Élevage

Association des producteurs de lait des 8 cantons

Le prix du lait pose problème

Publié le 05/04/2019

Le prix du lait a été au cœur des échanges entre les producteurs de l’association de lait des 8 cantons et leur groupe coopératif, Eurial Ultra Frais, lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée à Illfurth jeudi 21 mars. Dubitatifs face aux explications données, les professionnels sont partagés entre lassitude, déception et colère.

L’association présidée par Michel Rohrbach vogue sur la dynamique de réussite commerciale des yaourts « A Güeter ». Une belle expérience professionnelle partagée avec les collègues lorrains. « Il s’agit pour nous d’une source de diversification pour notre production. Cela nous demande du temps, mais c’est un moteur d’échanges entre nous. On a trouvé un bon compromis entre ce qu’on peut faire ensemble et les autres échanges que nous pouvons avoir avec notre laiterie », se félicite Michel Rohrbach. L’association regroupe actuellement 27 producteurs pour une production qui dépasse les 15 millions de litres de lait (+2,74 % d’une année à l’autre). Un million de litres de lait en plus a été livré en 2018 par rapport à 2017. Une partie de cette production est en bio : 630 246 litres en 2018 contre 431 258 litres en 2017. Le taux de réalisation, lui, est de 86,53 %. Le droit de production, en 2018 était d’un peu plus de 17 millions de litres. « Dans cette production, on trouve évidemment notre marque, « A Güeter » et ses différents parfums. Il faut désormais élargir notre gamme pour attirer une clientèle encore plus importante. Le projet est viable et va dans le bon sens », ajoute Michel Rohrbach. Jusqu’à présent, le développement de ces yaourts a nécessité d’investir plus de 67 000 €, dont 26 000 € pour la seule création de la marque. « Mais toutes les charges sont désormais payées. Il nous reste un budget d’un peu plus de 15 000 € que nous gardons pour être en mesure d’investir à l’avenir », précise encore Michel Rohrbach. Sachant que le rapport financier général de l’association dégage un résultat financier positif de plus de 18 000 € et qu’il reste sur les comptes plus de 34 000 €. En désaccord sur la méthode La suite de la réunion a été plus compliquée. Michel Rohrbach a abordé les discussions concernant le prix du lait entre Eurial Ultra Frais et l’organisation des producteurs de lait Senagral (OPLASE). Cette dernière est une organisation des producteurs qui regroupe les associations de producteurs qui livrent leur lait chez Eurial UF. Ses objectifs sont de fédérer et d’organiser la négociation collective des clauses du contrat de vente de lait. Mais également d’assurer le contact avec l’entreprise Eurial UF et de représenter les intérêts de ses adhérents. L’OPLASE gère les volumes contractuels (redistribution, JA, prêt de campagne…). Michel Rohrbach a expliqué que, jusqu’à présent, aucun accord n’avait été trouvé sur le prix du lait notamment entre l’entreprise et l’OPLASE. Le dossier est même passé au Ministère de l’Agriculture. De nouveaux rendez-vous sont prévus en avril. « Si aucun accord n’est trouvé, nous pourrions aller en justice. Si tel est le cas, je vais vous en informer individuellement. Cette consultation me permettra de constater que nous sommes bien tous sur la même ligne. J’espère cependant que nous n’irons pas jusque-là. Mais, pour l’heure, nous sommes en dessous des seuils de paiement que nous pouvons accepter. Moins de 230 € les 1 000 litres de lait. Nous sommes également en désaccord avec la méthode employée par nos interlocuteurs. En 1992, deux pages recto verso suffisaient sur nos contrats et on s’entendait. On est ensuite passé à dix pages et aujourd’hui, ce sont quarante pages. Et il faut encore faire des avenants. Ce n’est pas acceptable. Nous sommes des acteurs économiques et chacun doit pouvoir vivre de son métier. On a un cadre d’application de la réglementation et une volonté des entreprises de dire ce qu’elles veulent. Si, en 2019, nous sommes toujours les derniers « mieux » payés, nous pourrons difficilement continuer à suivre Eurial UF », prévient Michel Rohrbach. Précisément, ce prix du lait 2018 a été de 313,77 € alors qu’en 2017, il était de 316,04 €, soit une (nouvelle) baisse de 2,26 €. Des échanges tendus Du côté d’Eurial UF, on s’est voulu pédagogue lors de cette assemblée générale en rappelant tout d’abord aux producteurs ce qu’était la réalité de la conjoncture laitière. En 2018, la collecte laitière du groupe a été en légère baisse, de l’ordre de 2, 563 milliards de litres de lait contre 2,587 milliards l’année précédente. Pour Eurial UF, ce sont 330 millions de litres de lait qui ont été collectés dont 4,5 millions de litres en bio. Cette production bio poursuit sa progression régulière. Le groupe Eurial a collecté en 2018, pas moins de 88 millions de litres de lait bio et le projet est d’atteindre les 109 millions en 2019. Tant pour le bio que pour le conventionnel, jusqu’à aujourd’hui, l’augmentation de la collecte permet de satisfaire le développement de la consommation. Il va cependant y avoir une pause dans les conversions dans les mois à venir, de sorte que l’on arrivera certainement à un palier. En revanche, en 2018, la production totale a été en baisse chez les principaux pays exportateurs que sont l’Australie, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Union Européenne. Ces explications et cette conjoncture sont censées expliquer le prix du lait annoncé pour 2019 : dans une zone située autour de 325 €. Cette annonce a exaspéré de nombreux producteurs présents. Michel Rohrbach a immédiatement rappelé qu’à « l’OPLASE, notre vision, c’est 330 € et que ce prix annoncé, on ne peut pas l’accepter ». Les échanges ont alors été sinon tendus, du moins très directs. « Pour moi, vu le contexte économique, le prix doit prendre tous les ans 10 € », argumente un professionnel présent. « À ce prix-là, on ne peut pas continuer », répond un autre. Présent à la réunion, le maire d’Illfurth et vice-président de la Communauté de communes Sundgau, Christian Sutter, réagit également. « Je sens aujourd’hui une vraie détresse. Quand on bosse comme vous le faites et que l’on vous écoute, ça m’interpelle. Vous méritez d’être payés au juste prix. Vos cris de détresse devraient être au moins entendus par vos interlocuteurs ». Cette bataille du prix du lait risque donc de poursuivre tout au long de cette année 2019.

