Pratique

Publié le 15/02/2021

La coopérative Solibio assure un débouché à une vingtaine de producteurs bio d’Alsace. Confrontée à une forte hausse de la demande depuis 2018, elle se prépare à multiplier sa surface par cinq à l’intérieur du marché gare de Strasbourg.

Créée en 2008 à l’initiative des producteurs bio « historiques » et de l’Opaba, avec le soutien de la Région Alsace, Solibio avait pour mission première d’approvisionner la RHD (restauration hors domicile) en produits bios, en particuliers les cantines des lycées. En 2014, la coopérative a élargi son activité à la distribution spécialisée (magasins bios). « Cela a été une source de croissance très importante ces dernières années, relève Mathieu Bon, directeur de Solibio. Depuis 2018, nous sentons une forte accélération de la demande en produits bios et locaux de la part de la distribution. Et cette accélération se ressent aussi actuellement sur la RHD : avec la loi Egalim, tous les établissements publics sont tenus d’atteindre 20 % de produits bios en valeur dans leur approvisionnement ». Solibio fournit une grande variété de produits à la restauration hors domicile : les fruits et légumes - qui sont le cœur de métier de la coopérative - mais aussi le pain, les viandes, et des produits complémentaires tels que le riz, les pâtes ou les légumineuses. « Nous travaillons avec les maraîchers bios alsaciens, avec deux boulangers - un Bas-Rhinois et un Haut-Rhinois -, un boucher vosgien qui se fournit en viandes d’Alsace et de Lorraine. Les autres produits ne sont pas forcément d’origine locale », détaille Mathieu Bon. Pour les distributeurs spécialisés, l’activité de Solibio est davantage concentrée sur les fruits et légumes. « En Alsace, le bio est bien développé et il y a une vraie propension à consommer local », observe le responsable de Solibio. Suivant cette tendance, les distributeurs bios n’hésitent plus à s’approvisionner en Alsace, et s’appuient sur les produits frais pour développer leur clientèle et leur chiffre d’affaires. Une tendance qui profite aussi à Solibio : la coopérative dépasse les 2 millions d’euros de chiffre d’affaires depuis deux ans. L’atout de la fraîcheur « Notre atout, c’est la fraîcheur, souligne Mathieu Bon. Nous avons une logistique en flux tendu, avec très peu de stock. » Solibio attend les commandes de ses clients pour passer commande auprès des producteurs. Ainsi les marchandises ressortent-elles très rapidement des entrepôts, ce qui minimise les pertes. « C’est ce principe qui garantit à nos clients, et aux clients finaux, une marchandise extra-fraîche : les poireaux sont sortis du champ la veille, les salades sont coupées au dernier moment… » Solibio s’appuie sur la Sapam, grossiste en fruits et légumes sur l’est de la France, membre de la coopérative depuis quelques années, pour optimiser les flux de marchandises. « Les camions de la Sapam livrent nos clients partout en Alsace. Au retour de leurs tournées, ils passent chez certains de nos producteurs, ce qui permet de réduire le nombre de véhicules sur la route. » La Sapam ayant une activité importante sur l’ensemble du territoire alsacien, cette mutualisation fonctionne bien, estime le directeur de Solibio. Boosté par une conjoncture favorable, Solibio a désormais des projets d’expansion. « Courant 2021, nous allons déménager à l’intérieur du marché gare car nous sommes trop à l’étroit dans nos locaux actuels, annonce Mathieu Bon. Nous allons multiplier par cinq l’espace de stockage, ce qui nous permettra de développer l’activité avec certains de nos clients et d’offrir une meilleure qualité de service. » Solibio entend conserver un fonctionnement en flux tendus pour les produits