Élevage

Syndicat de la simmental française d’Alsace

Génotypage des femelles : c’est parti !

Publié le 25/03/2019

Malgré la conjoncture économique difficile, les éleveurs de simmental tentent de garder le cap. Comme leurs collègues prim’holstein, ils peuvent désormais faire génotyper leurs femelles.

Une page se tourne pour le syndicat de la simmental française d’Alsace, qui tenait son assemblée générale le 8 mars à Mietesheim : Jean Bernhard, son président, ayant décidé de passer la main, son successeur sera désigné dans les jours à venir. Il a tenu à remercier l’équipe qui l’entoure pour son dynamisme et le soutien apporté dans les différentes manifestations. Les éleveurs de simmental ont souffert de la sécheresse en 2018, a rappelé Jean Bernhard. Et les conséquences de cet épisode climatique se font encore sentir aujourd’hui. Ils sont obligés de nourrir leur troupeau « avec un ensilage de qualité moyenne » et ne sont pas sûrs de pouvoir reconstituer leur stock de fourrage tant les prairies ont souffert l’été dernier. Le prix des produits, quant à lui, « n’a pas beaucoup évolué » et le marché des génisses, qui constituait un revenu non négligeable pour les éleveurs de simmental, est devenu « quasiment inexistant ». Coincés entre un consommateur qui réclame du bio ou du sans-OGM et des pays concurrents qui augmentent leur production sans état d’âme, les éleveurs français sont « toujours à la recherche d’un modèle agricole » approprié, constate le président du Syndicat de la simmental française d’Alsace, persuadé que la mécanisation va continuer à se développer dans des exploitations toujours plus grandes. « Il faudra vivre avec ça », prédit-il, en insistant sur la nécessité de donner des perspectives aux jeunes qui s’engagent dans la production laitière. Festival de l’élevage : un maximum d’animaux Jean Bernhard a remercié les éleveurs pour leur participation au festival de l’élevage qui est devenu la seconde fête agricole dans le Bas-Rhin après le concours départemental de labour. Il encourage les éleveurs à présenter un maximum d’animaux à la prochaine édition, qui aura lieu à Brumath les 11 et 12 mai prochains. Tout en exprimant un regret : qu’il n’y ait plus de grand concours régional depuis la disparition d’Eurogénétique. « Il faudrait une vraie manifestation d’élevage dans le Grand Est », déclare-t-il. Dans son rapport d’activité, Claude Ettlinger, d’Élitest, a lui aussi évoqué le festival de l’élevage. Sept éleveurs ont participé au concours simmental 2018, dont un pour la première fois. Le Gaec Cousandier de Rœschwoog et le Gaec Fichter d’Uhrwiller ont trusté les prix de championnat, tandis que l’EARL Engel de Buhl s’adjugeait le prix du meilleur lot. À l’occasion de leur assemblée générale 2018, qui s’était tenue en Allemagne, les adhérents du syndicat ont également eu l’occasion de visiter un élevage simmental outre-Rhin. Hervé Vignon, directeur de Simmental France, a fait le point sur le schéma de sélection et l’offre génétique en simmental. Le schéma de sélection actuel repose sur un réservoir de 16 000 vaches dont les performances sont contrôlées au Contrôle laitier. Sur ces 16 000 vaches, 11 000 bénéficient en plus d’un suivi morphologique et c’est dans ces 11 000 vaches que l’Organisme de sélection (OS) puise des mères à taureaux, qui sont accouplées avec le meilleur de la génétique européenne. Tous les ans, 100 candidats mâles sont génotypés et évalués génétiquement en Allemagne avec la population de référence allemande. Les index de ces mâles sont convertis en base française, à charge pour l’OS de trier les candidats retenus dans l’offre génomique pour en sortir cinq ou six. Puis ces taureaux sont indexés sur descendance et viennent enrichir l’offre de taureaux utilisables par les éleveurs. Celle-ci est segmentée en plusieurs catégories : le catalogue Simmental France comprend des taureaux indexés sur descendance qui ont des filles en production ; la gamme génomique, qui comprend huit taureaux aux profils variés, auxquels s’ajoutent quelques taureaux allemands et autrichiens, proposés par les partenaires de l’OS ; la gamme des taureaux étrangers disponible sous forme de semences importées, qui comprend à la fois des taureaux indexés sur descendance et des taureaux