Élevage

Dans le cadre du projet transfrontalier Elena

Choyer ses veaux pour avoir de bonnes laitières

Publié le 05/04/2019

Jeudi 14 mars, éleveurs laitiers alsaciens et badois avaient rendez-vous à Hoffen sur le thème « Des veaux en bonne santé pour des vaches productives et résilientes ». Une soixantaine d’entre eux avait fait le déplacement, parfois de fort loin. « Nous ne nous attendions pas à une telle fréquentation », indique Julien Wittmann. Même succès le lendemain outre-Rhin, à Steinach-Welschensteinach. La preuve que la santé des veaux est un sujet constant de préoccupation…

Un colostrum de qualité, administré en quantité voulue immédiatement après la naissance, est un garant de santé et de survie des veaux nouveau-nés de race laitière. L’analyse du colostrum extrait au vêlage montre qu’il est de bonne qualité dans 90 % des cas. « C’est lors du transfert du colostrum de la vache au veau que sa qualité se détériore si l’hygiène n’est pas respectée. Avant le prélèvement, il est essentiel de bien nettoyer les pis (en veillant à porter des gants), l’équipement de traite et le matériel servant à l’alimentation des veaux, explique Theresa Scheu, vétérinaire responsable du troupeau bovin à la ferme expérimentale Neumühle en Allemagne. « Si le seau ou le pot à lait sont mal nettoyés, le taux de bactéries - E. coli, Salmonella, etc. - augmente de manière exponentielle. » Par ailleurs, la présence d’organismes pathogènes empêche le transfert d’anticorps intestinaux dans la circulation sanguine du veau. « À la ferme Neumühle, nous utilisons des seaux en métal, plus faciles à nettoyer que les seaux en plastique. Biberons et tétines sont pasteurisés après chaque buvée et remplacés tous les six mois. » « L’équilibre immunitaire se définit à la naissance » Mais le facteur fondamental de succès reste l’administration du colostrum immédiatement après la naissance. Les veaux absorbent le mieux le colostrum dans le quart d’heure qui suit, indique Theresa Scheu. « À la ferme Neumühle, lorsqu’une vache vêle, nous arrêtons tout ce que nous sommes en train de faire pour nous occuper du veau. L’ouvrier prélève le colostrum pendant que la vache nettoie son veau. » Du pis de la vache au veau, il doit s’écouler moins d’une heure. « Même si la vache vêle la nuit, je me lève personnellement pour administrer le colostrum. Je préfère me lever en pleine nuit plutôt que de soigner ensuite le veau parce qu’il a la diarrhée. » Autre recommandation importante : éviter tous les facteurs de stress. « Il ne faut pas séparer le veau de sa mère avant la buvée de colostrum ». Il sera toujours temps de le mettre dans la niche à veaux plus tard. Pourquoi tant de précautions ? Les veaux ont un système immunitaire dès la naissance, mais il n’est pas encore actif. Le colostrum contenu dans le lait de la première traite est riche en anticorps, aussi appelés immunoglobulines (Ig) et protège le veau contre les maladies néonatales (immunité passive) jusqu’à ce que son propre système immunitaire (immunité active) devienne fonctionnel. « Par l’intermédiaire du colostrum, la mère transmet à son veau les informations nécessaires pour expliquer au système immunitaire comment il doit travailler. » Immédiatement après sa naissance, la capacité de l’intestin du veau à assimiler les immunoglobulines est très grande. Mais elle décroît rapidement au cours des heures suivantes. « Cependant, nous continuons à donner le lait de la mère au veau durant les cinq premiers jours, plutôt que de l’écarter. Car nous avons constaté que le taux d’immunoglobulines est plus élevé chez le veau s’il est nourri au lait maternel pendant ces cinq jours. » 4 litres de colostrum dès la naissance Quatre litres. C’est le volume que le veau nouveau-né doit ingérer pour être suffisamment protégé. C’est aussi une excellente source de nutriments après la naissance, précise la spécialiste. « Au vêlage, la vache laitière boit en moyenne 120 l d’eau tiède, et jusqu’à 200 l en été lorsqu’il fait chaud, puis consomme rapidement des fourrages à condition d’en avoir à sa disposition. Le colostrum est très énergétique : lorsque le veau a bu ses 4 l, il est rassasié durant une journée. Pas d’inquiétude, donc, si le veau dort dans sa niche. » Mais un veau peut-il réellement ingérer une telle quantité de colostrum ? « La capacité de dilatation de la caillette d’un veau est beaucoup plus importante que nous ne le pensions », répond Theresa Scheu. Autre recommandation : lorsqu’un jeune veau est malade, il ne faut pas arrêter de lui donner du lait. Car la lutte contre les agents infectieux nécessite énormément d’énergie. En complément du lait, nous distribuons