Pratique

Publié le 10/02/2021

Avec la crise du Covid-19, plusieurs initiatives ont vu le jour pour faciliter l’achat des produits locaux via internet, avec des fortunes diverses à l’arrivée. Focus sur coeur-fermier.com et leforumdulocal.fr, deux plateformes alsaciennes lancées par des jeunes entrepreneurs désireux de « faciliter l’accès aux circuits courts de qualité ».

Après la « bulle internet » du début des années 2000, la bulle circuits courts ? Si la tendance du « manger local » est à la hausse depuis quelques années maintenant, l’année 2020 a vu la demande s’envoler pendant le premier confinement décrété pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Du jour au lendemain, de nombreux consommateurs se sont tournés vers les magasins de producteurs, livraisons à domicile et autres drives pour s’approvisionner en denrées alimentaires. Profitant de cet engouement soudain, des initiatives ont émergé, dans l’urgence pour certaines, pour créer des plateformes internet facilitant l’achat de produits fermiers. Jean-Luc Parthonneau, conseiller en circuits courts à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), le confirme : depuis le déconfinement, son service est régulièrement sollicité par des personnes désireuses de créer leur plate-forme de vente en ligne. « Parmi eux, on sent clairement qu’il y a des opportunistes, des gens qui veulent surfer sur la vague. Et il y a aussi des gens plus sérieux. » Il est vrai que le marché des circuits courts en France a de quoi aiguiser les appétits avec un chiffre d’affaires annuel estimé entre 1,8 et 2 milliards d’euros. De la visibilité « gratuite »… Installé en Alsace depuis deux ans, Mathieu Kleinhentz a créé le site coeur-fermier.com pendant le premier confinement. Le jeune homme de 24 ans, formé aux métiers du marketing et du multimédia, se retrouve subitement sans emploi à cause de la crise du Covid-19. « J’avais tout à coup du temps devant moi alors que les artisans et petits commerces se retrouvaient en difficulté. J’ai alors réfléchi à la meilleure manière d’être utile en mettant à profit mes compétences techniques. » Son idée de base était claire : apporter une visibilité sur internet aux producteurs pour leur permettre d’écouler leurs stocks avec une boutique en ligne facile à utiliser. Il monte le site en seulement trois jours et trois nuits et réussit à convaincre une quinzaine de producteurs de se joindre à l’aventure. Malheureusement pour Mathieu, le déconfinement met un coup d’arrêt à son projet. « Tous les producteurs sont partis aussi vite qu’ils sont venus, sauf un qui est toujours là aujourd’hui », témoigne-t-il. Pas découragé pour autant, il se met en quête de nouveaux membres, sans succès. « Le problème est que beaucoup de personnes et d’agences de communication se sont lancées au même moment dans des projets similaires. Du coup, les personnes qu’on contactait étaient très sceptiques sur notre démarche. On a donc préféré mettre le projet en stand-by pour le relancer en 2021. » L’idée est de rendre le site totalement gratuit pour le producteur, sans commission à reverser. Un choix surprenant et parfaitement assumé par Mathieu Kleinhentz. « Ce que je souhaite en priorité, c’est mettre à profit mes compétences techniques pour aider les agriculteurs à vendre leurs produits. Évidemment, si j’avais la possibilité de gagner un peu d’argent avec ce site, ça permettrait d’ouvrir de nouvelles perspectives de développement. Mais si je n’arrive pas jusque-là, ce n’est pas grave. J’ai réussi à retrouver un emploi fixe. Ce site, c’est juste du bonus pour moi. S’il donne de la visibilité à un producteur, c’est déjà beaucoup. Tout ce que je souhaite, c’est apporter ma pierre à l’édifice des circuits courts. »   ? Roulement de tambour ... ? La boutique est officiellement en ligne ! ? Rendez-vous