frais, mais sera en mesure de faire plus de stock sur les produits qui se conservent. Des prix cohérents avec les coûts de production Pour son approvisionnement, la coopérative ne rencontre pas de souci particulier, à l’exception de certains produits, comme les produits laitiers. « Cela fait six mois que je recherche activement un fournisseur. La difficulté, c’est de trouver quelqu’un qui produit des volumes suffisants. Nous avons moins de souci avec les légumes car nos producteurs historiques ont étendu leurs surfaces et nous pouvons aussi compter sur des structures plus petites qui se sont récemment converties. Nous avons ainsi pu fournir 50 tonnes supplémentaires assez facilement cette année à de nouveaux clients. » Chez Solibio, les producteurs décident de leur prix, précise encore Mathieu Bon, qui prône « une rémunération équitable » en contrepartie de standards de production plus élevés. « Nous avons nos producteurs au téléphone au minimum deux fois par semaine pour connaître leurs produits et leurs prix. Ceux-ci sont cohérents avec leurs coûts de production », indique le directeur de la coopérative. Les coûts étant plus élevés que ceux d’autres régions de production, les prix de vente des produits bio d’Alsace sont à l’avenant. « Nous sommes parfois mis en concurrence avec des produits bios venant d’ailleurs. Alors il faut expliquer : qu’ici, la mâche est récoltée à la main, alors que dans la région nantaise, elle l’est à la machine. Heureusement, nous avons la chance d’avoir des clients qui privilégient les produits locaux. »

Publié le 12/02/2021

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N’oubliez pas d’indiquer : le numéro de l’annonce et vos coordonnées (mail, numéro de téléphone, adresse postale…) Par mail : info@phr.fr Par courrier avec la mention « Saint Valentin » : Paysan du Haut-Rhin, BP 40 - 13 rue Jean Mermoz, 68127 Sainte-Croix-en-Plaine Bonne chance à tous ! 1 67 - Jeune homme de 52 ans, blond aux yeux vert-gris pour 1m70. Double actif, je vis et travaille près de Haguenau. J’aime la nature et les animaux, les promenades à pied et à cheval. Je suis à la recherche d’une jeune femme, environ du même âge, qui aime comme moi les grands espaces. Pas forcément issue du monde agricole, partager mon amour du métier serait un plus. 2 68 - Jeune femme de 37 ans, je suis agricultrice et célibataire. Je souhaite rencontrer un homme, agriculteur ou du milieu agricole, âgé entre 35 et 47 ans, célibataire, non-fumeur, travailleur, sérieux. Un homme pouvant se déplacer, en vue d’une relation sérieuse et durable et de fonder un foyer. 3 67 - Homme, grand, retraité, je vis entre Strasbourg et Saverne. J’aime la nature, les randonnées à la campagne, je suis aussi bricoleur. Je cherche une femme, grande elle aussi, âgée entre 60 et 67 ans, profession indifférente. Une personne sérieuse, comme moi, pour une relation durable, faire des sorties et passer des week-ends agréables ensemble. 4 67 - Jeune homme de 40 ans, je vis près de Strasbourg et je travaille dans un centre d’aide par le travail. J’aime les trains, l’agriculture, la musique… Je cherche une jeune femme, entre 30 et 35 ans, non-fumeuse, célibataire comme moi. Je cherche depuis longtemps la perle rare pour partager des bons moments ensemble et faire des sorties (cinéma, bowling, par exemple). 