Élevage

Festival de l’élevage de Brumath

Une édition placée sous le signe des retrouvailles

Publié le 05/06/2022

Ces samedi et dimanche 21 et 22 mai a eu lieu la 40e édition du Festival de l’élevage à Brumath. Cet événement est le rendez-vous immanquable des passionnés d’agriculture, et plus particulièrement d’élevage. Reportées ces deux dernières années, les retrouvailles étaient attendues, tant pour le public et les exposants que pour le staff d’organisateurs.

Sous l’énorme chapiteau dressé à l’entrée, la journée de dimanche a commencé avec les concours bovins, d’abord montbéliard et simmental, pour finir avec les prim' holstein. Les élus ont ensuite inauguré la manifestation aux alentours de midi. Marc Schneider, président du Festival de l’élevage, raconte : « On sent que les gens ont envie et besoin de sortir pour se rendre à ce genre de manifestation. Venir voir les gros tracteurs, les vaches, les moutons, les chevaux, c’est l’occasion de vivre une belle sortie en famille. Le festival est un peu comme un « minisalon de l’agriculture », mais pas besoin de se déplacer jusqu’à la capitale. C’est une des plus grosses manifestations de l’année dans le Bas-Rhin pour l’élevage. Une bonne centaine de bénévoles sont mobilisés sur les deux jours de festivités, entre quarante et cinquante éleveurs sont présents. Nous apprécions particulièrement l’investissement des nombreux jeunes de moins de 18 ans, passionnés d’animaux et de concours », relève Marc Schneider. De petits incidents dus à des coups de vent ont pimenté l’organisation et piqué la réactivité du staff qui a dû rattraper les tonnelles et quelques stands envolés ici et là. Dimanche matin, tout était rentré dans l’ordre pour accueillir le public dans les meilleures conditions. Plus d'exposants et un site restructuré Laurent Clarys, chef du service Élevage à la Chambre d’agriculture, a noté un nombre d’animaux conséquent et une belle réponse de la part des professionnels, acteurs de la manifestation. « Le parc matériel a été revu à la hausse, tout le monde a répondu présent. » La tendance est donc à l’extension, le dynamisme général se fait ressentir sur le site, en témoigne la présence de nombreux jeunes passionnés qui essaiment entre les différents pôles. Le parcours a été repensé pour une circulation fluide dans les allées. À l’entrée, la première allée regroupe les institutions, comme la MSA, la Chambre d’agriculture Alsace, le Service de remplacement, les organismes bancaires, et bien d’autres encore. Juste à côté ont été placés les stands orientés vers les productions animales, comme Argiclean Véto. Basée à Wingersheim-les-Quatre-Bans, la représentante de la marque explique ses attentes du jour : « Venir au Festival de l’élevage, c’est l’occasion de rencontrer les clients et d’échanger avec eux. » Les deux chefs d’entreprises exposent leur produit phare : un soin local 100 % naturel, appliqué en cas de boiterie. « Nous sommes spécialistes dans la dermatite digitée (maladie de Mortellaro) et les limaces et, de façon plus globale, dans les problèmes de pieds chez le bovin. On cherche à soigner de manière préventive en essayant de prendre la boiterie au plus tôt, avant que le cas ne soit trop avancé. On vient ici depuis 2015, on se rend également sur d’autres foires, comme Poussey. On essaie d’être là pour les éleveurs. Nous sommes particulièrement contents d’être ici pour défendre notre produit fabriqué en France », témoigne la dirigeante de la société. Chaud, chaud ! Le plan d’eau et son cadre frais et verdoyant n’ont pas permis de contrer la chaleur parfois écrasante lors de cette journée. Un attroupement massif s’est formé autour des différentes buvettes et stands de restauration tout au long de la journée. Au menu, faux filet ou gigot d’agneau, sans oublier les traditionnelles grillades, accompagnés de frites servies par les bénévoles judicieusement dispatchés aux différents points chauds. Les exposants ont également cherché à se rafraîchir entre midi et deux. Au stand de Lely, Frédéric Guerriero, technico-commercial spécialiste des robots d’alimentation, s’exprime en attendant son collègue parti chercher des vivres. « Le site a évolué au fil des années. On aime particulièrement venir ici. En Alsace, il y a toujours du monde ! C’est l’occasion de croiser beaucoup de clients en une seule journée. Pour l’année 2022, on continue sur la lancée des robots de traite et d’alimentation et les aspirateurs à lisier. On fait en sorte de ne pas rater ce rendez-vous des éleveurs alsaciens qui répondent toujours présents lors de cette journée. Pour eux, on se doit d’être là », conclut-il. Avant de contempler les animaux et le ring de présentation où défilent les vaches des différentes races, les tracteurs et autres machines agricoles attirent la foule. Sur le stand de Niess Agriculture groupe Ackermann, le chef des ventes, Olivier Meintzer, souligne : « On sent que l’emplacement du parc matériel a été réfléchi. L’organisation de la journée et la structuration du site sont un point positif à mettre en évidence. Aujourd’hui, on vit notre première manifestation publique depuis la restructuration du groupe. Niess Agriculture a été racheté par le groupe Ackermann en février 2020, c’est intéressant pour les clients de mettre des visages sur un remaniement comme celui que notre entreprise a vécu. En discutant avec les clients, nous leur présentons les nouveautés. La marque Weidemann qui commercialise des valets de ferme et des chargeuses a fait son entrée dans la gamme de produits depuis le début d’année. On s’est également engagé avec le groupe Kuhn pour réfléchir à une collaboration autour du travail du sol. Ça aussi, c’est une grande première », termine-t-il.

