Élevage

Publié le 22/04/2022

Les adhérents du Club Holstein 68 se sont retrouvés en assemblée générale le 6 avril à Hagenthal-le-Haut. Une réunion marquée par l’intervention de l’institut de l’élevage qui a cherché à ouvrir le débat : réduire son empreinte carbone, est-ce une menace ou une opportunité pour la production laitière ?

Ce sujet complexe a été présenté par Léa Drosne basée à l’institut de l’élevage à Laxou près de Nancy. Elle a tout d’abord rappelé la réalité du changement climatique. Nous y participons tous. À commencer par les transports. Mais l’agriculture en général et l’élevage en particulier, contribuent également à cette situation. « L’agriculture est aussi la première victime de cette situation. On observe déjà une stagnation du rendement du blé en France et une pousse d’herbe qui est perturbée », explique Léa Drosne. Elle a rappelé ce qu’était l’outil d’évaluation et d’appui technique CAP’2ER (calcul automatisé des performances environnementales en élevage de ruminants). Il a été développé par les filières d’élevages de ruminants. Il a pour objectif d’évaluer les impacts environnementaux à l’échelle d’une exploitation d’élevage de ruminants et par atelier (bovin lait, bovin viande, ovin viande). « CAP’2ER vise à notamment à sensibiliser les éleveurs et les conseillers à la prise en compte des enjeux environnementaux (positifs et négatifs) mais également économiques et sociaux, à évaluer l’empreinte environnementale des produits des élevages de ruminants (lait, viande), à situer les exploitations par rapport à des références ou à un groupe d’exploitations, et créer un observatoire national. L’idée est de faire le lien entre les performances environnementales, techniques et économiques, et d’identifier les marges de progrès. Il s’agit aussi de mettre en place des actions pour améliorer l’empreinte environnementale des exploitations tout en assurant leur pérennité », ajoute Léa Drosne. CAP’2ER se veut un outil pédagogique à destination du grand public, des étudiants, des éleveurs et des conseillers. Son objectif est de les sensibiliser et de réaliser avec eux une première évaluation rapide de leurs performances environnementales. Le second axe est ensuite d’agir en réalisant une évaluation de l’empreinte environnementale et d’identifier des marges de progrès pour ensuite construire des plans d’actions. « Nous avons tous intérêt à y participer car nous sommes tous acteurs et victimes de l’empreinte carbone que nous apportons au quotidien. Nos vies et notre travail sont au cœur de cette réalité. Nous vous incitons à vous engager dans le label bas carbone. Ce dernier accompagne tous les exploitants souhaitant mettre en place des méthodes qui permettront de diminuer les émissions de gaz à effet de serre ou de séquestrer du carbone. Il s’agit du premier cadre de certification climatique volontaire en France, il s’insère dans la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) », précise Léa Drosne qui a répondu à toutes les interrogations des éleveurs présents. Un débat montrant une réelle inquiétude sur ce sujet d’actualité. Un cheptel de qualité Auparavant, le Club Holstein a fait le bilan de ses activités. Il compte 49 adhérents pour 3 059 vaches. Si le département reste limité dans sa représentation au niveau du Grand Est, le cheptel est de qualité avec une production au-dessus de la moyenne nationale (9 660 kg), des taux pertinents et un âge de vêlage à 30 mois. Dans toute la région, le nombre des élevages est en baisse alors que l’effectif moyen par élevage est lui en hausse. Tout comme la production de lait. Pour les primipares, l’effectif moyen reste stable alors que le lait a gagné 135 kg en un an et que l’âge au premier vêlage continue de diminuer : 29,1 dans le Haut-Rhin. Cinq vaches dépassent les 100 000 kg de lait : Sissia de l’EARL Prinz à Hausgauen (131 910 kg), 3 049 du Gaec Karrer à Ranspach-le-Bas (118 134 kg), Cibella de l’EARL des Verreries à Lucelle (114 785 kg), HMP Enola de l’EARL de l’Est à Largitzen (108 719 kg) et 9 728 du Gaec Karrer à Ranspach-le-Bas (100 672 kg). D’autres vaches sont sorties avec cette production en 2021. Les éleveurs poursuivent leur travail qualitatif. Ils ont pu en faire la démonstration lors des dernières éditions d’Agrimax à Metz et au Salon international de l’agriculture à Paris. Ils le font alors que le plan d’éradication de la BDV (Diarrhée Virale bovine) est en cours. Il restait encore trois cheptels en Alsace avec des résultats positifs en 2021. On arrive actuellement à la fin de phase de bouclage des animaux et au début de la phase sérologique (dépistage). Ces derniers sont actuellement concluants dans deux tiers des cas. Le président du Club Holstein 68, Yves Ritzenthaler, a ensuite invité les adhérents à visiter l’EARL des Sources à Hagenthal-le-Haut d’Éric et Joël Klein.