5 68 - Jeune homme de 40 ans, non-fumeur, je cherche une compagne, environ du même âge, pour rompre la solitude et plus si affinités… 6 68 - Agriculteur de 50 ans, 1m72 pour 75 kg, divorcé. Je suis sérieux, travailleur et non-fumeur. Je souhaite rencontrer une femme simple, sérieuse et honnête, jusqu’à 53 ans, aimant la campagne et les animaux. Situation indifférente, si affinités… 7 67 - Jeune femme agricultrice et éleveuse cherche son compagnon de route pour la vie. J’ai 35 ans, 1m70, quelques rondeurs, les cheveux bruns et longs, des yeux bleus et une immense passion pour mon métier et mes chevaux. Agricultrice mais pas seulement, je suis une fille de la campagne qui aime la nature. Je souhaite rencontrer un homme courageux, travailleur, bricoleur, sûr de lui, en qui je pourrai avoir toute confiance pour une vie à deux sur ma ferme. Idéalement cavalier et/ou un amoureux des chevaux, et comme moi, un grand passionné d’agriculture, de nature et d’animaux. Vous êtes âgé entre 30 et 40 ans, vous avez les pieds sur terre et êtes disponible ; non-fumeur et sans enfant, habitant de préférence en Centre Alsace pour éviter de longs et ennuyants déplacements pour se voir ? Mon grand cœur solitaire a hâte de vous rencontrer. 8 67 - Je suis un agriculteur de 38 ans, sans enfant, souriant, agréable, gentil, et surtout : mon cœur est à prendre. Je suis à la recherche d’une femme, entre 25 et 40 ans, avec ou sans enfant, pour une rencontre sérieuse et plus si affinités… Je suis passionné par mon métier et le seul petit plaisir qui me manque, c’est de pouvoir partager de bons moments avec une femme pour être totalement comblé. Je suis prêt à ouvrir mon cœur. Je vous attends pour être heureux à deux. 9 67 - Homme, la cinquantaine, non-fumeur, veuf et papa d’un ado. Je suis exploitant agricole en Alsace Bossue, dynamique, travailleur, sérieux et passionné par mon métier. Je suis à la recherche de ma moitié, une personne prête à me rejoindre sur l’exploitation et à partager ma vie. 10 67 - Jeune homme de 34 ans, je suis agriculteur, spécialisé dans le maraîchage en vente directe dans le secteur de Saverne. Je suis de caractère calme, dynamique, cultivé et sérieux en amour. Je cherche une jeune femme, dans la même tranche d’âge, énergique, aimant la nature et le milieu rural, dans l’espoir de former une famille formidable !!! Vous pouvez me joindre ou m’écrire au 06 28 81 45 18, avec l’enthousiasme de trouver une belle amitié et si affinités, ma moitié. 11 68 - Homme de 34 ans, je suis mince, non-fumeur et ouvert d’esprit. Je cherche une femme (issue ou non du milieu agricole) pour partager des moments de complicité et fonder une relation durable. Mon métier d’éleveur allaitant ne m’empêche pas d’avoir du temps libre pour mes passions mais c’est plus sympa de les vivre à deux. 12 68 - Jeune homme, célibataire, sérieux et honnête, je recherche une femme de 35 à 42 ans, qui travaille dans le milieu viticole ou agricole, qui est célibataire ou divorcée ou veuve, avec ou sans enfants, qui est charmante, sincère, sérieuse et honnête, pour fonder un foyer convivial et chaleureux. 13 68 - Chère inconnue, je me présente : Michel, j’ai 42 ans, je suis éleveur en montagne, près de Colmar. J’aime les sorties, la nature et les animaux, la natation… Je recherche une jeune femme, entre 25 et 42 ans, sincère pour fonder une famille et passer des moments agréables. J’aimerais une personne calme, simple, ouverte, peu importe sa situation professionnelle. Au plaisir de vous rencontrer ! 14 68 - Jeune agriculteur céréalier et mécanicien agricole de 28 ans, brun, 1m90. Je vis dans le secteur sud de Colmar. Je recherche ma moitié pour relation sérieuse. Si vous êtes une femme entre 25 et 32 ans et que vous aimez la nature, les balades et les sorties à deux, vous pouvez écrire au journal qui transmettra. 15 67 - Jeune éleveur allaitant, 25 ans, grand, brun aux yeux verts, dynamique. Passionné par les animaux et la nature, je recherche jeune femme sympathique, entre 20 et 30 ans, issue du monde agricole pour partager la vie à la ferme et pour construire une vie de famille en Alsace Bossue. 