Pratique

Publié le 02/02/2021

Malgré une année 2020 compliquée liée à la crise sanitaire, la plateforme ApproAlsace, qui organise la commande en circuits courts et/ou de proximité pour la Restauration Hors Domicile en Alsace, garde le cap. L’offre s’étoffe avec l’arrivée de nouveaux producteurs, et les perspectives de développement sont réelles grâce aux effets de la loi EGAlim sur l’approvisionnement des restaurants scolaires.

La crise sanitaire a grandement impacté l’activité de la plateforme ApproAlsace portée par la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) et la toute nouvelle CEA (Collectivité européenne d’Alsace). Les commandes ont été divisées par deux lors du premier semestre 2020 avant de revenir à un niveau stable lors du second. Les mesures sanitaires et les consignes de sécurité étant drastiques, peu de visites de conseils dans les collèges ont pu être réalisées. Cependant, ce temps dégagé a été consacré à la recherche de nouveaux agriculteurs intéressés par la restauration hors domicile et la plateforme ApproAlsace. À ce jour, ce ne sont pas moins de huit nouveaux agriculteurs qui ont été recrutés ou en passe de l’être sur l’ensemble du territoire alsacien. Les principales familles de produits les plus commandés sur la plateforme seront donc étoffées avec quatre nouveaux producteurs en fruits et légumes, trois en produits laitiers et un en charcuterie. De plus, un certain nombre d’agriculteurs déjà sur la plateforme ont diversifié leurs gammes et proposent de nouveaux produits (lentilles vertes dans le Sundgau, nouveaux fromages…). Ce catalogue enrichi devrait permettre de répondre aux demandes des restaurants scolaires qui devraient croître en 2022 sous l’impulsion de la loi EGAlim. Au premier janvier de l’année prochaine, ils devront proposer à leurs menus au moins 50 % de produits de qualité et durables, et 20 % de produits bios. « C’est une opportunité pour les producteurs déjà engagés sur la plateforme, et un appel d’air pour celles et ceux qui souhaiteraient la rejoindre, explique Jean-Luc Parthonneau, conseiller en circuits courts à la CAA. Et dans la mesure où la restauration scolaire représente des clients solvables, pérennes, avec des volumes de commandes intéressants et réguliers, c’est un débouché vraiment très intéressant pour les agriculteurs. »

Publié le 21/01/2021

Cela faisait dix ans que le département du Haut-Rhin n’avait plus connu un tel épisode neigeux. Dès jeudi soir 14 janvier et jusqu’au lendemain après-midi, de nombreux agriculteurs se sont mobilisés dans leurs communes pour libérer les routes et chemins de l’or blanc, sans compter leurs efforts et leur temps.

