Cultures

Visite d'essais d'engrais verts

Choisir le bon mélange

Publié le 27/04/2015

Le 22 avril, la Cara et Planète Légumes ont présenté les premiers résultats d'expérimentations d'engrais verts appliqués au maraîchage au lycée du Pflixbourg, à Wintzenheim.

En agriculture biologique, la culture d'engrais verts a pour objectif de protéger ou d'améliorer la structure du sol, de stimuler l’activité biologique, de maîtriser les adventices et d'éventuellement apporter une protection phytosanitaire. Ces couverts végétaux, que l'on place en interculture d'automne-hiver, sont composés d'espèces qui sont plus ou moins efficaces en fonction du climat, de la nature du sol ou des besoins en minéraux. Afin d'avoir une idée de ce qui « fonctionne » en Alsace, la Chambre d'agriculture et Planète Légumes ont lancé à l'automne dernier des expérimentations aux Jardins du Pflixbourg, l'exploitation de maraîchage biologique du lycée horticole de Wintzenheim. « Notre réflexion s'est inspirée de la bibliographie existante qui concerne principalement des essais effectués dans l'ouest et le nord de la France. On a donc voulu aller plus loin en établissant des références propres à nos conditions pédoclimatiques », explique le responsable du pôle maraîchage du lycée, Guillaume Delaunay. Les semis de ces couverts hivernaux ont démarré le 30 septembre 2014 pour les plus précoces pour se terminer le 4 novembre pour les plus tardifs. Au total, 82 % de la surface maraîchère du lycée a été recouverte d'engrais verts. Les 18 % restant étant déjà occupés par des cultures hivernales comme le poireau ou le chou de Bruxelles. Cinq mélanges « maison » ont été utilisés : le Landsberg2 composé de trèfle incarnat, de vesce d'hiver et de seigle ; le Biomax composé de féverole, de trèfle incarnat, de sainfoin, de vesce et de seigle ; le Struktur composé de féverole et de seigle ; le StrukturM composé de féverole, de seigle et de moutarde blanche ; le Struktur Gel composé de radis oléifère, de phacélie et d'avoine de printemps. Le sixième mélange utilisé est le Marévert, le seul issu du commerce, qui n'a d'ailleurs pas donné de très bons résultats. Tous ces mélanges ont été semés à la volée sur un sol sablo-limoneux, caillouteux et peu profond typique de la vallée de Munster. Le sol a, au préalable, été préparé par un aller-retour de covercrop et le passage d'un déchaumeur. L'incorporation des graines et le rappuyage ont été effectués par le passage d'un vibroculteur. Pour évaluer la biomasse produite par ces engrais verts, la méthode M.E.R.C.I (Méthode d’Estimation & des Restitutions par les Cultures Intermédiaires) a été utilisée. Celle-ci permet, à partir d’un prélèvement aux champs de matière verte, d'estimer la matière sèche produite à l’hectare (tonnes par hectare), de calculer l’azote piégé (ou stocké) par le couvert (repousses, cultures intermédiaires) et de définir les niveaux de restitution en azote à la culture suivante (kg/ha). « C'est ce point qui nous intéresse le plus avec l'effet structurant de l'engrais vert », note Guillaume Delaunay. De la biomasse, mais pas trop Parmi les mélanges testés, le Landsberg2 (trèfle incarnat, vesce d'hiver, seigle) est celui qui a montré le meilleur potentiel. Celui-ci a été semé tôt (le 30 septembre) après des pommes de terre et avant du céleri-rave. « C'est un peu la Rolls Royce de ce qu'on a pu expérimenter », poursuit-il. Au 9 avril, le taux de matière sèche était de 3,2 t/ha quand, dans le même temps, le taux de matière sèche du Biomax (féverole, trèfle incarnat, sainfoin, vesce, seigle) plafonnait à 2,7 t/ha. « Nous avons refait une mesure le 20 avril, et nous avons obtenu six tonnes à l'hectare de matière sèche pour le Landsberg2. » Ce mélange affiche aussi un taux d'azote piégé de 100 kg/ha, une restitution d'azote de 44 kg/ha, une restitution de phosphore de 18 kg/ha et une restitution de potassium à la culture suivante de 114 kg/ha. Des résultats à prendre « avec des pincettes » comme le fait remarquer Guillaume Delaunay. « Ce n'est qu'une première expérimentation. D'autres essais seront effectués pour confirmer ou non ces chiffres. » On remarque néanmoins que ces très bons résultats pour le mélange Lansdberg2 peuvent être mis en corrélation avec la forte densité des semis. « Nous avons utilisé 200 % de la dose par rapport à ce qui se fait habituellement, ceci explique peut-être les choses », analyse Guillaume Delaunay. De la biomasse oui, mais en quantité mesurée, tient à rappeler le conseiller en agronomie de la Cara, Christophe Barbot. « Il ne faut pas non plus saturer le sol », explique-t-il avant de rappeler la nécessité de détruire le couvert au bon moment, si possible avant la floraison. « Plus un couvert est âgé, plus il apporte du carbone. S'il y en a trop, l'azote est prélevé dans le sol pour permettre la décomposition du carbone, ce qui ne laisse au final qu'une faible quantité d'azote minéral pour la culture suivante. »