Syndicat de la race simmental française d’Alsace

Valoriser la mixité de la race

Publié le 21/04/2022

Cette année, l’assemblée générale du syndicat de la race simmental française d’Alsace était axée sur les aptitudes bouchères de cette race mixte. En effet, des opportunités résultent de l’envolée des prix de la viande.

Les prix s’envolent de toutes parts. L’épidémie de Covid-19 avait déjà entraîné une hausse des prix des matières premières, mais « sans commune mesure avec ce qu’on connaît actuellement », indique Frédéric Bernhard, président du syndicat. En parallèle, le prix du lait enregistre lui aussi une légère hausse, mais « qui ne couvre pas celle du prix des matières premières ». Les prix de la viande, eux, enregistrent des hausses telles que « nous n’avons jamais connu des prix aussi élevés », rapporte Frédéric Bernhard. C’est certes une bonne nouvelle pour les éleveurs, qui sont plutôt habitués aux prix bas, mais c’est aussi un signal à prendre avec précaution, car il signe « un marché déréglé, en proie à la spéculation, où tout peut donc se retourner très vite ». Des opportunités dans un contexte de cours des bovins bien orientés Romain Gerussi, responsable de Comptoir élevage, a détaillé les tenants et les aboutissants de cette conjoncture peu commune. « En mars 2020, à cause de l’épidémie de Covid-19, nous avions du retard dans les enlèvements, car des animaux étaient refusés à l’abattoir. Il y avait donc des animaux en stock dans les fermes. Aujourd’hui, c’est le contraire, les abattoirs cherchent des animaux, pour faire tourner leurs outils de production, ce qui fait que nous pouvons placer des hausses de prix. » Autre élément qui rentre en compte, l’évolution des modes de consommation en faveur de la viande hachée. « C’est un débouché important, qui a permis de redonner de la valeur aux animaux, et de passer des hausses de prix », commente Romain Gerussi. Si l’année 2021 a commencé « normalement », le prix de la viande a augmenté de semaines en semaines en fin d’année, sous l’effet de l’érosion du cheptel laitier, que le cheptel allaitant ne parvient désormais plus à compenser. « La tendance est la même partout, notamment en Allemagne. Le marché bouge et on ne se sait pas où ça va s’arrêter ». Et comme en parallèle le coût des matières premières augmente, il devient compliqué de déterminer où placer le curseur pour fixer les prix dans le cadre d’Egalim ! En tout cas, pour les éleveurs de simmental, la production de viande peut constituer un revenu complémentaire. « Vos animaux ont du poids. Ils sont bien conformés. Ce sont de bons produits pour les abatteurs. Notamment les vaches de réforme quand elles sont bien terminées et un peu grasse. Si vous avez la possibilité de les amener à une note d’engraissement de 3, il y aura une plus-value », indique Romain Gerussi. Autre créneau porteur : l’engraissement de jeunes bovins de races laitières ou mixtes. En effet, les abatteurs en recherchent pour remplacer les vaches laitières destinées à la production de viande hachée. « Cela peut être une source de revenu