Pratique

Publié le 06/01/2021

Malgré la demande, les restos bio se font encore rares. Témoignages de Frédéric Metzger, le 48°Nord à Breitenbach, 100 % bio et local, et de Grégoire Sanchez, L’Arpège à Colmar, non certifié.

Dans le cadre du mois de la bio, l’Opaba organisait une table ronde le 23 novembre à Breitenbach (67) sur la thématique de la restauration et RHD (restauration hors domicile) bio, de la réglementation, avec des témoignages. Cette matinée se concluait par une visite du tout nouvel hôtel-restaurant 48°Nord, un modèle dans l’univers écoresponsable, puisque le chef Fred Metzger et Emil Leroy-Jönsson ont lancé le défi du 100 % bio et local, jusqu’au sel de table… C’est Jean-Pierre Piela, maire de Breitenbach qui accueillait les visiteurs en présentant les nombreux projets : une trame verte et bleue incluant dix communes, un corridor de biodiversité entre le Rhin et les vallées vosgiennes et plus précisément sur les questions énergétiques, une politique très incitative en faveur des isolations avec matériaux biosourcés et chauffage avec des énergies renouvelables. Et des questions sur l’avenir touristique du Champ-du-Feu. « Avec cinq communautés de communes, il faut prendre son bâton de pèlerin pour que cette initiative prenne corps. » « Il ne faut pas être trop intégriste » Plusieurs acteurs locaux de la restauration bio étaient venus assister à cette table ronde comme C-Passiflora à Baldersheim qui propose la livraison à domicile de plats bio ou une société en gestation de traiteur bio pour bébé à Gambsheim, Loriane Scheer, et aussi Grégoire Sanchez du restaurant L’Arpège à Colmar. « J’utilise des produits bio, et on propose des plats végétariens. Nous avions voulu certifier le restaurant, mais nous avons renoncé en raison de la paperasse. » Après 10 ans d’expérience, en restauration bio non certifiée, Grégoire Sanchez se dit satisfait de « travailler avec des produits locaux, mais en toute liberté ». Il souligne aussi l’importance du « 100 % fait maison, à partir de produits bruts ». Mais également l’important développement des menus végétariens : « On s’adapte, sans exclusion, à tous les régimes spéciaux, sans gluten, sans lactose, sans ail ou sans oignon cru. Il ne faut pas être trop intégriste, poursuit-il et essayer de faire du mieux possible, mais il y a de quoi faire », témoigne-t-il. L’essentiel étant selon lui « les valeurs humaines » et une certaine humilité : « Se dire qu’on est juste un passeur entre le producteur et le consommateur, à travers notre travail de restauration. » Côté carte des vins, « je ne choisis pas les grands noms. Pour moi, ça ne veut plus rien dire. J’essaie juste de retrouver l’expression du terroir ou la quintessence du fruit. Mais le monde du vin bouge plus que les producteurs bio. » Quant à Frédéric Metzger, il vient de démarrer son activité en 2020 avec Emil Leroy Jönsson. Sur les hauteurs de Breitenbach, l’hôtel-restaurant 48°Nord est certifié bio et s’est fixé l’objectif de travailler en 100 % local dans un rayon de 150 km. Au 48°Nord, même l’huile de cuisine et le sel de table proviennent de Lorraine. Ce qui limite la diversité des plats. « On ne propose que trois menus, et rien à la carte. Les menus changent toutes les semaines. » Le 48°Nord dispose de son propre potager en permaculture, assez conséquent, tout comme le restaurant Brendel à Riquewihr.   