Semis de maïs

Des conditions optimales

Publié le 23/04/2015

L'intégralité de la sole de maïs alsacienne a été semée en une quinzaine de jours dans des conditions optimales. Très souvent, les agriculteurs ont obtenu une préparation du lit de semence fine, idéale pour la levée, mais aussi corrélée à un risque érosif accru.

Cette année, les semis de maïs ont été effectués dans un mouchoir de poche, grosso modo du 10 au 24 avril. « Les sols se sont réchauffés très rapidement, il y avait peu de précipitations annoncées, les agriculteurs en ont profité pour procéder rapidement aux semis de maïs », rapporte Christian Lux, responsable du service technique au Comptoir Agricole. Dans certaines zones très arrosées à Pâques - comme le Piémont ou le Ried Nord - il a fallu attendre un peu plus mais dans la très grande majorité des cas, les semis sont désormais terminés. Avec une caractéristique principale : une préparation du sol très fine, propice à une levée optimale, mais vulnérable en cas d'orages violents. « Même si l'hiver n'a pas été très froid, le gel a suffi à structurer le sol en surface, mais pas en profondeur », note Christian Lux. Un peu d'érosion dans le Kochersberg Dans le Kochersberg, les premiers semoirs à maïs ont commencé à tourner dès le 9 avril et les dernières parcelles viennent tout juste d'être semées. Dans l'ensemble, les conditions de semis ont été bonnes. Avec toutefois une ombre au tableau : l'épisode pluvieux du vendredi 17 avril, qui a localement pris la forme d'un orage, provoquant du ruissellement dans les parcelles fraîchement travaillées. C'est le secteur d'Offenheim, Pfettisheim, Vendenheim, Griesheim-sur-Souffel qui a été le plus marqué par cet incident. « À Offenheim, il est tombé 30 mm de pluie en trois quarts d'heures. Mais c'était très localisé : à Truchtersheim, il n'est tombé que 3 mm, idem à Rottelsheim avec 4 mm », précise Pierre Geist, conseiller à l'Adar du Kochersberg. Conséquences : dans les parcelles en pente, de petites coulées de boue se sont formées, provoquant le ruissellement de lignes de semis et des accumulations de sédiments en bas de pente. La conduite à tenir est pour l'instant difficile à déterminer. « Il faudra peut-être ressemer ces parcelles en bas de pente une fois qu'elles auront ressuyé », estime Pierre Geist. Et puis, plus largement, dans une dizaine de communes, les agriculteurs craignent la formation d'une croûte de battance. « Dans la plupart des cas, le maïs a déjà germé, donc si une croûte de battance se forme, ça va être difficile à gérer parce qu'on ne pourra pas descendre à plus de 2 cm, au risque de casser le germe et de faire plus de mal que de bien. On ne pourra donc utiliser ni herse étrille, ni houe rotative, à la limite des rouleaux. » Il reste donc à espérer que de nouvelles précipitations, plus douces, interviennent pour aider le maïs à émerger. Un sol qui s'assèche