Cultures

Couverture végétale des silos

Fini les bouts de bâche et les pneus usagés

Publié le 17/05/2016

Encore peu répandue, la couverture végétale des silos en remplacement des bâches et des pneus mérite d’être testée. En Alsace, Freddy Merkling, responsable de la ferme du lycée agricole d’Obernai, en est un adepte convaincu. D'autant qu'il s'agit d'une couverture recyclable, méthanisable ou compostable, et technico-économiquement performante.

La couverture végétale consiste simplement à semer très densément des graines de plantes à chevelure racinaire touffue, formant un matelas protecteur. A priori, il apparaît difficile de penser que la couverture végétale assure une protection efficace, en remplacement des traditionnelles bâches et des pneus usagers. Pour vérifier l’intérêt de la couverture végétale sur les silos couloir, Denis Chapuis et A. Leuthreau, de la Chambre d'agriculture de Saône-et-Loire, ont analysé les couvertures de dix silos d’ensilage de maïs. L’étude a porté sur la qualité des fourrages, la qualité finale induite sur le lait et la validité économique de cette pratique. De 0,5 à 3 kg de semences d’orge ont été déposés sur le silo par mètre carré au moment de l’ensilage. La couverture meurt en fin d’hiver, et il se forme une couche protectrice de 10 à 24 cm d’épaisseur, selon les silos, avec un chevelu racinaire dense « qui s’enlève aisément par plaque ». Perte en MS moyenne de 1,8 % La perte en matière sèche « est en moyenne de 1,8 % pour tout le silo ». Elle correspond à l’épaisseur superficielle de la couche dégradée de 0,6 % à 3,21 % pour la partie hors pentes aux extrémités ; où les couches dégradées sont plus importantes accroissant la perte globale de 0,6 à 0,8 %. Notons que ces couches constituent de la matière organique qui peut être recyclée en compost ou en méthanisation. Sur le plan sanitaire, « aucun développement de moisissures n'a été observé sur les fronts d'attaque ni dans la masse des silos, notent les expérimentateurs. Le nombre de spores butyriques est très variable de 16 000 à 110 000 spores/g pour la partie haute et de 9 000 à 15 000 spores/g pour la partie basse, mais en moyenne très nettement plus élevé en partie haute (23 280 spores/g versus 3 343). » Quant à la valeur alimentaire du fourrage, « celle de la partie haute est systématiquement plus faible de 5 à 12 % que celle de la partie basse (UFL : 0,88 vs 0,92 ; PDIN : 47 vs 54) ». Quant au lait, la teneur en spores butyriques est difficile à interpréter. Les techniciens ont également évalué le temps de travail, jugé plus faible pour la couverture végétale, pour l’installation. Et en intégrant cette composante dans le coût final bâche vs couverture végétale, ils trouvent 0,84 €/m3 contre 0,77 €/m3 pour la bâche, correspondant également à l’intégration des pertes en MS, coût semence, coût bâche. Les données technico-économiques des exploitations ne font pas état de dégradation des performances. Le facteur qualité de récolte étant prépondérant. Cependant, la couverture végétale permet d’éviter le risque d'accumulation de corps étrangers - armatures de pneus - dans la panse des ruminants.

Publié le 05/05/2016

Commencés timidement après le 10 avril, les semis de maïs ont été plusieurs fois interrompus par la pluie. L'avancement des chantiers est très hétérogène d'un secteur à l'autre. Si dans certains secteurs, c’est terminé, d’autres ont à peine commencé. Un report des semis ne devrait pas poser de problème dans la majorité des situations, mais il va sûrement falloir adapter le choix de la précocité variétale dans certains cas.

