Élevage

Concours de la race prim’holstein

Wilt Bailay, réserve grande championne

Publié le 09/03/2022

Plusieurs éleveurs alsaciens ont participé lundi 28 février au concours de la race prim’holstein au salon de l’agriculture. Le Gaec Wilt à Dachstein s’est une nouvelle fois illustré. Wilt Bailay obtient les titres de réserve grande championne, de championne jeune et de meilleure mamelle jeune.

Tout commence en début d’après-midi. Dans sa section des prim’holstein en deuxième lactation, Wilt Bailay, née le 23 août 2018, survole la compétition. Les commentaires sont déjà élogieux. Dans les tribunes, deux éleveurs bretons suivent le concours. Le premier dit alors à son ami en indiquant la vache alsacienne. « Tu vas voir. Elle va remporter cette section et, ce soir, elle ne sera pas loin du titre. Regarde comme elle est belle. » Les deux éleveurs sont enthousiastes tout comme le juge qui, quelques minutes plus tard, la désigne effectivement vainqueur de la section. Le public n’est pas davantage surpris quand, ensuite, Wilt Bailay devient championne jeune et meilleure mamelle jeune. Olivier Wilt, l’éleveur, est ravi. Mais encore stressé. « Une réaction ? Non, revenez dans une heure. Je dois encore la préparer pour la suite », nous indique-t-il. La suite, c’est évidemment cette finale nationale avec cinq autres vaches qui termine une journée bien remplie où 115 vaches auront participé avec leurs éleveurs. Un concours de très grande qualité où la famille Gutzwiller (EARL Élevage du Neuhof à Michelbach-le-Haut), le Gaec Malaitis à Jebsheim et l’EARL Schmitt Petite Prairie à Ranspach-le-Haut ont représenté l’élevage alsacien. À noter que la vache la plus âgée du concours, 14 ans et 3 mois (!), nommée Daisy du Douet de l’élevage du Gaec du Douet en Loire Atlantique a également fait forte impression. Une fierté Il est un peu plus de 18 h quand la finale débute pour désigner la grande championne. Wilt Bailay est présente. Dans les gradins, certains en font leur grande championne. D’autres en font leur réserve. On reconnaît de nombreux professionnels alsaciens. Le suspense se termine après une belle finale. Kansascity du Tombuy, une vache en 4e lactation née le 12 septembre 2015 et appartenant au Gaec du Tombuy dans la Meuse s’impose. Mais la réserve grande championne est bien Wilt Bailay. Aux côtés de sa vache, Olivier Wilt est heureux. Levant un poing rageur, il se tourne vers ses proches et amis. Après la traditionnelle séance photo, il emmène sa vache retrouver sa place aux côtés des autres prim’holstein présentes à ce salon de l’agriculture. Il peut enfin témoigner. « Cela a été une belle journée. Je suis évidemment fatigué, mais heureux ! C’est la seconde édition de suite que je fais la championne jeune. En 2020, c’était Elaya. C’est évidemment une fierté. Déjà de pouvoir concourir au Salon de l’agriculture à Paris. Ensuite de faire un tel résultat. On y consacre du temps à la ferme pour permettre à nos vaches d’être dans les meilleures conditions », rappelle Olivier Wilt. Espérait-il le titre de grande championne ? « Ce n’est pas que je n’y croyais pas. Je sais que c’est une vache qui a du potentiel. Mais elle est encore jeune. Un juge préfère souvent donner un tel titre à une vache qui a fait ses preuves. Il faut donc un gros écart entre les deux vaches pour que ce soit la jeune qui soit préférée. Aujourd’hui, non. Et la logique a été respectée. On va voir maintenant comment la vache va évoluer », résume Olivier Wilt. Il l’assure : on le retrouvera à de prochains concours. À commencer par celui de Brumath en mai prochain.

Concours général brunes des Alpes au SIA 2022

« Participer, c’est déjà gagner ! »

Publié le 01/03/2022

Odessa de l’EARL de la Marguerite, à Stotzheim, est une génisse de 3 ans. Elle a été sélectionnée pour le concours général brunes des Alpes, vaches en première lactation, qui aura lieu le 4 mars 2022, au Salon international de l’agriculture (SIA). Sébastien Baur et Jean-Charles Wurry, associés sur l’exploitation, sont ravis. « On emmène notre vache à Paris », se réjouit Sébastien.