Maraîcher et exploitant agricole à Illhaeusern, Philippe Uhl n’avait plus été mobilisé depuis 2010. « L’ancienne municipalité avait acheté une lame à neige qu’il est possible de modifier pour nettoyer les chemins. Nous avons passé une convention pour intervenir en cas de grosses intempéries sur ordre du maire. L’arrivée de la nouvelle équipe municipale n’a rien changé à cette bonne entente. De notre côté, mon père (Germain) et moi, nous sommes disponibles. C’est notre souhait d’aider les habitants quand il le faut », explique Philippe Uhl. Précisément, vendredi matin 15 janvier, il le fallait. « Nous avons démarré à 4 h du matin et nous n’avons pas arrêté jusqu’à 13 h. Nous avons commencé par les rues principales évidemment avant de faire tout le reste du village et notamment les petites ruelles. Nous sommes même allés jusqu’à Guémar où un autre exploitant était lui-même bloqué. Ensuite, les gens nous ont appelés pour des interventions plus spécifiques », ajoute Philippe Uhl. L’état d’esprit était le même à Weckolsheim pour Alfred Biller, double actif, installé sur l’exploitation familiale depuis 2013. Là, l’association foncière a acheté un chasse-neige d’occasion avec un relevage avant qui n’était adapté à l’époque que sur son tracteur. Mais jamais il n’avait eu besoin d’intervenir à l’exception d'une année pour déneiger la cour d’école du village. Cette fois, il a pris le temps nécessaire. « Dès jeudi soir, je suis intervenu pour enlever la neige des rues principales pour permettre aux gens de rentrer sereinement chez eux de leur journée de travail. J’ai commencé à 17 h pour m’arrêter à minuit. J’ai ensuite repris à 4 h du matin vendredi, jusqu’à 14 h. J’ai commencé par les parkings d’entreprises puis toutes les rues. Le plus compliqué, ce sont les impasses avec les voitures garées et la difficulté pour manœuvrer », précise Alfred Biller.       Malgré le froid, nous sommes bien présents au marché de Ribeauville ce matin ! A tout de suite ! Publiée par Ferme Uhl Philippe sur Vendredi 15 janvier 2021     « Une activité qui redore l'image du métier » La quasi-totalité des habitants rencontrés se sont montrés satisfaits. À l’exception d’une personne âgée perturbée par le fait que la neige se soit retrouvée en masse plus importante sur son trottoir. « Nous avons alors discuté et j’ai dégagé la neige en trop. Dans ces moments-là, il faut aussi se montrer compréhensif », avoue l’agriculteur qui n’a pas fait de formation spécifique pour un tel travail. « Il faut quand même reconnaître que cela nécessite de la logistique et de la réflexion. Il faut savoir bien orienter la neige et ne pas faire n’importe quoi. Mais, j’ai apprécié de le faire. C’est une activité qui redore l'image du métier. C’est du bon sens. Le prolongement naturel de notre profession », conclut Alfred Biller. Il précise qu’il est intervenu après le déclenchement de l’alerte lancée par la municipalité. En montagne, secteur plus habitué à la neige, le phénomène météorologique a également surpris. « Il n’avait pas neigé suffisamment l’année passée pour intervenir et on sortait peu depuis cinq-six ans. Les hivers sont beaucoup moins rigoureux que par le passé. Mais, cette fois, c’était vraiment impressionnant. J’ai commencé à déneiger avant jeudi. Avec mon frère François, nous avons ensuite utilisé deux tracteurs vendredi dès 4 h du matin, jusqu’à 23 h. Nous avons poursuivi jusqu’à dimanche. Ce matin (mercredi 20 janvier), je suis passé au salage car il y a du verglas », explique Yvan Gaudel du Gaec des Merelles à Lapoutroie. Il intervient depuis 1988. « Nous intervenons sur le secteur gauche de la nationale du village. Soit sur 40 kilomètres de chemin. Notre secteur s’est agrandi sur une partie d’Orbey. Nous sommes équipés par la commune. Notre ferme se situe à 800 mètres d’altitude. Il est tombé 80 cm de neige. Plus haut, autour du lac blanc, c’était encore plus intense. Jusqu’à 1,50 m en quelques heures », ajoute l’agriculteur. La difficulté est de travailler quand il y a de la circulation. Car, même dans ce secteur, à cette époque de l’année, il y a des automobilistes qui ne sont pas équipés. Autre problème : les nombreuses chutes d’arbres. « Il a fallu être bûcheron cette année. La neige était très lourde. Les arbres se sont vite cassés. C’était moins une réalité plus en altitude où la neige était plus molle. Nous avons eu de la chance. Il n’y avait pas de vent et donc pas de congères », conclut Yvan Gaudel. Rendre service à la collectivité, c’est la devise d’un autre habitué de l'exercice. L’éleveur Gérard Claudepierre intervient au-dessus du Bonhomme et dans les secteurs de Sainte-Marie-aux-Mines et du Val d’Argent. Cela fait 23 ans. Il utilise son propre matériel. Et notamment un gros tracteur John Deer de 125 ch. « Depuis 2005-2006, je n’avais plus observé une telle quantité de neige. À cette hauteur, il y avait des contraintes avec cette fois du vent et par endroits une véritable tempête de neige. Cela a été du non-stop pendant plusieurs heures. Mais j’apprécie de travailler ainsi. C’est ma passion. J’interviens également à la station de ski du col des Bagenelles. On m’a délégué le damage des 30 kilomètres de ski de fond et de piste. C’est un travail intéressant », précise Gérard Claudepierre.

