Pratique

Publié le 20/04/2021

Le 17 mars, Sillon a ouvert ses portes au cœur de la nouvelle zone commerciale de Vendenheim. Un magasin de producteurs conçu autant comme un lieu d’animation qu’un lieu de vente.

« Il fallait un projet agricole dans cette zone commerciale », dit Philippe Boehmler, l’un des cinq associés fondateurs de Sillon, le magasin de producteurs récemment ouvert au cœur de Shopping Promenade, l’extension de la zone commerciale nord de Vendenheim. Ne serait-ce que parce qu’elle a été construite sur des terres agricoles et parce qu’économiquement il aurait été dommage de ne pas prendre part au développement de l’activité dans ce secteur situé au nord de Strasbourg, estime celui qui est aussi éleveur à Forstfeld. C’est pour cette raison qu’il s’est lancé dans l’aventure avec quatre autres associés : l’entreprise d’insertion Les Jardins d’Altaïr, d’Oberhoffen-sur-Moder, Patrick Goettelmann et Tatiana Henius, de la ferme Goettelmann à Meistratzheim et Philippe Mattern, agriculteur à Olwisheim. 25 producteurs associés et un restaurant Alors que beaucoup de magasins de vente directe sont adossés à une ferme ou implantés au cœur d’une ville, Sillon joue la carte d’une implantation en périphérie de la capitale alsacienne. Les cinq associés ont négocié leur place auprès du groupe Frey, l’aménageur de Shopping Promenade, avec la volonté de rapprocher les consommateurs de mode et de loisirs de l’alimentation paysanne. Les 300 m2 de surface de vente sont complétés par un restaurant de 40 à 50 couverts, avec cuisine ouverte, et par une grande terrasse extérieure. Simplement séparé du magasin par une verrière, le restaurant ouvrira lorsque les conditions sanitaires le permettront. En attendant, le chef et son équipe proposent déjà des galettes de pommes de terre en vente à la rue ou des menus à emporter. Quatre hectares de maraîchage bio destinés à ravitailler le magasin et le restaurant sont situés à proximité, entre l’hypermarché Cora et la jardinerie Issler. Outre les fondateurs, Sillon rassemble 25 producteurs associés et 5 « dépôts-vendeurs ». Ce sont donc 35 fermes qui fournissent les rayons, pour une offre très large : fruits et légumes, viandes, poissons, fromages et laitages, boissons (vins, bières, eaux-de-vie) et épicerie. Cinq à six producteurs, dont un bio, fournissent le magasin, pour chaque catégorie de produits. Ce qui n’est pas - ou pas suffisamment - disponible chez l’un pouvant l’être chez l’autre, Sillon s’assure donc un maximum de souplesse et de flexibilité dans ses approvisionnements. « La plupart des producteurs viennent d’un rayon de 50 km autour du magasin », précise Philippe Boehmler. Certains pratiquaient déjà la vente directe à la ferme ou en magasin collectif, mais pour d’autres, c’est une première. C’est le cas de la coopérative Les Jardins du Ried, de Hoerdt, qui approvisionne le magasin en fruits et légumes. Lorsque Sillon aura atteint sa vitesse de croisière, Philippe Boehmler table sur 40 à 45 producteurs. Il reste donc des places à prendre.   Samedi, c’est jour de marché ! Retrouvez nos producteurs devant le magasin paysan #sillonalsace ! Domaine Martial... Publiée par Sillon sur Samedi 3 avril 2021   Une présence à tour de rôle Chaque producteur assure une demi-journée de présence au magasin à tour de rôle. Pas pour faire de la vente, mais pour communiquer sur les produits et pouvoir échanger directement avec la clientèle. La communication est également assurée par des interviews de producteurs diffusées sur écran, qui seront renouvelées régulièrement. Quant au travail quotidien de mise en rayon et de vente, « il est géré par une équipe de 20 personnes et nous allons monter à terme à 25 personnes », précise Philippe Boehmler. Une halle située à l’extérieur du magasin permettra d’organiser des animations, les mercredis (avec les enfants), les vendredis (dégustations, accords mets-vins) et samedis (marché). L’aménagement du magasin, qui a nécessité un investissement de 1,50 M€ et bénéficié d’une subvention de 120 000 € au titre du Feader, a été confié à un architecte spécialisé. « Nous l’avons conçu comme un lieu de vie, agréable, où les gens vont pouvoir passer du temps. Ce sera encore plus vrai une fois que le restaurant sera ouvert. Aujourd’hui, juste faire de la vente directe, ça ne suffit plus. Il faut monter en gamme. L’enjeu est encore plus grand dans une zone comme celle-ci. C’est un bel outil. À nous de le faire tourner », avance résolument Philippe Boehmler. Il y a, estime-t-il, dans la clientèle de Shopping Promenade, un public jeune à conquérir, celui des 20-30 ans qui fréquenteront, dès qu’ils seront ouverts, le bowling, le karting, le laser ou les restaurants situés juste à côté.    

