Élevage

Bien-être animal

Des vaches entravées et zen

Publié le 20/03/2019

Pratiquer la stabulation entravée tout en garantissant le bien-être animal ? C’est ce qu’a voulu démontrer la Chambre d'agriculture d’Alsace en organisant une journée d’échanges sur ce thème le 7 mars dernier à Saint-Amarin.

Elles sont zen ces vaches. Même entravées. Dans l’étable de la ferme du Boskopf, sur les hauteurs de Saint-Amarin, le troupeau de Pierre-Édouard Kornacker mange tranquillement sa ration quotidienne en attendant le retour des beaux jours. Si leurs pattes doivent forcément avoir envie de se dégourdir un peu, les quinze Vosgiennes et les trois Montbéliardes de ce cheptel ne semblent pas particulièrement pressés de s’échapper de ces murs. Il faut dire que tout a été pensé pour leur bien-être lors de la construction du bâtiment, il y a cinq ans. Le tout, dans une stabulation entravée. Une pratique que certains souhaiteraient pourtant interdire, contraire selon eux aux fondements du bien-être animal. Et pourtant, comme il existe des stabulations libres où les vaches ne voient jamais la lumière du jour, il existe des stabulations entravées où les animaux ont la possibilité de s’épanouir. Tout n’est finalement qu’une question de positionnement. C’est ce qu’a voulu démontrer la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) le 7 mars dernier lors d’une journée organisée dans le cadre de la Conférence du Rhin Supérieure (CRS) sur la thématique du bien-être des vaches à l’attache. Celle-ci faisait suite au colloque « Bien-être animal » qui s’était déroulé le 8 novembre 2017 à Obernai. Outre-Rhin, le fait d’attacher les vaches dans l’étable est de plus en plus perçu comme étant « contraire au bien-être animal ». Comme l’explique Morgane Hoenen, conseillère en élevage à la CAA, la coopérative Schwarzwaldmilch, située en Forêt Noire, subit des pressions de plus en plus importantes de la part de ses clients (Lidl, etc.) pour que le bien-être des vaches soit « assuré » dans les exploitations laitières. « Du coup, on demande aux éleveurs allemands d’arrêter la stabulation entravée pour une stabulation libre. » Pour le profane en effet, le choix entre « entrave » et « libre » est vite vu. Si la vache est attachée, elle est forcément malheureuse. Elle est « prisonnière » de sa condition. De l’autre côté, elle est « libre » avec tout ce que cela sous-entend : libre de se coucher où elle le souhaite, libre de manger quand elle veut, libre de se faire traire ou libre d’aller prendre l’air. Ça, c’est pour l’image d’Épinal. Comme bien souvent en agriculture, la réalité de la stabulation est à nuancer. Qu’elle soit libre ou entravée, tout est d’abord une question de contexte, de savoir-faire, de taille de troupeau… et de budget. De par sa nature, un bâtiment d’élevage en stabulation libre requiert bien plus d’espace qu’un bâtiment en stabulation entravée. Il est ainsi bien plus adapté à un gros cheptel comme ceux qu’on peut trouver en plaine d’Alsace, dans le Sundgau ou en Alsace Bossue. Entrave adaptée, vaches « heureuses » Plus de surface, cela veut dire aussi plus cher pour des éleveurs qui n’ont bien souvent pas de quoi se verser un salaire décent. « Alors qui paie ? Comment un agriculteur de montagne qui a un petit troupeau peut financer un tel bâtiment ? », se demande Véronique Klein, vice-présidente de la CAA. « Avant d’exiger des choses et de juger, il faut déjà se poser les bonnes questions. » Pour sa part, elle pratique la stabulation libre dans son exploitation bio d’Ottwiller en Alsace Bossue. Dans ses premières années d’exercice, elle pratiquait l’entrave avec ses holsteins, comme la majorité des éleveurs dans les années 70 et 80. Mais rien à voir avec ce qui se fait aujourd’hui en termes de bien-être animal. « Mes vaches étaient trop grandes pour l’espace dont je disposais et elles n’étaient pas aussi bien attachées qu’aujourd’hui. Pour rien au monde, je ne voudrais y retourner. Dans mon cas, la stabulation libre est bien plus adaptée. J’ai la place et un troupeau plus conséquent que la plupart des mes collègues de montagne. Pour eux, c’est différent. Ils sont installés dans des conditions plus difficiles où il est compliqué de construire des bâtiments. Du coup, il faut composer avec les contraintes qui sont présentes. » Le tout, sans jamais sacrifier le