génomiques. Au final, ce sont 77 taureaux différents qui sont proposés par Simmental France. Un nouvel Isu en 2020 L’Isu, l’index de synthèse utilisé pour évaluer le niveau génétique des animaux, sera révisé en 2019, a annoncé Hervé Vignon. « La dernière révision remontait à 2012, souligne le directeur de Simmental France. Compte tenu de l’évolution de la conjoncture économique et de l’arrivée de l’index aptitudes bouchères, une révision s’imposait. » Simmental France a fait appel à l’Institut de l’élevage (Idele) et à une jeune ingénieure, Camille Vial, qui va étudier, en fonction de différents cas-types d’élevage, l’influence de chaque caractère élémentaire dans le revenu des éleveurs. L’objectif est « de pondérer l’Isu pour permettre à l’éleveur de dégager le meilleur résultat économique. » Le nouvel Isu pourrait se mettre en place courant 2020, prévoit Hervé Vignon. Autre sujet d’actualité, la révision du règlement zootechnique européen (RZE). Ce nouveau règlement, applicable depuis le 1er novembre 2018, donne de nouvelles missions et responsabilités aux OS. « Avant, l’enregistrement des filiations était assuré par l’EDE, le contrôle de performances par le Contrôle laitier, les index et l’évaluation génétique par l’Inra, la diffusion des index par l’Idele, la gestion des schémas de sélection par les entreprises de sélection, les orientations raciales, le Livre généalogique et la promotion de la race par les OS, énumère Hervé Vignon. Depuis le 1er novembre dernier, l’OS est responsable de tout, sauf de l’identification qui reste à l’EDE. » Pour pouvoir assurer ces nouvelles missions, Simmental France, dont les moyens humains sont limités, passera des contrats de délégation de service. Les éleveurs, quant à eux, vont devoir signer un consentement pour mettre à disposition de l’OS leurs données qui serviront à calculer les index. À l’initiative du monde de l’élevage, un nouvel organisme a été créé, GenEval, qui remplacera l’Inra pour l’évaluation génétique. « Rien ne nous oblige à faire indexer les animaux par GenEval, précise Hervé Vignon. Nous sommes en pleine réflexion pour savoir si nous continuons à faire évaluer en France ou si nous avons intérêt à faire indexer nos animaux en Allemagne ou en Autriche. » Le coût de l’indexation, de l’ordre d’1 € par animal au départ, voire 1,50 € dans les années futures, sera à la charge de l’éleveur, précise encore Hervé Vignon. Si l’indexation devait se faire en Allemagne, le prix serait supérieur puisqu’il faudra intégrer le coût du transfert d’informations, ajoute-t-il. Comparer la fiabilité des index Simmental France a décidé d’ouvrir le génotypage aux femelles. Celui-ci n’était jusqu’alors réalisé que sur les mâles. L’OS estime qu’avec près de 3 000 animaux génotypés en 2018, la précision des index est désormais suffisante. Toutefois, cette ouverture du génotypage se fait avec certaines restrictions : elle est limitée aux femelles ayant un pedigree complet (trois générations) et aux éleveurs adhérant au service génétique de Simmental France. Une offre promotionnelle est proposée jusqu’au 30 juin, à 30 € par génotypage, hors frais de prélèvement. Le but est de génotyper un maximum d’animaux et d’envoyer une partie des prélèvements en Allemagne, afin de pouvoir comparer la fiabilité des index français et allemands. Depuis un an environ, la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) propose aux éleveurs d’intégrer un groupe de suivi technico-économique. Cette prestation de conseil collectif est le fruit d’une coopération entre la CAA et le Centre de fiscalité et de gestion, a expliqué Sophie Weidmann, du service élevage de la CAA. L’objectif est de valoriser les données technico-économiques des éleveurs, de leur transmettre un compte rendu trimestriel permettant une meilleure réactivité dans la gestion de leur exploitation et de permettre une comparaison entre éleveurs géographiquement proches et appartenant à des systèmes comparables. Cette prestation nécessite d’avoir une comptabilité à jour trimestriellement, mais elle n’occasionne pas de double saisie, précise la conseillère. Elle peut être incluse dans les offres de conseil déjà souscrites. Six groupes fonctionnent actuellement en Alsace et un septième groupe pourrait se créer.