Publié le 10/01/2021

Ouverte depuis début décembre à Strasbourg, la boutique Georges Colin propose une gamme de 200 épices, assemblages d’épices, plantes aromatiques et condiments.

C’est l’histoire d’une rencontre : celle d’Éric Colin, dirigeant du groupe Colin basé à Mittelhausen, dans le Bas-Rhin, fils et petit-fils de paysans, lui-même producteur de moutarde d’Alsace, et de Jean-François Hayer, gérant de commerces alimentaires depuis plus de trente ans et passionné de cuisine. Ils ont fait connaissance au printemps 2020, lorsque Jean-François Hayer, qui visitait le nouveau site de production du groupe Colin, est tombé en arrêt devant la collection d’épices de l’entreprise : 1 000 épices exposées sur un mur de 15 mètres de long. Le résultat de 25 années de « promenades » à travers le monde, à la rencontre des producteurs d’épices de tous les continents. Et l’une des facettes de l’entreprise de Mittelhausen, spécialisée dans les « ingrédients culinaires » à destination des industries agroalimentaires et des professionnels de la restauration. Pourquoi ne pas mettre ces épices à la portée du grand public ? L’idée, formulée par Jean-François Hayer, a été reprise au vol par Éric Colin. Quelques mois ont suffi aux deux hommes pour trouver un emplacement, dans une rue piétonne au cœur de Strasbourg, et donner corps à ce projet. La boutique Georges Colin, qui tient son nom du père d’Éric Colin, un jeune homme de 78 ans, a ouvert ses portes début décembre. Ce ne sont pas les 1 000 épices de la collection initiale qui sont proposées à la vente, mais une sélection de 200 épices, mélanges d’épices, graines, piments, plantes aromatiques que les deux hommes ont choisies en fonction de leurs goûts respectifs. « On aurait pu mettre 50 poivres mais nous n’avons pas voulu être trop élitistes, indique Éric Colin. De toute façon, c’est une gamme qui est appelée à évoluer dans le temps. » Safran d’Alsace et poivre de Kampot Poivre rouge de Kampot, poivre long du Népal, piment cheveu d’ange, graines de fenugrec, cumin noir, baies de sumac, sésame blanc, aneth, coriandre, thym d’Alep… Rangées dans des boîtes cylindriques selon un code couleur propre à chaque famille de produits, les 200 références sont vendues en vrac dans des sachets en papier kraft refermables ou dans des boîtes métal réutilisables. Des mélanges d’épices et des sels épicés originaux complètent l’assortiment, ainsi que des coffrets cadeaux (épices à dessert, poivres d’exception, Noël en Alsace). 30 % des produits proposés dans la boutique Georges Colin sont issus de la culture biologique et 5 à 6 % sont de provenance locale. Les deux entrepreneurs privilégient l’origine locale ou française quand elle est possible : c’est le cas pour le safran d’Alsace, l’amarante noire du Loiret, l’ail du Sud-Ouest ou le piment d’Espelette. Pour le reste, ils s’approvisionnent auprès de filières locales un peu partout dans le monde, la recherche du savoir-faire et de l’excellence leur servant de boussole. L’expérience acquise par Colin dans ce domaine depuis 25 ans est précieuse : l’entreprise a en effet contribué au développement de certaines filières, comme celle du poivre de Kampot, qui fait vivre à ce jour 25 agriculteurs cambodgiens. À l’intérieur de la boutique, un atelier de mouture à façon permettra de répondre à des demandes particulières. Éric Colin et Jean-François Hayer souhaitent aussi développer le conseil. Ils envisagent de proposer des formations sur place, en lien avec des chefs. Ils ont également lancé, en parallèle, un site internet où l’on peut commander toute la gamme vendue à la boutique de Strasbourg.   Retour en septembre dernier lorsque j'ai assisté à la récolte du Safran chez un producteur en Alsace. ?? Attention, elle... Publiée par Georges Colin sur Dimanche 27 décembre 2020  

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