une solution avec des électrolytes pour le réhydrater. Certains veaux en consomment jusqu’à 12 l par jour ! « Nous testons la qualité du colostrum à chaque naissance. Si les analyses ne sont pas satisfaisantes, le veau reçoit tout de même le colostrum de sa mère, car il est formaté pour lui. Mais nous le complémentons avec 1,5 l de colostrum d’une autre vache ou de colostrum congelé. » La distribution de lait maternel sur les cinq premiers jours est bénéfique pour le fonctionnement du système immunitaire actif. Il a également une bonne influence sur le développement des villosités intestinales : elles sont plus longues, ce qui augmente la surface d’absorption des nutriments par l’intestin. Une étude (Faber et al 2005) a comparé deux groupes de veaux, les premiers nourris avec 2 l, les seconds avec 4 l de colostrum à la naissance. Par la suite, l’alimentation et la conduite d’élevage étaient identiques. La croissance des veaux nourris avec 4 l de colostrum a été supérieure de 200 g sur toute la phase d’élevage. Le lot à 4 l de colostrum a produit 2 600 l (lactation corrigée sur 305 jours) de lait en plus sur les deux premières lactations, précise Theresa Scheu. Éviter le stress L’élevage des jeunes requiert certaines précautions, pour éviter les facteurs de stress. « Nos conseils pour des veaux sains : élever les veaux par paire avant de les alloter, de la lumière et de l’air. » De nombreux facteurs peuvent déclencher le stress et provoquer une hépatite. À commencer par l’alimentation : « Une quantité insuffisante de lait induit du stress : les veaux qui reçoivent une quantité de lait restreinte vont rentrer jusqu’à 20 fois par jour dans le distributeur automatique de lait sans recevoir de lait, alors que ceux qui ont une quantité suffisante n’y vont que pour consommer leur ration. » De même, toute manipulation, telle que l’écornage, la vaccination, le changement de logement, peuvent générer un stress. Les variations climatiques des dernières années ont conduit les experts de la Neumühle à s’interroger sur les effets de la canicule. « Nous avons observé que la chaleur excessive a une influence sur la longueur des villosités intestinales, ce qui peut aboutir à une moindre ingestion. En grandissant, ces animaux seront moins lourds. » Comment faire du veau un bon ruminant ? « Au début, le veau s’alimente au lait et il a donc besoin de quantités importantes. Mais pour devenir un ruminant, il doit développer son rumen : il lui faut douze semaines pour que l’appareil digestif ait les mêmes proportions qu’à l’âge adulte. Par le passé, le sevrage des veaux était trop précoce : on leur donnait des concentrés trop tôt, ils ne pouvaient pas les valoriser. Ceux qui ont suffisamment de lait à leur disposition mangent moins de concentrés au début, mais après douze semaines, ils sont au même niveau, voire au-delà. » Le facteur déterminant reste l’ingestion quotidienne d’une quantité importante de lait, estime Theresa Scheu. « Les veaux qui reçoivent plus de lait ont un foie, une rate, une mamelle et un pancréas plus lourds. Cela se répercute dans la production future de lait. Le retour sur investissement est garanti. » À Neumühle, le plan d’allaitement est le suivant : 10 l en deux repas dès le 2e jour. « Durant les cinq premiers jours, nous leur donnons le lait maternel. Au 6e jour, nous passons sur du lait en poudre : nous distribuons 5 l par repas avec une concentration de 140 g de poudre par litre de buvée. Après 14 jours, nous montons à 12 l, et ce jusqu’à 8 semaines. Ensuite, pour limiter le stress du sevrage, il s’agit de passer de 12 à 2 l en 5 à 6 semaines. Nous leur donnons également une ration mélangée sèche (TMR) - c’est un mélange de foin de luzerne, de paille et de concentré qu’ils apprécient beaucoup. » Du 6e au 12e jour, il est normal que le veau ait la diarrhée : il doit éliminer le tissu intestinal qui se régénère dans les quatorze premiers jours. Mais comment distinguer une bonne d’une mauvaise diarrhée ? « Pour en être sûrs, nous donnons une solution électrolyte au veau. S’il n’est pas malade, il n’en boit pas. Une mauvaise diarrhée se reconnaît à une hausse de la température et du sang dans les selles. Mais nous ne diminuons pas la quantité de lait pour autant. » À Neumühle, le cheptel se compose de 150 vaches laitières de race holstein et leur suite. La production laitière des vaches en première lactation augmente de manière significative d’année en année. « C’est le fruit du travail sur l’élevage des génisses. » La production est ainsi passée de 8 808 l à 9 721 l de 2017 à 2018. Celle de l’ensemble du troupeau a elle aussi augmenté, de 10 434 l à 11 620 l.