Bien-être animal

Des vaches entravées et zen

Publié le 20/03/2019

Pratiquer la stabulation entravée tout en garantissant le bien-être animal ? C’est ce qu’a voulu démontrer la Chambre d'agriculture d’Alsace en organisant une journée d’échanges sur ce thème le 7 mars dernier à Saint-Amarin.

Elles sont zen ces vaches. Même entravées. Dans l’étable de la ferme du Boskopf, sur les hauteurs de Saint-Amarin, le troupeau de Pierre-Édouard Kornacker mange tranquillement sa ration quotidienne en attendant le retour des beaux jours. Si leurs pattes doivent forcément avoir envie de se dégourdir un peu, les quinze Vosgiennes et les trois Montbéliardes de ce cheptel ne semblent pas particulièrement pressés de s’échapper de ces murs. Il faut dire que tout a été pensé pour leur bien-être lors de la construction du bâtiment, il y a cinq ans. Le tout, dans une stabulation entravée. Une pratique que certains souhaiteraient pourtant interdire, contraire selon eux aux fondements du bien-être animal. Et pourtant, comme il existe des stabulations libres où les vaches ne voient jamais la lumière du jour, il existe des stabulations entravées où les animaux ont la possibilité de s’épanouir. Tout n’est finalement qu’une question de positionnement. C’est ce qu’a voulu démontrer la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) le 7 mars dernier lors d’une journée organisée dans le cadre de la Conférence du Rhin Supérieure (CRS) sur la thématique du bien-être des vaches à l’attache. Celle-ci faisait suite au colloque « Bien-être animal » qui s’était déroulé le 8 novembre 2017 à Obernai. Outre-Rhin, le fait d’attacher les vaches dans l’étable est de plus en plus perçu comme étant « contraire au bien-être animal ». Comme l’explique Morgane Hoenen, conseillère en élevage à la CAA, la coopérative Schwarzwaldmilch, située en Forêt Noire, subit des pressions de plus en plus importantes de la part de ses clients (Lidl, etc.) pour que le bien-être des vaches soit « assuré » dans les exploitations laitières. « Du coup, on demande aux éleveurs allemands d’arrêter la stabulation entravée pour une stabulation libre. » Pour le profane en effet, le choix entre « entrave » et « libre » est vite vu. Si la vache est attachée, elle est forcément malheureuse. Elle est « prisonnière » de sa condition. De l’autre côté, elle est « libre » avec tout ce que cela sous-entend : libre de se coucher où elle le souhaite, libre de manger quand elle veut, libre de se faire traire ou libre d’aller prendre l’air. Ça, c’est pour l’image d’Épinal. Comme bien souvent en agriculture, la réalité de la stabulation est à nuancer. Qu’elle soit libre ou entravée, tout est d’abord une question de contexte, de savoir-faire, de taille de troupeau… et de budget. De par sa nature, un bâtiment d’élevage en stabulation libre requiert bien plus d’espace qu’un bâtiment en stabulation entravée. Il est ainsi bien plus adapté à un gros cheptel comme ceux qu’on peut trouver en plaine d’Alsace, dans le Sundgau ou en Alsace Bossue. Entrave adaptée, vaches « heureuses » Plus de surface, cela veut dire aussi plus cher pour des éleveurs qui n’ont bien souvent pas de quoi se verser un salaire décent. « Alors qui paie ? Comment un agriculteur de montagne qui a un petit troupeau peut financer un tel bâtiment ? », se demande Véronique Klein, vice-présidente de la CAA. « Avant d’exiger des choses et de juger, il faut déjà se poser les bonnes questions. » Pour sa part, elle pratique la stabulation libre dans son exploitation bio d’Ottwiller en Alsace Bossue. Dans ses premières années d’exercice, elle pratiquait l’entrave avec ses holsteins, comme la majorité des éleveurs dans les années 70 et 80. Mais rien à voir avec ce qui se fait aujourd’hui en termes de bien-être animal. « Mes vaches étaient trop grandes pour l’espace dont je disposais et elles n’étaient pas aussi bien attachées qu’aujourd’hui. Pour rien au monde, je ne voudrais y retourner. Dans mon cas, la stabulation libre est bien plus adaptée. J’ai la place et un troupeau plus conséquent que la plupart des mes collègues de montagne. Pour eux, c’est différent. Ils sont installés dans des conditions plus difficiles où il est compliqué de construire des bâtiments. Du coup, il faut composer avec les contraintes qui sont présentes. » Le tout, sans jamais sacrifier le bien-être