Au dîner du réveillon, Frederic Metzger prépare pour nos hôtes du soir du canard de la Ferme et Auberge du Lindenhof au... Publiée par Høtel 48 Nord sur Jeudi 31 décembre 2020   N’y a-t-il pas de risque de rupture d’approvisionnement ? Selon Grégoire Sanchez, « il faut respecter la saisonnalité, alors on s’expose moins aux ruptures, et on établit des schémas de livraison avec les producteurs, par exemple avec le chevrier Martin Ehrhart, les maraîchers les Saveurs du Ried et les Jardins de la Lauch. L’idée c’est de s’adapter aux productions du moment. Ce qui nous oblige à nous insérer dans leur schéma cultural. Nous achetons moyennant des engagements réciproques. » Pour sa part Grégoire Sanchez tempère : « On est encore dans un schéma où l’on ne s’interdit rien. Dans le dialogue avec mon chef, il est force de proposition. Le poisson vient de loin, la crème de marrons vient d’Ardèche. Il faut s’adapter à ce qu’on trouve, mais être en constante évolution ». Face à un « consommateur roi », n’y a-t-il pas un risque de susciter des déceptions ? « Il faut être en mesure d’expliquer au client qu’on n’a pas toujours tout ce qui est sur la carte. En retour, c’est une garantie de nos efforts envers les produits locaux », répond le gérant de l’Arpège : 35 couverts, 6 à 8 salariés. Frédéric Metzger - 25 couverts le soir - estime en revanche que l’approvisionnement est « assez facile » : « si un problème se pose vis-à-vis du client, on propose une alternative et on va au potager, chercher par exemple un légume et proposer une entrée thématique autour de ce légume. Ça arrive ! » Au 48°Nord, on met autant que possible en avant les producteurs mais « tous les producteurs bio ne veulent pas travailler avec les restos »… Frédéric Metzger élabore ses menus en fonction des propositions des producteurs. Pour pallier l’effet saison, notamment en hiver, il pratique beaucoup les fermentations lactiques de légumes ou au kombucha. Les deux restaurateurs sont d’accord sur un point : « Les restos qui marchent, ce sont ceux qui réduisent la carte, essayent de retrouver le produit originel et mettent en avant le producteur. Beaucoup de clients viennent parce qu’on est bio. » Frédéric Metzger ajoute : « Chez nous, c’est une expérience, on redécouvre des goûts, des saveur locales. Donc pas de plats au curry. »   A notre chère Clientèle... En attendant (c'est le thème du moment), revenons en images sur un moment fort de la vie de... Publiée par Restaurant Biologique et Culturel l'Arpège sur Mardi 10 novembre 2020   L’après Covid-19 ? Grégoire Sanchez se dit confiant, avec le retour d’une clientèle locale et touristique, active et non active : « On a structuré nos propositions de telle sorte qu’il y en a pour tout le monde. L’essentiel est de se tenir en retrait même si on a envie de se mettre en avant. Ce qui est certain, c’est que beaucoup de restos devront s’adapter ou disparaîtront. Et, si l’Arpège coule, le lieu restera un resto. On est interchangeable ! »