bien-être animal. Au contraire, même. Gérard Claudepierre, éleveur au Bonhomme, le constate depuis qu’il pratique le métier d’agriculteur. « J’ai toujours été en stabulation entravée. Personnellement, je n’y vois que des avantages pour peu que cela ait été bien étudié au départ. J’ai un bâtiment lumineux et qui reste chaud en hiver. Mes vaches sont calmes et s’entendent bien entre elles. Il n’y a pas de rapport de supériorité. Lorsqu’elles vont aux pâtures l’été, elles sont heureuses d’aller à la traite le soir. De l’autre côté, mes clients qui viennent à la ferme sont contents de pouvoir caresser des vaches douces et gentilles. Si on prétend qu’on ne respecte pas le bien-être animal, il faudra me dire où. » À Dolleren, Roger Trommenschlager possède cinquante-cinq Vosgiennes, dont la moitié produit du lait transformé à la ferme en fromages ou yaourts. Son exploitation étant située dans une zone légèrement escarpée, le choix de la stabulation entravée apparaissait comme une évidence lorsqu’il a construit sa nouvelle étable au début de la décennie. « Mon bâtiment est lumineux, bien ventilé et très large. Mes animaux ont des surfaces de couchage relativement importantes et des systèmes d’attache qui leur offrent beaucoup de mobilité. Quand l’entrave est bien adaptée, les animaux s’y retrouvent. » « Éduquer » le consommateur L’éleveur a aussi à y gagner, outre une économie pour son porte-monnaie. Dans un système entravé, les vaches conservent leurs cornes. Un attribut naturel qui représente néanmoins un risque potentiel pour l’éleveur ou les autres animaux. « Du coup, on peut travailler en sécurité tout en leur laissant leurs cornes », argumente Gérard Claudepierre. Dans une stabulation libre en revanche, les vaches doivent être écornées. Ce qui n’est pas sans poser quelques questions sur le bien-être de l’animal, souligne Véronique Klein. Chez elle, toutes ses vaches et génisses n’ont plus de cornes. « Pourtant, le fait d’écorner est vu par certains éleveurs comme une maltraitance animale. Mais de l’autre côté, cela permet aux animaux d’évoluer dans une stabulation libre. Il faut en avoir conscience. Pour ma part, on anesthésie les jeunes veaux pour qu’ils souffrent le moins possible. Mais clairement, c’est un travail qu’aucun éleveur n’aime faire. Mais c’est la condition pour assurer la sécurité des animaux et des hommes dans l’élevage. » C’est ce genre d’aspects techniques que les éleveurs souhaiteraient faire comprendre aux consommateurs. Le bien-être animal est autant possible en stabulation libre qu’en stabulation entravée. Mais chaque système a ses avantages comme ses inconvénients. « Il faut que les gens comprennent qu’en stabulation libre, il y a une hiérarchie qui se met en place entre les animaux. Les coups de corne sont vite arrivés. Des animaux peuvent être blessés, voire tués. C’est pour cela qu’il faut écorner », précise Morgane Hoenen. L’élevage de montagne lié à l’entrave Cette pratique finira probablement par disparaître un jour avec le développement de la sélection génétique qui permet de faire naître les vaches sans cornes. « Mais d’ici à ce que ce soit véritablement démocratisé, on a encore de la marge », indique Véronique Klein. Sans compter que simplement bon nombre d’éleveurs restent attachés aux cornes de leurs vaches. Pas sûr en effet que l’emblématique Vosgienne conserve son attrait touristique sans ses cornes. Pas sûr, non plus, qu’il y ait encore des Vosgiennes sur le massif si la stabulation entravée venait à être purement interdite comme le redoutent certains éleveurs. Denis Marchal, qui exploite son lait bio et la transforme à Lapoutroie depuis 1994, en fait partie. En entravé depuis ses débuts, il hésite à investir dans une nouvelle étable, entravée à nouveau, qui lui permettrait d’améliorer ses conditions de travail. « On ne sait pas comment va évoluer la réglementation. J’espère qu’on laissera encore la liberté aux éleveurs de choisir le système qu’ils préfèrent. Pour nous éleveurs de montagne, la stabulation entravée est bien plus économique. Mais si on l’interdit, les jeunes vont hésiter à reprendre les exploitations. Et si les éleveurs disparaissent, qui va s’occuper des paysages de montagne ? » Dans une telle situation, c’est le « bien-être » du touriste qui serait alors impacté. Et là, plus de vaches zen à l’horizon.