Association des éleveurs de la race bovine Vosgienne du Haut-Rhin

Il fait bon vivre avec la Vosgienne

Publié le 25/03/2019

Avant de visiter la ferme Barb à Wasserbourg, les éleveurs de la race bovine Vosgienne du Haut-Rhin se sont retrouvés jeudi 14 mars en assemblée générale. L’occasion de revenir sur une année 2018 réussie et sur un système agricole de montagne à part entière qu’il faut pérenniser, malgré les incertitudes liées aux évolutions de la Politique agricole commune.

Lors de cette réunion, le président de l’association, Florent Campello, n’a pas caché ses satisfactions et sa motivation. Les mois qui viennent de s’écouler sont positifs pour la Vosgienne du Haut-Rhin avec une hausse des laitières, due aux primipares, et une manifestation réussie à Muhlbach-sur-Munster sur l’exploitation de Guy Lochert. « Ce rendez-vous annuel est une fête qui rassemble les éleveurs adhérents ou non à notre association. Nous avons travaillé dans la bonne humeur pour la réussite de cette manifestation. Il fait vraiment bon vivre d’être parmi vous pour parler de la Vosgienne. Vous le savez, je voyage beaucoup pour notre race. Quel plaisir d’être ici, dans son berceau, entouré de tous ces éleveurs qui la font perdurer et vivre sur son territoire », se félicite Florent Campello. Pour lui comme pour tous les éleveurs, l’agriculture de la Vosgienne est celle d’un massif, celle d’une montagne. « Ce n’est pas seulement une image comme certains ont voulu nous le faire croire lors des dernières élections. Mais, c’est bel et bien un système agricole à part entière. La Vosgienne, biodiversité à elle seule, pourrait donner quelques leçons à ses congénères raciaux », ajoute Florent Campello. Il pense, en premier lieu, au niveau économique avec la réussite du fromage « Cœur de Massif », mais également au niveau environnemental avec ces paysages et des espaces ouverts par les hommes et les animaux. Aucune visibilité avec la Pac Les éleveurs de Vosgiennes n’éludent évidemment pas leurs problèmes et difficultés liés au changement climatique. « Il nous faut apprendre à changer nos pratiques fourragères. L’herbe et sa valorisation étant notre fer de lance. Pour y parvenir, nous avons le soutien de la région Grand Est. Concernant l’Europe, la nouvelle Politique agricole commune entre en vigueur en 2020. Les contrats « MAE » seront à renouveler. Or, nous n’avons aucune visibilité, tant pour nous, éleveurs, que pour nos exploitations ! Comment défendre et proposer dans ces conditions des idées fédératrices sans faire partie des débats ? Comment défendre une réelle agriculture de montagne comme nous le faisons, et non une agriculture de plaine en montagne, comme le font certains censés porter notre voix ? Comment faire perdurer les savoirs-faire, les techniques agricoles ancestrales et le bon sens ? Comment placer la Vosgienne au cœur de la politique de montagne, afin que la montagne soit un sens et non un support ? », questionne Florent Campello. S’investir au Coram Ces questions, le président de l’association les aborde au collectif des races de Massif (CORAM) de France où il s’investit toujours davantage. Il le fait également, au