Ils ont les yeux qui pétillent. La fête et l’entraide entre éleveurs, la rencontre avec les politiques, l’effervescence du salon, la performance d’Odessa et surtout, leur connivence : les associés de l’EARL de la Marguerite, à Stotzheim, Sébastien Baur et Jean-Charles Wurry, savourent d’avance leur aventure parisienne, début mars. « Participer, c’est déjà gagner ! », s’exclame Sébastien, heureux de ce saut dans l’inconnu, qu’il peut aisément fantasmer grâce à tous les reportages qui abreuvent les Français, chaque année. « Je ne cherche ni à ce qu’Odessa devienne la grande championne de Paris, ni un gain financier. Des embryons ont déjà été collectés ici. Le but du concours n’est pas de faire notre renommée mais de vivre un moment complice avec la génisse », affirme Sébastien Baur. Caprice de star Fin janvier, Jean-Charles et lui ont reçu la confirmation qu’Odessa, 3 ans, est retenue pour le concours général agricole (CGA) brunes des Alpes, vaches en première lactation, qui aura lieu le vendredi 4 mars 2022 au Salon international de l’agriculture (SIA). Sa suppléante s’appelle Pétula. Depuis, Sébastien qui est responsable du troupeau laitier, entraîne les animaux à marcher à la longe. « Surtout Odessa », admet-il. La belle n'était sortie à peine six fois mi-février (musique à fond dans les oreilles, pour l’habituer) qu’elle fait déjà sa star. Ce lundi, elle n’est pas d’humeur. Sébastien la cherche dans le troupeau et l’amène dans le box assez rapidement, grâce à Jean-Charles qui joue le rabatteur. Il lui passe le licol. Facile. « Une fois qu’elles ont compris, ça va », glisse Sébastien. Mais dehors, Odessa piétine. La génisse vient de manger. Les granulés ne suffisent pas à la faire marcher.  « Tourne-lui la queue », lance Sébastien à Jean-Charles, pour la faire avancer. L’astuce fonctionne. La vache cherche le contact avec ses éleveurs. Elle est amicale mais capricieuse ce 14 février, alors que deux jours avant, elle allait sans peine. Le fort vent froid du lundi matin n’aide peut-être pas au tour de piste ; qui dure une demi-heure maximum à chaque fois, pour que la balade reste agréable.     « Feeling » « Il faut trouver le juste milieu entre douceur et fermeté, explique Sébastien. C’est elle la plus forte mais, heureusement, elle ne le sait pas. Pour éviter qu’elle me tracte, je la mets en inconfort : je lui tourne la tête. Je lui dis : allez, on danse la valse ! On fait un tour sur nous-mêmes. Puis je la remets en confort. À un moment, il faut y aller. C’est moi qui la promène et non l’inverse. C’est toujours nous qui avons le dernier mot, jamais elle. Et tout ça, sans jamais la brusquer ! Un animal n’oublie pas. Si on fait une erreur, cela peut se corriger mais il va falloir remettre la bête en confiance. » Odessa pèse entre 600 et 650 kg. « J’ai créé de la complicité, un lien avec elle. C’est du feeling. Les animaux sentent nos émotions avant même qu’on ne les exprime. Pour qu’elle avance, a priori, je lui tape juste sur les fesses. Au SIA, son seul repère ce sera nous. Elle sera dans un environnement qu’elle ne connaît pas. Elle va forcément nous suivre », prédit le passionné de brunes. Si les granulés attirent peu l’attention d’Odessa, le carré d’herbe devant la ferme semble l’intéresser. Elle est gourmande. « C’est de famille », plaisante Sébastien Baur. Les clients du magasin de vente directe de Jean-Charles, qui cultive des plants, fruits et légumes, profitent de l’animation. Une vitrine pour la race Odessa et Pétula n’ont pas de traitement de faveur, à part ça. Elles vivent avec le troupeau, comme les autres vaches. Une seule partira : a priori, Odessa. Elle sera tondue avant le départ et passera entre les mains de l’ostéopathe, avant de monter dans le van de Sébastien et Jean-Charles, mardi 1er mars. Le soir, au SIA, ce sera douche, traite et contrôle sanitaire obligatoire à partir de 20 h, après la fermeture du salon aux visiteurs. Le 9 février, Odessa a déjà eu droit à des prises de sang. Elle fait partie des seize brunes sélectionnées à travers toute la France, pour le CGA 2022. En Alsace, c’est l’EARL de la Marguerite qui compte le plus de brunes : une cinquantaine, dont vingt laitières et la suite. Odessa participe au CGA sous l’impulsion du syndicat de la race, BGS, et de son technicien Thomas Gerouville. « Elle est arrivée en mars dernier dans l’exploitation, pleine, raconte Sébastien. Elle a été acheminée par camion, de Côte-d’Or, là où il y a le plus de brunes en France. » Mais Thomas ne l’a découverte que fin octobre 2021. « On a une mère à taureau brune que Thomas voulait voir. Il est venu cet automne. C’est là qu’il a repéré Odessa et Pétula, issues de pères français. Odessa lui a tapé dans l’œil. On a inscrit les deux génisses au concours, en décembre. » Elles correspondent au standard de la race. « Odessa a une note générale de 84 points, attribuée par Pierre Gigant, le technicien pointeur d’Elitest et BGS », ajoute Sébastien. Pour le syndicat, le concours à Paris est une vitrine. Les éleveurs rentreront du SIA le 6 mars. Sébastien et Jean-Charles remercient d’ores et déjà la dizaine de sponsors qui leur permettra de voir « l’envers du décor » du Salon de l’agriculture 2022, à Paris.    