Publié le 05/01/2021

Après le tri, Léotrint H, un Kosovar de 29 ans, a enchaîné sur une mission de cariste, à l’usine de semences de maïs du Comptoir agricole, à Marlenheim. Nicolas Bauer, le responsable, l’a remarqué parmi la trentaine de salariés de Germa Emploi Alsace qui craquaient les spathes.

« Léotrint est là depuis le 31 août 2020, depuis le début de la collecte de maïs. Il a trié, jusqu’à fin octobre, et a attaqué le calibrage, quelques jours après, sur une mission de cariste entrée, comme on dit, puisqu’il est à l’entrée de la chaîne », explique Nicolas Bauer, le responsable de l’usine de semences de maïs du Comptoir agricole, à Marlenheim. Léotrint H est salarié de Germa Emploi Alsace. Il est mis à disposition par l’association (lire l'article : « Révélatrice de talents »). Chaque année, depuis le lancement de la filière de semences de maïs, en 2014, le Comptoir agricole fait appel à Germa Emploi pour le tri. « C’est un travail difficile, répétitif. Les poignets sont très sollicités, à force de craquer les spathes et les pédoncules du maïs. Il faut rester huit heures debout, dans une atmosphère humide, détaille Nicolas Bauer. Germa Emploi Alsace comprend notre besoin en personnel saisonnier spécialisé. Elle est compétente pour les profils agricoles. » « Je le recommanderai » Mais Nicolas Bauer ne charge pas la mule. Dès 2016, il travaille aussi avec Experteam intérim, à Saverne, car il a besoin de soixante personnes au tri. « C’est trop à gérer, pour Germa. Je coupe la poire en deux », confie-t-il. À l’époque, la barrière de la langue posait parfois problème. Aujourd’hui, personne ne se plaint. Cette année, Nicolas a gardé dix intérimaires sur les soixante, après la récolte, pour nettoyer l’installation pendant une semaine. « Léotrint en a fait partie », précise-t-il. Il a encore donné satisfaction, ce qui l’a amené à la mission de cariste. « On repère les plus compétents. Ils travaillent avec nous jusqu’à Noël », ajoute le responsable de l’usine. Ce sont ses chefs d’équipe qui choisissent, à chaque campagne, les deux saisonniers les plus performants de leur groupe, à l’étape du tri. Pourquoi Léotrint a-t-il été sélectionné ? « Il est travailleur, rigoureux et autonome, lâche Nicolas Bauer, d’un trait. Je le recommanderai. Et s’il est disponible pour la prochaine campagne, qu’il revienne. » « Le chef nous laisse travailler » Le responsable remarque : « Les équipes fonctionnent bien, l’ambiance est bonne, puisque les chefs choisissent. » Il n’est pas le seul à le dire ! Léotrint H est enchanté. Non seulement, il travaille, mais en plus, il aime son travail et s’épanouit avec ses collègues. « Nicolas et mon équipe sont gentils et corrects. J’ai tout découvert de ce travail en arrivant ici. Les collègues me montrent comment faire. Le chef nous laisse travailler. Il n’est pas tout le temps derrière nous. Je suis autonome », assure-t-il. Arrivé en France en 2015, il a passé son permis Caces en 2019, avec Pôle emploi, et a trouvé l’offre de Germa Emploi Alsace sur Indeed, à l’été 2020. Léotrint n’avait pas beaucoup d’expériences professionnelles, en France. Mécanicien de formation, il avait livré des canapés, trié des colis à la Poste, travaillé chez Dr. Oetker, dans une imprimerie à déplacer des rouleaux de papier. « J’aime être cariste, maintenant. Je reste cariste », souligne-t-il. « Parler, c’est plus difficile » Le jeune homme est ambitieux. S’il a les permis Caces 1, 3 et 5, il espère passer les 2, 4 et 6. Il a aussi son permis B. Il est très demandé par les agences d’intérim, depuis qu’il a obtenu les précieux sésames. Il comprend bien la langue, les consignes, mais il ne s’exprime pas encore avec fluidité, en français. « Parler, c’est plus difficile », concède-t-il. Mais il s'améliore. « J’écoute les collègues, je parle avec eux ». Germa Emploi Alsace le ravit aussi. « Ils sont très précis, très corrects », estime Léotrint. Son père a entamé un parcours d’insertion avec l’association.

Publié le 04/01/2021

Actrice de l’économie sociale et solidaire, Germa Emploi Alsace est une association de mise à disposition de salariés, auprès des entreprises, collectivités, associations et particuliers. Imaginée par la MSA Alsace, elle est une interlocutrice privilégiée du monde agricole.

