Jean-Philippe Muller, juge simmental au Festival de l'Élevage, à Brumath
Fan de la première heure et amoureux de la race
Jean-Philippe Muller, juge simmental au Festival de l'Élevage, à Brumath
Publié le 16/05/2022
Le juge est un amateur. Jean-Philippe Muller, de Ratzwiller, en Alsace Bossue, s’est formé sur le tas au jugement des animaux, notamment grâce à des concours en ligne, auxquels il participait, en tant que votant. Animateur du groupe Facebook « Fan de la race simmental », il jouit d’une notoriété internationale. Ses connaissances sont aussi reconnues, en Alsace.
« Je suis très flatté et honoré d’avoir été choisi par le syndicat de la race simmental française d’Alsace pour être juge au concours du Festival de l’élevage de Brumath », débute Jean-Philippe Muller. Le sexagénaire est émotif. Il risque d’écraser une petite larme, prévient-il, s’il prend le micro, le jour J, pour remercier de la confiance qu’on lui témoigne. « C’est l’aboutissement de soixante années de passion - d’amour, même -, de travail de l’ombre. C’est la reconnaissance de mes savoirs », enchaîne le passionné. Jean-Philippe Muller est fils d’éleveurs d’Alsace Bossue. Il a grandi, entouré de simmentals. À tel point que, lorsque, bébé, ses parents l’emmènent à la Foire européenne de Strasbourg, il pleure sans discontinuer, jusqu’à ce qu’ils l’amènent, près des… vaches ! Bien sûr ! « Je suis un passionné de vaches. Je les aime toutes. Mais je préfère les simmentals. Mes parents les élevaient autant pour leur lait que pour leur viande. Ils les avaient choisies pour la mixité de la race et parce qu’elles valorisent l’herbe. Elles n’ont jamais mangé de maïs, chez eux », raconte Jean-Philippe. Menuisier, l’homme n’a pas repris l’élevage… par amour ! Toujours, son cœur le guide. Son épouse était contre. Mais il n’a eu de cesse d’aider ses parents et n’a jamais perdu le contact avec les éleveurs alsaciens de simmentals. Il est resté dans le bain. D’ailleurs, de 1995 à 2005, il avait son stand « privé », à la fête brumathoise, pour promouvoir la race. Branché Depuis deux ans, lui, qui est aussi aviculteur amateur (il a des poules, des canards, des pigeons, des lapins), anime le groupe privé Facebook « Fan de la race simmental ». Avec 2 600 membres, « c’est une porte ouverte sur le monde », constate-t-il. Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Mexique : de partout, des éleveurs suivent les nouvelles publiées sur la page et, plus rarement, commentent. Dans tout l’est de la France, la race simmental est aussi bien représentée, ainsi que dans l’Aveyron, le Puy-de-Dôme, le Cantal. « La simmental plaît de plus en plus, et hors de son berceau d’origine : la Suisse, d’où elle vient ; l’Allemagne, qui la domine sur la productivité, en génétique, aujourd’hui ; les USA, l’Angleterre, l’Autriche », énumère-t-il. L’expertise de Jean-Philippe est connue et reconnue, à l’international. Il a participé à plusieurs concours français (dont celui organisé par l’organisme de sélection de la race) et allemands, en ligne, ces dernières années, durant lesquels il votait, à distance, pour ses animaux préférés. Les juges commentaient, ensuite, leurs propres notes, aux internautes. Mais le sexagénaire court les concours, en France, depuis déjà la fin des années 1980. « J’étais au premier concours Eurogénétique, à Épinal », se souvient-il. Vive la mixité ! Les préférences de Jean-Philippe vont aux « animaux mixtes, les plus représentatifs de la race ». « Le 9 mai, j’ai partagé une photo, sur le groupe Facebook des fans de la race simmental, du type de bovins que j’aime voir. Je sais ce que je veux. Et je ne ferai pas de favoritisme, prévient-il, en riant. Je connais les éleveurs mais je resterai neutre, impartial. C’est l’animal qui compte, non la personne qui le mène, s’exclame-t-il. Et c’est la bête telle qu’elle est le jour J. Je n’irai pas, dans les élevages, avant le Festival. Je découvrirai les animaux le jour du concours. Je ne connais ni leur nombre, ni leur âge, ni leurs productions. Rien. » Jean-Philippe sera le seul juge, à Brumath. Il sera assisté d’un ringman, qu’il consultera, mais il aura le dernier mot. « Je serai seul maître et juge », plaisante-t-il. Il y a fort à parier que le juge Muller préférera les bêtes sans corne… « Mes parents étaient sans doute les premiers éleveurs de France à avoir une vache sans corne, au début des années 1990, quand il n’y avait même pas encore d’importation de paillettes », confie-t-il. Jean-Philippe a poussé à l’innovation. En 2005, il écrit un article sur la génétique sans corne simmental, pour l’Allemagne. Il y a gardé de bons contacts, assure-t-il. Là-bas, la moitié des bêtes n’a plus de cornes, aujourd’hui, quand, en France, seuls 20 à 25 % des animaux présentent cette caractéristique. Jean-Philippe Muller partage surtout son envie de revoir tous les éleveurs qu’il côtoyait, avant le Covid. « Ce sera un réel grand plaisir de revoir tout le monde, à Brumath », lâche-t-il. En attendant, il dévoile ces quelques vers, de sa composition : « Robe froment ou robe rouge, On m’appelle communément Pie-rouge ; Unies, tachetées ou bien fleuries, On nous trouve toutes jolies. » La suite, peut-être, à l’oral, sur le ring ou dans les allées du Festival… et en encadré, ici.












