Pratique

Publié le 15/06/2022

Et c’est reparti pour un (e) tour (née) ! La Résidence itinérante a démarré en fanfare sa Route des Vins d’Alsace, le week-end passé, à Ottrott, pour cette huitième édition. Les troubadours emmenés par Didier Christen, du collectif Bal’us’trad, sont partis à pied, lundi, en direction de Barr, tout en musique et en jonglage. Le hasard des rencontres écrit la suite. Leur Ode aux vignerons et leurs improvisations ont déjà tiré quelques rires et larmes. À votre bon cœur, messieurs dames !

« Passeront-ils, passeront pas ? Passeront-ils, cette fois ? Passeront-ils, passeront pas ? Passeront-ils pour la dernière fois ? »* Ce qui est sûr, c’est qu’ils cheminent sur la Route des vins d’Alsace et qu’ils s’arrêtent, jouent, s’attablent, au gré des rencontres, jusqu’au 29 juillet. Partis d’Ottrott, lundi 13 juin, pour la huitième édition de la Résidence itinérante, les troubadours du XXIe siècle, leurs instruments et nécessaire vital, sur leurs charrettes à bras, ont marché en direction de Barr. Où sont-ils à l’heure où vous lisez ces lignes ? Toujours plus vers le Sud. Pour être fixés, appelez l’infoline : 06 61 53 48 03. Vivre libre Didier Christen, du collectif Bal’us’trad, est à l’origine de cette initiative qu’il résume ainsi : « Nous sommes une troupe d’artistes et amis, évoluant au fil des arrivées et départs. Nous cheminons sur un itinéraire se construisant, jour après jour. » Au gré des rencontres, les saltimbanques improvisent chants, musiques, jonglage, tout comme leur parcours. « C’est spontané. On invite chacun à partager son art, ses savoirs, et à se répandre dans les villages, sur les places, sous les fenêtres, mais aussi dans les cours, les granges et les caves, selon les invitations. On peut créer, du jour au lendemain, un cabaret, un bal, un concert », rappelle le musicien, cornemuse dans les bras. Aucun contrat, aucune obligation de résultat. Pendant près de deux mois, les artistes vivent libres. Et de charité ! « La quête à l’ancienne. » Courgettes, pâtes, quilles, billets, monnaies sonnantes et trébuchantes (qu’ils réinjectent directement dans l’économie locale) : tout est accepté. Mais gardez vos enfants ! Ils n’ont pas l’agrément.     Avec ceux qui font la Route C’est d’ailleurs au Foyer de charité d’Ottrott, Le Windeck, que l’aventure a commencé, cette année. Ce jardin remarquable, lieu de retraites spirituelles, hébergeant des séquoias géants, a accueilli la troupe (qui dort sous tente), le temps qu’elle se mette en branle, le week-end dernier. « Leurs animations originales valorisent le village et réjouissent », déclare Philippe Poulain, adjoint au maire, se régalant des mélodies. « Comme il n’y a pas d’attentes, de part et d’autre, il n’y a que de bonnes surprises », s’exclame Isabelle du Bois, circassienne belge. Elle se souvient, avec Cyrille - « un frelon asiatique qui fait du kung-fu » et de la guitare - des moments magiques, hors du temps, passés les années précédentes, aux côtés de vignerons, notamment : le concert improvisé chez les Frick de Pfaffenheim, jusque dans leur cave ; l’apéro impromptu chez Patrick Meyer, à Nothalten, et le bœuf avec Armand Landmann au piano à queue ; les échanges avec les Beck-Hartweg de Dambach ; la dégustation festive chez les Durrmann, à Andlau, et bien d’autres coups de foudre (s) ! « Quand on chante notre Ode aux vignerons, certains sont émus aux larmes », confie Didier Christen. Et ils rient aussi à gorge déployée. La Résidence itinérante, c’est une opération à cœur ouvert.   * D'après les paroles d'une chanson de la Résidence itinérante.