complémentaire à la production laitière », souligne Romain Gerussi. Des nouveaux taureaux sur le marché Pour profiter au mieux de la double aptitude lait/viande de la race, Frédéric Bernhard a encouragé les éleveurs à continuer à faire génotyper leurs animaux. « Grâce au single step, nous avons accès à des indices beaucoup plus fiables, ce qui permet de mieux gérer les accouplements, les tares, la consanguinité. D’autant que les prix sont maintenus, à hauteur de 30 €/animal ». Francis Michel, technicien à Elitest, a quant à lui présenté quelques taureaux utilisables cette année. Dont des taureaux confirmés, qui ont des filles, comme Lézard, dont le niveau de production est intéressant, ou encore Livre, qui pêche par son niveau de TB. La gamme s’enrichit aussi de nouveaux taureaux issus de la génomique, comme le bien nommé Séduisant, qui combine « un TB intéressant, une morphologie sans défaut particulier, et des naissances faciles ». Ravel présente aussi pas mal d’atouts, mais confère une vitesse de traite assez lente à ses filles. « Or cela devient de plus en plus rédhibitoire car les troupeaux grandissent, mais pas le nombre d’éleveurs. Il s’agit donc d’un critère de sélection sur lequel il va falloir être vigilant », a souligné Francis Michel. Réglisse est un taureau qui pêche par le TB, mais qui est à la fois très laitier et musclé. Spirou se démarque par sa facilité d’utilisation et un TB positif. Rêve est « positif partout sauf en vitesse de traite », apprécie Francis Michel, qui ajoute que, pour ne rien gâcher, Rêve est « un enfant du pays », puisqu’il est né dans l’élevage Bernhard à Woerth. À noter aussi qu’au mois de juin, l’offre viendra s’étoffer avec des taureaux étrangers. Sophie Weidmann, du service élevage de la Chambre d’agriculture Alsace, a commenté les chiffres issus des bilans de campagne 2021 pour la dizaine d’élevages qui comportent au moins 80 % d’animaux en race simmental. Deux grandes tendances s’en dégagent : une baisse du volume de lait produit ainsi que des taux, mais une amélioration des cellules. Du côté des primipares, l’âge au premier vêlage diminue, « ce qui va dans le bon sens », notamment pour réduire l’empreinte carbone des élevages. Frédéric Bernhard a conclu cette assemblée générale en mentionnant quelques belles performances. Le Gaec Cousandier, avec Destiné et ses 95 881 kg de lait en 10 lactations remporte la meilleure carrière. Les meilleures lactations terminées en 2021 sont remportées par Lentille et Infinie, deux vaches du Gaec Bernhard. Les meilleures premières lactations sont remportées par Nature et Naomie, deux vaches du Gaec de la Source à Wickersheim, un élevage qui a été visité à l’issue de cette assemblée générale.

Assemblée générale du syndicat de la race montbéliarde

« La montbéliarde n’a rien à envier à la prim’holstein »

Publié le 21/04/2022

L’assemblée générale du syndicat de la race montbéliarde a été l’occasion, après deux années d’interruption, de faire le point sur la situation sanitaire, les évolutions en matière de génétique, et de performance du troupeau.