très vite sur notre site pour... Publiée par Coeur Fermier sur Lundi 20 avril 2020   … à la gestion de la logistique… À Soultz, dans le Haut-Rhin, Fanny Sperry et Sébastien Bringel ont imaginé une manière un peu différente de soutenir les agriculteurs : toujours un site internet avec leforumdulocal.fr, dans lequel les producteurs n’ont cette fois pas grand-chose à faire. « Notre idée est simple : faciliter au maximum l’achat de produits locaux à tous les consommateurs qui n’ont pas forcément le temps d’aller aux points de vente à la ferme ou aux marchés. » Âgés de 27 et 25 ans, Sébastien et Fanny font partie de cette génération habituée au confort d’internet : on surfe, on clique, on est livré quelques jours plus tard. Une facilité d’achat qu’ils n’ont pas trouvée lorsqu’ils sont revenus en Alsace, en 2019, après leurs études. « On avait du mal à trouver un magasin à proximité de chez nous, où il n’y avait que des produits locaux. On a alors réfléchi à un service qui répondrait à ce besoin », témoigne Sébastien. Comme Mathieu Kleinhentz, c’est le premier confinement qui les a poussés à passer à l’action. « Nos CDD venaient de se terminer et on était à la maison. On s’est alors demandé comment on pouvait être utiles à la société. » Formés à la gestion, à l’économie et à la création d’entreprise, Fanny et Sébastien lancent un financement participatif pour monter leur projet et obtiennent le soutien de l’association France Active Alsace et du Crédit Mutuel. Leur étude de marché est bien réfléchie. Pour se démarquer et convaincre les producteurs de travailler avec eux, ils articulent toute leur démarche autour d’un argument principal : ce sont eux qui gèrent la logistique de la ferme au client.   [La tournée des producteurs] ? Chaque semaine, nous avons opté pour la recherche des produits directement chez nos... Publiée par Le Forum du Local sur Jeudi 14 janvier 2021   … aux marges « réduites » Les achats se font uniquement en ligne, en fonction des produits à disposition, du jeudi au dimanche. La commande est ensuite transmise aux producteurs avant d’être récupéré par Sébastien. « On s’est dit que les agriculteurs étaient suffisamment occupés comme ça, et qu’il fallait leur faire gagner du temps. On s’occupe du conditionnement et de la livraison avec notre camionnette dans un rayon de trente kilomètres autour de Guebwiller. » Le concept plaît et détend des agriculteurs un peu sur la réserve au début. « On sort de nulle part, personne ne nous connaît, c’est normal. Il y a tout un travail de légitimité et de confiance à créer. » Depuis le lancement au mois d’octobre, une trentaine de producteurs ont accepté d’apparaître sur ce site. Contrairement à Cœur Fermier, celui-ci est payant moyennant une commission sur chaque vente. « Mais dans la mesure où nous travaillons en flux tendu, sans stock, on n’est pas obligé de pousser les prix. Nos marges ne sont pas aussi importantes qu’un magasin physique », développe Sébastien. Les charges de cette jeune entreprise sont réduites au strict minimum : la camionnette, l’hébergement du site internet et un petit local de 130 m2 qui permet de stocker les commandes en attendant leur retrait ou livraison. Par contre, pas encore de salaire pour les deux jeunes entrepreneurs. « Pour l’instant, on arrive à vivre grâce aux indemnités chômage que nous percevons, mais notre entreprise est viable économiquement. » Pour pouvoir se rémunérer, il leur faudrait 70 clients fidèles par semaine. Ils en ont 25 pour l’instant, de profils très divers, et la tendance semble prometteuse pour la suite. « On s’aperçoit qu’on a plus de commandes et des plus gros paniers moyens que ce qui avait été calculé. On est dans le bon rythme pour atteindre notre objectif : faciliter l’accès à des produits locaux de qualité », s’enthousiasme Sébastien.

