Élevage

Groupement de défense sanitaire des animaux d’Alsace

Les adieux émouvants de Patrick Bastian

Publié le 25/04/2022

Patrick Bastian s’est retiré de la présidence il y a plus d’un an. Mais la crise sanitaire a empêché la tenue d’une cérémonie digne de ce nom et les responsables du GDS Alsace ont préféré attendre l’assemblée générale du 5 avril à Zehnacker, sur ses terres, pour lui rendre hommage. Les responsables agricoles alsaciens se sont succédé au micro pour dresser son portrait.

« J’ai le plaisir de connaître Patrick depuis très, très longtemps, a souligné Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace. Dans notre jeunesse, nous nous sommes côtoyés dans les fêtes agricoles, puis au lycée agricole. Par la suite, il a pris de nombreuses responsabilités, comme président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, comme membre de la Chambre d’agriculture et comme maire de Zehnacker, où son empreinte est visible partout. » Il a succédé à Jean-Paul Bastian à la présidence du GDS du Bas-Rhin où il a travaillé à la mise en place du GDS Alsace. Il s’est également impliqué au sein de la coopérative Unicoolait. « Nous avons véritablement commencé à travailler ensemble à la FDSEA du Bas-Rhin. Quelques adjectifs me viennent en tête : conviction, sens de l’organisation - avec quelques manifestations mémorables -, soutien sans limite, confiance réciproque. » Au nom de l’ensemble de la profession, il a remercié Patrick Bastian pour tous les services rendus à l’agriculture, tout le temps qu’il y a consacré. « Merci Patrick ! Merci pour ton franc-parler, tes conseils avisés, a renchéri Denis Nass, président de la Chambre d’agriculture. Combien de manifestations nous avons faites ensemble ! Dans toutes tes fonctions, tu as montré que tu avais des convictions et tu n’as jamais eu peur de les exprimer. » Denis Nass se souvient de réunions parfois houleuses à la Chambre d’agriculture : « Tu tapais sur la table lorsque tu n’étais pas d’accord, tu ne lâchais rien. Merci pour ton engagement au service de l’élevage et de l’agriculture du Grand Est. » En décembre 2015, Patrick Bastian a été élu au Conseil régional du Grand Est, où il s’est investi à fond dans les dossiers agricoles. Laurent Wendlinger, qui a pris sa suite à la Région, a salué l’action de son prédécesseur. « Il a une multitude de qualités. Lorsqu’il s’attaque à un dossier, il l’analyse et va au fond des choses. Il sait s’entourer de gens compétents et prendre la température du terrain avant de se positionner. Il n’agit pas sur une impulsion, il a une vision sur le moyen et le long terme. Aujourd’hui, nous fêtons son départ du GDS, mais il a encore beaucoup de choses à nous apporter. Ensemble, nous continuerons à rouler pour l’agriculture alsacienne et celle du Grand Est. » « Avec Patrick, 1 + 1, cela fait toujours 2 » « Avec Patrick, 1 + 1, cela fait toujours 2, a affirmé Pascal Martens, premier vice-président de GDS France. « Nous nous sommes vus pour la première fois à Eurosanitaire, dans les années 1995. À l’époque, à GDS France, c’était les deux plus jeunes qui remplissaient le rôle de scrutateurs. Nous avons fait des tournées dans toute la France ! » « Lorsque Patrick Bastian m’a annoncé qu’il quittait la présidence du GDS Alsace, je lui ai demandé de trouver quelqu’un qui s’engage », a déclaré Céline Zuber, directrice du GDS Alsace. C’est Frédéric Bernhard qui a pris le relais. « Vous êtes un homme qui compte dans la famille des GDS et un homme sur qui on peut compter. » « Tu as assuré la présidence du GDS pendant 27 ans, du Bas-Rhin d’abord, puis d’Alsace, a indiqué Frédéric Bernhard. Tu