Coopérative Solibio
« Notre atout, c'est la fraîcheur »
Coopérative Solibio
Publié le 15/02/2021
La coopérative Solibio assure un débouché à une vingtaine de producteurs bio d’Alsace. Confrontée à une forte hausse de la demande depuis 2018, elle se prépare à multiplier sa surface par cinq à l’intérieur du marché gare de Strasbourg.
Créée en 2008 à l’initiative des producteurs bio « historiques » et de l’Opaba, avec le soutien de la Région Alsace, Solibio avait pour mission première d’approvisionner la RHD (restauration hors domicile) en produits bios, en particuliers les cantines des lycées. En 2014, la coopérative a élargi son activité à la distribution spécialisée (magasins bios). « Cela a été une source de croissance très importante ces dernières années, relève Mathieu Bon, directeur de Solibio. Depuis 2018, nous sentons une forte accélération de la demande en produits bios et locaux de la part de la distribution. Et cette accélération se ressent aussi actuellement sur la RHD : avec la loi Egalim, tous les établissements publics sont tenus d’atteindre 20 % de produits bios en valeur dans leur approvisionnement ». Solibio fournit une grande variété de produits à la restauration hors domicile : les fruits et légumes - qui sont le cœur de métier de la coopérative - mais aussi le pain, les viandes, et des produits complémentaires tels que le riz, les pâtes ou les légumineuses. « Nous travaillons avec les maraîchers bios alsaciens, avec deux boulangers - un Bas-Rhinois et un Haut-Rhinois -, un boucher vosgien qui se fournit en viandes d’Alsace et de Lorraine. Les autres produits ne sont pas forcément d’origine locale », détaille Mathieu Bon. Pour les distributeurs spécialisés, l’activité de Solibio est davantage concentrée sur les fruits et légumes. « En Alsace, le bio est bien développé et il y a une vraie propension à consommer local », observe le responsable de Solibio. Suivant cette tendance, les distributeurs bios n’hésitent plus à s’approvisionner en Alsace, et s’appuient sur les produits frais pour développer leur clientèle et leur chiffre d’affaires. Une tendance qui profite aussi à Solibio : la coopérative dépasse les 2 millions d’euros de chiffre d’affaires depuis deux ans. L’atout de la fraîcheur « Notre atout, c’est la fraîcheur, souligne Mathieu Bon. Nous avons une logistique en flux tendu, avec très peu de stock. » Solibio attend les commandes de ses clients pour passer commande auprès des producteurs. Ainsi les marchandises ressortent-elles très rapidement des entrepôts, ce qui minimise les pertes. « C’est ce principe qui garantit à nos clients, et aux clients finaux, une marchandise extra-fraîche : les poireaux sont sortis du champ la veille, les salades sont coupées au dernier moment… » Solibio s’appuie sur la Sapam, grossiste en fruits et légumes sur l’est de la France, membre de la coopérative depuis quelques années, pour optimiser les flux de marchandises. « Les camions de la Sapam livrent nos clients partout en Alsace. Au retour de leurs tournées, ils passent chez certains de nos producteurs, ce qui permet de réduire le nombre de véhicules sur la route. » La Sapam ayant une activité importante sur l’ensemble du territoire alsacien, cette mutualisation fonctionne bien, estime le directeur de Solibio. Boosté par une conjoncture favorable, Solibio a désormais des projets d’expansion. « Courant 2021, nous allons déménager à l’intérieur du marché gare car nous sommes trop à l’étroit dans nos locaux actuels, annonce Mathieu Bon. Nous allons multiplier par cinq l’espace de stockage, ce qui nous permettra de développer l’activité avec certains de nos clients et d’offrir une meilleure qualité de service. » Solibio entend conserver un fonctionnement en flux tendus pour les produits frais, mais sera en mesure de faire plus de stock sur les produits qui se conservent. Des prix cohérents avec les coûts de production Pour son approvisionnement, la coopérative ne rencontre pas de souci particulier, à l’exception de certains produits, comme les produits laitiers. « Cela fait six mois que je recherche activement un fournisseur. La difficulté, c’est de trouver quelqu’un qui produit des volumes suffisants. Nous avons moins de souci avec les légumes car nos producteurs historiques ont étendu leurs surfaces et nous pouvons aussi compter sur des structures plus petites qui se sont récemment converties. Nous avons ainsi pu fournir 50 tonnes supplémentaires assez facilement cette année à de nouveaux clients. » Chez Solibio, les producteurs décident de leur prix, précise encore Mathieu Bon, qui prône « une rémunération équitable » en contrepartie de standards de production plus élevés. « Nous avons nos producteurs au téléphone au minimum deux fois par semaine pour connaître leurs produits et leurs prix. Ceux-ci sont cohérents avec leurs coûts de production », indique le directeur de la coopérative. Les coûts étant plus élevés que ceux d’autres régions de production, les prix de vente des produits bio d’Alsace sont à l’avenant. « Nous sommes parfois mis en concurrence avec des produits bios venant d’ailleurs. Alors il faut expliquer : qu’ici, la mâche est récoltée à la main, alors que dans la région nantaise, elle l’est à la machine. Heureusement, nous avons la chance d’avoir des clients qui privilégient les produits locaux. »