Epluchleg à Geudertheim

La pomme de terre, c’est leur rayon

Publié le 08/02/2021

À Geudertheim, la famille Hamm s’est spécialisée dans l’épluchage et la découpe des pommes de terre. Elle a élargi son activité à d’autres légumes, tout en développant une frite d’Alsace fraîche.

Longtemps spécialisée dans le négoce de pommes de terre, la famille Hamm s’est lancée dans la quatrième gamme en 1988. Le négoce était en perte de vitesse et l’idée de proposer des pommes de terre épluchées est apparue comme un bon moyen de rebondir. « Nous avons démarré la quatrième gamme grâce aux hôpitaux de Strasbourg, se remémore Martine Hamm. Ils nous ont promis de travailler avec nous, cela nous a donné le courage d’investir. » L’entreprise, qui se trouve alors dans le village de Geudertheim, se développe. En 2012, elle en sort pour emménager dans la zone artisanale située entre Hoerdt et Geudertheim. « Nous avons un peu modifié la ligne de production, rajouté des éplucheurs, une machine à calibrer, puis un trieur optique qui permet d’écarter les pommes de terre qui ne sont pas bien épluchées. Suite à la demande de nos clients, nous avons investi dans des machines de découpe pour faire des lamelles pour le baeckeoffe, des pommes de terre râpées pour faire des galettes, des petits cubes pour les saucisses de pommes de terre », énumère Martine Hamm. La dernière innovation en date, ce sont les frites fraîches. Epluchleg en a démarré la production pour un grossiste et espère bien la développer avec les restaurateurs, dès que la situation sanitaire permettra la réouverture de leurs établissements.     Des contrats avec les producteurs Epluchleg écoule ses produits auprès des traiteurs, des distributeurs de fruits et légumes (Sapam, Terre Azur, Schott), des collectivités et des restaurateurs. Pour garantir ses approvisionnements, l’entreprise contractualise avec des agriculteurs du secteur depuis une dizaine d’années. Elle leur achète toute leur récolte, même en cas de surproduction, à un prix garanti. « Il n’y a pas de surprise. On connaît le prix au départ », indique Martine Hamm. Les cinq producteurs de pommes de terre concernés plantent les variétés demandées par Epluchleg et les cultivent selon le cahier des charges propre à l’entreprise. Ils les récoltent et les stockent à la ferme. « C’est comme cela qu’on peut faire du 100 % local toute l’année. Il y a encore quelques années, on n’utilisait de la pomme de terre alsacienne que d’août à décembre car les producteurs n’avaient pas les capacités de stockage suffisantes. Aujourd’hui, tout le monde est équipé ». À la demande de ses clients, l’entreprise a ajouté d’autres légumes à sa gamme : carottes, céleris, poireaux notamment. Comme pour les pommes de terre, elle travaille avec des producteurs des environs. Si les carottes et les céleris n’ont pas demandé d’investissement particulier - ils s’épluchent avec la même machine que les pommes de terre - la famille Hamm a acquis une chaîne spécifique pour le poireau : celui-ci est lavé, émincé et ensaché pour être directement utilisé par les clients.   L’Alsace dans vos assiettes ? Publiée par Epluch LEG sur Lundi 24 septembre 2018   L’oignon à l’étude Comme beaucoup d’entreprises dont le sort est lié à celui de la restauration, Epluchleg a enregistré une baisse significative de son chiffre d’affaires en 2020, du fait de la crise sanitaire. Georges et Martine Hamm, qui ont transmis les rênes de l’entreprise à leur gendre Franck et à leurs deux filles, Odette et Élodie, observent la conjoncture d’un œil prudent. Continuer à se diversifier semble essentiel : la frite fraîche d’Alsace, conditionnée crue en sachets de 5 kg avec une DLC (date limite de consommation) de 12 jours est une piste prometteuse, comme en témoigne le bon accueil qui lui a été réservé jusqu’ici. Epluchleg, qui fait par ailleurs de l’achat-revente d’oignons, réfléchit également à l’épluchage et l’éminçage des oignons. Cela nécessiterait d’investir dans une nouvelle machine, relève Martine Hamm, mais la demande est là. Aller plus loin dans le circuit court, en livrant directement les restaurateurs n’est en revanche pas dans les projets d’Epluchleg. « Nous ne pouvons pas livrer des petites quantités, ce ne serait pas rentable car nous ne pourrions pas répercuter notre marge. C’est pourquoi nous travaillons avec les distributeurs, qui ont une logistique plus adaptée. Cela n’empêche pas certains traiteurs et restaurateurs de venir s’approvisionner directement chez nous, sans intermédiaire. »        