Festival de l’élevage de Brumath

Le palmarès 2022

Publié le 03/06/2022

Journée de compétition ce dimanche 22 mai, au Festival de l’élevage de Brumath. Les éleveurs de races montbéliarde, prim’holstein et simmental ont eu l’occasion d’y faire défiler leurs plus belles bêtes, retour sur les grandes gagnantes de l’événement.

    Aller directement à race montbéliarde  Aller directement à race prim'holstein Aller directement à race simmental     RACE MONTBÉLIARDE SECTION I N°03 SCH SALOME (0765) appartenant à EARL Schoenel - WINTERSHOUSE N°04 SCH SCHYNE (0759) appartenant à EARL Schoenel - WINTERSHOUSE N°02 SAPHIR (2245) appartenant à SCL Goos - BLAESHEIM   RACE PRIM’HOLSTEIN SECTION 1 N°01 SHIVA (0067) appartenant à GAEC Losser – MUSSIG N°02 RIEDILL SOUCI (1104) appartenant à EARL Wollenburger – BINDERNHEIM N°07 SHIPIE (4943) appartenant à GAEC Thiebaut - CRAINCOURT N°06 SAVANE (2248) appartenant à SCL Goos - BLAESHEIM N°08 SOYEUSE (4481) appartenant à GAEC De la Mossig - WANGEN N°04 SCHWEPPES (1708) appartenant à GAEC Du Vieux Moulin - MULLER - HIRSCHLAND N°10 SAINTE T (2186) appartenant à EARL Des Troenes Sommier - BAUDRECOURT N°09 SARIETTE (1860) appartenant à EARL Oser Bernard – BIEDERTHAL   SECTION 2 N°18 SUPERCOCOT (0432) appartenant à GAEC De Wittelsheim - WITTELSHEIM N°16 SATINE (4461) appartenant à GAEC De la Mossig - WANGEN N°17 WiltCHICOUTIMI (0390) appartenant à GAEC Wilt- DACHSTEIN N°15 RIEDILL SVETA RED (1077) appartenant à EARL Wollenburger - BINDERNHEIM N°20 SERENI T (1133) appartenant à EARL Des Troenes Sommier - BAUDRECOURT N°19 SUPOR T (1134) appartenant à EARL Des Troenes Sommier - BAUDRECOURT N°11 SALINE (2025) appartenant à EARL Schoenel - WINTERSHOUSE N°12 SUZETTE (4855) appartenant à GAEC Du Vieux Moulin - MULLER - HIRSCHLAND   SECTION 3 N°24 WiltEGENIA (0381) appartenant à GAEC Wilt- DACHSTEIN N°29 WiltPAMPLUNE (0373) appartenant à GAEC Wilt- DACHSTEIN N°22 SWIP-UP (8102) appartenant à GAEC Thiebaut - CRAINCOURT N°21 SIDONIE (8104) appartenant à GAEC Thiebaut - CRAINCOURT N°23 MAYTIKA (3989) appartenant à EARL Rue - OSENBACH N°28 SOUPETTE (8616) appartenant à GAEC Malaitis - JEBSHEIM N°25 RED SAICULO T (1130) appartenant à EARL Des Troenes Sommier - BAUDRECOURT N°26 SALINE (4444) appartenant à GAEC De la Mossig - WANGEN   SECTION 4 N°34 SUNSHYNE (8097) appartenant à GAEC Thiebaut - CRAINCOURT N°31 MIDALI SHOW TIME (7496) appartenant à GAEC Butsch - RANSPACH-LE-HAUT N°36 Prinz ADYSTORM (5149) appartenant à EARL Prinz - HAUSGAUEN N°35 STELLA (0134) appartenant à GAEC De la Mossig - WANGEN N°39 SUPRISE (0126) appartenant à GAEC De la Mossig - WANGEN N°37 STAR (3222) appartenant à EARL De la marguerite - STOTZHEIM N°30 SUNSHINE (5016) appartenant à EARL Des Trois Chênes - DONNENHEIM N°32 SORAYA (3226) appartenant à EARL De la marguerite - STOTZHEIM   CHAMPIONNE JUNIOR GRANDE CHAMPIONNE JUNIOR : N° 24 WiltEGENIA (0381) appartenant à GAEC Wilt- DACHSTEIN Réserve : N° 01 Shiva (0067) appartenant à GAEC Losser – MUSSIG   SECTION 5 N°44 SOLINE (7197) appartenant à EARL Oser Bernard - BIEDERTHAL N°40 SOLIANE DU NEUHOF (1264) appartenant à EARL Elevage du Neuhof - MICHELBACH-LE-HAUT N°41 SPECIALE TH (2956) appartenant à GAEC Tilleul Holstein - TRAUBACH-LE-BAS N°49 SURPRISE (4161) appartenant à EARL De la colline - WENDLING - INGENHEIM N°51 SAGESSE (4013) appartenant à GAEC Tilleul Holstein - TRAUBACH-LE-BAS N°52 BEL-SUCRE (2303) appartenant à EARL Bellevue - BISEL N°48 SAMBA (3210) appartenant à EARL De la marguerite - STOTZHEIM N°43 SUZANNE (4165) appartenant à EARL De la colline - WENDLING - INGENHEIM   SECTION 6 N°56 SWEET D’OR DU NEUHOF (1250) appartenant à EARL Elevage du Neuhof - MICHELBACH-LE-HAUT N°58 SUPERBE (8662) appartenant à EARL De la colline - DAUENDORF N°55 WiltESMEE (0341) appartenant à GAEC Wilt- DACHSTEIN N°60 HMP AURORA DE L’EST (5411) appartenant à EARL DE L EST - LARGITZEN N°53 Prinz TELIA (5139) appartenant à EARL Prinz - HAUSGAUEN N°64 BHA AGORA RED (5066) appartenant à GAEC Wilt- DACHSTEIN N°61 SYMPHONIE (3978) appartenant à EARL Rue - OSENBACH N°57 SAMBA RED (4534) appartenant à SCL Goos - BLAESHEIM   SECTION 7 N°65 RIEDILL SEYCHELLES (2362) appartenant à EARL Wollenburger - BINDERNHEIM N°66 SENDREA (4530) appartenant à SCL Goos - BLAESHEIM N°78 RENZOLA (3078) appartenant à GAEC Losser - MUSSIG N°77 CMH ROAD66 DE L’EST (5055) appartenant à EARL DE L EST - LARGITZEN N°79 ROXIE (4961) appartenant à EARL Des Trois Chênes - DONNENHEIM N°69 SUNRISE (8609) appartenant à GAEC Malaitis - JEBSHEIM N°75 REGLISSE (4676) appartenant à EARL Schmitt petite prairie - RANSPACH-LE-HAUT N°76 RADIEUSE (5610) appartenant à GAEC Pfennig - ZUTZENDORF   SECTION 8 N°87 458 (0458) appartenant à GAEC De Wittelsheim - WITTELSHEIM N°81 MIDALI RITA (7407) appartenant à GAEC Butsch - RANSPACH-LE-HAUT N°03 HBL SUBLIMI (0419) appartenant à GAEC Thiebaut - CRAINCOURT N°88 ROXANA DU NEUHOF (3525) appartenant à EARL Elevage du Neuhof - MICHELBACH-LE-HAUT N°85 WiltANKARA P (0242) appartenant à SCL Goos - BLAESHEIM N°83 RIQUETTE (0069) appartenant à GAEC De la Mossig - WANGEN N°84 ROCKEUSE (4347) appartenant à GAEC Des sourcesW-M - LUPSTEIN N°80 BEL-RUCHE (7765) appartenant à EARL Bellevue – BISEL   CHAMPIONNE SENIOR : N° 44 SOLINE (7197) appartenant à EARL Oser Bernard - BIEDERTHAL Réserve : N° 87 458 (0458) appartenant à GAEC De Wittelsheim - WITTELSHEIM   GRANDE CHAMPIONNE GENISSE 2022 : N° 44 SOLINE (7197) appartenant à EARL Oser Bernard - BIEDERTHAL Réserve : N° 24 WiltEGENIA (0381) appartenant à GAEC Wilt- DACHSTEIN   RACE SIMMENTAL SECTION I - Génisses N°05 POLKA (9843) appartenant à GAEC Bernhard – WOERTH N°01 RECOLTE (1038) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG N°04 RAMEUSE (1009) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG   CHAMPIONNE GENISSES ET MEILLEURE BOUCHERE : N°05 POLKA (9843) appartenant à GAEC Bernhard – WOERTH   SECTION II – Vaches en 1ère lactation N°13 PAPAYE (9111) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG N°06 ROXY (6721) appartenant à GAEC De l’étang - MULHAUSEN N°09 POUPEE (9861) appartenant à GAEC Bernhard - WOERTH   MEILLEURE bouchère : N° 11 BELLA (8284) appartenant à EARL Engel - BUHL MEILLEURE MAMELLE : N° 13 PAPAYE (9111) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG   SECTION III - Vaches en 1ère lactation N°14 OBSTINEE (9609) appartenant à GAEC Bernhard – WOERTH N°17 ORPHEE (9596) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG N°15 ORCHIDEE (8773) appartenant à GAEC Fichter - UHRWILLER   MEILLEURE BOUCHERE : N° 14 OBSTINEE (9609) appartenant à GAEC Bernhard – WOERTH MEILLEURE MAMELLE : N° 17 ORPHEE (9596) appartenant à GAEC Cousandier – ROESCHWOOG   MEILLEURE MAMELLE JEUNE : N° 17 ORPHEE (9596) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG CHAMPIONNE JEUNE : N° 13 PAPAYE (9111) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG   SECTION IV - Vaches en 2ème et 3ème lactation N°23 NEGRITA (7365) appartenant à GAEC Fichter - UHRWILLER N°28 MELINDA (3820) appartenant à EARL Herzog – ETTENDORF N°26 MINI (3595) appartenant à EARL Engel - BUHL   MEILLEURE BOUCHERE : N° 25 MELODIE (7713) appartenant à EARL Engel - BUHL MEILLEURE MAMELLE : N° 22 MILKA (7513) appartenant à Mme CLAUDEPIERRE Marie-Cécile – LE BONHOMME   SECTION V – Vaches en 4ème lactation et + N°31 JAVA (8891) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG N°32 JALINA (7093) appartenant à EARL Herzog - ETTENDORF N°29 JINNA (3469) appartenant à EARL Herzog - ETTENDORF   MEILLEURE BOUCHERE : N° 31 JAVA (8891) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG MEILLEURE MAMELLE : N° 30 LAGUIOLE (6395) appartenant à GAEC Bernhard – WOERTH   MEILLEURE MAMELLE ADULTE : N° 22 MILKA (7513) appartenant à Mme CLAUDEPIERRE Marie-Cécile – LE BONHOMME CHAMPIONNE ADULTE : N° 31 JAVA (8891) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG CHAMPIONNE RESERVE ADULTE : N° 23 NEGRITA (7365) appartenant à GAEC Fichter - UHRWILLER   MEILLEURE BOUCHERE : N° 31 JAVA (8891) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG GRANDE CHAMPIONNE : N° 31 JAVA (8891) appartenant à GAEC Cousandier - ROESCHWOOG