es entré au conseil d’administration en 1988, année de ton installation. À cette époque, il y avait de nombreux cas de brucellose, de leucose, de tuberculose, maladies pratiquement éradiquées aujourd’hui. C’était la base des actions sanitaires collectives. En 1993, tu as pris la présidence du GDS du Bas-Rhin à la suite de Jean-Paul Bastian, avec un directeur très fidèle, Éric Oesterlé, avec qui tu as travaillé durant 26 ans. » Le premier challenge qu’a relevé Patrick Bastian est la mise en place de la caisse fièvre aphteuse, qui a servi de base aux fonds FMS et FMGDS. C’était aussi le début de l’éradication du varron. « En cinq ans, l’Alsace a été déclarée zone assainie en varron. » D’une crise à l’autre S’occuper du sanitaire, c’est aussi vivre des crises, la plus marquante pour l’élevage étant celle de la vache folle. En Alsace, le premier cas est apparu en 2001. « Tu as milité pour l’abattage collectif pour limiter l’impact financier et atténuer le traumatisme psychologique. » Pour redorer le blason de l’agriculture, la charte des bonnes pratiques, une démarche commune à la filière lait et viande, a été mise en place. Les GDS en ont coordonné le déploiement dans la région. Dans les années 2000, d’autres programmes ont été lancés, notamment la certification IBR. « Quelques années plus tard, nous avons découvert la fièvre catarrhale ovine, le Grand Est étant la première région touchée, avec par la suite une vaccination obligatoire. » En 2013, le GDS devant être reconnu comme organisme à vocation sanitaire, les deux GDS alsaciens ont décidé de fusionner. « Le GDS Alsace voit le jour le 1er octobre 2014, un chantier important dont tu as été le constructeur. » L’année 2016 marque le lancement de l’éradication de la BVD, « un projet ambitieux pour lequel tu es allé chercher des financements. La Moselle était en avance sur ce dossier, nous lui avons emboîté le pas. Nous n’avions pas le droit à l’échec, vu les sommes en jeu… » S’investir dans le GDS aussi longtemps, c’est adhérer à une philosophie : « L’action sanitaire doit être collective et mutualisée », estime Frédéric Bernhard. Cri du cœur de Patrick Bastian : « C’était un bonheur de présider le GDS durant toutes ces années ! » Un bonheur, aussi, de vivre sa dernière assemblée générale dans sa commune, dont il est membre du conseil municipal depuis 1983 et maire depuis 2001. « C’est pour moi une grande fierté d’avoir pu moderniser mon village. » Son seul regret : qu’il ne reste plus que deux paysans à Zehnacker… Depuis son adolescence Patrick Bastian est tombé dedans quand était petit. « Mon père devait collecter les cotisations du GDS, mais en fait, c’est moi qui m’en occupais. » C’est grâce aux JA qu’il est entré au GDS. Un beau jour, Jean-Paul Bastian lui a annoncé qu’il se retirait de la présidence et lui a proposé de lui succéder. C’était en 1993. « Je suis arrivé à GDS France dès l’année suivante. C’était une formation exceptionnelle ! » Il se souvient de son premier congrès national à Mâcon, où il était chargé de retracer l’histoire du GDS, créé par un ministre alsacien, Pierre Pflimlin. Certains souvenirs restent profondément gravés dans sa mémoire, comme l’abattage total de troupeaux, que ce soit à cause de la brucellose ou plus tard de la maladie de la vache folle. Un drame, à chaque fois ! Par la suite, d’autres maladies ont fait leur apparition, comme la FCO. Après avoir remercié les membres de sa famille pour leur soutien, Patrick Bastian a eu une pensée émue pour tous ceux qu’il a côtoyés durant toutes ces années au GDS, au niveau régional et national, ainsi que dans les milieux vétérinaires.