Livraison de produits locaux à domicile

Marmelade and the city

Publié le 03/02/2021

Comme la confiture, Marmelade s’étale. Le service de livraison à domicile alsacien a investi, depuis décembre, les villes de Haguenau, Saverne, Sélestat, Molsheim et Entzheim, en plus de Strasbourg. 80 agriculteurs, artisans et commerçants du coin sont partenaires.

Marmelade est un e-commerce en circuit court, une épicerie en ligne 100 % locale, qui propose aux citadins de se faire livrer leurs courses de produits locaux à domicile. Les agriculteurs référencés sur la plateforme vendent du frais brut ou transformé, des conserves et des bouteilles. La Ferme Vogelgesang à Dorlisheim, Le Jardin de Marthe à Strasbourg, la Ferme de la Plume d’or à Dachstein ou encore le domaine Beck-Hartweg à Dambach-la-Ville, pour ne citer qu’eux, ont franchi le pas. « Chaque matin, un salarié fait le tour des producteurs locaux, pour récupérer les commandes, dans toute l’Alsace. Quand les quantités sont trop importantes et qu’elles n’entrent plus dans l’une de nos deux camionnettes, les agriculteurs nous livrent à l’entrepôt, situé au port du Rhin à Strasbourg. Les clients sont livrés dans la journée, entre 14 h et 22 h », cadre Quentin Seyeux, le jeune créateur de Marmelade. Un drive et deux points relais, en plus 127 abonnés commandent, en moyenne, deux à trois paniers chaque mois, de 30 euros environ, ce qui représente entre 250 et 300 livraisons. Mais Marmelade enregistre un millier de distributions par mois : « 700 commandes proviennent donc de non abonnés, qui dépensent environ 42,50 euros par panier », calcule Quentin Seyeux. La livraison est gratuite depuis le premier confinement. Auparavant, elle coûtait 2,50 euros et était offerte à partir de 60 euros d’achats aux non-abonnés et de 25 euros d’achats aux abonnés. Les souscripteurs gardent l’avantage d’une remise sur leur première commande (de 10 euros, en 2021) et de l’enregistrement de leurs préférences, en termes de produits et de modalités de livraison. Marmelade a aussi lancé, « à la faveur » du confinement, un drive à ses locaux et deux points relais, à Strasbourg et Schiltigheim.       Que la force soit avec vous ! ? Les livraisons Marmelade continuent bien sûr pendant tout le confinement ?‍♂️?? Comme... Publiée par Marmelade sur Samedi 31 octobre 2020     Un million d’euros de chiffre d’affaires visé « On s’adapte », tel est le leitmotiv de Quentin Seyeux, 28 ans, qui croit que la mort des commerces de proximité n’est pas pour demain, grâce à Internet. Si Amazon prend des parts de marché, pourquoi pas eux ? Cet ancien étudiant d’école de commerce (Neoma Reims - Rouen - Paris) qui a fait ses armes à Paris, Barcelone et Hong-Kong, avant de développer Marmelade sur la base de son dernier projet d’études, est persuadé de la réussite de l’e-commerce. Les chiffres lui donnent raison : de 46 000 euros, en 2019, le chiffre d’affaires de Marmelade a bondi à 320 000 euros, en 2020. Il a été multiplié par sept en un an, ce qui a permis, entre autres, cinq embauches (ils sont sept aujourd’hui) et l’achat d’un second vélo cargo, moyen de déplacement privilégié pour les livraisons strasbourgeoises. « L’idéal serait d’atteindre un million d’euros de chiffres d’affaires et d’embaucher plus de livreurs », pointe Quentin, qui travaille d’arrache-pied, de 8 h à 22 h, pour que le rêve devienne réalité. Marmelade a invité ses clients à signaler où ils souhaiteraient que la livraison et/ou les points relais soient développés.       