Spécialisée dans les travaux simples liés à la production agricole, viticole, aux espaces verts, à l’industrie, notamment agroalimentaire, au secteur bois, mais aussi dans le BTP et les services, Germa Emploi Alsace a été créée en 1994, par la MSA et les organisations professionnelles agricoles (OPA). Elle est constituée de deux agences, une à Strasbourg et une à Colmar, qui emploient onze permanents. C’est une structure d’insertion par l’activité économique (SIAE). « On recrute nos salariés au plus proche de nos clients employeurs. Et on place, bien sûr, le bon salarié au bon poste. C’est une mise en adéquation. On opère une grosse sélection », souligne Sylvie Maâ, responsable de l’association, consciente que le terme « insertion » peut en rebuter plus d’eux. Cécile Monteiro, cadre de proximité à Germa Emploi, ajoute : « On connaît très bien tout le monde. On accompagne les salariés et les clients. On est présent aussi sur le terrain avant, pendant et après la mise à disposition. Plus qu’un fournisseur de main-d’œuvre, on est un partenaire. » « Notre objectif est double : offrir un service de qualité aux entreprises, comme le ferait une agence d’intérim, sur des missions temporaires, et que l’emploi soit un tremplin pour nos salariés », explique Sylvie Maâ. FLE agricole et transformation de choucroute Germa Emploi Alsace ne lésine donc pas sur les formations et les ateliers, pour ses salariés, en majorité des hommes. Quand ils postulent à une offre publiée par l’association, ils ont déjà atteint le premier niveau de qualification ou un niveau intermédiaire : de brevet des collèges à bac + 2. Ils sont français ou étrangers, jeunes, demandeurs d’emploi de plus d’un an, en reconversion professionnelle ou réfugiés. Ils ont juste besoin « d’un coup de pouce », s’accordent Cécile et Sylvie. « Les personnes qui viennent à nous ont envie et besoin de travailler », cadre la responsable de l’association. Germa sensibilise au savoir-être, aux codes de l’entreprise. Mais elle entre aussi dans le dur, en assurant le renforcement des compétences techniques (par exemple, sur la végétalisation de la vigne, le maraîchage, en partenariat avec le lycée agricole d’Obernai, notamment), et des compétences « transversales » ; par exemple, la maîtrise de la langue française, grâce à des cours de français langue étrangère à visée professionnelle agricole (FLE agricole), avec la contribution de la Chambre d'agriculture Alsace. En 2019, certains apprenants du FLE agricole ont enchaîné sur un contrat d’insertion professionnelle intérimaire (cipi) d’agent de transformation de choucroute. En 2020, les actions de Germa ont été bousculées par le Covid-19 mais elle ne lâche rien. Pour la première fois, elle propose à ses salariés Atouts permis, avec l’association Mobilex, pour les accompagner dans l’obtention du permis de conduire. Le salarié participe financièrement. « On a intérêt à être bons » « Germa Emploi est une révélatrice de talents », résume Cécile Monteiro. « On repère, on décèle les compétences, la motivation, la marge de progression possible. Nos salariés n’entrent pas forcément dans les cases mais ils savent faire. Ils ont du bon sens, sont à l’aise à l’extérieur, dehors, et ils sont déterminés », énumère Sylvie Maâ. En 2019, 55 équivalents temps plein, soit 300 salariés, sont passés par Germa Emploi Alsace. Ils ont effectué 8 771 heures de travail auprès de plus de 200 clients. 50 % de l’activité de Germa Emploi est saisonnière car liée à l’agriculture. « On a diversifié les secteurs dans lesquels on intervient pour la viabilité économique de l’association, pour lisser les activités sur l’année », précise la responsable de Germa. En 2019, le chiffre d’affaires de Germa Emploi Alsace s’élève à 1,8 million d’euros. L’association bénéficie de subventions de l’État mais elle n’est financée qu’à hauteur de 10 à 15 %. « Tout le reste, c’est l’aspect commercial. On a intérêt à être bons. On autofinance nos postes », confie Sylvie Maâ. L’État fixe à Germa des objectifs. « Près de 70 % des salariés de Germa sortent de l’association par le haut. Ils décrochent soit des CDD de plus de six mois, soit des CDI, soit entrent en formation. Un contrat signé donne du sens à nos actions », détaille la responsable. Des coups de foudre à la clé La satisfaction des clients employeurs est au rendez-vous. « Les Jardins du Ried, à Hoerdt, vont embaucher un de nos salariés. Germa a financé son permis Caces. Il ne manquait que ça. À 45 ans, il sera préparateur de commandes et agent de production », cite Cécile Monteiro, à titre d’exemple. Autre victoire de 2020 : un jeune Irakien a décroché un CDD de plusieurs mois chez un viticulteur, après une première mission et une formation de tractoriste. Germa Emploi Alsace est, par ailleurs, un des huit membres fondateurs de Terra job, un groupement d’employeurs alsacien pour l’insertion et la qualification des salariés agricoles.   Germa recherche d'ailleurs pour son agence de Colmar, un(e) collaborateur (trice) pour renforcer la démarche de prospection auprès des entreprises du secteur viticole, vinicole et agricole : Germa Emploi, Association Intermédiaire et Entreprise de Travail Temporaire d'Insertion, plusieurs structures qui... Publiée par Germa Alsace sur Mardi 22 décembre 2020    

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