Intempéries
Le Sundgau ravagé par la grêle
Intempéries
Publié le 22/08/2019
Dans la nuit du 18 août, le ciel alsacien s’est fendu d’éclairs et a tonné pendant plusieurs heures. Si dans la plupart des cas, cela n’a été synonyme que de quelques gouttes de pluie, dans le Sud de l’Alsace, la grêle est tombée. De Bisel à Saint-Louis, plusieurs agriculteurs ont subi, très violemment et très localement, les conséquences de ces intempéries.
Au lendemain des chutes de grêles, Claude Butsch, agriculteur à Ranspach-le-Haut, accuse le coup. Vers 22 heures, le vent a commencé à souffler, puis la pluie et la grêle sont tombées. « Ensuite c’était la totale », se souvient l’exploitant qui a passé une bonne partie de la nuit à calmer ses bêtes complètement paniquées par l’orage. « J’ai déjà vu des épisodes comme celui-là, mais c’était il y a 20 ans », précise-t-il. Sur l’ensemble de son maïs cultivé sur le ban communal, 20 ha sont entièrement détruits : les feuilles et les tiges sont cassées, restent les épis qui faute de protection ne pourront être ensilés. Seuls 8 ha sont restés indemnes. L’autre inquiétude de l’exploitant, ce sont les installations. Le bâtiment de stockage a subi de gros dégâts et l’urgence est de le refermer avec des bâches. « Heureusement, le maïs est assuré grêle. Ce sera donc sûrement une année blanche, relativise Claude Butsch. Maintenant il va falloir se battre avec l’assurance. J’ai déjà mis une demi-journée à réussir à les joindre… » Les principales conséquences ne seront cependant pas que financières : « Il faudra plus de temps et de main-d’œuvre pour compenser. C’est surtout un surcoût de travail et d’embêtements. » Quelques minutes de grêle et 40 % de pertes Dans le village voisin de Knœringue, même constat pour François Frisch. « Je me suis réveillé vers 22 h 30 quand j’ai entendu le bruit et j’ai bien vu la tornade et la tempête de grêle. Ça a duré facilement 2-3 minutes. C’était des vrais blocs de glace mais ils n’étaient pas ronds, ils avaient des angles. J’en ai ramassé un il était gros comme un œuf de pigeon », précise-t-il. De gros grêlons qui on fait des ravages aussi bien sur les cultures que sur les bâtiments. La grêle n’a malheureusement épargné personne dans tout le secteur entre Ranspach-le-Haut et Knœringue : « Il y a partout des branches d’arbres qui sont tombées, des voitures abîmées et même des potagers entièrement détruits. Chez moi, le toit de la grange et des tuiles ont été perforés », raconte l’exploitant. Le plus urgent est donc de réparer ce qui peut déjà l’être : « Pour le reste on verra ça avec les assurances, on a déclaré le sinistre, maintenant on attend l’expertise. » Sur son exploitation, François Frisch a constaté que la totalité de son maïs, soit à peu près 30 hectares, est effeuillée. Au niveau des récoltes les conséquences seront forcément significatives : « Ça dépend des impacts sur les épis mais je pense qu’il y aura 30 à 40 % de perte. Ça dépend aussi de comment les épis évoluent parce que maintenant il n’y a plus de feuilles et les panicules ne sont que sorties il y a 3 semaines. Je pense que si le remplissage n’est pas complet, ça ne se rattrapera pas. »