Une annonce qui mérite bien un vin chaud ! ?? Pour fêter le lancement du marché de Noël, on passe la vitesse supérieure... Publiée par Marmelade sur Dimanche 29 novembre 2020     1 600 références à la vente « Nous cherchons toujours de nouveaux producteurs, de beurre et de lait, notamment, car il est difficile d’en acheter en direct. On aimerait distribuer plus de viande, plus de vrac aussi (des pâtes, par exemple), des graines. Et on aimerait vendre plus d’artisanat, qu’on pourrait envoyer par la Poste s’il s’y prête », énumère Quentin. 1 600 références sont répertoriées sur le site de vente en ligne marmelade.alsace. « Les habitudes des consommateurs changent au fil des saisons », a remarqué Quentin Seyeux. Si les conserves et les tisanes ont la cote l’hiver, au printemps, ce sont les asperges ; à tel point que Jean-Michel Obrecht, à Handschuheim, n’arrivait plus à assurer l’approvisionnement seul, la saison passée. « Les chouchous des clients, ce sont les fruits et légumes, avance Quentin. Toute l’année. Cela représente la moitié de ce que l’on vend. » Il en commande jusqu’à 3,5 tonnes par semaine, à sept fermes différentes. Les fromages, jus de fruits, bières et tous les produits éphémères plaisent beaucoup aussi. En termes de valeur, les asperges (à 10 euros la botte) sont ce qui a apporté le plus de valeur à Marmelade, en 2020. Produits locaux et/ou bio Le client paie autant à Marmelade qu’il paierait au producteur. « Pour lui, ça revient au même de passer par nous. C’est le même prix. On achète de gros volumes. Les producteurs nous font des remises (30 à 40 %, en général) sur les prix qu’ils fixent librement. Rien n’est imposé. Et c’est là-dessus que nous margeons », explique Quentin Seyeux. Les commerçants pratiquent des remises de 20 %, les artisans, de 24 à 30 %, à Marmelade. Le client type de Marmelade est une cliente, cadre ou très prise par son travail, qui a une conscience environnementale, voire s’engage publiquement. Elle peut être mère de famille et a entre 30 et 50 ans. Surtout, elle n’a pas le temps d’aller à la Biocoop ou au marché. Si les produits livrés par Marmelade sont, dans leur immense majorité, locaux, ils sont aussi souvent bios. L’e-commerce se fournit, par exemple, en agrumes (qu’on ne trouve pas en Alsace), à Reichstett, auprès de ProNatura, grossiste en fruits et légumes bios. « Quand on ne trouve pas de produits locaux, on achète bio », précise Quentin Seyeux. Produits cosmétiques et d’entretien alsaciens complètent l’offre, qui se veut quasi exhaustive pour concurrencer les grandes surfaces. Le vrai plus étant que, « les produits sont meilleurs qu’en supermarché », vante Quentin. « Toucher la ville » Créée il y a presque trois ans, Marmelade semble répondre à une demande des consommateurs. Et du côté des producteurs, qu’en est-il ? Jean-Michel Obrecht, avide de nouvelles expériences et de nouveaux débouchés, a contacté Quentin, en février dernier. Depuis, plusieurs fois par semaine, Tom qui assure la tournée des producteurs, vient chercher des paniers garnis à thème confectionnés par l’agriculteur : panier asiatique, « détox », arc-en-ciel, en plus du détail. Jean-Michel fonctionnait déjà avec plusieurs Ruches qui dit oui, avec satisfaction. Il perdrait trop de temps à livrer ses productions à Strasbourg, par contre. « Je passe par Marmelade pour toucher la ville. Cela permet aux Strasbourgeois d’accéder à mes produits », résume Jean-Michel, conquis par le fait que Marmelade se déplace jusque chez lui. La démarche écologique du service l’a aussi séduit : les livraisons en vélo cargo. « On a une bonne collaboration, ajoute-t-il. On se met en avant mutuellement. » Le producteur pense que ce qu’il vend via Marmelade représente 10 % de tout ce qu’il commercialise en drive.       