Cultures

Fruits et légumes

Plus frais plus longtemps

Publié le 11/04/2016

Destinés à la conservation des fruits, des légumes et des fleurs, les modules Janny MT permettent d’allonger le temps de conservation grâce au stockage sous atmosphère contrôlée.

Prolonger la conservation des fruits et légumes permet d’étaler leur commercialisation, de réduire les pertes et de profiter plus longtemps de prix rémunérateurs. C’est en vertu de ces principes qu’ont été conçus les modules Janny MT, présentés mercredi 2 mars au Verger expérimental d’Alsace à Obernai, en présence d’une poignée de producteurs. Verexal est équipé de ces modules depuis 2007, année où ils ont été lancés sur le marché. D’une douzaine au départ, le Verexal en possède aujourd’hui une centaine, où sont stockés, après récolte, les pommes et les fruits à noyaux. « Nous les avons intégrés dans la réflexion sur la gestion des stocks », précise le responsable de Verexal, Hervé Bentz. Le module Janny MT est constitué d’une caisse en plastique rigide de 610 litres à placer dans une chambre froide, et d’un couvercle doté d’une membrane à perméabilité différentielle, explique Céline Kuentz, responsable marketing et développement de la société. Cette membrane permet de maintenir les taux d’oxygène et de gaz carbonique à l’intérieur du module entre 1 et 5 %. L’humidité relative, quant à elle, est maintenue à 100 %, grâce à un joint inséré sur le couvercle, qui rend le module étanche. Résultat, il n’y a quasiment pas de perte de poids : les fruits et légumes gardent leur fermeté, la couleur est préservée, ainsi que les taux de sucre et d’acidité à la récolte, indique Céline Kuentz. En vrac ou en cagettes Les fruits et légumes peuvent être stockés en vrac dans les modules ou y être disposés en cagettes pour les plus fragiles, tels que les asperges ou les salades. Un refroidissement préalable en chambre froide est recommandé pendant quelques jours avant qu’on ne clipse le couvercle sur la caisse. À l’ouverture du module, un temps de réadaptation est également à prévoir, toujours en chambre froide. Un appareil de mesure, le Tiempotest, permet de connaître en quelques secondes la teneur en oxygène et en gaz carbonique du contenu. « Attention, le module n’est pas un hôpital », avertit Céline Kuentz. Pas question d’y stocker des fruits et légumes récoltés en surmaturité ou abîmés : l’état sanitaire doit être irréprochable au départ et si les produits ont été récoltés en conditions humides, il est préférable de leur laisser le temps de sécher avant de fermer le module. Le remplissage doit être adapté à l’intensité respiratoire des fruits et légumes concernés, qui dépend de la variété et de la température de la chambre froide. « Le stade de maturité joue aussi, précise Céline Kuentz. Plus le fruit ou le légume est mûr, plus il respire. » Si l’on charge trop le module, le risque est qu’il n’y ait pas suffisamment d’oxygène pour permettre une conservation longue. Le mieux est de se référer aux conseils du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL), qui a édité un guide sur le sujet. À Verexal, entre 250 et 300 kg de pommes sont stockés par module, mais seulement 200 kg pour les fruits à noyaux, précise Hervé Bentz. 7 à 8 mois de conservation pour les pommes Si toutes les précautions sont respectées, Janny MT annonce une durée de conservation de 7 à 8 mois pour les pommes - contre 4 mois en chambre froide classique -, 7 mois pour les poires, 25 jours pour les mirabelles, les cerises et les asperges, 40 à 45 jours pour les quetsches. « Le système est idéal quand on veut sortir des produits au fur et à mesure des besoins », indique Hervé Bentz. Il permet d’avoir des fruits et légumes beaux plus longtemps et offre plus de flexibilité dans la commercialisation. En cas de pic de récolte, par exemple, stocker les fruits pour ne pas tout vendre lorsque le marché est saturé est gage d'une meilleure valorisation. Une contrainte toutefois, les modules sont vendus par lots de 117 pièces ce qui n’est pas à la portée de tous les producteurs, sauf à procéder à une commande groupée. Selon Céline Kuentz, deux ans suffisent à amortir l’investissement « rien qu’avec la diminution des pertes », contre sept à dix ans pour une chambre à atmosphère contrôlée classique. Il est d’autant plus intéressant si on utilise les modules pour stocker différents fruits, légumes ou fleurs au cours de la saison. Sur le plan pratique, enfin, il faut noter que les modules Janny MT se lavent facilement à l’eau et s’empilent les uns sur les autres, pour un gain de place en chambre froide.

Publié le 11/04/2016

Des professionnels de l'orientation ont été invités à découvrir deux exploitations agricoles : l'EARL Kiry à Ensisheim et « Zum Burahisla » à Ungersheim. Ces rencontres ont pour objectif de montrer les évolutions techniques et commerciales du monde agricole, et ainsi, l'importance de la formation.