Publié le 08/03/2019

Le déploiement d’une stratégie offensive pour préserver le statut indemne de la France de peste porcine africaine montre que la politique sanitaire doit être prioritaire sur tout le territoire. En Alsace, une réflexion est indispensable, à long terme, sur le fonctionnement des outils de travail existants.

Le groupement de défense sanitaire des animaux (GDS) Alsace a tenu son assemblée générale vendredi 1er mars dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine sous la présidence de Patrick Bastian. Après avoir rappelé les événements climatiques de 2018, il a insisté sur l’importance de préserver un bon état sanitaire, tant des installations que du cheptel dans la région. Pour réussir, il faut évoluer. Une réflexion à long terme sur les outils existants est nécessaire. « Je suis favorable à un seul abattoir en Alsace. Un jour, il faudra que nous ayons tous un véritable débat. Nous devons être sincères entre nous », explique Patrick Bastian. Il s’agace, notamment dans le Bas-Rhin, des tarifs en vigueur dans les différents laboratoires de vétérinaires. « Il y a actuellement 160 000 animaux en Alsace. C’est donc un petit cheptel. On ne peut continuer à payer toutes les structures existantes avec un tel cheptel. » Le GDS se porte bien. « Nous avons un résultat net positif de 132 000 €. Mais, il faut préparer l’avenir. Savoir se structurer différemment, avant d’y être contraint », ajoute Patrick Bastian. Élu au Conseil régional du Grand Est, il parle en connaissance de cause en ce qui concerne les politiques de soutien. « Ces aides, tôt ou tard, vont baisser. Il faut donc être prudent, vigilant et anticiper. » Présent à la réunion, Dominique Colon, du GDS de Meurthe et Moselle, a confirmé la nécessaire réorganisation des laboratoires publics. Le bon fonctionnement des outils est d’autant plus nécessaire que les maladies sont une réalité sur le territoire. Pour la diarrhée virale bovine (BVD), un plan d’éradication a été engagé depuis le printemps 2016. Il a débuté par le bouclage systématique des veaux à la naissance. En 2018, ce sont près de 60 000 veaux qui ont été analysés. 180 d’entre eux, soit 0,30 % étaient positifs. Et sur les 1 445 élevages engagés, cela concerne 72 élevages en Alsace, soit 4,90 % de l’effectif total. Pour la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), cinq cheptels se sont assainis au cours de la dernière campagne. L’arrêté ministériel du 31 mai 2016 a rendu obligatoire la qualification des cheptels et restreint les mouvements des bovins positifs et issus de cheptels non qualifiés. Les anomalies constatées lors d’introductions restent les principales causes de suspension de qualification. Il a été rappelé aux éleveurs qu’un délai de quinze jours doit être respecté entre la date d’introduction et la réalisation des prises de sang. Concernant la paratuberculose, les plans de lutte sont proposés dans les élevages au sein desquels une suspicion clinique a été confirmée par des analyses. Le GDS accompagne financièrement les élevages durant cinq ans. 47 cheptels en Alsace sont dans ce plan de lutte. Ils représentent un dépistage de 4 635 animaux. 129 d’entre eux, soit 2,8 % ont été déclarés « non négatifs ». Enfin, la « besnoitiose bovine » a été présentée par Marc Peterschmitt, vétérinaire. Ce parasite s’attaque au sang des animaux ou par la provocation de kystes tissulaires. La transmission vectorielle est aujourd’hui le seul mode de contamination scientifiquement reconnu. « Il faut se préparer » Mais, la mobilisation la plus forte concerne la peste porcine africaine. Si aucun cas n’a encore été constaté en France, les autorités sanitaires et les éleveurs doivent se préparer car le niveau de risque est aujourd’hui maximal. « Il faut savoir et répéter que cette maladie n’a pas de répercussion sur l’être humain. Mais pour les cheptels, son apparition peut être très problématique. La Belgique est touchée. Deux sangliers infectés ont été identifiés début janvier en Belgique, à 1 kilomètre de la frontière française. Ces deux cas confirment la forte progression de la maladie et sa proximité avec notre pays. Il faut donc se préparer. Dans tous les cas, on n’arrêtera pas l’élevage. Mais, il faut anticiper pour avoir des solutions le jour où la maladie sera là. Il faut davantage de surveillance dans le Grand Est. Et sans attendre, mettre davantage de clôtures en place très rapidement », prévient Patrick Bastian. Des battues concertées et administratives, accompagnées de tirs de jour à l’affût avec appâts, et des tirs de nuit avec phares, tirs à visée nocturne et piégeages ont lieu dans une zone située sur les départements de la Meuse et des Ardennes. Elle couvre une superficie de plus de 140 km2. Cette chasse intensive a permis d’abattre plus de 200 sangliers en janvier et février derniers. Dans cette zone, et depuis le week-end du 19 janvier 2019, toute activité forestière, économique et de loisir est interdite par arrêté préfectoral. L’armée a même été appelée en renfort pour un appui logistique et humain (pose de pièges et battues, mais pas de tirs). Prochainement, il y aura la pose de nouvelles clôtures et une extension des analyses sur les animaux tirés. Section apicole À noter enfin qu’une section apicole a été créée au sein du GDS Alsace. Ce sont les deux GDS apicoles départementaux qui en sont membres. La création de cette section a été rendue possible par le statut d’Organisme à vocation sanitaire (OVS) du GDS Alsace. Il est en capacité d’accueillir toutes les espèces qui souhaitent développer ou poursuivre une action sanitaire collective. Dans ce même mouvement, des sections apicoles ont été créées dans tous les GDS du Grand Est afin de porter les dossiers sanitaires de façon cohérente et harmonisée sur les aspects techniques et financiers. Cette section compte 1 865 adhérents pour 22 825 colonies dans le Haut-Rhin et 1 332 adhérents pour 15 386 colonies dans le Bas-Rhin.