Publié le 08/06/2022

Le Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) alsacien Terrajob, créé en 2020 par les OPA, forme actuellement ses premiers salariés à l’élevage laitier, au centre de formation continue (CFPPA), à Obernai. En alternance, ils travaillent aussi déjà avec leurs tuteurs, des agriculteurs bas-rhinois, qui leur transmettent leurs savoir-faire. Les cinq jeunes, en reconversion professionnelle, sont ultra-motivés. Ils témoignent. D’autres peuvent encore les rejoindre, d’ici fin juin, sur cette session.

Romain Fassel, d’Erstein, 20 ans « Je n’ai aucune formation initiale mais mes parents sont tous deux exploitants agricoles, à Erstein et à Bolsenheim. Je les aide donc depuis l’enfance et espère, à terme, m’installer. J’avais commencé un apprentissage en couverture et en zinguerie mais j’ai arrêté, car cela ne me plaisait plus. C’est mon père qui a été informé par Alsace Lait, comme tous les éleveurs adhérents à la coopérative, du dispositif mis en place par Terrajob. C’est une formation grâce à laquelle je peux continuer à travailler à la ferme. J’obtiendrai un Certificat de qualification professionnelle (CQP), qui me permettra d’embrayer sur un Brevet professionnel responsable d’entreprise agricole (BPREA), pour viser l’installation. J’ai été embauché par Terrajob, le 11 avril 2022, et je suis mis à disposition chez mes parents. Ici à Obernai, j’apprends surtout la théorie. Chez mon père, je remplis le mélangeur mais je ne sais pas forcément calculer la ration. Via les cours dispensés au CFPPA d’Obernai pour Terrajob, je m’y mets. »   Jonathan Histel, d’Erstein, 28 ans « J’ai arrêté les cours en classe de cinquième. Puis, j’ai intégré une classe Tremplin au lycée Le Corbusier, à Illkirch-Graffenstaden : on avait deux jours de cours et trois jours de stage. Ça m’a complètement perdu ! (Rires). Je ne savais plus ce que je voulais faire. J’ai enchaîné les travaux d’intérim, ensuite : agent d’entretien, livreur, déménageur, etc. Et j’étais cuisinier en CDI. Je n’avais jamais mis les pieds sur une exploitation agricole avant Terrajob. Mais j’ai une formation d’éleveur d’animaux de compagnie que j’ai validée à Rouffach. Faute de moyens, je n’ai pas encore pu me consacrer à cette véritable passion. J’aime les chats et les chiens, être en contact avec les animaux. C’est pour cela que j’ai postulé à Terrajob, après avoir vu l’offre en ligne. J’ai signé le contrat le 21 avril 2022. Je travaille aujourd’hui à Lipsheim, à la ferme du Mittelegert, chez Arthur Muller. Il a un robot de traite. Je nettoie surtout. Ce n’est pas trop mon truc. Il n’y a pas assez d’interactions avec les animaux à mon goût, dans l’élevage laitier tel que je le pratique actuellement. Après l’obtention du CQP, je me projetterais plutôt dans l’assistanat vétérinaire ou l’insémination. J’ai déjà conduit des engins agricoles ici et ça me plaît, mais je n’étais pas encore dans les champs. »   Elsa Kuster, de Steige, 23 ans « Ouvrière agricole à la ferme Haag, à Saint-Pierre, qui propose ses produits en vente directe notamment, j’ai signé avec Terrajob, le 19 avril. Je ne suis pas issue du monde agricole mais j’ai toujours aimé le contact avec les animaux. J’adore aussi m’occuper de mon jardin et dès que je peux, je complète mon herbier, mets au point des recettes anciennes à base de plantes sauvages. J’aime également entretenir les espaces naturels, débroussailler. Suivant mes passions, je me suis orientée vers un bac professionnel gestion des milieux naturels et de la faune sauvage (GMNF), au lycée agricole de Wintzenheim. Ce diplôme en poche, je suis entrée à l’université de Strasbourg, en filière Staps : je suis footballeuse et le sport est une autre de mes passions. Après un an, j’ai finalement décidé de m’inscrire à une formation sur trois ans, en tant que soigneur animalier. J’ai eu la chance de vivre des expériences extraordinaires, en côtoyant de très près de nombreuses espèces : tigres, ours, girafes, etc. J’ai aussi participé à la sauvegarde du grand hamster d’Alsace. Pour travailler en lien avec les animaux, j’étais deux mois à la ferme Goetz, à