animal. Au contraire, même. Gérard Claudepierre, éleveur au Bonhomme, le constate depuis qu’il pratique le métier d’agriculteur. « J’ai toujours été en stabulation entravée. Personnellement, je n’y vois que des avantages pour peu que cela ait été bien étudié au départ. J’ai un bâtiment lumineux et qui reste chaud en hiver. Mes vaches sont calmes et s’entendent bien entre elles. Il n’y a pas de rapport de supériorité. Lorsqu’elles vont aux pâtures l’été, elles sont heureuses d’aller à la traite le soir. De l’autre côté, mes clients qui viennent à la ferme sont contents de pouvoir caresser des vaches douces et gentilles. Si on prétend qu’on ne respecte pas le bien-être animal, il faudra me dire où. » À Dolleren, Roger Trommenschlager possède cinquante-cinq Vosgiennes, dont la moitié produit du lait transformé à la ferme en fromages ou yaourts. Son exploitation étant située dans une zone légèrement escarpée, le choix de la stabulation entravée apparaissait comme une évidence lorsqu’il a construit sa nouvelle étable au début de la décennie. « Mon bâtiment est lumineux, bien ventilé et très large. Mes animaux ont des surfaces de couchage relativement importantes et des systèmes d’attache qui leur offrent beaucoup de mobilité. Quand l’entrave est bien adaptée, les animaux s’y retrouvent. » « Éduquer » le consommateur L’éleveur a aussi à y gagner, outre une économie pour son porte-monnaie. Dans un système entravé, les vaches conservent leurs cornes. Un attribut naturel qui représente néanmoins un risque potentiel pour l’éleveur ou les autres animaux. « Du coup, on peut travailler en sécurité tout en leur laissant leurs cornes », argumente Gérard Claudepierre. Dans une stabulation libre en revanche, les vaches doivent être écornées. Ce qui n’est pas sans poser quelques questions sur le bien-être de l’animal, souligne Véronique Klein. Chez elle, toutes ses vaches et génisses n’ont plus de cornes. « Pourtant, le fait d’écorner est vu par certains éleveurs comme une maltraitance animale. Mais de l’autre côté, cela permet aux animaux d’évoluer dans une stabulation libre. Il faut en avoir conscience. Pour ma part, on anesthésie les jeunes veaux pour qu’ils souffrent le moins possible. Mais clairement, c’est un travail qu’aucun éleveur n’aime faire. Mais c’est la condition pour assurer la sécurité des animaux et des hommes dans l’élevage. » C’est ce genre d’aspects techniques que les éleveurs souhaiteraient faire comprendre aux consommateurs. Le bien-être animal est autant possible en stabulation libre qu’en stabulation entravée. Mais chaque système a ses avantages comme ses inconvénients. « Il faut que les gens comprennent qu’en stabulation libre, il y a une hiérarchie qui se met en place entre les animaux. Les coups de corne sont vite arrivés. Des animaux peuvent être blessés, voire tués. C’est pour cela qu’il faut écorner », précise Morgane Hoenen. L’élevage de montagne lié à l’entrave Cette pratique finira probablement par disparaître un jour avec le développement de la sélection génétique qui permet de faire naître les vaches sans cornes. « Mais d’ici à ce que ce soit véritablement démocratisé, on a encore de la marge », indique Véronique Klein. Sans compter que simplement bon nombre d’éleveurs restent attachés aux cornes de leurs vaches. Pas sûr en effet que l’emblématique Vosgienne conserve son attrait touristique sans ses cornes. Pas sûr, non plus, qu’il y ait encore des Vosgiennes sur le massif si la stabulation entravée venait à être purement interdite comme le redoutent certains éleveurs. Denis Marchal, qui exploite son lait bio et la transforme à Lapoutroie depuis 1994, en fait partie. En entravé depuis ses débuts, il hésite à investir dans une nouvelle étable, entravée à nouveau, qui lui permettrait d’améliorer ses conditions de travail. « On ne sait pas comment va évoluer la réglementation. J’espère qu’on laissera encore la liberté aux éleveurs de choisir le système qu’ils préfèrent. Pour nous éleveurs de montagne, la stabulation entravée est bien plus économique. Mais si on l’interdit, les jeunes vont hésiter à reprendre les exploitations. Et si les éleveurs disparaissent, qui va s’occuper des paysages de montagne ? » Dans une telle situation, c’est le « bien-être » du touriste qui serait alors impacté. Et là, plus de vaches zen à l’horizon.