Publié le 22/04/2022

Les adhérents du Club Holstein 68 se sont retrouvés en assemblée générale le 6 avril à Hagenthal-le-Haut. Une réunion marquée par l’intervention de l’institut de l’élevage qui a cherché à ouvrir le débat : réduire son empreinte carbone, est-ce une menace ou une opportunité pour la production laitière ?

Ce sujet complexe a été présenté par Léa Drosne basée à l’institut de l’élevage à Laxou près de Nancy. Elle a tout d’abord rappelé la réalité du changement climatique. Nous y participons tous. À commencer par les transports. Mais l’agriculture en général et l’élevage en particulier, contribuent également à cette situation. « L’agriculture est aussi la première victime de cette situation. On observe déjà une stagnation du rendement du blé en France et une pousse d’herbe qui est perturbée », explique Léa Drosne. Elle a rappelé ce qu’était l’outil d’évaluation et d’appui technique CAP’2ER (calcul automatisé des performances environnementales en élevage de ruminants). Il a été développé par les filières d’élevages de ruminants. Il a pour objectif d’évaluer les impacts environnementaux à l’échelle d’une exploitation d’élevage de ruminants et par atelier (bovin lait, bovin viande, ovin viande). « CAP’2ER vise à notamment à sensibiliser les éleveurs et les conseillers à la prise en compte des enjeux environnementaux (positifs et négatifs) mais également économiques et sociaux, à évaluer l’empreinte environnementale des produits des élevages de ruminants (lait, viande), à situer les exploitations par rapport à des références ou à un groupe d’exploitations, et créer un observatoire national. L’idée est de faire le lien entre les performances environnementales, techniques et économiques, et d’identifier les marges de progrès. Il s’agit aussi de mettre en place des actions pour améliorer l’empreinte environnementale des exploitations tout en assurant leur pérennité », ajoute Léa Drosne. CAP’2ER se veut un outil pédagogique à destination du grand public, des étudiants, des éleveurs et des conseillers. Son objectif est de les sensibiliser et de réaliser avec eux une première évaluation rapide de leurs performances environnementales. Le second axe est ensuite d’agir en réalisant une évaluation de l’empreinte environnementale et d’identifier des marges de progrès pour ensuite construire des plans d’actions. « Nous avons tous intérêt à y participer car nous sommes tous acteurs et victimes de l’empreinte carbone que nous apportons au quotidien. Nos vies et notre travail sont au cœur de cette réalité. Nous vous incitons à vous engager dans le label bas carbone. Ce dernier accompagne tous les exploitants souhaitant mettre en place des méthodes qui permettront de diminuer les émissions de gaz à effet de serre ou de séquestrer du carbone. Il s’agit du premier cadre de certification climatique volontaire en France, il s’insère dans la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) », précise Léa Drosne qui a répondu à toutes les interrogations des éleveurs présents. Un débat montrant une réelle inquiétude sur ce sujet d’actualité. Un cheptel de qualité Auparavant, le Club Holstein a fait le bilan de ses activités. Il compte 49 adhérents pour 3 059 vaches. Si le département reste limité dans sa représentation au niveau du Grand Est, le cheptel est de qualité avec une production au-dessus de la moyenne nationale (9 660 kg), des taux pertinents et un âge de vêlage à 30 mois. Dans toute la région, le nombre des élevages est en baisse alors que l’effectif moyen par élevage est lui en hausse. Tout comme la production de lait. Pour les primipares, l’effectif moyen reste stable alors que le lait a gagné 135 kg en un an et que l’âge au premier vêlage continue de diminuer : 29,1 dans le Haut-Rhin. Cinq vaches dépassent les 100 000 kg de lait : Sissia de l’EARL Prinz à Hausgauen (131 910 kg), 3 049 du Gaec Karrer à Ranspach-le-Bas (118 134 kg), Cibella de l’EARL des Verreries à Lucelle (114 785 kg), HMP Enola de l’EARL de l’Est à Largitzen (108 719 kg) et 9 728 du Gaec Karrer à Ranspach-le-Bas (100 672 kg). D’autres vaches sont sorties avec cette production en 2021. Les éleveurs poursuivent leur travail qualitatif. Ils ont pu en faire la démonstration lors des dernières éditions d’Agrimax à Metz et au Salon international de l’agriculture à Paris. Ils le font alors que le plan d’éradication de la BDV (Diarrhée Virale bovine) est en cours. Il restait encore trois cheptels en Alsace avec des résultats positifs en 2021. On arrive actuellement à la fin de phase de bouclage des animaux et au début de la phase sérologique (dépistage). Ces derniers sont actuellement concluants dans deux tiers des cas. Le président du Club Holstein 68, Yves Ritzenthaler, a ensuite invité les adhérents à visiter l’EARL des Sources à Hagenthal-le-Haut d’Éric et Joël Klein.

Syndicat de la race simmental française d’Alsace

Valoriser la mixité de la race

Publié le 21/04/2022

Cette année, l’assemblée générale du syndicat de la race simmental française d’Alsace était axée sur les aptitudes bouchères de cette race mixte. En effet, des opportunités résultent de l’envolée des prix de la viande.