Deux ans après leur dernière réunion, qui s’était tenue juste avant le premier confinement lié à l’épidémie de Covid-19, les éleveurs de montbéliardes se sont retrouvés en assemblée générale le 18 mars dans les locaux d’Elitest à Brumath. Avec « un peu de mal à remotiver les troupes », a constaté Jean-Marie Schoenel, président du syndicat, puisque les éleveurs présents se comptaient sur le doigt d’une main. « Actuellement, les prix du lait ne correspondent plus aux charges, qui s’envolent, que ce soit le carburant, les tourteaux… Alors que les autres corps de métier peuvent répercuter des hausses de charges sur leurs prix de vente, pour les agriculteurs, c’est différent », a regretté Jean-Marie Schoenel. Les éleveurs ont profité d’être en petit comité pour évoquer leurs difficultés. Elles sont à la fois conjoncturelles, comme une hausse significative des naissances prématurées, un phénomène que rapportent aussi les éleveurs ovins, et qui entraîne des complications dans la conduite d’élevage. En effet, les vêlages sont certes faciles, mais les veaux sont petits, et les vaches, qui n’étaient pas prêtes à vêler, donnent peu de lait. Sans pouvoir expliquer à ce jour ce phénomène, Sophie Weidmann, responsable du service élevage de la Chambre d’agriculture Alsace, a conseillé d’anticiper les tarissements, pour avoir des vaches en état de vêler plus tôt. Les difficultés des éleveurs sont aussi structurelles, avec les difficultés à transmettre les exploitations, notamment les élevages, qui entraînent l’érosion du nombre d’éleveurs. Ils évoquent aussi le plan bâtiment qu’ils jugent « inadapté ». Ou encore le manque de vétérinaires ruraux. « Est-ce que des assistants vétérinaires ne pourraient pas assurer une partie de la charge de travail ? », s’interroge un éleveur. Cela ne manquerait pas d’entraîner des polémiques au niveau de l’ordre des vétérinaires, de leurs syndicats, répond Céline Zuber, directrice du Groupement de défense sanitaire (GDS) Alsace, qui a fait un point sur la BVD (lire en encadré), et procédé à quelques annonces. Le GDS propose régulièrement des formations. Il y en aura cette année encore, notamment sur la gestion des antibiotiques en élevage laitier, ainsi que sur le bien-être des veaux et la gestion de la douleur lors de l’ébourgeonnage. Avec les GDS des Vosges et de Moselle, le GDS Alsace a ouvert un compte Facebook qui doit permettre de diffuser des informations plus rapidement. « L’objectif est aussi de proposer des formats accessibles à tous les éleveurs, y compris les plus jeunes, par exemple avec des vidéos courtes », indique Céline Zuber. Augmentation du lait brut José Esteves, technicien en élevage laitier à la Chambre d’agriculture Alsace, a présenté les résultats annuels de la race pour 2020, tenant tout d’abord à féliciter Jean-Marie Schoenel pour les très bons résultats que le CAT du Sonnenhof, aujourd’hui dissous, a obtenu durant de longues années. Si Jean-Marie Schoenel reste salarié de la fondation du Sonnenhof, le troupeau, à la génétique régulièrement primée lors des concours de la race, a été vendu à différents éleveurs. À 30,1 % de primipares, les élevages bas-rhinois se situent à un niveau « assez élevé », qu’il s’agirait de diminuer un peu en « faisant moins de génisses ». Dans le Bas-Rhin, le lait brut a augmenté de quelque 300 kg, passant de 7 281 à 7 595 kg. Un « bon résultat ». Le TB reste stable, à 40,3, mais le TP diminue un peu. Il se situe à 34,3, peut-être un effet de la qualité médiocre des fourrages de cette année-là, qui pourrait peut-être aussi expliquer la dégradation en cellules. L’intervalle vêlage-vêlage se situe à 416 jours, soit une hausse de huit jours par rapport à l’année dernière. L’âge au vêlage baisse, passant de 42 à 36,1 mois, un bon point mais qui pourrait encore être amélioré. En effet, « plus les génisses vêlent tard, plus elles sont grasses et moins bonne est leur longévité ». En conclusion, Jean-Marie Schoenel a rappelé que la montbéliarde est la deuxième race de France en termes d’effectifs. « Au niveau national, une vache sur cinq au contrôle laitier est une montbéliarde ». Et pour cause : « La montbéliarde n’a rien à envier à la prim’holstein », assure Jean-Marie Schoenel. Une affirmation qu’il étaie en exposant les performances de l’EARL Reinhardt à Menchhoffen qui, avec un effectif de 71 VL, frôle les 10 000 kg de lait à 7 %, à 9 935 kg très exactement.

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