16 68 - Je suis un homme de 44 ans, qui aime la campagne. Je suis travailleur, bricoleur et plutôt sportif. Je pense avoir de la culture et de la conversation. Je recherche aujourd’hui une femme qui souhaite, comme moi, construire une relation sincère et durable, et partager mes centres d’intérêt mais aussi les siens, bien sûr. Je souhaite une personne simple mais intelligente et gentille, non superficielle et ayant de l’humour. Si vous souhaitez mieux me connaître, écrivez-moi ! 17 68 - Homme de 37 ans, pluriactif, résidant dans la plaine rhénane, est à la recherche du bonheur. Je suis une personne simple, j’aime les enfants, j’apprécie la nature, les animaux, la convivialité… Les choses simples de la vie. Je souhaite rencontrer une jeune femme, de 35 ans environ, ayant les mêmes centres d’intérêt et peut-être construire un avenir autour de la confiance, de la fidélité. Elle ne doit pas nécessairement être issue du milieu agricole. 18 68 - Je m’appelle Patrice, j’ai 45 ans, célibataire, jamais marié et sans enfant. Je suis pluriactif. Je désire une relation sérieuse pour fonder une famille. J’ai tout sauf l’amour et la compagnie. Aidez-moi, aimons-nous ! À bientôt, peut-être… 19 67 - Homme, la quarantaine, double actif, je désire rencontrer une femme, non-fumeuse, pour une relation sérieuse. Les qualités humaines comme la gentillesse, l’altruisme, le romantisme et une touche de sensibilité sont un plus. 20 67 - Viticultrice de 43 ans, dans le Centre Alsace, je suis passionnée par mon métier, le vin et l’œnologie. Dynamique, sérieuse, physiquement agréable, j’aime faire des balades à pied et à vélo, sortir au restaurant, au cinéma. Je désire rencontrer un homme entre 38 et 48 ans environ, qui sait ce qu’il veut, aussi dynamique et entreprenant que moi, à l’écoute, qui pourrait peut-être me rejoindre sur l’exploitation et m’épauler. Mais qui sait où la vie nous mène ? 21 67 - Jeune homme de 30 ans, je suis agriculteur dans le Bas-Rhin. Bon vivant, j’aime rigoler et passer du temps avec mes amis. Si toi aussi tu aimes les gens simples, contacte-moi, qu’on puisse faire connaissance et pourquoi pas commencer une belle histoire. 22 67 - Jeune agriculteur de 25 ans, je suis associé dans un Gaec en bovin lait dans le Bas-Rhin, plus précisément en Alsace Bossue. Je cherche une jeune femme, entre 20 et 30 ans, qui a beaucoup d’amour à donner, pour construire une relation sérieuse. Peu importe sa situation professionnelle mais elle doit accepter la mienne car j’espère qu’elle pourra me rejoindre sur l’exploitation. 23 67 - Agriculteur de 48 ans, célibataire, catholique, sans enfant, bonne présentation et physique agréable, cherche sa Valentine, entre 30 et 40 ans, en vue de fonder une famille. 24 68 - Bonjour, moi c’est Frédéric, 41 ans, papa d’un garçon de 9 ans, je suis agriculteur en grandes cultures dans le Ried. Je suis à la recherche d’une femme d’environ mon âge, plus ou moins 5 ans, qui aime les enfants. Si elle est maman, c’est cool ; non-fumeuse de préférence. J’aime le vélo, le cinéma, sortir au restaurant ou entre amis. Attention, je suis une pipelette ! 25 68 - Homme, divorcé, cherche femme entre 45 et 55 ans, plutôt svelte, veuve, gentille, divorcée ou célibataire, une Mulhousienne ou habitant dans le Haut-Rhin de préférence. 26 67 - Homme de 56 ans, veuf, non fumeur, issu du milieu agricole, j’aime la nature, la randonnée, le vélo et le bricolage. Des loisirs que j’aimerais partager. Je suis une personne active et positive. Je désire faire la connaissance d’une femme, entre 50 et 58 ans, qui aime les plaisirs simples de la vie comme moi, pour dialoguer avec complicité.