Au Gaec du Vieux Moulin, à Hirschland

Happy Grass : une aide pour gérer le pâturage

Publié le 31/05/2022

À Hirschland, Marie-Noëlle et Jean-Jacques Muller font pâturer leurs laitières de longue date. Pour mieux gérer la ressource en herbe, ils utilisent l’application Happy Grass, pour la deuxième année consécutive.

Marie-Noëlle et Jean-Jacques Muller, les deux associés du Gaec du Vieux Moulin, exploitent 180 ha de SAU, dont 99 ha de cultures et 5 ha de prairies temporaires. Le reste est constitué de prairies naturelles. La surface a récemment augmenté de 51 ha, suite à la reprise de terres d’un voisin agriculteur parti à la retraite. Avec 140 vaches laitières, le couple produit 1,15 million de litres de lait, collectés par la laiterie Unicoolait. « Ici, on a toujours pâturé », souligne Marie-Noëlle Muller. Même si l’orientation de l’exploitation est plutôt intensive - les surfaces étaient plus limitées, lorsque Jean-Jacques s’est installé, en 2003 -, les vaches ont toujours pâturé les parcelles situées à proximité de l’étable. Depuis trois ans, compte tenu de la taille du troupeau, celui-ci a été séparé en deux lots, dont un seul continue à pâturer. C’est le niveau de production et le stade de gestation qui détermine l’intégration, dans un lot ou dans l’autre : dans le premier lot, qui ne pâture pas, sont rassemblées les vaches dont le niveau de production est supérieur à 28 l/jour et celles qui ne sont pas encore confirmées pleines ; dans le deuxième lot, qui pâture, se trouvent les autres vaches. Le premier lot reçoit une ration équilibrée à 30-32 l et est complémenté au Dac, tandis que le deuxième reçoit une ration à 24 l, sans complémentation. Cette séparation en deux lots simplifie la conduite de l’alimentation et de la reproduction. Pour pouvoir faire des projections sur la quantité d’herbe disponible, le couple d’éleveur utilise l’application Happy Grass, pour la deuxième saison consécutive. Cet outil permet, à partir des mesures de pousse d’herbe, de prévoir le stock d’herbe sur pied, dans les semaines à venir. C’est en fonction de ces prévisions qu’est prise la décision d’intégrer une parcelle dans le circuit de pâturage ou pas. Dans le cas du Gaec du Vieux Moulin, les projections sont facilitées par le fait que l’exploitation fait partie du réseau de mesure de la pousse de l’herbe mis en place par le groupe fourrage de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA). La pousse est mesurée, chaque semaine, à l’aide d’un herbomètre. Ne pas se faire déborder En matière de pâturage, les années se suivent mais ne se ressemblent pas : une année pluvieuse, comme 2021, la pousse de l’herbe est telle qu’il faut veiller à ne pas se faire déborder. « L’an dernier, on a pâturé, jour et nuit, du 20 juin au 23 septembre, car il y avait de l’herbe disponible », expose Marie-Noëlle. Durant cette période, la pâture représentait 50 à 60 % de la ration, contre 40 à 50 % d’habitude. « On a commencé à quarante vaches, puis