Publié le 08/03/2019

Le déploiement d’une stratégie offensive pour préserver le statut indemne de la France de peste porcine africaine montre que la politique sanitaire doit être prioritaire sur tout le territoire. En Alsace, une réflexion est indispensable, à long terme, sur le fonctionnement des outils de travail existants.

Le groupement de défense sanitaire des animaux (GDS) Alsace a tenu son assemblée générale vendredi 1er mars dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine sous la présidence de Patrick Bastian. Après avoir rappelé les événements climatiques de 2018, il a insisté sur l’importance de préserver un bon état sanitaire, tant des installations que du cheptel dans la région. Pour réussir, il faut évoluer. Une réflexion à long terme sur les outils existants est nécessaire. « Je suis favorable à un seul abattoir en Alsace. Un jour, il faudra que nous ayons tous un véritable débat. Nous devons être sincères entre nous », explique Patrick Bastian. Il s’agace, notamment dans le Bas-Rhin, des tarifs en vigueur dans les différents laboratoires de vétérinaires. « Il y a actuellement 160 000 animaux en Alsace. C’est donc un petit cheptel. On ne peut continuer à payer toutes les structures existantes avec un tel cheptel. » Le GDS se porte bien. « Nous avons un résultat net positif de 132 000 €. Mais, il faut préparer l’avenir. Savoir se structurer différemment, avant d’y être contraint », ajoute Patrick Bastian. Élu au Conseil régional du Grand Est, il parle en connaissance de cause en ce qui concerne les politiques de soutien. « Ces aides, tôt ou tard, vont baisser. Il faut donc être prudent, vigilant et anticiper. » Présent à la réunion, Dominique Colon, du GDS de Meurthe et Moselle, a confirmé la nécessaire réorganisation des laboratoires publics. Le bon fonctionnement des outils est d’autant plus nécessaire que les maladies sont une réalité sur le territoire. Pour la diarrhée virale bovine (BVD), un plan d’éradication a été engagé depuis le printemps 2016. Il a débuté par le bouclage systématique des veaux à la naissance. En 2018, ce sont près de 60 000 veaux qui ont été analysés. 180 d’entre eux, soit 0,30 % étaient positifs. Et sur les 1 445 élevages engagés, cela concerne 72 élevages en Alsace, soit 4,90 % de l’effectif total. Pour la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), cinq cheptels se sont assainis au cours de la dernière campagne. L’arrêté ministériel du 31 mai 2016 a rendu obligatoire la qualification des cheptels et restreint les mouvements des bovins positifs et issus de cheptels non qualifiés. Les anomalies constatées lors d’introductions restent les principales causes de suspension de qualification. Il a été rappelé aux éleveurs qu’un délai de quinze jours doit être respecté entre la date d’introduction et la réalisation des prises de sang. Concernant la paratuberculose, les plans de lutte sont proposés dans les élevages au sein desquels une suspicion clinique a été confirmée par des analyses. Le GDS accompagne financièrement les élevages durant cinq ans. 47 cheptels en Alsace sont dans ce plan de lutte. Ils représentent un dépistage de 4 635 animaux. 