quotidien, quand il s’agit de défendre et de parler de la Vosgienne lors de différentes réunions ou manifestations organisées dans la région. D’autant plus que la race se porte bien avec une production de qualité et des résultats au contrôle laitier en 2018 sans grosse évolution par rapport à 2017, malgré la sécheresse et ces conditions climatiques compliquées. Pour sa part, Mélanie Gutzwiller a profité de cette assemblée générale pour présenter les conditions pour être adhérent à la marque RBV et pour produire du fromage « Cœur de Massif ». Quelques photos et témoignages sont venus conclure la réunion au sujet de la Fête de la transhumance 2018. Il a été annoncé qu’en 2019, la manifestation sera reconduite avec, à nouveau, une vente aux enchères. Fromagerie, point de vente, ateliers Dans l’après-midi, les éleveurs ont visité la ferme Barb à Wasserbourg. L’occasion pour Thomas Barb, installé sur l’exploitation familiale depuis 2018, de présenter sa nouvelle fromagerie, son nouveau point de vente ainsi que son nouvel atelier de vaches allaitantes. Il travaille avec sa mère. Tous deux sont aidés par un salarié et un second à mi-temps à partir du mois d’avril pour laisser ouvert le local de vente. L’exploitation occupe 45 hectares en vallée et 40 hectares de pâturage autour de la ferme auberge du Strohberg. Exploitée par la famille Barb de père en fils depuis 1907, l’activité pastorale et gastronomique y règne dans la plus pure tradition marcaire de mai à octobre. Cette ferme de transhumance est une des plus anciennes du massif vosgien puisque ses origines remontent au XVIIe siècle. Elle est accrochée au Petit Ballon et se place ainsi à un point de jonction entre les randonneurs venus de la vallée de Guebwiller et ceux de celle de Munster. En vallée, l’exploitation compte 22 vaches laitières. Depuis l’automne dernier, un atelier de vache allaitante fonctionne. « Quand je me suis installé, mon objectif était de transformer 60 % de la production laitière. Là, on va arriver à 100 %. On a réussi à trouver des marchés intéressants grâce au fromage « Cœur de Massif ». 40 % des ventes se font à l’auberge, 30 % au petit magasin de vente à la ferme ouvert depuis le 9 février dernier, 20 % au magasin Cœur Paysan à Colmar depuis juillet 2018 et 10 % chez des restaurateurs de la vallée et du secteur de Rouffach », explique Thomas Barb. Il a investi pas moins de 185 000 euros pour réaliser ce nouveau local de 90 m2 qui abrite la fromagerie. Elle est située en proximité immédiate de la maison et du bâtiment pour accueillir l’allaitant. « Avant mon installation, nous transformions 35 000 à 40 000 litres. Dans mon projet d’installation, l’objectif était d’arriver à 50 000 litres et de tout affiner sur place. Là, on va arriver à 80 000 litres cette année. Cette croissance est une belle réussite. C’est la troisième année que nous produisons du « Cœur de Massif ». Il a dépassé tous les autres fromages comme le Munster, la Tommette ou le Bargkass qui restent évidemment des produits toujours très appréciés eux également », conclut Thomas Barb.

Syndicat de la simmental française d’Alsace

Génotypage des femelles : c’est parti !