Vendredi 18 mars, une dizaine de professionnels de la formation se sont retrouvés sur l'exploitation de Jean-Louis Kiry à Ensisheim. Installé depuis 1991, il cultive 150 ha en maïs, blé et soja. Humbert Vallier du service emploi et formation de la Chambre d'agriculture et organisateur de la matinée, a choisi cette exploitation car « le modernisme y est poussé à l'extrême ». L'agriculteur utilise cinq logiciels agricoles, car aucun ne répond complètement à ses besoins. « J'ai conscience que tout le monde n'est pas prêt pour ces techniques, mais ce sera bientôt une réalité pour tous », affirme-t-il. En plus d'un historique de ses travaux et d'un contrôle des quantités utilisées, ces logiciels permettent de faire remontrer des informations aux constructeurs de machines agricoles. L'exploitant regarde la côte des céréales tous les matins, « le marché virtuel est une réalité pour la fixation des prix des récoltes futurs. Il est déjà arrivé que je vende du blé qui n'était pas encore planté. L'autre solution est de vendre à une coopérative, un organisme stockeurs ou un négociant, à un prix moyen et déléguer l'acte de vente ». Conscien de l'importance de la formation, il conclut « je suis sorti de l'école en pensant tout savoir. À aujourd'hui 56 ans, je me dis que j'ai encore beaucoup à apprendre ». Pour Jean-Paul Bally, inspecteur d'apprentissage à la Draaf (Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt) « la formation continue est devenue essentielle à l'agriculture ». Le groupe de prescripteurs de formation a rejoint ensuite l'exploitation de Claude Rasser quelques kilomètre plus loin, à Ungersheim. Claude Rasser, ancien cuisinier, a repris l'exploitation de ses parents en 1990. L'exploitation « Zum Burahisla » a été agrandie pour accueillir sa fille Florine et son gendre, Raphaël Barowsky. Grâce à une alimentation des bêtes (porc et bovins) avec les productions de la ferme et la vente directe, l'opération est viable. Les connaissances mécaniques de Raphaël et de la gestion administrative de Florine y sont pour beaucoup. D'où la nécessité d'une formation adaptée. Raphaël regrette que les stagiaires qu'ils reçoivent soient plus formés à la théorie qu'à la pratique. 4 000 entreprises agricoles emploient Jean-Michel Baumann, délégué emploi et formation à l'Association régionale pour l'emploi et la formation en agriculture (Arefa) rappelle des chiffres essentiels : « L'Alsace compte 12 000 exploitations et 27 600 actifs agricoles. Autour de 4 000 entreprises emploient de la main-d'oeuvre, pour la plupart il s'agit d'un salarié ou d'un saisonnier. Il y a 35 000 salariés en production agricole pour 42 000 contrats (un salarié peut avoir plusieurs contrats). Le nombre de salariés augmente alors que le nombre d'exploitation baisse. 60 à 65 % de ces emplois sont créés en viticulture ». Pour Claude Rasser « La viticulture créée des emplois. Ce n'est pas toujours le cas pour l'élevage qui fait travailler des intervenants extérieurs et sous-traitants ». Pour former un de ces sous-traitants, un nouveau  BTSA option technico-commercial, spécialité agrofournitures a été créé. Ces formations ont été présentées par Jean-Paul Bally et Pauline Amet chargée du développement de l'apprentissage. « L'agroéquipement représente 30 % de nos offres d'emploi », ajoute Emmanuelle Dazy, conseillère recrutement et emploi à l'Apecita. Autre nouveauté en terme de formation, un certificat de spécialisation « production, transformation et commercialisation des produits fermiers ». Ces compléments de formation réalisés en un an permettent d'acquérir des bases solides. Le CFAA du Haut Rhin propose trois autres certificats de spécialisation (CS) : commercialisation des vins, viticulture biologique et conduite des machines viticoles. Ces CS ont comme particularité, comme les CAP, de se réaliser en alternance.

10e Trophée des fruits et légumes d'Alsace

Nat'et Paillettes et Pop'n fruit remportent deux prix

Publié le 07/04/2016

Exceptionnellement, pour cette dixième édition du Trophée des fruits et légumes d'Alsace, le jury a désigné deux gagnants : Pop'n fruit et Nat'et Paillettes. Ce dernier, condiment aux légumes, a reçu le prix « coup de cœur » de l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace. Le public, lui, a plébiscité le pop-corn aux fruits.