Association des producteurs de lait des 8 cantons

Le prix du lait pose problème

Publié le 05/04/2019

Le prix du lait a été au cœur des échanges entre les producteurs de l’association de lait des 8 cantons et leur groupe coopératif, Eurial Ultra Frais, lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée à Illfurth jeudi 21 mars. Dubitatifs face aux explications données, les professionnels sont partagés entre lassitude, déception et colère.

L’association présidée par Michel Rohrbach vogue sur la dynamique de réussite commerciale des yaourts « A Güeter ». Une belle expérience professionnelle partagée avec les collègues lorrains. « Il s’agit pour nous d’une source de diversification pour notre production. Cela nous demande du temps, mais c’est un moteur d’échanges entre nous. On a trouvé un bon compromis entre ce qu’on peut faire ensemble et les autres échanges que nous pouvons avoir avec notre laiterie », se félicite Michel Rohrbach. L’association regroupe actuellement 27 producteurs pour une production qui dépasse les 15 millions de litres de lait (+2,74 % d’une année à l’autre). Un million de litres de lait en plus a été livré en 2018 par rapport à 2017. Une partie de cette production est en bio : 630 246 litres en 2018 contre 431 258 litres en 2017. Le taux de réalisation, lui, est de 86,53 %. Le droit de production, en 2018 était d’un peu plus de 17 millions de litres. « Dans cette production, on trouve évidemment notre marque, « A Güeter » et ses différents parfums. Il faut désormais élargir notre gamme pour attirer une clientèle encore plus importante. Le projet est viable et va dans le bon sens », ajoute Michel Rohrbach. Jusqu’à présent, le développement de ces yaourts a nécessité d’investir plus de 67 000 €, dont 26 000 € pour la seule création de la marque. « Mais toutes les charges sont désormais payées. Il nous reste un budget d’un peu plus de 15 000 € que nous gardons pour être en mesure d’investir à l’avenir », précise encore Michel Rohrbach. Sachant que le rapport financier général de l’association dégage un résultat financier positif de plus de 18 000 € et qu’il reste sur les comptes plus de 34 000 €. En désaccord sur la méthode La suite de la réunion a été plus compliquée. Michel Rohrbach a abordé les discussions concernant le prix du lait entre Eurial Ultra Frais et l’organisation des producteurs de lait Senagral (OPLASE). Cette dernière est une organisation des producteurs qui regroupe les associations de producteurs qui livrent leur lait chez Eurial UF. Ses objectifs sont de fédérer et d’organiser la négociation collective des clauses du contrat de vente de lait. Mais également d’assurer le contact avec l’entreprise Eurial UF et de représenter les intérêts de ses adhérents. L’OPLASE gère les volumes contractuels (redistribution, JA, prêt de campagne…). Michel Rohrbach a expliqué que, jusqu’à présent, aucun accord n’avait été trouvé sur le prix du lait notamment entre l’entreprise et l’OPLASE. Le dossier est même passé au Ministère de l’Agriculture. De nouveaux rendez-vous sont prévus en avril. « Si aucun accord n’est trouvé, nous pourrions aller en justice. Si tel est le cas, je vais vous en informer individuellement. Cette