Investissements pour la modernisation des bâtiments d’élevage

Plan bâtiment : 2020, une année vraiment atypique

Publié le 17/03/2021

Un secteur semble échapper à la crise, celui de la modernisation des bâtiments d’élevage. Le nombre de candidatures a atteint un record, avec 121 dossiers de financement déposés… et validés !

« En 2020, pour la première fois, la DRAAF et la Région Grand Est nous ont imposé une période unique de dépôt des dossiers de candidature alors que, depuis 2015, il y avait toujours deux périodes de dépôt, l’une en février-mars, l’autre en juin-juillet », explique Daniel Brua, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace, responsable du dossier Plan bâtiment. À l’origine, cette période s’étalait du 15 janvier au 29 avril 2020, sauf pour les jeunes agriculteurs qui avaient jusqu’au 28 mai 2020 pour déposer leur dossier. L’accord du permis de construire pouvait être envoyé jusqu’au 30 juillet 2020. Entre-temps est arrivé le confinement, ce qui a quelque peu chamboulé ce calendrier. La date de clôture de dépôt des dossiers a été prolongée jusqu’au 30 juin (jusqu’au 30 juillet pour les jeunes agriculteurs), afin de tenir compte des deux mois de confinement, les éleveurs ayant jusqu’au 30 septembre pour présenter l’accord de permis de construire. Les éleveurs ont massivement saisi l’opportunité que leur offrait ce délai supplémentaire. « Nous avons explosé le nombre de dossiers », souligne Daniel Brua. Le conseiller avance un autre facteur pour expliquer cet engouement : « L’an dernier, nous avions des craintes sur l’avenir du Plan bâtiment. Cette incertitude a accéléré les dépôts de dossiers. » 121 dossiers ont ainsi été instruits, en Alsace, dont 28 impliquant un jeune agriculteur. Du jamais vu ! Rappelons que 2019 avait déjà été marquée par une activité soutenue, avec 87 dossiers déposés. Avec 72 dossiers, c’est toujours la production laitière qui investit le plus pour se moderniser et améliorer l’organisation du travail, ainsi que le bien-être animal, notamment en installant des robots de traite. Mais les autres filières ne sont pas en reste : 20 dossiers concernent la production de bovins viande, 14 le secteur avicole et 11 le secteur ovin. Ces 121 dossiers représentent un montant prévisionnel de dépenses de 38 millions d’euros, soit une moyenne de 315 000 € par dossier, ce qui constitue un investissement conséquent. Le montant prévisionnel des aides s’élève, quant à lui, à 7,4 millions d’euros, soit 61 000 € par dossier. La Région Grand Est sauve le Plan Le 20 novembre, s’est tenue la réunion du comité technique chargé de la validation des dossiers. « Seuls 71 dossiers sont validés, dans un premier temps. 50 sont placés sur une liste d’attente par manque de financement », indique Daniel Brua. Comment les dossiers ont-ils été sélectionnés ? « Chaque financeur a choisi en fonction de ses orientations stratégiques - stockage du fourrage, gestion des effluents, agriculture biologique – les jeunes agriculteurs étant prioritaires dans tous les cas. » Une pilule difficile à avaler pour les candidats non retenus… La session de la Chambre d'agriculture Alsace qui a eu lieu le 4 décembre a été l’occasion, pour les représentants du monde agricole, de monter au créneau. Avec succès ! Patrick Bastian, vice-président du Conseil régional du Grand Est, est intervenu pour mettre l’État devant ses responsabilités. Dans la foulée, il a annoncé que la Région étudiait la possibilité de financer les dossiers en attente. « Très tôt, devant l’afflux des dossiers, nous avions alerté les financeurs », précise Daniel Brua. La sentence est tombée le 21 janvier 2021 : la Région Grand Est a validé l’ensemble des dossiers. Une décision bienvenue car elle donne le déclic pour activer les financements européens… « Nous n’étions pas les seuls dans ce cas : la Lorraine et Champagne-Ardenne étaient dans la même situation ! », s’exclame Daniel Brua. Dans un article paru dans nos colonnes, le vendredi 12 février, la FDSEA du Bas-Rhin, par l’intermédiaire de Didier Braun, a remercié officiellement la Région pour cette décision exemplaire qui permet de satisfaire l’ensemble des demandes.

Publié le 14/03/2021

Dans le cadre de leur projet d’initiative et de communication (PIC), trois élèves de BTS Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise (Acse), du lycée agricole d’Obernai, réalisent un kit de communication, qui sera distribué aux agriculteurs participant aux Fermes ouvertes.