Publié le 25/03/2019

Malgré la conjoncture économique difficile, les éleveurs de simmental tentent de garder le cap. Comme leurs collègues prim’holstein, ils peuvent désormais faire génotyper leurs femelles.

Une page se tourne pour le syndicat de la simmental française d’Alsace, qui tenait son assemblée générale le 8 mars à Mietesheim : Jean Bernhard, son président, ayant décidé de passer la main, son successeur sera désigné dans les jours à venir. Il a tenu à remercier l’équipe qui l’entoure pour son dynamisme et le soutien apporté dans les différentes manifestations. Les éleveurs de simmental ont souffert de la sécheresse en 2018, a rappelé Jean Bernhard. Et les conséquences de cet épisode climatique se font encore sentir aujourd’hui. Ils sont obligés de nourrir leur troupeau « avec un ensilage de qualité moyenne » et ne sont pas sûrs de pouvoir reconstituer leur stock de fourrage tant les prairies ont souffert l’été dernier. Le prix des produits, quant à lui, « n’a pas beaucoup évolué » et le marché des génisses, qui constituait un revenu non négligeable pour les éleveurs de simmental, est devenu « quasiment inexistant ». Coincés entre un consommateur qui réclame du bio ou du sans-OGM et des pays concurrents qui augmentent leur production sans état d’âme, les éleveurs français sont « toujours à la recherche d’un modèle agricole » approprié, constate le président du Syndicat de la simmental française d’Alsace, persuadé que la mécanisation va continuer à se développer dans des exploitations toujours plus grandes. « Il faudra vivre avec ça », prédit-il, en insistant sur la nécessité de donner des perspectives aux jeunes qui s’engagent dans la production laitière. Festival de l’élevage : un maximum d’animaux Jean Bernhard a remercié les éleveurs pour leur participation au festival de l’élevage qui est devenu la seconde fête agricole dans le Bas-Rhin après le concours départemental de labour. Il encourage les éleveurs à présenter un maximum d’animaux à la prochaine édition, qui aura lieu à Brumath les 11 et 12 mai prochains. Tout en exprimant un regret : qu’il n’y ait plus de grand concours régional depuis la disparition d’Eurogénétique. « Il faudrait une vraie manifestation d’élevage dans le Grand Est », déclare-t-il. Dans son rapport d’activité, Claude Ettlinger, d’Élitest, a lui aussi évoqué le festival de l’élevage. Sept éleveurs ont participé au concours simmental 2018, dont un pour la première fois. Le Gaec Cousandier de Rœschwoog et le Gaec Fichter d’Uhrwiller ont trusté les prix de championnat, tandis que l’EARL Engel de Buhl s’adjugeait le prix du meilleur lot. À l’occasion de leur assemblée générale 2018, qui s’était tenue en Allemagne, les adhérents du syndicat ont également eu l’occasion de visiter un élevage simmental outre-Rhin. Hervé Vignon, directeur de Simmental France, a fait le point sur le schéma de sélection et l’offre génétique en simmental. Le schéma de sélection actuel repose sur un réservoir de 16 000 vaches dont les performances sont contrôlées au Contrôle laitier. Sur ces 16 000 vaches, 11 000 bénéficient en plus d’un suivi morphologique et c’est dans ces 11 000 vaches que l’Organisme de sélection (OS) puise des mères à taureaux, qui sont accouplées avec le meilleur de la génétique européenne. Tous les ans, 100 candidats mâles sont génotypés et évalués génétiquement en Allemagne avec la population de référence allemande. Les index de ces mâles sont convertis en base française, à charge pour l’OS de trier les candidats retenus dans l’offre génomique pour en sortir cinq ou six. Puis ces taureaux sont indexés sur descendance et viennent enrichir l’offre de taureaux utilisables par les éleveurs. Celle-ci est segmentée en plusieurs catégories : le catalogue Simmental France comprend des taureaux indexés sur descendance qui ont des filles en production ; la gamme génomique, qui comprend huit taureaux aux profils variés, auxquels s’ajoutent quelques taureaux allemands et autrichiens, proposés par les partenaires de l’OS ; la gamme des taureaux étrangers disponible sous forme de semences importées, qui comprend à la fois des taureaux indexés sur descendance et des taureaux génomiques. Au final, ce sont 77 taureaux différents qui sont proposés par