Publié le 04/03/2019

Jeudi 14 et vendredi 15 mars, la Chambre d'agriculture d’Alsace organise deux journées techniques dédiées à l’élevage des veaux. Elles font suite à une formation que certains techniciens du Contrôle laitier ont suivie en Allemagne, dans le cadre du projet Elena. Petite révolution en perspective !

Toutes les mères le savent bien tant les professionnels de santé le répètent : rien n’est meilleur pour la santé de leur enfant que l’allaitement maternel. Les petits d’hommes et les veaux ont donc au moins deux points communs : ce sont des mammifères et l’alimentation lactée leur réussit. C’est ce qui ressort d’une formation dispensée aux conseillers laitiers germanophones sur la ferme expérimentale Hofgut Neumühle dans le Palatinat dans le cadre du groupe alimentation du projet Elena. Le thème de la formation était l’élevage des veaux. Dans ce domaine, le Dr Christian Koch et le Dr Theresa Scheu sont des experts reconnus, qui mettent en relation la recherche scientifique et la pratique. Leur leitmotiv est une conduite d’élevage qui permette d’obtenir des veaux en bonne santé. Car cette phase est cruciale et conditionne la carrière de la future productrice. « Réussir l’élevage des veaux c’est l’assurance d’obtenir une vache qui va faire cinq à six lactations sans poser de problèmes », rapporte Julien Wittmann, conseiller élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace qui a suivi cette formation. Pour atteindre cet objectif, il faut comprendre comment les veaux se développent. C’est ce qui permet de prendre les bonnes décisions : 80 % de la mortalité de veaux nés vivants serait liée à des erreurs de conduites d’élevage. Précieux colostrum « Le colostrum doit être distribué rapidement, à raison de 4 litres si le veau le consomme, 3 l au minimum. Il doit être collecté le plus tôt possible, avec une hygiène irréprochable », débute Julien Wittmann. En effet, si le système immunitaire du veau est existant à sa naissance, il n’est pas encore actif. C’est donc l’immunoglobuline que le veau absorbe dans le colostrum qui va lui permettre de se défendre contre les premières infections. On appelle cette phase l’immunité passive. Le colostrum a aussi pour effet de renforcer et développer les villosités de l’intestin, qui constitue la première barrière du système immunitaire. Enfin, il a un rôle « d’entraîneur » pour le système immunitaire actif. « Une distribution du lait de la mère durant les cinq premiers jours permet donc d’améliorer le fonctionnement du système immunitaire et renforce la barrière intestinale. » Limiter les stress Les facteurs de stress augmentent considérablement le risque de maladies chez les êtres vivants. Or les veaux sont soumis à de nombreux stress : intervention au vêlage inappropriée, transport, stress social, transition alimentaire, écornage, élevage en groupe, température, hygrométrie, sevrage, maladie… Avoir conscience de ces facteurs de stress permet d’en limiter les conséquences, et surtout d’éviter de les cumuler : « Par exemple traire la vache rapidement après le vêlage et donner le colostrum au veau en présence de la mère dans le box de vêlage procure un meilleur transfert d’immunoglobuline au veau que s’il est mis en case individuelle avant la prise de