Pratique

Publié le 06/05/2022

Le service départemental haut-rhinois de l’OFB a constaté, le 14 avril, une dérive importante en matière d’agrainage dans un lot de chasse situé dans la vallée de Masevaux. Une procédure judiciaire est en cours. Le service communique ici sur cette affaire.

« Le contrôle du respect des règles permettant d’atteindre l’équilibre agro-sylvo-cynégétique (équilibre cultures/forêt/gibier) figure parmi les priorités en matière de police de la chasse des inspecteurs de l’environnement du service départemental de l’Office français de la biodiversité. Les dégâts causés aux cultures par les sangliers pour l’année écoulée (2021) s’élèvent à 2 264 518,82 euros. L’agrainage réalisé par les chasseurs ne doit consister qu’un menu appâtage destiné à faciliter le prélèvement de sangliers et ne doit, en aucun cas, conduire à un nourrissage visant à augmenter leur population. Les quantités autorisées sont fixées depuis 2019 par l’autorité préfectorale. Des dérives importantes en matière d’agrainage ont été constatées depuis novembre 2021 sur un petit lot de chasse en vallée de Masevaux. Le 14 avril 2022, une équipe d’inspecteurs de l’environnement de l’OFB a réalisé une surveillance dès l’aube de ce lot de chasse. Vers 8 h 30, un véhicule « 4x4 » est entré sur le lot et a été contrôlé vers 9 h 30 en fin de distribution de maïs. Les constatations effectuées ont mis en évidence un dépassement massif des quantités de maïs distribuées : environ 200 kg de maïs au lieu des 4 kg réglementairement autorisés. Le conducteur, un chasseur qui intervenait pour le compte du gestionnaire du lot de chasse, a été auditionné en gendarmerie de Masevaux et le véhicule utilisé a été saisi sur instruction du parquet et placé sous scellés dans l’attente d’une décision de justice. Une procédure judiciaire sera adressée prochainement à Monsieur l’Officier du Ministère public près le tribunal judiciaire de Mulhouse. »

Publié le 05/05/2022

Jennifer et Jean-Noël Graf sont à la tête de Vita-Compost, depuis un an. Dans cette « ruche », proche de Haguenau, professionnels et particuliers du secteur peuvent décharger leurs déchets verts et gravats, sous réserve d’avoir une remorque basculante, acheter terres végétales, amendements, substrats, mulchs, bois énergie, paillages organiques, matériaux de construction, pierres naturelles, ardoises… Mais aussi louer des bennes ou un service de broyage, d’épandage et de livraison à domicile.

L’activité principale de Vita-Compost est le retraitement des végétaux du Smitom de Haguenau-Saverne, le syndicat mixte de traitement des ordures ménagères du secteur sur lequel sont implantées les deux plateformes de compostage de l’entreprise : Bischwiller et Dettwiller. De 30 000 à 35 000 t de végétaux y sont broyés et « criblés », chaque année, avant d’être retournés, puis triés à nouveau, jusqu’à devenir, entre autres, des amendements ; parfois, une très fine terre, mélangée, à la demande, à du fumier ou de la corne. « Aucune boue d’épuration n’est acceptée. Notre compost convient donc aux agriculteurs et maraîchers en bio », précise Jean-Noël Graf, 35 ans, dirigeant de Vita-Compost, depuis un an, avec son épouse Jennifer. Le père de famille est aussi céréalier et entrepreneur à Niederroedern. Amender et aménager Entreprises et particuliers peuvent aussi décharger leurs déchets verts et gravats, sur les plateformes. Ils ne repartent généralement pas la remorque vide, puisque « tous les matériaux naturels pour le jardin et l’agriculture sont disponibles, en gros volume, immédiatement », chez Vita-Compost, à Bischwiller, Dettwiller et, sous forme de drive, à Niederroedern. Jean-Noël Graf met un point d’honneur à avoir du stock et à être réactif. Outre les mélanges spéciaux d’amendements personnalisés, Vita-Compost propose de charger ou de livrer à domicile, en un temps record. « Les clients ne restent jamais garés plus de dix minutes », assure le dynamique trentenaire. Auprès des agriculteurs, les mulchs frais, très accessibles, ont toujours la côte, mais aussi le compost réalisé à partir de végétaux présélectionnés (sans conifères) et le bois énergie. 5 000 à 10 000 t de plaquettes d’élagage sont vendues à des chaufferies de la région, chaque année, précise d’ailleurs Jean-Noël Graf. Les exploitants agricoles trouvent aussi tout ce qu’il faut pour aménager l’extérieur de la ferme, chez Vita-Compost : pierres naturelles, écorces, etc. Et les maraîchers se tournent vers des produits plus avancés, comme du compost à base végétale, avec ajout de différents types de fumiers, de farine de roche et de terre argileuse. Autre partenaire : le Comptoir agricole, pour qui Vita-Compost a élaboré un compost végétal criblé, avec une granulométrie à 0/20 mm. Analyses à la clé, le compost jeune de végétaux est indemne d’indésirables adventices et apporte jusqu’à 7/4/4 d’apport NPK par tonne.     Service clé en main Le point fort de Jean-Noël Graf est sa proximité avec le monde agricole. Il compte une cinquantaine de clients agriculteurs réguliers, dont une dizaine de maraîchers. Jean-Noël a ainsi développé l’offre de services de Vita-Compost. Transport et épandage de compost figurent au menu des prestations, aujourd’hui. Une vingtaine de fidèles font appel à lui pour le « rendu racine ». Il loue aussi des bennes pour collecter les végétaux et les gravats. À la coopérative agricole de Hoerdt, par exemple, Vita-Compost ramasse les déchets de légumes. Aux jardins d’Altaïr, à Oberhoffen-sur-Moder, elle composte sur place les rebuts verts des légumes (mélange du mulch frais avec les légumes, ainsi que du fumier) et épand le fertilisant, ensuite. La boucle est bouclée ! « J’achète des grumes d’aulne aux agriculteurs pour faire des plaquettes, pour les particuliers, confie encore Jean-Noël Graf. Mais aussi du fumier. Je loue des parcelles aux voisins pour y stocker du compost. On crée de belles synergies. » Il embauche aussi des fils d’agriculteurs, heureux de la diversité des tâches à accomplir, ici, et du parc matériel impressionnant, provenant essentiellement de Hantsch, à Marlenheim. Ils sont douze, au total, à œuvrer sur les plateformes de Bischwiller et Dettwiller, au grand air, et aux alentours, à la faveur des prestations.    