Vies de célibataires

Draguer en temps de Covid-19

Publié le 11/02/2021

Ils sont céréaliers, éleveurs, salariés agricoles, alsaciens et célibataires, ils racontent leurs aventures depuis un an. Ces hommes âgés de 20 à 40 ans partagent leurs conseils pour bien vivre le célibat, qu’il y ait confinement, couvre-feu ou pas. S’ils ne sont pas engagés dans des relations officielles, ils ne sont pas solitaires pour autant. La plupart a requis l’anonymat pour témoigner. Chaud devant !

Être heureux seul… « Je suis célibataire par choix », commence Alexis, la vingtaine. Depuis un an qu’il n’est plus en couple officiellement, il a eu le temps de se retrouver, de lire, de philosopher. « Le secret pour être heureux, c’est de pouvoir rester seul. J’ai appris cela au premier confinement. Si nous ne sommes pas heureux seuls, qui voulons-nous attirer ? », questionne-t-il. Lui est très heureux, assure-t-il. Il a poussé son raisonnement encore plus loin : « Est-ce obligatoire d’être en couple officiellement, de se montrer ? Être célibataire ou en couple, cela change quoi ? Pour qui, pourquoi nous obligeons-nous à vivre en couple ? » Le jeune homme surprend. « Je ne me vois pas vivre en couple, à deux. Je ne veux pas de mariage, pas d’enfant… pour l’instant ! C’est un rôle qu’on joue, qu’on nous attribue dans la société, et les relations exclusives renvoient à la notion de possession. C’est plus intéressant, plus respectueux d’être avec quelqu’un juste pour le plaisir d’être avec cette personne… et pas pour être présenté à la famille, aux amis, ni pour travailler sur la ferme. L’idéal pour moi est qu’on ait chacun nos vies et qu’elles nous plaisent. Je suis indépendant. Je souhaite que mes amies le soient aussi », avance le beau célibataire, cette déclaration d’amour à la liberté et à l’égalité des sexes ajoutant encore à son charme. Plus prosaïquement, Antony, qui a le même âge, lâche : « Moi, je suis bien sur ma ferme. Je ne fais pas grand-chose pour chercher une compagne. J’attends que les salles, bars, restaurants rouvrent. Je préfère draguer en vrai. C’est mieux. On voit la façon dont la personne est : son langage physique, corporel, ce qu’elle émane. » Antony est un danseur. Son truc, ce sont les fêtes populaires, les bals, les soirées dansantes, avec orchestres, notamment à Dabo, en Moselle. L’été, y viennent jusqu’à 300 personnes ! « Je ne suis pas pressé, cadre Antony. Je passe de bons moments, seul, avec ma famille. Je travaille. Je suis content de ma vie. » Il n’a donc testé aucun site ni aucune application de rencontre en ligne, jusqu’à présent. … ou même à deux… Sébastien, quadra dynamique, est aussi célibataire, depuis un an. Il a choisi Facebook et ses groupes privés qui affichent la couleur (Les célibataires d’Alsace 67, Rencontres entre célibataires 30/55 ans du Grand Est, par exemple), espérant trouver l’âme sœur. Il enchaîne les rencontres mais fait souvent chou blanc. « 99 % des inscrits ne savent pas écrire et/ou ont des problèmes psychologiques. Je discute avec moins d’1 % des femmes sur la vingtaine de groupes que je fréquente virtuellement. J’opère un gros tri mais je n’y passe pas ma vie ! Je cherche une relation sérieuse. Les femmes que je rencontre aussi. Nous avons 40 ans. Si nous n’avons pas assez de choses en commun ou si elle ne veut pas déménager, parce que je suis attaché à la ferme, on arrête de se voir. On n’a pas de temps à perdre. Les groupes Facebook, ce n’est pas Badoo ! [Un site de rencontre en ligne, connu pour mettre en contact des personnes cherchant à avoir des relations sexuelles, N.D.L.R.] Même