129 d’entre eux, soit 2,8 % ont été déclarés « non négatifs ». Enfin, la « besnoitiose bovine » a été présentée par Marc Peterschmitt, vétérinaire. Ce parasite s’attaque au sang des animaux ou par la provocation de kystes tissulaires. La transmission vectorielle est aujourd’hui le seul mode de contamination scientifiquement reconnu. « Il faut se préparer » Mais, la mobilisation la plus forte concerne la peste porcine africaine. Si aucun cas n’a encore été constaté en France, les autorités sanitaires et les éleveurs doivent se préparer car le niveau de risque est aujourd’hui maximal. « Il faut savoir et répéter que cette maladie n’a pas de répercussion sur l’être humain. Mais pour les cheptels, son apparition peut être très problématique. La Belgique est touchée. Deux sangliers infectés ont été identifiés début janvier en Belgique, à 1 kilomètre de la frontière française. Ces deux cas confirment la forte progression de la maladie et sa proximité avec notre pays. Il faut donc se préparer. Dans tous les cas, on n’arrêtera pas l’élevage. Mais, il faut anticiper pour avoir des solutions le jour où la maladie sera là. Il faut davantage de surveillance dans le Grand Est. Et sans attendre, mettre davantage de clôtures en place très rapidement », prévient Patrick Bastian. Des battues concertées et administratives, accompagnées de tirs de jour à l’affût avec appâts, et des tirs de nuit avec phares, tirs à visée nocturne et piégeages ont lieu dans une zone située sur les départements de la Meuse et des Ardennes. Elle couvre une superficie de plus de 140 km2. Cette chasse intensive a permis d’abattre plus de 200 sangliers en janvier et février derniers. Dans cette zone, et depuis le week-end du 19 janvier 2019, toute activité forestière, économique et de loisir est interdite par arrêté préfectoral. L’armée a même été appelée en renfort pour un appui logistique et humain (pose de pièges et battues, mais pas de tirs). Prochainement, il y aura la pose de nouvelles clôtures et une extension des analyses sur les animaux tirés. Section apicole À noter enfin qu’une section apicole a été créée au sein du GDS Alsace. Ce sont les deux GDS apicoles départementaux qui en sont membres. La création de cette section a été rendue possible par le statut d’Organisme à vocation sanitaire (OVS) du GDS Alsace. Il est en capacité d’accueillir toutes les espèces qui souhaitent développer ou poursuivre une action sanitaire collective. Dans ce même mouvement, des sections apicoles ont été créées dans tous les GDS du Grand Est afin de porter les dossiers sanitaires de façon cohérente et harmonisée sur les aspects techniques et financiers. Cette section compte 1 865 adhérents pour 22 825 colonies dans le Haut-Rhin et 1 332 adhérents pour 15 386 colonies dans le Bas-Rhin.

Pages

Les vidéos