consultation me permettra de constater que nous sommes bien tous sur la même ligne. J’espère cependant que nous n’irons pas jusque-là. Mais, pour l’heure, nous sommes en dessous des seuils de paiement que nous pouvons accepter. Moins de 230 € les 1 000 litres de lait. Nous sommes également en désaccord avec la méthode employée par nos interlocuteurs. En 1992, deux pages recto verso suffisaient sur nos contrats et on s’entendait. On est ensuite passé à dix pages et aujourd’hui, ce sont quarante pages. Et il faut encore faire des avenants. Ce n’est pas acceptable. Nous sommes des acteurs économiques et chacun doit pouvoir vivre de son métier. On a un cadre d’application de la réglementation et une volonté des entreprises de dire ce qu’elles veulent. Si, en 2019, nous sommes toujours les derniers « mieux » payés, nous pourrons difficilement continuer à suivre Eurial UF », prévient Michel Rohrbach. Précisément, ce prix du lait 2018 a été de 313,77 € alors qu’en 2017, il était de 316,04 €, soit une (nouvelle) baisse de 2,26 €. Des échanges tendus Du côté d’Eurial UF, on s’est voulu pédagogue lors de cette assemblée générale en rappelant tout d’abord aux producteurs ce qu’était la réalité de la conjoncture laitière. En 2018, la collecte laitière du groupe a été en légère baisse, de l’ordre de 2, 563 milliards de litres de lait contre 2,587 milliards l’année précédente. Pour Eurial UF, ce sont 330 millions de litres de lait qui ont été collectés dont 4,5 millions de litres en bio. Cette production bio poursuit sa progression régulière. Le groupe Eurial a collecté en 2018, pas moins de 88 millions de litres de lait bio et le projet est d’atteindre les 109 millions en 2019. Tant pour le bio que pour le conventionnel, jusqu’à aujourd’hui, l’augmentation de la collecte permet de satisfaire le développement de la consommation. Il va cependant y avoir une pause dans les conversions dans les mois à venir, de sorte que l’on arrivera certainement à un palier. En revanche, en 2018, la production totale a été en baisse chez les principaux pays exportateurs que sont l’Australie, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Union Européenne. Ces explications et cette conjoncture sont censées expliquer le prix du lait annoncé pour 2019 : dans une zone située autour de 325 €. Cette annonce a exaspéré de nombreux producteurs présents. Michel Rohrbach a immédiatement rappelé qu’à « l’OPLASE, notre vision, c’est 330 € et que ce prix annoncé, on ne peut pas l’accepter ». Les échanges ont alors été sinon tendus, du moins très directs. « Pour moi, vu le contexte économique, le prix doit prendre tous les ans 10 € », argumente un professionnel présent. « À ce prix-là, on ne peut pas continuer », répond un autre. Présent à la réunion, le maire d’Illfurth et vice-président de la Communauté de communes Sundgau, Christian Sutter, réagit également. « Je sens aujourd’hui une vraie détresse. Quand on bosse comme vous le faites et que l’on vous écoute, ça m’interpelle. Vous méritez d’être payés au juste prix. Vos cris de détresse devraient être au moins entendus par vos interlocuteurs ». Cette bataille du prix du lait risque donc de poursuivre tout au long de cette année 2019.

