Christian Dietschy à Brunstatt
Le lin, culture de diversification
Christian Dietschy à Brunstatt
Publié le 28/09/2019
Sur l’exploitation familiale située à Brunstatt, Christian Dietschy cherche à diversifier ses productions. Avec le soutien de la Coopérative agricole de céréales où il siège au conseil d’administration, il tente cette année la culture du lin.
Christian Dietschy s’est installé sur l’exploitation d’un oncle en 1994, puis a créé une Earl avec celle de ses parents en 2014. Aujourd’hui, il cultive 185 hectares sur Brunstatt et son proche secteur : un peu plus de 80 ha de maïs, 42 ha de blé, 33 ha de betteraves, 15 ha de colza, des prairies et/ou jachère et, depuis cette année, 3,5 ha de lin. « Les betteraves sont livrées à la sucrerie d’Erstein. Toutes les autres productions sont livrées à la Coopérative agricole de céréales. Il y a un quai de chargement sur l’exploitation à Brunstatt. À l’époque, c’était pratique. Nous étions isolés. Mais, par génération, nous perdons 1 kilomètre de terres agricoles au profit de l’urbanisation. Nous sommes désormais au milieu des habitations et des routes », explique l’agriculteur. Dans ces conditions, il a fallu faire évoluer les pratiques. Le temps où il était encore possible de faire de l’élevage laitier ici est loin désormais. C’est pourquoi Christian Dietschy tente de faire du lin oléagineux de printemps. Un lin dont les graines produisent une huile riche en oméga 3 et qui se distingue du lin dont on utilise la fibre pour la création de tissus et autres draps (une spécialité que l’on retrouve dans le nord de la France). Christian Dietschy a réalisé « les semis juste après ceux de la betterave, début avril. Nous avons utilisé une herse rotative et un semoir à céréales classique. Nous travaillons à une densité de 750 grammes par m2 avec une profondeur de 2 cm. Nous utilisons trois variétés différentes : marquise, précoce, empress et progress, plus tardives. Cela permet de comparer les parcelles sur les trois bandes et de voir clairement les différences », explique-t-il. L’agriculteur a effectué un désherbage en deux passages, utilisé un fongicide et un régulateur, mais n’a pas eu recours à un insecticide. Un créneau économique potentiel Les fleurs, de couleur bleu lavande, sont apparues début juin. La floraison dure trois semaines. « Le matin, le champ était argenté. Ce qui en a interpellé plus d’un : on m’a posé de nombreuses questions. La fleur est éphémère, présente pendant quatre à cinq heures. Le lendemain, il y en a de nouvelles. Visuellement, c’est très joli. Techniquement en revanche, c’est plus complexe. Nous partons dans l’inconnu, car c’est la première année de production. L’idée est de voir si cette culture est adaptée au climat de la région et à notre terroir. Dans le Nord, elle réussit très bien. Mais les sols sont différents, tout comme la météo », ajoute Christian Dietschy. Il espérait réaliser une première récolte entre le 10 et le 15 août. Elle a été retardée par un orage et 150 mm de pluie. « Il était ensuite impossible de travailler dans les parcelles. Nous pensons pouvoir récolter 2 à 3 tonnes de lin, sachant que la moyenne française se situe entre 1,9 et 2 t. Le travail et le suivi sont proches de ceux du colza. Je ne connaissais pas spécialement la culture de lin, mais je peux compter sur l’aide du service technique de la coopérative. L’objectif est de savoir si techniquement c’est réalisable et durable, et si c’est un créneau économiquement intéressant. Si c’est le cas, on ira encore plus loin. Nous allons essayer cette culture deux ou trois ans, car aucune année ne se ressemble », souligne Christian Dietschy. À noter qu’il existe du lin d’hiver qui aurait davantage de potentiel. Mais la difficulté se situe à la récolte. « Il faut utiliser le bon matériel. La lame de coupe de céréales doit être bien aiguisée et très coupante pour casser le filtre », conclut Christian Dietschy. En attendant, place à cette première récolte de lin, qui doit se faire en journée, par forte chaleur. Il ne faut pas qu’il y ait de rosée sur le lin. Outre Christian Dietschy, trois autres agriculteurs testent actuellement cette culture dans le département, dans des zones géographiques différentes, afin d’essayer différents protocoles.