par secteurs Plus au nord de l'Alsace, les premiers semis ont démarré dès le 10 avril. « Mais à cette période, il y a surtout eu des préparations de lit de semence et des apports d'engrais car le sol était encore froid », précise Rémy Mickaël, conseiller à l'Adar de l'Alsace du Nord. Le plus gros des parcelles a été semé après Pâques, dans de bonnes conditions : « Il y a beaucoup moins de mottes que l'année dernière. On a plutôt des préparations de sol fines, qui présentent un risque érosif accru », constate Rémy Mickaël. Dans ce secteur, l'absence de précipitations commence à se ressentir : « Les parcelles sont sèches en surface, et donc peu de traitements racinaires ont pu être effectués. » C'est aussi ce que constate Laurent Fritzinger, conseiller à l'Adar des Deux Pays : « Les semis ont démarré vers le 10 avril et ont bien avancé la semaine suivante, dans de bonnes conditions, avec une bonne structure du sol, même si la terre commence tout doucement à sécher en surface ». Rien d'inquiétant encore, l'humidité n'est pas très loin, un peu plus en profondeur. Ce constat est surtout vrai pour l'Alsace Bossue et le secteur de Haguenau, qui n'ont eu que quelques gouttes à la fin de la semaine dernière. Alors que vers Bouxwiller et Hochfelden, il y a tout de même eu 20 mm, mais sans dégâts, qui se sont déjà largement évaporés sous l'effet du vent, qui empêche aussi de procéder à des traitements. Enfin, dans le sud du Bas-Rhin, les semis ont débuté un tout petit peu plus tôt, vers le mercredi 8 avril, et se sont un peu plus échelonnés. Là aussi, les conditions de semis étaient bonnes : « L'humidité était là, la préparation du sol a permis d'obtenir de la terre fine », détaille Guillaume Pfrimmer, conseiller à l'Adar de la plaine de l'IIl. En outre, ce secteur a bénéficié de précipitations assez régulières depuis fin mars, quoique de manière très hétérogène. Ainsi, les secteurs de Krautergersheim-Obernai et Geispolsheim-Lipsheim ont bénéficié d'une vingtaine de millimètres de précipitations le 17 avril alors qu'ailleurs, il n'y a presque rien eu. Dans les parcelles où il a plu, les traitements racinaires devraient faire leur effet, avec un risque d'accumulation en bas de pente pour les parcelles qui ont ruisselé. En l'absence de précipitations, l'efficacité des matières actives risque de se dégrader peu à peu, mais Pierre Geist rassure : « L'efficacité perdure une quinzaine de jours en moyenne. »

Asperges d’Alsace

Coup de jeune et de vitalité

Publié le 16/04/2015

Lors du lancement de la campagne asperges d’Alsace, qui se tenait ce mercredi 15 avril à la ferme Maurer à Dorlisheim, l’association pour la promotion de l’asperge d’Alsace a présenté ses nouvelles identité visuelle et signature, ainsi que son site internet relooké. L’objectif est de gagner les jeunes consommateurs et de leur montrer que l’asperge d’Alsace est un plat convivial.