Simmental France. Un nouvel Isu en 2020 L’Isu, l’index de synthèse utilisé pour évaluer le niveau génétique des animaux, sera révisé en 2019, a annoncé Hervé Vignon. « La dernière révision remontait à 2012, souligne le directeur de Simmental France. Compte tenu de l’évolution de la conjoncture économique et de l’arrivée de l’index aptitudes bouchères, une révision s’imposait. » Simmental France a fait appel à l’Institut de l’élevage (Idele) et à une jeune ingénieure, Camille Vial, qui va étudier, en fonction de différents cas-types d’élevage, l’influence de chaque caractère élémentaire dans le revenu des éleveurs. L’objectif est « de pondérer l’Isu pour permettre à l’éleveur de dégager le meilleur résultat économique. » Le nouvel Isu pourrait se mettre en place courant 2020, prévoit Hervé Vignon. Autre sujet d’actualité, la révision du règlement zootechnique européen (RZE). Ce nouveau règlement, applicable depuis le 1er novembre 2018, donne de nouvelles missions et responsabilités aux OS. « Avant, l’enregistrement des filiations était assuré par l’EDE, le contrôle de performances par le Contrôle laitier, les index et l’évaluation génétique par l’Inra, la diffusion des index par l’Idele, la gestion des schémas de sélection par les entreprises de sélection, les orientations raciales, le Livre généalogique et la promotion de la race par les OS, énumère Hervé Vignon. Depuis le 1er novembre dernier, l’OS est responsable de tout, sauf de l’identification qui reste à l’EDE. » Pour pouvoir assurer ces nouvelles missions, Simmental France, dont les moyens humains sont limités, passera des contrats de délégation de service. Les éleveurs, quant à eux, vont devoir signer un consentement pour mettre à disposition de l’OS leurs données qui serviront à calculer les index. À l’initiative du monde de l’élevage, un nouvel organisme a été créé, GenEval, qui remplacera l’Inra pour l’évaluation génétique. « Rien ne nous oblige à faire indexer les animaux par GenEval, précise Hervé Vignon. Nous sommes en pleine réflexion pour savoir si nous continuons à faire évaluer en France ou si nous avons intérêt à faire indexer nos animaux en Allemagne ou en Autriche. » Le coût de l’indexation, de l’ordre d’1 € par animal au départ, voire 1,50 € dans les années futures, sera à la charge de l’éleveur, précise encore Hervé Vignon. Si l’indexation devait se faire en Allemagne, le prix serait supérieur puisqu’il faudra intégrer le coût du transfert d’informations, ajoute-t-il. Comparer la fiabilité des index Simmental France a décidé d’ouvrir le génotypage aux femelles. Celui-ci n’était jusqu’alors réalisé que sur les mâles. L’OS estime qu’avec près de 3 000 animaux génotypés en 2018, la précision des index est désormais suffisante. Toutefois, cette ouverture du génotypage se fait avec certaines restrictions : elle est limitée aux femelles ayant un pedigree complet (trois générations) et aux éleveurs adhérant au service génétique de Simmental France. Une offre promotionnelle est proposée jusqu’au 30 juin, à 30 € par génotypage, hors frais de prélèvement. Le but est de génotyper un maximum d’animaux et d’envoyer une partie des prélèvements en Allemagne, afin de pouvoir comparer la fiabilité des index français et allemands. Depuis un an environ, la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) propose aux éleveurs d’intégrer un groupe de suivi technico-économique. Cette prestation de conseil collectif est le fruit d’une coopération entre la CAA et le Centre de fiscalité et de gestion, a expliqué Sophie Weidmann, du service élevage de la CAA. L’objectif est de valoriser les données technico-économiques des éleveurs, de leur transmettre un compte rendu trimestriel permettant une meilleure réactivité dans la gestion de leur exploitation et de permettre une comparaison entre éleveurs géographiquement proches et appartenant à des systèmes comparables. Cette prestation nécessite d’avoir une comptabilité à jour trimestriellement, mais elle n’occasionne pas de double saisie, précise la conseillère. Elle peut être incluse dans les offres de conseil déjà souscrites. Six groupes fonctionnent actuellement en Alsace et un septième groupe pourrait se créer.

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