Huit produits imaginés et créés par les étudiants en licence de la Faculté de marketing et d'agrosciences de Colmar étaient en compétition pour la 10e édition du Trophée des fruits et légumes d'Alsace. Pour la première fois, ce trophée s'est tenu au marché couvert de Colmar. Un emplacement stratégique, qui a eu pour conséquence d'augmenter considérablement le nombre de visiteurs. Ils ont pu déguster des paillettes de légumes bios, des bonbons kiwi-citron et quetsche-mirabelle, des gâteaux aux légumineuses, des pop-corn aux fruits, des glaces à l'ortie et au pissenlit, une infusion saveur amère, une pâte émiettée à base de fruits et légumes et une soupe aux fruits. « Le Trophée des fruits et légumes d'Alsace est passé du statut d'initiative à celui d'événement et finalement, est devenu un rendez-vous incontournable », considère Saloua Bennaghmouch, organisatrice et maître de conférences. « Colmar est une terre maraîchère. L'organisation de cet événement au marché couvert est une excellente idée. Le lien entre le trophée et le marché créé il y a six ans est évident », ajoute Yves Hemedinger, premier adjoint au maire de Colmar. Paillettes de légumes et soufflés colorés Après de laborieuses délibérations, le jury attribué son prix a deux produits : Nat'et Paillettes et Pop'n fruit. Une première pour le trophée. Nat'et Paillettes est un assaisonnement à base de légumes uniquement. Deux versions ont été créées. Une version verte à base de brocoli, épinard, haricot vert et poireau et une version orange à base de carotte, poivron rouge et poire williams. Seule la version verte était proposée lors de la dégustation. Elle était présentée sur du pain avec du fromage frais, mais les étudiants suggèrent plusieurs déclinaisons : avec un plat de pâtes, sur de la salade, dans un sandwich chaud, ou même sur un steak. « L'emballage a été imaginé sous forme de Doypack (sachet souple tenant debout) avec bec verseur. Nous avons estimé qu'il faudra 10 grammes par utilisation, nous avons donc prévu un contenant de 350 g. Il pourra être conservé durant six mois. L'objectif de ce produit est de donner du goût sans gras et sans sel », précise Hamza Errais, étudiant en agrosciences. Nat'et Paillettes décroche aussi, tout naturellement, le « coup de cœur » de l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace (Ifla), car il est composé uniquement de fruits et légumes d'Alsace. Pierre Lammert, son président, rappelle que « depuis dix ans, l'Université de Haute Alsace (UHA) et l'Ifla sont partenaires. La première édition de ce trophée se tenait à la Maison de l'agriculture. Puis nous étions au Conseil départemental, puis au Cref. Aujourd'hui au marché couvert, beaucoup de visiteurs étaient présents et nous avons pu communiquer pour les fruits et légumes de notre région. » Le prix du public est remis par Pascal Sala, président de l'association du marché couvert de Colmar, à Pop'n fruit. Tristan Roche, membre de l'équipe gagnante, est étudiant en agrosciences : « Nous proposons trois goûts atypiques à ce classique de la confiserie : quetsche-cannelle, citron-menthe et fruits rouges. Ils sont agrémentés de sucre pétillant et de sirop d'agave. Ce dernier a été choisi pour sa composition faible en calories. Le maïs a été fourni par Thomas Thuet, agriculteur à Rumersheim-le-Haut. Les couleurs des soufflés sont naturelles. » Chaque déclinaison porte un nom original rappelant des cocktails et suggérant l'aspect festif du produit : Pop'Mojito, Pop'Punch et Pop'Cosmo. Ces produits sont le fruit d'une collaboration entre le concepteur du produit et le service marketing, chère à Christine Gangloff-Ziegler, présidente de l'UHA : « Les valeurs développées ici correspondent bien à celles de l'université : transdisciplinarité, professionnalisation, innovation, proximité, développement durable, pédagogie active et esprit d'entreprendre ». « L'UHA fait partie du top 10 des universités qui intègrent le mieux ses étudiants sur le marché du travail », félicite Éric Straumann, président du Conseil départemental du Haut-Rhin. Le prix des anciens élèves pour Glaces des prés Le trophée innove et propose désormais aux anciens élèves de décerner un prix. Ils ont choisi Glaces des prés, une gamme de glaces artisanales à base de plantes issues de l'agriculture biologique : l'ortie et le pissenlit. « L'arôme est apporté grâce à une infusion de plantes. La glace est ensuite conditionnée dans de petits pots de 125 g, idéaux pour deux personnes. Elle peut être dégustée à tout moment grâce à une cuillère cachée dans le couvercle. Nous l'avions imaginée comme un produit à présenter en entrée, ciblant les jeunes diplômés, principaux consommateurs de produits bios », expose Quentin Bernon, étudiant en marketing. Mais tout a été fait pour élargir le public. La glace est présentée à la fois comme un produit gourmand et diététique, à déguster n'importe quand, n'importe où. Maurice Farine, dirigeant de la confiserie Roy René, membre du jury, remercie les étudiants pour cette « cure de jouvence » : « Votre travail, votre sérieux et votre implication me permettent d'être optimiste pour l'avenir. La France est entre de bonnes mains avec des étudiants de cette qualité. »

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