Mussig, où j’ai vraiment pu voir que ce métier d’ouvrier agricole me plaisait. Terrajob m’a, par la suite, contactée pour me proposer de faire un CQP en élevage bovin lait : j’ai tout de suite accepté ! Avoir une formation est essentiel pour moi. Cela contribue à la réalisation de mon futur projet professionnel. Je souhaite à terme m’installer, diriger ma propre exploitation laitière, un verger et un parc animalier. Je me plais beaucoup à la ferme Haag, où la traite se fait en salle. »   Seifdin Siaba, de Colmar, 27 ans « Je désirais être enseignant. Je suis titulaire d’un master Métiers de l’enseignement et d’une licence d’histoire. J’ai été surveillant, notamment au lycée agricole du Pflixbourg, et professeur stagiaire au lycée Fustel de Coulanges. C’est là que j’ai compris pourquoi, avant de rencontrer de super professeurs à qui je voulais ressembler, je n’aimais pas l’école. Le monde agricole m’a toujours attiré et, encore plus, depuis mes études d’histoire. Nous vivons dans un monde issu des révolutions industrielles qui nous ont éloignés du rythme des saisons, d’une vie heureuse à la campagne. Aussi, j’espère décrocher un CDI à la fin de cette formation, après des années d’emplois précaires, et pourquoi pas, à terme, m’installer ; en horticulture – ma première passion - et en maraîchage, plutôt. C’est sur le site de Pôle emploi que j’ai trouvé l’annonce de Terrajob. Après le CQP, je resterai attaché à l’exploitation, j’y ferai mes classes, puis j’espère reprendre des études, au lycée agricole d’Obernai et/ou me former à d’autres productions que le lait. Arrivé à Terrajob le 25 avril 2022, je travaille en alternance avec Yannick Fischer, à Gottesheim. Je suis préposé à la traite, actuellement. On s’entend bien lui et moi. Il est pédagogue, comme tous les formateurs ici. »   Najibullah Shinwari, de Mulhouse, 26 ans « J’ai signé mon contrat avec Terrajob le 17 mai 2022. Je travaille avec Sonia Bauer, au Gaec du Schlavary à Hirschland, trois jours par semaine. Elle m’héberge durant ce temps. Pour l’instant, je trais les vaches. Je n’étais pas encore dans les champs. Mais je sais déjà conduire un tracteur. Je viens d’Afghanistan. Avec mes parents, je cultivais et m’occupais des vaches et des chèvres, là-bas. Je ne suis jamais allé à l’école. Cela fait quatre ans que je suis en France maintenant, et deux ans que tous mes papiers sont en règle. J’ai déjà travaillé ici, dans les espaces verts et j’ai vendangé. Avec Terrajob, nous nous renseignons pour que je passe mon permis de conduire, grâce à l’association Mobilex. Tant que je n’ai pas le permis, c’est difficile de me projeter. Je ne parle pas encore le français avec fluidité mais je comprends le vocabulaire de base. J’apprends quand même vite, avec Terrajob, en regardant. Une association d’aide aux réfugiés m’a coaché pour envoyer mon CV et ma lettre de motivation à des agences d’intérim et à Terrajob… qui a répondu plus vite que tous les autres ! »   Et ensuite ? À l’issue de leur formation en alternance de 300 heures, fin 2022, ces cinq jeunes seront titulaires d’un CQP en élevage laitier. Forts de quatre blocs de compétences validés (sécurité au travail, gestes et postures ; soins aux animaux ; rations alimentaires ; traite en salle ou au robot) et de leur mise à disposition dans les fermes, ils continueront à travailler avec leurs tuteurs, dans un premier temps. Ils étaient sept jeunes au départ, à s’engager avec Terrajob, mais un a démissionné et une autre serait aussi contrainte d’abandonner pour raisons médicales. Quant aux exploitants adhérents au GEIQ, ils sont au nombre de quinze, aujourd’hui. Leur rang peut grossir, à l’envi. Toutes les filières sont attendues. Si Terrajob a ciblé en priorité des élevages laitiers pour démarrer les formations, c’est parce que le secteur est en tension ; la demande du côté de ces éleveurs est forte. Les tuteurs, qui paient les heures de travail des alternants et pour qui Terrajob gère les démarches administratives, sont aussi formés. La prochaine séance de formation pour les agriculteurs qui emploient des salariés Terrajob aura lieu le 21 juin.