Habitués à semer mi-avril - voire plus tôt - depuis plusieurs années, les maïsiculteurs rangent souvent les semoirs avant la fin du mois. Ce n’est pas le cas en 2016. Pourtant, il n’y a rien d’exceptionnel à mettre les graines en terre début mai, surtout dans les secteurs froids et humides. Le souci pourrait venir du fait que les variétés choisies sont de plus en plus tardives. Elles ont donc un cycle de culture plus long (illustré par un besoin en températures base 6-30) et ont de ce fait, plus de mal à arriver à maturité en bonnes conditions, sans souci sanitaire (tenue de tige et qualité des grains). Situation actuelle : défavorable mais pas désespérée La descente d'air polaire que nous avons connue durant la deuxième quinzaine d’avril s’est accompagnée de précipitations, sous forme de giboulées, quelquefois neigeuses dans la région ! S’il n’est pas possible de reprendre les terres les plus humides tout début mai, la situation prévisionnelle au 10 mai mérite d’être étudiée. Le tableau ci-contre présente pour diverses situations (lieu - variété - climat à venir), les possibilités pour la plante d’effectuer un cycle complet et d’arriver à 32 % d’humidité du grain en bonnes conditions. Adapter la précocité des variétés Si l’on voit beaucoup de cases vertes dans ce tableau, cela signifie qu’au 10 mai, la majorité des situations ne devrait pas poser de problème. Les plantes effectueront leur cycle complet avant le 1er novembre quel que soit le climat à venir. Les cases orange signalent les situations plus difficiles. Elles sont le plus souvent le fait d’un climat à venir défavorable, comme cela a pu être observé quatre fois depuis 1996 (soit deux années sur dix). La prudence dicte donc d’essayer de semer des variétés plus précoces. Enfin, les cases rouges indiquent des situations trop risquées pour être tentées. Il faut impérativement changer de groupe de précocité. Si le climat des prochains jours change dans le bon sens, cet article, datant de fin avril, sera bien sûr inadapté à la situation au 10 mai. Mais comme changer de variété ne se fait pas du jour au lendemain, il vaut mieux prendre ses précautions et envisager cette situation extrême.

Fleurs et plantes d'Alsace

« Produit ici, ça change tout ! »

Publié le 01/05/2016

Nouveau logo, nouvelle collection de pots, les horticulteurs et pépiniéristes de l'association Fleurs et plantes d'Alsace ont mené une opération fleurie à Strasbourg, le 20 avril, place Gutenberg, pour sensibiliser le public à la qualité et à la diversité des productions locales.

Géraniums rouge pétant, pétunias multicolores, marguerites jaune vif, ces plantes ont fait sensation mercredi 20 avril à Strasbourg au pied de la statue de Gutenberg ! Cette opération fleurie, avec ateliers de compositions et de rempotage, a été organisée par l'association Fleurs et plantes d'Alsace. Son président, Christian Romain, explique que les horticulteurs et pépiniéristes alsaciens ont ainsi voulu sensibiliser le public à la qualité des productions locales, soulignée par leur nouveau logo : « Produit ici, ça change tout ! ». Nouveaux pots stylisés, une exclusivité Cette opération visait également à lancer la saison du fleurissement d'été, qui arrive « un peu plus tôt que l'année dernière », précise Christian Romain. Le géranium craint peu les éventuels retours du froid, et reste la plante phare du fleurissement, « sa colonne vertébrale ». Il est néanmoins intéressant de créer de la diversité, en montrant les associations possibles dans les jardinières avec d'autres plantes, fuchsia, ipomée, sauge, impatience... Les horticulteurs alsaciens ont présenté ces différentes productions dans leur nouvelle gamme de pots, aux motifs stylisés rappelant ceux, traditionnels, de la poterie alsacienne. Ces nouveaux pots portent le logo de l'association, une différenciation bien identifiable et d'importance pour les consommateurs. Ils seront exclusivement vendus chez les horticulteurs alsaciens : « Il n'y aura pas d'achat revente, en grandes surfaces notamment. Ces pots seront ainsi gage de qualité et d'un itinéraire cultural local ». L'Alsace garde une bonne image horticole auprès du public : « Il s'agit de la pérenniser ». C'est la volonté des producteurs alsaciens de « tirer le produit vers le haut grâce à la valeur ajoutée, celle apportée par les horticulteurs, avec leurs connaissances des plantes, de leur entretien », souligne Pierre Charpentier, directeur de l'exploitation du lycée agricole de Winztenheim. Lycée qui a mis en place un espace de vente directe de fleurs et de légumes. « Il marche bien, les produits sont très demandés, les élèves très impliqués et à la pointe de la décoration. » De la terre et de l'air Le terreau, spécifique pour les géraniums et ce type de plantes, est important, a également fait remarquer Christian Romain. « Il n'est pas trop fin, ce qui permet de bien laisser passer l'air ». « Une qualité superbe » confirmée par Vincent Debès, président de l'Agence de tourisme (ADT), qui a réalisé une jardinière vendue au profit des Restos du cœur, autre volet de cette opération. Vincent Debès en a profité pour préciser que le concours de fleurissement met l'accent cette année sur les particuliers, dont les meilleures réalisations seront récompensées. L'ADT soutient l'association Fleurs et plantes d'Alsace, dont les membres démontrent « tout le savoir-faire alsacien en matière de fleurissement », largement prouvé lors de cette matinée. Une belle incitation à fleurir pour les amateurs !

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