pour le plaisir, on ne se revoit pas », confie Sébastien. Lui souffre de la solitude. Il est conscient que les femmes qu’il rencontre n’ont pas forcément envie d’être en couple avec un homme qui travaille autant : « Des histoires s’arrêtent à cause de ça. Il faut qu’elle supporte ma vie. Je passe plutôt 70 h sur l’exploitation que 35. Mais je vais abandonner certaines cultures pour me libérer du temps », consent-il. Sébastien est déjà tombé sur « une renarde » : « Une exploitante qui cherchait un ouvrier agricole, en fait ! Moi, je suis trop pinailleur et difficile pour travailler avec quelqu’un d’autre que mon père ! Je veux juste être avec une femme avec qui je suis bien. » Sébastien requiert surtout l’anonymat car, à l’instar des autres célibataires interviewés, il brave le couvre-feu. Attestation en poche ou pas, ils n’ont pas d’autres choix, pour retrouver leurs belles, que de sortir le soir ! Mais il y a une autre raison pour laquelle Sébastien souhaite préserver son intimité : « Je ne veux pas que les agences matrimoniales me sautent dessus ! » Il ne conseille pas aux agris célibataires d’aller sur les groupes Facebook… « Sinon j’aurais des concurrents ! » Il plaisante et ajoute : « Bien plus jeune, je sortais seul pour vaincre ma timidité. Ça m’a soigné. J’ai pris confiance en moi ». Avis aux agris réservés ! … ou plus ? Arnaud Jamm, 20 ans, est le seul à témoigner à visage découvert. Ouvrier agricole polyvalent chez Ernest Hoeffel, à Walbourg, le beau gosse de Ringendorf est célibataire depuis neuf mois. Lui aussi compte sur les réseaux sociaux pour draguer : les siens ! C’est dans le réel qu’il a lié ses amitiés et a multiplié les contacts heureux. Il a donc un vivier, un carnet d’adresses, qu’il peut à tout moment dégainer, parce qu’« en ce moment, les seules rencontres que je fais, ce sont les veaux qui sortent de leur mère ». Handballeur au SRIB (Sport réuni Ingwiller Bouxwiller), qui évolue en première division départementale, il jouera le quart de finale de la Coupe de France, début avril, à Lyon. Il est aussi apiculteur amateur, avec son père. À eux deux, ils gèrent 140 ruches. Arnaud rêve de s’installer dans trois ou quatre années. En attendant, il cumule les heures sup’ chez Ernest. Le célibataire est bien occupé 60 heures par semaine, travail et « loisirs » confondus. « Je vis au jour le jour. Je ne cherche pas vraiment de petite amie, pour le moment. J’ai déjà à peine le temps de voir les camarades. En plus, ce n’est pas la meilleure période, maintenant. Et à mon âge, il faut s’amuser, profiter ! », pose-t-il. Arnaud cherche d’autant moins qu’il a déjà plus ou moins trouvé… « J’ai beaucoup d’amis, de connaissances, depuis le collège. C’est par leur biais que je rencontre des jeunes femmes. Ça se fait au feeling. Je ne multiplie pas les aventures. Quand on est accompagné des bonnes personnes, pourquoi s’embêter à en chercher de nouvelles ? », se livre-t-il. Un beau compliment pour ses amies. « Les coups d’un soir, c’est rare depuis le Covid-19. Je retrouve la même amie depuis quatre mois. Mais je ne suis pas amoureux ! Il y a une autre fille que j’apprécie énormément. On s’écrit tous les jours mais on fait un pas en avant, deux en arrière », confie Arnaud. Incompatibilité d’agenda oblige, les écrivains ne se sont pas vus depuis longtemps. Alexis aussi s’épanouit avec deux femmes, aujourd’hui. Sans obligation, sans contrainte, sans finalité, sans engagement autre que celui d’être honnête, transparent. En cela, il se différencie d’Arnaud, qui espère une relation amoureuse exclusive. « Je suis passé par