Association des producteurs de lait des 8 cantons

A Güeter, c’est fini !

Publié le 09/02/2022

La commercialisation des yaourts de la marque A Güeter a pris fin le 31 décembre dernier. La crise sanitaire, les volumes, une baisse des ventes et une certaine incompréhension avec la laiterie Eurial sont les premières explications. Retour sur une aventure de quatre années avec le président de l’association des 8 cantons, Michel Rohrbach.

Nous sommes au soir du jeudi 20 janvier. Il est 21 h. Sur un réseau social, la nouvelle fait l’effet d’une bombe. Sur sa page, la marque A Güeter annonce, en quelques lignes un rien laconique, la fin de sa commercialisation et remercie ses partenaires. « C’est bien moi qui ai rédigé et publié ce post, explique le président de l’association des 8 cantons, Michel Rohrbach. Je voulais informer celles et ceux qui nous suivent. On va laisser digérer cette déception, avant pourquoi pas de repartir sur de nouveaux projets. La disparition de la marque ne change rien pour nous producteurs. Nous continuons de livrer notre lait à notre laiterie. » Déçu et visiblement un peu las de cette situation, il est néanmoins fier d’avoir été de cette belle aventure professionnelle et humaine. « Les premières ventes ont démarré en octobre 2017. Mais avant, il y a eu deux années de travail et de préparation. Ce concept était unique. Il tenait à des producteurs dynamiques qui ont su se mobiliser et s’organiser pour développer et promouvoir une marque qui leur appartenait, avec une laiterie derrière », ajoute Michel Rohrbach.     Cette marque de yaourts a été une belle source de diversification pour les professionnels. Elle répondait à une demande locale pour des produits locaux. Après un bon démarrage, les ventes ont poursuivi leur croissance. « En 2018 et en 2019, tout était à la hausse. De l’ordre de 30 % en plus chaque année. Au bout de deux ans et demi, nous sommes arrivés à vendre un million de pots par an. On était alors proche de notre objectif sur la quantité minimum de fabrication que nous pensions atteindre rapidement. On prenait des parts de marché. Nous avons élargi notre gamme avec six parfums. Nous avons été distribués dans 280 magasins de vente dans tout l’Est de la France avec cinq centrales d’achat. Nous avons également travaillé avec les producteurs lorrains. Tout comme nous, ils étaient une trentaine. Ce fonctionnement pertinent fonctionnait grâce à des hommes, à un directeur d’usine, à un travail d’équipe. C’était de l’humain. Des relations de confiance », insiste Michel Rohrbach. La marque était valorisée dans la division « marque de distribution » (MDD). Un service qui collabore précisément avec l’usine de la laiterie à Château-Salins en Moselle. Crise sanitaire Pour les producteurs, le projet avait du sens humainement et économiquement. « Les producteurs étaient également nombreux à participer à des animations dans les magasins. Cela a été notre grande réussite. Nous avons compris que pour attirer les consommateurs, il fallait aller vers eux, communiquer. C’est ce qui a fait notre différence. Ces animations ont permis de développer les ventes. Mais aussi de rémunérer les professionnels », affirme le président de l’association des 8 cantons. Les prix des yaourts ont été stables pendant deux années avant d’évoluer en fonction du prix du lait, mais aussi de la politique de chaque magasin. C’est la loi du marché, comme pour tout produit. Les premières difficultés sont arrivées avec la crise sanitaire en 2020. « Nous n’avions plus la possibilité de faire nos animations. Un gros problème sur ce petit marché où les gens pouvaient goûter nos produits de cette façon. Cela permettait de les fidéliser. Et surtout, ces animations nous mettaient en avant dans les magasins et dans les rayons », analyse Michel Rohrbach. Les conséquences ont été immédiates. Les ventes ont baissé. « Pendant le premier confinement notamment, les gens faisaient rapidement leurs courses et achetaient de façon plus « classique » des produits qu’ils connaissaient sans