Les prix s’envolent de toutes parts. L’épidémie de Covid-19 avait déjà entraîné une hausse des prix des matières premières, mais « sans commune mesure avec ce qu’on connaît actuellement », indique Frédéric Bernhard, président du syndicat. En parallèle, le prix du lait enregistre lui aussi une légère hausse, mais « qui ne couvre pas celle du prix des matières premières ». Les prix de la viande, eux, enregistrent des hausses telles que « nous n’avons jamais connu des prix aussi élevés », rapporte Frédéric Bernhard. C’est certes une bonne nouvelle pour les éleveurs, qui sont plutôt habitués aux prix bas, mais c’est aussi un signal à prendre avec précaution, car il signe « un marché déréglé, en proie à la spéculation, où tout peut donc se retourner très vite ». Des opportunités dans un contexte de cours des bovins bien orientés Romain Gerussi, responsable de Comptoir élevage, a détaillé les tenants et les aboutissants de cette conjoncture peu commune. « En mars 2020, à cause de l’épidémie de Covid-19, nous avions du retard dans les enlèvements, car des animaux étaient refusés à l’abattoir. Il y avait donc des animaux en stock dans les fermes. Aujourd’hui, c’est le contraire, les abattoirs cherchent des animaux, pour faire tourner leurs outils de production, ce qui fait que nous pouvons placer des hausses de prix. » Autre élément qui rentre en compte, l’évolution des modes de consommation en faveur de la viande hachée. « C’est un débouché important, qui a permis de redonner de la valeur aux animaux, et de passer des hausses de prix », commente Romain Gerussi. Si l’année 2021 a commencé « normalement », le prix de la viande a augmenté de semaines en semaines en fin d’année, sous l’effet de l’érosion du cheptel laitier, que le cheptel allaitant ne parvient désormais plus à compenser. « La tendance est la même partout, notamment en Allemagne. Le marché bouge et on ne se sait pas où ça va s’arrêter ». Et comme en parallèle le coût des matières premières augmente, il devient compliqué de déterminer où placer le curseur pour fixer les prix dans le cadre d’Egalim ! En tout cas, pour les éleveurs de simmental, la production de viande peut constituer un revenu complémentaire. « Vos animaux ont du poids. Ils sont bien conformés. Ce sont de bons produits pour les abatteurs. Notamment les vaches de réforme quand elles sont bien terminées et un peu grasse. Si vous avez la possibilité de les amener à une note d’engraissement de 3, il y aura une plus-value », indique Romain Gerussi. Autre créneau porteur : l’engraissement de jeunes bovins de races laitières ou mixtes. En effet, les abatteurs en recherchent pour remplacer les vaches laitières destinées à la production de viande hachée. « Cela peut être une source de revenu complémentaire à la production laitière », souligne Romain Gerussi. Des nouveaux taureaux sur le marché Pour profiter au mieux de la double aptitude lait/viande de la race, Frédéric Bernhard a encouragé les éleveurs à continuer à faire génotyper leurs animaux. « Grâce au single step, nous avons accès à des indices beaucoup plus fiables, ce qui permet de mieux gérer les accouplements, les tares, la consanguinité. D’autant que les prix sont maintenus, à hauteur de 30 €/animal ». Francis Michel, technicien à Elitest, a quant à lui présenté quelques taureaux utilisables cette année. Dont des taureaux confirmés, qui ont des filles, comme Lézard, dont le niveau de production est intéressant, ou encore Livre, qui pêche par son niveau de TB. La gamme s’enrichit aussi de nouveaux taureaux issus de la génomique, comme le bien nommé Séduisant, qui combine « un TB intéressant, une morphologie sans défaut particulier, et des naissances faciles ». Ravel présente aussi pas mal d’atouts, mais confère une vitesse de traite assez lente à ses filles. « Or cela devient de plus en plus rédhibitoire car les troupeaux grandissent, mais pas le nombre d’éleveurs. Il s’agit donc d’un critère de sélection sur lequel il va falloir être vigilant », a souligné Francis Michel. Réglisse est un taureau qui pêche par le TB, mais qui est à la fois très laitier et musclé. Spirou se démarque par sa facilité d’utilisation et un TB positif. Rêve est « positif partout sauf en vitesse de traite », apprécie Francis Michel, qui ajoute que, pour ne rien gâcher, Rêve est « un enfant du pays », puisqu’il est né dans l’élevage Bernhard à Woerth. À noter aussi qu’au mois de juin, l’offre viendra s’étoffer avec des taureaux étrangers. Sophie Weidmann, du service élevage de la Chambre d’agriculture Alsace, a commenté les chiffres issus des bilans de campagne 2021 pour la dizaine d’élevages qui comportent au moins 80 % d’animaux en race simmental. Deux grandes tendances s’en dégagent : une baisse du volume de lait produit ainsi que des taux, mais une amélioration des cellules. Du côté des primipares, l’âge au premier vêlage diminue, « ce qui va dans le bon sens », notamment pour réduire l’empreinte carbone des élevages. Frédéric Bernhard a conclu cette assemblée générale en mentionnant quelques belles performances. Le Gaec Cousandier, avec Destiné et ses 95 881 kg de lait en 10 lactations remporte la meilleure carrière. Les meilleures lactations terminées en 2021 sont remportées par Lentille et Infinie, deux vaches du Gaec Bernhard. Les meilleures premières lactations sont remportées par Nature et Naomie, deux vaches du Gaec de la Source à Wickersheim, un élevage qui a été visité à l’issue de cette assemblée générale.

Pages

Les vidéos