (cas de la sortie d’une rivière de son lit, ou lors de la fauche dans de mauvaises conditions) risque d’engendrer des problèmes importants de conservation comme fourrage (ensilage, enrubannage). Le délai d’attente de ces cultures à des fins fourragères suite aux derniers traitements phytosanitaires peut également poser des complications. Compte tenu de la bonne disponibilité générale en fourrage pour le moment, l’exploitation d’une parcelle dégradée par les inondations n’est sans doute pas la meilleure option. Et pour les parcelles non inondées ? Ces conditions climatiques extrêmes sont évidemment négatives par rapport à un potentiel de départ flatteur. Dans toutes les situations, le défaut de rayonnement au moment précis de la floraison peut avoir un impact négatif sur la fécondation des fleurs et la mise en place des grains. Ceci avait déjà été observé en 2008 dans l’est de la France : la composante « fertilité épi » était touchée. Plus généralement, autour de la floraison, une culture de blé tendre doit croître d’environ 250-300 kg MS/ha ; les rayonnements reçus ces derniers temps en Île-de-France ne permettaient pas d’atteindre 100 kg MS/ha/j : la croissance est ralentie, par le seul effet rayonnement. Dans de nombreuses situations où les cumuls de pluie ont dépassé 50-60 mm, les sols auront été engorgés en eau pendant plusieurs jours ; cela engendre une anoxie temporaire des racines, en plus des faibles rayonnements. La floraison est encore une fois le moment le plus critique ; si la culture n’a pas encore atteint ou (mieux) a dépassé le stade, le niveau de sensibilité est moindre. Néanmoins, on peut se remémorer 2007, avec des excès d’eau courant remplissage, qui ont altéré le fonctionnement de la culture et le rendement final. Évidemment, les cumuls de pluie engendrent des risques importants de fusariose des épis (il restera à voir quelle souche de champignon se développera préférentiellement), et justifient des traitements… si les pulvérisateurs peuvent rentrer (et surtout ressortir !) des champs. La verse est également possible, soit par déchaussement des plantes, soit par défaut de résistance de la tige. Il s’agit alors d’une verse très précoce (dès floraison ou début de remplissage), qui pénalise le plus fortement le PMG, et donc le rendement.

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