on est passé à cinquante vaches, pour tenir compte de la pousse de l’herbe », complète Philippe Le Stanguennec, conseiller à la CAA, qui suit le troupeau du Gaec du Vieux Moulin. Huit génisses pleines sont passées après les vaches pour nettoyer les refus à partir du 20 juin, ce qui a permis de limiter la fauche des refus. Cette année, le contexte météorologique est différent : le coup de froid de début avril, suivi d’inondations, a obligé Marie-Noëlle et son mari à sortir les vaches plus tard que d’habitude, soit le 12 avril. « Du coup, on a tout de suite sorti cinquante vaches et on les a fait pâturer au fil, pour éviter de gaspiller de l’herbe. Pour le moment, elles ne pâturent que le jour mais si le temps devient très chaud, elles pâtureront la nuit et rentreront à l’étable, en journée. » Seulement trois paddocks avaient été pâturés au 16 mai, soit l’équivalent de 3,5 ha. « Les vaches ont mis 25 jours à pâturer les trois paddocks. Selon l’application, il était temps de revenir sur le premier. Les mesures indiquaient entre 9 et 12 cm, ce qui est une bonne hauteur de retour », indique le conseiller en élevage qui pensait initialement intégrer 5 ha de plus au pâturage. Ces 5 ha ont donc été ensilés le 10 mai et les vaches sont revenues aux parcelles déjà pâturées une première fois. « On refera le point, début juin, pour voir si on a besoin de ces 5 ha ou si on les refauche », indique Philippe Le Stanguennec, qui a la possibilité de réaliser des simulations pessimistes ou optimistes, quant à la pousse de l’herbe. « En général, on fait des prévisions sur deux pas de quinze jours. Au-delà de quatre semaines, c’est trop aléatoire. » Quelles que soient les prévisions permises par l’outil, l’échange entre le conseiller et les éleveurs reste indispensable, pour arbitrer. « Pas mal pour des prairies naturelles » Au-delà de la gestion des pâturages, Happy Grass sert aussi de carnet de pâturage : il suffit d’enregistrer les dates d’entrée et de sortie de la pâture. Cette fonction est particulièrement utile aux éleveurs qui respectent un cahier des charges avec un nombre minimum de jours de pâturage, comme ceux qui produisent du lait de prairie. Une fonction cartographie permet de visualiser les différentes parcelles pâturées. Happy Grass offre aussi la possibilité de réaliser un bilan de fin d’année, qui reprend les différentes informations de la campagne : surface pâturée par vache, part de la pâture dans l’alimentation, proportion pâture/fauche, dans chaque parcelle. Ce bilan contribue à valider les choix et à envisager des adaptations pour la campagne à venir. À la ferme du Vieux Moulin, on observe ainsi qu’en 2021, les prairies pâturées ont fourni en moyenne 7 t d’herbe/ha, ce qui est « pas mal pour des prairies naturelles. Même sur les parcelles qui n’ont été que pâturées, on est entre 6 et 7 t/ha, ce qui traduit une bonne valorisation », juge Philippe Le Stanguennec.

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