Publiée par FERME Obrecht Handschuheim sur Lundi 2 novembre 2020     Vidéos et marché de producteurs Tom, qui gère les partenaires de Marmelade, réalise actuellement de courtes vidéos de présentation. Elles sont diffusées sur les réseaux sociaux et le seront, à terme, sur le site internet de Marmelade. « C’est la meilleure façon de vendre un produit fait avec passion : raconter qui est derrière, d’où il vient, souligner sa différence, raconter une histoire. Cette communication n’existe pas en supermarché », constate Quentin. Et plus il y a de contenus (texte, photos, vidéo), mieux le site d’e-commerce est référencé sur les moteurs de recherche, assure le jeune homme. En septembre 2020, Quentin avait organisé un marché de producteurs (ils étaient 25), place Saint-Thomas, à Strasbourg, pour que clients et vendeurs se rencontrent, autour d’une petite restauration. Si la météo a un peu gâché la fête, il souhaiterait recommencer quand le contexte sanitaire le permettra.       ? Retour en images sur le Marché des Producteurs Marmelade ! ? Un grand merci à tous ceux qui ont affronté le froid... Publiée par Marmelade sur Mardi 6 octobre 2020     Être utile « Mon rêve, c’était de faire des affaires, monter ma boîte, confie Quentin, sans gêne. L’intérêt pour les producteurs, la volonté de les aider, c’est venu avec le projet, avec le temps. Plus je les connais, plus je suis passionné ». Charité bien ordonnée commence par soi-même, dit-on. Le proverbe semble se vérifier. Mais pourquoi choisir de vendre des produits locaux, alors ? « J’avais envie de faire quelque chose d’utile, qui associe mon attachement au bien manger, mes valeurs, à ce que j’ai appris : l’e-commerce. J’ai grandi dans un petit village, en Franche-Comté. J’allais à la ferme, chercher mon lait. J’ai toujours mangé de bons produits avant d’acheter en supermarché. Étudiant, le décalage m’a frappé : en grandes surfaces, les aliments étaient plus chers et n’avaient pas le même goût. Je payais pour du packaging », s’insurge ce fin gourmet, qui prenait des cours de cuisine, en Espagne. Une nouveauté Restait à élaborer la recette de Marmelade. Quentin s’est engouffré dans une brèche. « Entre les GMS qui facturent cher les livraisons et les commerces de proximité, ou les producteurs, qui ne livrent pas et/ou proposent une gamme restreinte de produits, il manquait un service. Il y avait un espace », rapporte-t-il de son étude de marché. À Strasbourg, aucun service de livraison de produits locaux à domicile n’existait. « Il y avait des Ruches qui dit oui et des AMAP mais c’est contraignant », remarque Quentin. La perspective de se rapprocher de sa famille et de celle de sa compagne, l’ennui qui le gagnait à Paris l’ont définitivement décidé à choisir l’Alsace. Il y a deux ans, Geoffrey Brossard, ami d’enfance de Quentin et développeur web, s’est associé à Marmelade. Il a pris 10 % des parts. Il s’occupe du site internet de Marmelade, dont une nouvelle version, plus adaptée à la logistique du service, est en cours de codage. Le reste de l’équipe est composé d’Emma et Tiffany, les préparatrices de commandes ; de Cynthia et Henry, les livreurs, et de Tom.    

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