Coopérative agricole de céréales
Construire l’agriculture de demain « ensemble »
Coopérative agricole de céréales
Publié le 17/12/2019
La Coopérative agricole de céréales (CAC) termine une année 2019 riche en évènements marquants avec la création de la société de commercialisation de céréales franco-allemande ECU, le premier « bassin de moisson » à Fislis et une place toujours aussi importante accordée aux jeunes agriculteurs. Elle a tiré son bilan mardi 10 décembre lors de son assemblée générale à Colmar. Pas après pas, l’avenir se construit pour répondre aux enjeux de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain.
Des défis, mais surtout des solutions pour y répondre. Un état d’esprit volontariste que la Coopérative agricole de céréales (CAC) applique depuis des années pour répondre efficacement aux enjeux de l’agriculture actuelle : produire plus, mieux, dans un contexte mondial ultra-concurrentiel, avec des attentes sociétales très fortes vis-à-vis de l’environnement. Le tout avec l’assurance d’apporter aux agriculteurs coopérateurs un vrai revenu pour assurer la pérennité de leurs exploitations. Dans un tel contexte, il n’y a pas d’autre choix que la mobilisation « collective », estime le président de la CAC, Jean-Michel Habig. « Les réponses ne viendront que de nous et de notre capacité à les mettre en œuvre. Mais changer, ce n’est pas simple. C’est accepter que ce qu’on fera demain sera différent de ce qu’on fait aujourd’hui. Nous devons donc être capables de nous remettre en cause, de choisir un cap et de nous y tenir. » La meilleure illustration de cet état d’esprit est la création d’ECU (Europe crop united), une structure de commercialisation de céréales commune avec la coopérative allemande ZG Raiffeisen, opérationnelle depuis le 1er septembre dernier. Celle-ci a été mise en œuvre autour de valeurs communes aux deux coopératives : l’ouverture d’esprit, la croissance, l’innovation, la confiance et l’orientation clients. Une première en Europe « C’est une première en Europe qui a vu le jour en à peine huit mois », glisse avec fierté le président de la CAC. Pour son homologue allemand, Ewald Glaser, ce rapprochement entre les deux structures est logique dans la mesure où une « relation de confiance » s’est construite au fil des années entre la ZG Raiffeisen et la CAC. « Nos deux coops se sont développées chacune de leur côté avant de trouver une réponse commune aux enjeux actuels. C’est un geste stratégique qui ouvrira des voies dans le monde agricole. Désormais, il faut imaginer d’autres moyens et instruments que par le passé. Avec ECU, nous pouvons envisager l’avenir avec optimisme tout en préservant l’indépendance de nos coopératives. » Comme pour la Chambre d'agriculture Alsace, la présidence d’ECU est tournante entre la CAC et la ZG Raiffeisen, le tout avec un actionnariat à 50/50 qui illustre la confiance réciproque que se témoignent ces deux entités. La partie opérationnelle de cette société de commercialisation est assurée par une « écupe » de cinq salariés franco-allemand basée au siège de l’entreprise à Strasbourg. Un choix géographique évident au vu de son statut de capitale européenne, en lien direct avec l’Allemagne. Ce rapprochement entre les deux pays autour d’ECU est finalement assez logique considère Ewald Glaser : « Avec le temps, on se rend compte qu’il y a de plus en plus de points communs entre le Bade Wurtemberg et l’Alsace qu’avec le reste de l’Allemagne. Ainsi, un nouveau centre énergétique transfrontalier apparaît au cœur de l’Europe. » Se « réapproprier » la moisson La création d’ECU est, pour la CAC, la mise en œuvre de son ambition stratégique à l’horizon 2022. Celle-ci s’articule en cinq points : peser sur les marchés, repenser le modèle que la coopérative propose pour impacter positivement le revenu des exploitations, innover dans tous les domaines pour proposer des solutions différentes, supporter et accompagner davantage les centres de profit existants, et analyser les diverses possibilités de développement dans une logique de filières. Comme, par exemple, réinventer la récolte du maïs en créant le premier « bassin de moisson » à Fislis. Le principe est simple : déléguer le transport de la récolte grâce à la géolocalisation. À l’origine, il y avait la volonté du conseil d’administration de la CAC de réguler le flux de la collecte tout en préservant la qualité du grain. C’est Nicolas Kress, responsable terrain à la coopérative, qui a piloté cette première récolte « plus fluide » cet automne. Une solution amenée à se développer ailleurs dans le département qui a le mérite d’apporter davantage de « sérénité » aux agriculteurs. « En déléguant le transport de leur récolte, ils n’ont plus besoin de courir à droite et à gauche. Du coup, ils peuvent se réapproprier leur moisson. » Ce que confirme Maxime Kuentz, salarié à la CAC, qui a aidé au transport du maïs. « Le plus grand ressenti des agriculteurs et qu’ils ne perdent plus de temps sur la route, à chercher un chauffeur ou à organiser le chantier. » Samuel Schweitzer est entrepreneur de travaux agricoles. C’est lui qui mené cette récolte de 2 500 tonnes de maïs qui s’étalaient sur 150 hectares. Au départ, il ne cache pas qu’il était un peu réticent quand il a découvert le projet. Il a vite été conquis : « Dans le Sundgau, il y a des chemins qui ne sont pas très accessibles. Cela nous faisait un peu peur. Maintenant, je peux dire que le bilan est très positif. Mes clients sont très satisfaits. D’ailleurs, il y en a une partie que je n’ai même pas vue à la récolte. Preuve d’une belle confiance de leur part. » Préparer l’avenir avec les jeunes Enfin, Jean-Michel Habig souligne un élément essentiel pour le développement de la CAC dans les années à venir : la place de la jeunesse au sein de la coopérative. Une nouvelle génération d’agriculteurs réunis sous la bannière JAC (Jeunes agriculteurs coopérateurs). À l’automne 2018, ils s’étaient réunis pour répondre à une interrogation : « Qu’attendez-vous de votre coopérative ? ». Une question ouverte qui a fait émerger quatre thématiques, et autant de pistes de travail : l’agriculture 4.0 et l’innovation, la commercialisation et la mutualisation des moyens humains et matériels, le travail du sol, et l’élevage. Des thématiques en phase avec notre époque qui sont autant de pistes de travail pour le conseil d’administration de la CAC comme le rappelle son président : « Nous œuvrons au quotidien pour tenir compte de vos remarques et observations. Mais la coop ne peut se substituer à vos rêves, votre énergie et à la vision d’évolution que vous avez de nos métiers. C’est pour cela que nous avons besoin de vous pour que, ensemble, nous puissions construire la coopérative de demain, qui vous appartiendra, sans l’influence de capitaux extérieurs. Alors, rejoignez-vous et bâtissons ensemble l’agriculture de demain ! »