ZFE, taxe poids lourd…

La coopération agricole vent debout

Publié le 04/05/2022

Face à la multiplication de projets locaux impactant la rentabilité des entreprises, les acteurs économiques alsaciens se sont organisés au sein du Collectif pour la compétitivité de l’économie alsacienne (CCEA) pour parler d’une même voix. Les représentants de la coopération agricole dénoncent des taxes « injustes », qui vont pénaliser les circuits courts à l’heure où ils devraient être encouragés.

Zones à faibles émissions (ZFE), augmentation de la fiscalité locale des communautés de communes et agglomérations, taxe poids lourds (R-Pass), les acteurs économiques constatent la multiplication des dossiers portés par les collectivités alsaciennes qui impactent l’activité et la rentabilité des entreprises, alors qu’ils subissent depuis deux ans des crises liées à la pandémie de Covid-19, puis à la guerre en Ukraine. Régler les problèmes avant de mettre en place des règles inapplicables Parmi les projets qui inquiètent les acteurs économiques figure la ZFE, dont la mise en œuvre va impliquer des investissements conséquents pour faire évoluer la flotte de véhicules des entreprises. « En l’état, la mise en œuvre de l’interdiction de circulation de la crit’air 2 sur quatre communes de l’Eurométropole en 2028 est irréalisable. Il y a trop d’inconnues, de problèmes techniques, comme la disponibilité en véhicules alternatifs, leur mode d'avitaillement en énergies renouvelables. Nous pensons qu’il est préférable de travailler d’abord à trouver des solutions à ces freins techniques avant de mettre en place des règles inapplicables affublées d’un cortège de dérogations », pointe le Medef Alsace. Où l’on s’interroge aussi sur les modalités de contrôle du respect de ces règles. L’Eurométropole de Strasbourg (EMS) s’est d’ailleurs engagé ce 25 avril sur plusieurs points d’amélioration dont la création d’un comité de suivi avec les acteurs économiques, des annonces qui ont reçu un accueil plutôt favorable. La taxe poids lourds, si elle est censée servir à rééquilibrer le transit routier dans la région, doit aussi servir à financer l’entretien des routes alsaciennes, dont la responsabilité est passée à la Communauté européenne d’Alsace (CEA) depuis le 1er janvier 2021. Pour le Medef Alsace, c’est aussi et surtout une mauvaise réponse à un problème « qui met tout le monde d’accord », celle de la surcharge des routes alsaciennes liée au transit des poids lourds. Mais il faut discerner la part de la circulation qui relève du transit pur de celle qui sert à alimenter et desservir les entreprises alsaciennes. Or, il apparaît que 85 % des véhicules qui roulent en Alsace le font pour faire tourner l’économie locale, que ce soit pour des entrées, des sorties, ou des échanges de marchandises. Le transit pur ne représenterait donc que 15 % de la circulation régionale. La taxe poids lourds va donc être essentiellement portée par les entreprises alsaciennes. Car tout ce qui entre et sort sera taxé. À ce compte-là, les produits manufacturés en Alsace risquent de devenir plus chers que ceux qui proviennent de plus loin. Ainsi, les fruits et légumes d’Allemagne pourraient être moins chers que ceux produits localement. Idem pour les yaourts bretons… Certes des exonérations sont prévues, par exemple sur le transport de matières premières réalisé en tracteur, mais elles n’effacent pas le surcoût lié aux transferts en camions sur les routes alsaciennes, pour fabriquer des produits alsaciens.

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