Comment présenter sa ferme, ses productions, à un enfant de 6 à 11 ans ? Andrea Dambacher, Gautier et Valentin Kempf, élèves de BTS Acse, à Obernai, créent des fiches récapitulatives à l’attention de tous les agriculteurs qui participent et participeront à l’opération Fermes ouvertes. Parce qu’encore trop de potentiels volontaires se censurent, faute de connaissances pédagogiques, ils leur proposent même des idées d’activités à réaliser avec les classes en visite sur les exploitations. « La vache boit 3 l d’eau pour produire 2 l de lait » ; « le maïs est récolté en septembre pour l’ensilage à donner aux vaches », « il sert aussi à fabriquer du papier » ; « au printemps, on nourrit les blés » ; « les bovins dont la viande est consommée peuvent manger jusqu’à 60 kg par jour » : autant de savoirs basiques, de phrases simples, qui parlent aux écoliers. Pour eux, les trois jeunes de 20 ans préparent des affiches illustrées. L’idée de ces supports de communication pour l’opération nationale Fermes ouvertes revient à la FDSEA et aux JA du Bas-Rhin. Ils ont sollicité les étudiants, parce qu’ils sont souvent plus proches des enfants et de leurs préoccupations que les adultes qui sont déjà sortis du cursus scolaire, et parce que les syndicats veulent renforcer le lien entre les futurs jeunes agriculteurs et les actifs, les impliquer.       ⚠️ Ferme ouverte - Nouvelle version ⚠️ Lancement des Fermes ouvertes aux scolaires au mois de MAI 2021 ❗️ Pour cause... Publiée par FDSEA du Bas-Rhin sur Vendredi 5 mars 2021     Attirer des céréaliers Les parents d’Andrea et de Gautier, respectivement à Pfalzweyer et Ebersheim, ont déjà accueilli des classes dans leurs élevages. Tiré de ces expériences, l’atelier interactif et ludique de création de beurre, à partir de crème dans un flacon qu’on agite, a été retenu par les étudiants pour être proposé aux enfants. La famille de Valentin, aussi à Ebersheim, n’a pas encore ouvert ses portes aux groupes scolaires. Comme beaucoup de céréaliers, elle avait peur de ne rien avoir à montrer. Pourtant, rappelle Johanna Trau, installée aussi à Ebersheim : « les enfants aiment les machines, les tracteurs ». L’éleveuse, aux JA du canton de Sélestat, aide les étudiants à orienter leur projet. Elle est sortie diplômée d’un BTS Acse, en 2014, du lycée d’Obernai. « Sur 70 exploitants qui accueillent aux Fermes ouvertes, seuls trois sont céréaliers. Nous souhaitons renouveler les secteurs et les productions, chercher aussi des maraîchers. Autour des plantes, il y a une foule de savoirs et d’activités à proposer : comment se cultivent-elles ? à quoi elles ressemblent ? etc. », développe Johanna. Les agriculteurs peuvent placer des graines ou autres, dans des boîtes, et demander aux écoliers de les reconnaître, à l’aveugle, après leur avoir montré. « On a repris tout ce qui se cultive et s’élève en Alsace », assure Gautier. En 2021, les Fermes ouvertes… en classe ! « Les enfants sont toujours ravis des deux heures et demie qu’ils ont passées chez nous, témoigne Tania, sa maman. On reçoit des dessins et des lettres, en retour. Les parents accompagnateurs aussi repartent avec le sourire : ça change les mentalités. C’est un beau moment de partage. » L’opération Fermes ouvertes est gratuite, non rémunérée. « C’est un premier pas dans les fermes », cadre Johanna. Sur la centaine de classes qui s’inscrit auprès de la FDSEA du Bas-Rhin, chaque année, plus du tiers vient de la ville. Cette année, comme l’an passé, l’accueil sur sites est annulé, à cause du protocole sanitaire en vigueur, extrêmement contraignant, et du plan Vigipirate. Mais l’opération n’est pas supprimée ! Mi-mai 2021, les agriculteurs sont invités à investir les salles de classe. Vidéo sur l’agriculture alsacienne à l’appui, ils pourront parler de leur métier, de leur exploitation… avec leurs mots mais aussi des objets, des photos. Une trentaine d’échanges devraient avoir lieu, ce printemps. « Nos fiches sont intemporelles », précise Gautier, pour se motiver, malgré des Fermes ouvertes 2021 de moindre envergure. Les professeurs des écoles reçoivent depuis longtemps, eux, un livret pédagogique pour accompagner la découverte. Fabien Bauer d’Eckwersheim, à la FDSEA 67, est aussi engagé dans ce projet de communication positive qui vise aujourd’hui à faciliter la tâche aux exploitants.

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