Association des éleveurs de la race bovine Vosgienne du Haut-Rhin

Il fait bon vivre avec la Vosgienne

Publié le 25/03/2019

Avant de visiter la ferme Barb à Wasserbourg, les éleveurs de la race bovine Vosgienne du Haut-Rhin se sont retrouvés jeudi 14 mars en assemblée générale. L’occasion de revenir sur une année 2018 réussie et sur un système agricole de montagne à part entière qu’il faut pérenniser, malgré les incertitudes liées aux évolutions de la Politique agricole commune.

Lors de cette réunion, le président de l’association, Florent Campello, n’a pas caché ses satisfactions et sa motivation. Les mois qui viennent de s’écouler sont positifs pour la Vosgienne du Haut-Rhin avec une hausse des laitières, due aux primipares, et une manifestation réussie à Muhlbach-sur-Munster sur l’exploitation de Guy Lochert. « Ce rendez-vous annuel est une fête qui rassemble les éleveurs adhérents ou non à notre association. Nous avons travaillé dans la bonne humeur pour la réussite de cette manifestation. Il fait vraiment bon vivre d’être parmi vous pour parler de la Vosgienne. Vous le savez, je voyage beaucoup pour notre race. Quel plaisir d’être ici, dans son berceau, entouré de tous ces éleveurs qui la font perdurer et vivre sur son territoire », se félicite Florent Campello. Pour lui comme pour tous les éleveurs, l’agriculture de la Vosgienne est celle d’un massif, celle d’une montagne. « Ce n’est pas seulement une image comme certains ont voulu nous le faire croire lors des dernières élections. Mais, c’est bel et bien un système agricole à part entière. La Vosgienne, biodiversité à elle seule, pourrait donner quelques leçons à ses congénères raciaux », ajoute Florent Campello. Il pense, en premier lieu, au niveau économique avec la réussite du fromage « Cœur de Massif », mais également au niveau environnemental avec ces paysages et des espaces ouverts par les hommes et les animaux. Aucune visibilité avec la Pac Les éleveurs de Vosgiennes n’éludent évidemment pas leurs problèmes et difficultés liés au changement climatique. « Il nous faut apprendre à changer nos pratiques fourragères. L’herbe et sa valorisation étant notre fer de lance. Pour y parvenir, nous avons le soutien de la région Grand Est. Concernant l’Europe, la nouvelle Politique agricole commune entre en vigueur en 2020. Les contrats « MAE » seront à renouveler. Or, nous n’avons aucune visibilité, tant pour nous, éleveurs, que pour nos exploitations ! Comment défendre et proposer dans ces conditions des idées fédératrices sans faire partie des débats ? Comment défendre une réelle agriculture de montagne comme nous le faisons, et non une agriculture de plaine en montagne, comme le font certains censés porter notre voix ? Comment faire perdurer les savoirs-faire, les techniques agricoles ancestrales et le bon sens ? Comment placer la Vosgienne au cœur de la politique de montagne, afin que la montagne soit un sens et non un support ? », questionne Florent Campello. S’investir au Coram Ces questions, le président de l’association les aborde au collectif des races de Massif (CORAM) de France où il s’investit toujours davantage. Il le fait également, au quotidien, quand il s’agit de défendre et de parler de la Vosgienne lors de différentes réunions ou manifestations organisées dans la région. D’autant plus que la race se porte bien avec une production de qualité et des résultats au contrôle laitier en 2018 sans grosse évolution par rapport à 2017, malgré la sécheresse et ces conditions climatiques compliquées. Pour sa part, Mélanie Gutzwiller a profité de cette assemblée générale pour présenter les conditions pour être adhérent à la marque RBV et pour produire du fromage « Cœur de Massif ». Quelques photos et témoignages sont venus conclure la réunion au sujet de la Fête de la transhumance 2018. Il a été annoncé qu’en 2019, la manifestation sera reconduite avec, à nouveau, une vente aux enchères. Fromagerie, point de vente, ateliers Dans l’après-midi, les éleveurs ont visité la ferme Barb à Wasserbourg. L’occasion pour Thomas Barb, installé sur l’exploitation familiale depuis 2018, de présenter sa nouvelle fromagerie, son nouveau point de vente ainsi que son nouvel atelier de vaches allaitantes. Il travaille avec sa mère. Tous deux sont aidés par un salarié et un second à mi-temps à partir du mois d’avril pour laisser ouvert le local de vente. L’exploitation occupe 45 hectares en vallée et 40 hectares de pâturage autour de la ferme auberge du Strohberg. Exploitée par la famille Barb de père en fils depuis 1907, l’activité pastorale et gastronomique y règne dans la plus pure tradition marcaire de mai à octobre. Cette ferme de transhumance est une des plus anciennes du massif vosgien puisque ses origines remontent au XVIIe siècle. Elle est accrochée au Petit Ballon et se place ainsi à un point de jonction entre les randonneurs venus de la vallée de Guebwiller et ceux de celle de Munster. En vallée, l’exploitation compte 22 vaches laitières. Depuis l’automne dernier, un atelier de vache allaitante fonctionne. « Quand je me suis installé, mon objectif était de transformer 60 % de la production laitière. Là, on va arriver à 100 %. On a réussi à trouver des marchés intéressants grâce au fromage « Cœur de Massif ». 40 % des ventes se font à l’auberge, 30 % au petit magasin de vente à la ferme ouvert depuis le 9 février dernier, 20 % au magasin Cœur Paysan à Colmar depuis juillet 2018 et 10 % chez des restaurateurs de la vallée et du secteur de Rouffach », explique Thomas Barb. Il a investi pas moins de 185 000 euros pour réaliser ce nouveau local de 90 m2 qui abrite la fromagerie. Elle est située en proximité immédiate de la maison et du bâtiment pour accueillir l’allaitant. « Avant mon installation, nous transformions 35 000 à 40 000 litres. Dans mon projet d’installation, l’objectif était d’arriver à 50 000 litres et de tout affiner sur place. Là, on va arriver à 80 000 litres cette année. Cette croissance est une belle réussite. C’est la troisième année que nous produisons du « Cœur de Massif ». Il a dépassé tous les autres fromages comme le Munster, la Tommette ou le Bargkass qui restent évidemment des produits toujours très appréciés eux également », conclut Thomas Barb.

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