Les premières asperges alsaciennes ont commencé à pointer timidement le week-end dernier, donnant le top départ de la campagne. « L’épisode venteux de la fin du mois de mars a décoiffé les aspergeraies durant quelques jours. Les pluies qui l’ont accompagné et les gelées de la semaine dernière n’ont guère été favorables à la pousse, retardant de quelques jours la récolte. Nous avons perdu en précocité, mais globalement nous sommes dans les temps, les conditions sont désormais favorables pour récolter des asperges de qualité, les volumes arrivent », a rappelé Jean-Charles Jost, président de l’association pour la promotion de l’asperge d’Alsace, qui a succédé récemment à Jean-Jacques Nonnenmacher. En revanche, ce sont les asperges venant des régions Sud, qui sont en retard, car elles ont subi de mauvaises conditions météorologiques. « Il risque d’y avoir beaucoup de produits en même temps sur le marché. » Et Jean-Charles Jost craint des télescopages. Pour autant, il reste confiant et compte beaucoup sur les acheteurs, la grande distribution et les grossistes, pour privilégier l’asperge alsacienne dans leurs étals et pour la vendre à un prix correct. « Un prix correct pour les producteurs. » « Vitaminez votre assiette ! « Après deux mauvaises années, nous misons beaucoup sur cette nouvelle campagne. Et nous nous sommes mobilisés pour qu’elle soit haute en couleurs. » L’association a en effet souhaité donner un coup de jeune et de vitalité à sa campagne de communication. « Notre logo datait de quelques années, il fallait le remettre au goût du jour », a indiqué Jean-Charles Jost. « Et une enquête que nous avons menée a révélé que les trentenaires ne mangent guère d’asperge, rebutés par l’épluchage notamment », a ajouté Dominique Krafft, de l’agence Musiconair, chargée du plan communication. Si l’asperge est bien consommée par les plus de 50 ans, pour qui le repas asperge est un moment de convivialité, le créneau de la clientèle de renouvellement reste compliqué. » L’association a donc décidé d’adopter de nouveaux codes couleurs, déclinant le blanc et le vert, synonymes de pureté, fraîcheur et de produits haut de gamme. Cette nouvelle approche graphique s’accompagne d’une nouvelle signature « Vitaminez votre assiette ! Asperges d’Alsace, fraîcheur et saveur », valorisant les aspects santé de l’asperge (lire en encadré). Sobre, ce nouveau visuel se décline sur tous les supports de communication : affiches, bâches, étiquettes, et chevalets destinés aux restaurateurs, et en particulier aux 17 d’entre eux membres de la route de l’asperge. Double objectif Denis Digel, responsable FRSEA fruits et légumes d’Alsace, et représentant la Chambre d’agriculture de région Alsace, a félicité les producteurs d’asperge pour ce lancement réussi. « C’est un moment important : le top départ de l’ouverture de la saison maraîchère. La Cara soutient la filière asperge, et plus largement la filière fruits et légumes, depuis de nombreuses années. Et grâce à ce choix politique, ces productions sont devenues fortes, la filière exemplaire à plusieurs titres. » Denis Digel a en particulier cité l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) qui reste un modèle unique en France et qui a bien montré, au cours de la difficile campagne 2014, son rôle d’amortisseur de choc. « La distribution joue le jeu sur les volumes, mais les cours ne sont pas encore suffisamment rémunérateurs, même si les prix moyens payés aux producteurs en Alsace sont supérieurs à ceux des autres régions, a-t-il insisté. Pour 2015, nous partons sur de meilleurs rails, d'autant que la bataille sur la main-d'oeuvre a été gagnée, avec la mise en place d'un Smic en Allemagne. Mais nous resterons vigilants sur les prix, avec le double objectif que les consommateurs trouvent des fruits et légumes d’Alsace sur les étals et que nous soyons en mesure de développer nos exploitations. » Pierre Lammert, président de l’Ifla, a à son tour salué le travail de l’association : « Vous avez mis beaucoup de moyens pour votre communication, car vous avez compris que c’est essentiel pour aller vers les consommateurs. » Avant de rappeler que le visuel Fruits et légumes d’Alsace fête cette année ses 10 ans, autour de sa famille de fruits et légumes et de ce slogan fort : « Retrouvez le goût des saisons ».

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