regarder les petites marques. C’était des achats de « sécurité » dans une période incertaine. Cela a été la grande différence avec nos collègues producteurs d’œufs », précise Michel Rohrbach. Une autre difficulté cette fois liée aux industriels. Pendant près de trois mois, ils ont réduit leur gamme sur tous les marchés. Il n’y avait par exemple plus de vanille et de chocolat. En 2020, les ventes de A Güeter se sont donc effondrées de 30 %. « Nous n’étions pas intéressants pour eux » En 2021, les choses s’arrangent un peu au niveau des ventes. Les producteurs reprennent tout juste leur marché de 2019. Sans pouvoir reprendre leurs animations dans les magasins. Mais une nouvelle problématique surgit. « Eurial nous a plus ou moins imposé un changement de division. Cela n’a pas été neutre. Du même coup, nous avons changé d’interlocuteurs. Eux, ils étaient basés à Paris. Pendant toute cette période, nous ne les avons jamais vus. Ils ne connaissaient pas le contexte de notre l’histoire de notre marque. En un an et quatre mois, j’ai à peine eu au téléphone une fois celle qui devait être notre interlocutrice. C’était le jour où, en quatre minutes, elle m’a expliqué que nous étions trop « petits ». Il fallait que l’on double nos ventes en six mois. Nous avons bien cherché à communiquer dans les journaux, les réseaux sociaux… Mais cela n’avait pas le même impact que dans les magasins », note Michel Rohrbach. En août 2021, une nouvelle réunion, ou plutôt une visioconférence de sept minutes, scelle définitivement l’avenir de la marque A Güeter. Les objectifs fixés n’ont pas été atteints. Il est décidé de la fin de cette collaboration et donc la fin de la marque pour le 31 décembre 2021. « On était pourtant encore proche des 50 000 pots vendus en décembre. Les six parfums étaient presque équilibrés dans les ventes. Mais pour eux, à Paris, nous étions une petite ligne, une petite marque, dans une grande structure, un grand groupe. Nous n’étions pas intéressants pour eux. J’ai aussi un peu le sentiment que notre concept unique dérangeait pas mal de monde », lance, amer, Michel Rohrbach. Il fait le constat que ce beau projet, d’abord pertinent et humainement valorisant, a été jeté sans ménagement. Jouer collectivement Une expérience qui montre que certains gros outils ne laissent aucune place au sentiment. « Je n’ai pas été surpris. Mais je suis évidemment déçu. Cela faisait six ans que nous travaillions tous ensemble. Il y a eu du plaisir et l’envie de changer une relation par rapport à notre laiterie. Nous nous sommes interrogés sur la suite. Mais face à de telles structures, que pouvons-nous faire ? Je veux retenir le positif. Nous nous sommes rassemblés autour de ce projet. 90 % des producteurs sont venus à nos assemblées générales. Nous avons tous compris qu’il fallait jouer collectivement et pas individuellement. Cela a marché », observe Michel Rohrbach. Depuis la fin de cette aventure, le lait des producteurs des 8 cantons continue d’aller à Château-Salins. « 20 millions de litres de lait qui sont liés par un contrat. Cette histoire ne change rien. A Güeter était un produit de diversification en parallèle de notre production de lait », réagit Michel Rohrbach.     Il se veut serein. L’association n’a pas « d’ardoise » à payer ou à rembourser. Mieux même, elle a redistribué aux producteurs le volume de livraison de l’année 2021. 3,34 € les 1 000 litres de lait en ristourne. Soit un total de 100 000 €. Une réactivité qui contraste avec un dernier constat. « Il y a la laiterie. Il y a les consommateurs. Mais il y a également les collectivités et autres structures publiques. Nous avons cherché à placer nos yaourts. Il fallait à chaque fois six mois pour avoir des réponses. Nous avons fait le constat qu’en France, le dessert n’est pas valorisé. Que les yaourts, c’est le bas de gamme des menus. Dans le même temps, nous entendons ces discours sur le fait qu’il faut développer les circuits courts », conclut Michel Rohrbach.

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