colostrum », illustre Julien Wittmann. Cette augmentation de la sensibilité aux maladies en cas de stress s’explique physiologiquement : « Le stress induit la production d’hormones néfastes au fonctionnement de l’organisme et qui fragilisent le fonctionnement des barrières immunitaires. Les lipopolysaccharides, présents dans tous les aliments, pénètrent dans le sang et provoquent des réactions inflammatoires. Pour lutter contre ces réactions, l’organisme synthétise des protéines. Un processus très gourmand en énergie et en acides aminés, ce qui fragilise le veau et pénalise sa croissance. » Bienfaits d’une alimentation lactée non restrictive Une alimentation restrictive est également un facteur de stress. Or dans la majorité des élevages alsaciens, l’alimentation des veaux est restrictive. Dans la nature, les veaux reçoivent autant de lait que la mère en donne - soit 9 à 12 l par jour - le veau se régule en fonction de ses besoins, et le sevrage se fait entre 7 et 9 mois. On est loin des pratiques d’élevage courantes : 5 l de lait par jour la première semaine, 6 à 7 l de lait par jour par la suite, puis un sevrage à 10 semaines. « Cette conduite d’alimentation restrictive pénalise la santé et la carrière du veau et multiplie les facteurs de stress », indique le conseiller. En effet, le système digestif du veau est conçu pour digérer des protéines et de la matière grasse laitière. Il a été mis en évidence qu’il faut 12 semaines pour que le système digestif du veau ait les mêmes proportions de volume qu’un ruminant à l’âge adulte. C’est à partir de cet âge que le veau est en capacité de couvrir ses besoins par une alimentation solide, que le rumen est fonctionnel et capable d’absorber les Acides gras volatiles (AGV). Une distribution restrictive de lait tend à augmenter la consommation de concentré du veau avant même que son rumen soit capable d’absorber correctement les AGV produits. Conséquence : acidose ruminale et acidose du gros intestin. « Il s’agit d’un stress qui fragilise les veaux et les rend plus vulnérables aux maladies. » Objectif 1 000 à 1 200 g/jour À l’inverse, une alimentation intensive en lait procure des veaux en meilleure santé, avec de fortes croissances. « La période de 0 à 50 jours est très importante. Car d’après la littérature c’est durant cette phase que se détermine le nombre de cellules dans les organes. Si la croissance est bonne à ce moment-là, le veau aura des organes plus gros et plus fonctionnels. Cette croissance importante représente du croît noble, on peut se fixer comme objectif 1 000 à 1 200 g/j », indique Julien Wittmann. Pour atteindre cet objectif, il s’agit de mettre en place un plan d’alimentation intensif consistant à faire consommer assez rapidement 10 l de lait par jour : « On peut proposer 5 l de lait de la mère dès la deuxième buvée. En règle générale, les veaux vont consommer 10 l par jour après 5 à 6 jours. Après 14 jours, on peut passer à 12 l par jour, jusqu’à 8 semaines. Ensuite, pour limiter le stress du sevrage, il s’agit de passer de 12 à 2 l en 5 à 6 semaines. En outre, dès 7 jours, le veau aura à sa disposition de l’eau, du foin et du concentré premier âge à volonté », détaille Julien Wittmann.

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