les sites de rencontre Tinder et OKCupid. Je n’avais jamais fait ça avant, raconte Alexis. Je reste plus friand des rencontres dans les bars, les soirées, les discothèques, chez des amis mais c’est compliqué, actuellement. Je me suis inscrit à la fin de l’été. Ma dernière relation s’était mal finie, en mars dernier. J’avais pris sur moi au premier confinement, passé l’été avec les potes. Puis, j’ai sauté le pas. Ça marche bien, les sites et les app’. Je pourrais « matcher » chaque semaine, voire plus. Mais je ne suis pas un serial lover. Je viens d’ailleurs de supprimer mes comptes. J’ai rencontré deux femmes avec qui je m’entends bien et ça me suffit. Dans 90 % des cas, d’ailleurs, ça ne « matche » pas tant que ça, au final. Il faut trouver des personnes avec qui on s’entend. Ce n’est pas évident. Et les coups d’un soir, j’estime que c’est trop de temps investi pour rien. Je ne cherche pas qu’à coucher. » Ce romantique avait déjà testé l’union libre avec une ex-compagne, à la fin de leur relation. Il en tire cet enseignement : « On n’est jamais attiré par une seule personne, tout au long de sa vie. » Alexis ne s’interdit rien. Et ses partenaires, comment le vivent-elles ? « Si une femme s’attache et moi non, et qu’elle en souffre, nous nous séparons. Celles avec qui je partage de bons moments, aujourd’hui, sont sur la même longueur d’onde que moi. L’une est mariée et a des enfants. L’autre est asexuelle [c’est-à-dire qu’elle n’est attirée sexuellement par personne, N.D.L.R.]. Ce n’est pas la débauche. On a d’autres occupations dans nos vies encore. Pour moi, ces relations multiples, c’est une manière de se simplifier la vie », explique Alexis. Il regrette d’avoir perdu autant de temps à se prendre la tête (le cœur) avant. « On s’offre des cadeaux si on veut, quand on veut. Il n’y a aucun impératif. Si j’oublie l’anniversaire de l’une d’elle, aucun problème. On ne s’impose rien », insiste Alexis. Le couple idéal, selon lui ? Sartre et de Beauvoir. Est-ce qu’il dit à ses amies qu’il est agriculteur ? « Faut pas le dire si tu veux draguer ! Entre les idées reçues et les sujets qui fâchent, t’es pas aidé. Et ce n’est pas plus mal de ne pas le dire : au moins, on montre qu’on sait parler d’autres choses que de tracteurs », sourit Alexis. Dès les premières fêtes, il ira draguer seul, en face-à-face. Construire pour l’avenir Olivier, 25 ans, se consacre à la construction d’une nouvelle salle de traite. « Les sites de rencontre, ça prend du temps. Dans deux mois, on aura fini les travaux. On soufflera », prédit-il. En Gaec avec son oncle, célibataire endurci et content de sa situation, Olivier avoue qu’il ne cherche pas vraiment, aussi parce qu’il ne sort plus. « Avant, on était de toutes les fêtes. » Il avait des aventures même s’il cherche « une relation sérieuse ». L’éleveur souhaiterait fonder une famille mais pas dans l’immédiat. « Faut d’abord profiter de la vie à deux », pense-t-il. Il soulève les freins dus à la pandémie et à sa profession. « On voit beaucoup moins de monde quand même, depuis mars dernier. On fait moins de rencontres. Et quand j’en fais une, la jeune femme ne veut pas forcément bouger. Qu’elle doive venir sur la ferme et supporter les contraintes du métier, ça n’aide pas », sait-il. La Saint Valentin, il la fêtera donc avec ses maçons et ses bêtes. Pour les autres célibataires, ce sera, a priori, « pizza avec les parents », « retrouvailles avec la sœur et la nièce », puisque ce sera dimanche. Mais s’ils sortent, ils le répètent tous, ce sera couvert !

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