Restaurant Le Pont tournant, à Strasbourg

Le nouveau chef mise sur les produits locaux

Publié le 21/05/2022

Julien Rodriguez, chef du Pont tournant, le restaurant de l’hôtel et spa Régent Petite France à Strasbourg, revisite les classiques de la gastronomie alsacienne. Avec le sommelier, ils sélectionnent chaque saison, produits frais et vins alsaciens pour permettre à leur clientèle internationale de goûter aux saveurs du terroir. La condition pour être à la carte ? Fournir en quantité suffisante et livrer.

Filet de truite des sources du Heimbach, asperges d’Alsace, pigeons de Théo Kieffer, éleveur à Nordhouse, riesling de la cave Fend, à Marlenheim : au menu de ce printemps, Julien Rodriguez, le jeune chef du Pont tournant, restaurant de l’hôtel cinq étoiles Régent Petite France à Strasbourg, ne lésine pas, en accord avec le sommelier, sur les produits locaux. Les agriculteurs et viticulteurs alsaciens sont à l’honneur ici… à condition qu’ils produisent en quantité suffisante et livrent l’établissement. Chaque convive doit retrouver la même qualité de produit, du même terroir, dans son assiette et dans son verre, bien sûr. Qu’on soit le président italien et sa suite et qu’on occupe la moitié des 72 chambres de l’hôtel, comme ce fut le cas mi-avril, ou un jeune couple qui casse sa tirelire, on est nourri ici à la même enseigne. Raifort et agrumes Pour savourer l’Alsace et l’ailleurs, Julien Rodriguez sait mettre à l’aise. Simplicité, efficacité, gourmandise, aussi. Le chef magnifie les produits et les harmonies traditionnelles, avec un zeste de modernité. Les hôtes étrangers entrent en matière, les locaux redécouvrent les goûts qui les façonnent, depuis l’enfance. Quelques pincées de raifort assaisonnent le fromage blanc aux fines herbes, la sauce hollandaise qui accompagne les asperges se pare de vinaigre au yuzu et à la mandarine… des morilles rappellent les sous-bois rhénans, en ce moment. C’est croquant, rafraîchissant, tendre, doux et piquant, comme la bise au printemps. Et s’il y a besoin de dépaysement, la chakchouka régalera les amateurs d’épices du Maghreb.     Sorti de sa coquille Julien Rodriguez est originaire du Nord-Pas-de-Calais. Il est arrivé fin 2014 au Pont tournant, comme commis, après avoir fait ses classes à l’Auberge du Père Bise, au lac d’Annecy, notamment. Il devient second en 2019 à Strasbourg, et remplace depuis l’été 2021, son ancien chef. Le trentenaire a amené avec lui en cuisine la bienveillance et la chaleur chti, et toutes les inspirations qu’il a glanées durant ses périples. Mais il insiste : « J’ai découvert l’Alsace et j’en suis tombé fou amoureux. » Et parce qu’il faut toujours se surprendre dans un couple, et qu’on ne se connaît jamais assez, Julien est en quête constante de nouveautés. Le trentenaire serait tenté par des escargots locaux… Ses yeux pétillants s’allument d’un feu nouveau. Qui dit mieux ?    

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