Pratique

Des sources de pollution aux eaux souterraines

Sur la trace des micropolluants

Publié le 07/02/2020

Émis depuis les hôpitaux, nos chasses d’eau ou encore les nombreuses petites et grandes industries qui émaillent nos territoires, les micropolluants sont partout. Comment se retrouvent-ils au fin fond de la nappe d’Alsace ? Les experts ont remonté la piste des micropolluants. Afin de savoir où placer les pièges.

En parallèle du projet Ermes, dont l'objectif est de collecter et d’analyser des données actualisées, fiables, afin de « mettre en perspective la qualité de l’eau des aquifères rhénans », le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) a mené l'étude Pressions-Impacts sur les micropolluants émergents. Les résultats de cette étude ont été présentés par Benjamin Lopez, hydrogéologue au BRGM, mardi 28 janvier, à la Maison de la Région, à l'occasion de la présentation de l'étude de l'Association pour la protection de la nappe phréatique de la plaine d’Alsace (Aprona), dédiée aux micropolluants dans les eaux souterraines à l’échelle alsacienne.  Point de départ de l'étude du BRGM : savoir de quoi on parle et ce que l’on cherche. Benjamin Lopez procède donc à une précision sémantique importante : « Lorsqu’on parle de micropolluants émergents, c’est l’intérêt qu’on leur porte qui est émergent. Mais il peut s’agir de molécules anciennes. » Ces molécules ont des points communs : elles sont « souvent peu, pas ou mal suivies » et ne sont pas soumises à des seuils sanitaires réglementaires. Mais c’est à peu près tout. Sinon, il s’agit de molécules aux propriétés intrinsèques très différentes. Afin d’identifier les plus pertinentes à quantifier, les experts se sont penchés sur leur temps de demi-vie - qui reflète leur capacité à être dégradée - et leur mobilité, c’est-à-dire d’une part leur solubilité et d’autre part leur capacité à s’adsorber dans le sol. Les molécules les plus mobiles et les plus difficiles à dégrader sont les plus susceptibles d’être retrouvées dans l’environnement, même après le traitement des eaux usées dans les stations de traitement des eaux usées (STEU). C’est ainsi qu’ont été choisis les quelque 200 micropolluants analysés à échelle de l’Alsace dans l’étude Ermes. Benjamin Lopez commente quelques résultats : « Par rapport aux métabolites de produits phytosanitaires et aux substances actives de produits phytosanitaires, les substances pharmaceutiques sont moins fréquemment détectées et à des concentrations plus faibles. Mais ces substances ne sont pas soumises à des valeurs seuils sanitaires, et leurs effets écotoxiques sont peu connus, alors que ce sont des molécules biologiquement actives. » Même constat pour bon nombre de micropolluants détectés, issus de produits de la vie courante : « On ne connaît pas leurs effets toxiques et écotoxiques, encore moins l’effet cocktail. » Une fois le constat d’une pollution généralisée dressé, il s’agit d’identifier les sources d’émission des micropolluants, ainsi que leurs voies de transfert vers les eaux souterraines, pour pouvoir mettre en place des mesures correctives efficaces. « Les micropolluants passent majoritairement par les STEU, qui collectent des effluents urbains et industriels. Les substances récalcitrantes aux traitements passent dans les eaux de surface. Qui entrent potentiellement en relation avec les eaux souterraines. L’enjeu est donc d’identifier les secteurs et les périodes où les eaux de surface alimentent les eaux souterraines », indique Benjamin Lopez. Un travail de détective L’hydrogéologue illustre son propos avec l’exemple de la carbamazépine, une substance pharmaceutique quantifiée dans 30 % des points de mesure, caractérisée par un temps de demi-vie long et une mobilité importante. La mise en relation de la cartographie des points où la carbamazépine a été détectée et des STEU ne permet pas de mettre en évidence une relation claire entre la densité de STEU et la présence carbamazépine dans les eaux souterraines. Pour mieux comprendre la distribution de la carbamazépine dans les eaux souterraines, les experts ont étudié la répartition d’une substance similaire qui a été densément recherchée dans les eaux de surface : l’ibuprofène, également mobile et réfractaire à l’hydrolyse. La carte de quantification de l’ibuprofène dans les eaux de surface révèle une présence accrue dans le Sundgau, le secteur de Haguenau, de Strasbourg et des collines sous-vosgiennes. Ensuite, pour mettre en relations eaux de surface et souterraines, les experts ont utilisé l’Indice de développement et de persistance des réseaux (IDPR). Cet indicateur spatial, créé par le BRGM, compare un réseau hydrographique hypothétique, dicté notamment par les pentes, à ce qu’il est réellement. Ce qui permet de mettre en évidence les formations géologiques favorables ou non à l’infiltration des eaux de surface vers les nappes, donc d’identifier les zones de vulnérabilité des nappes aux pollutions diffuses. L’agrégation de toutes ces données permet de retracer le chemin emprunté par les micropolluants. Exemple : les STEU du Sundgau collectent des substances, qui passent en partie dans les eaux de surface. Celles-ci coulent sans s’infiltrer dans la nappe vers le nord, jusqu’à rencontrer une zone d’infiltration où elles contaminent la nappe. Ailleurs, dans le Nord de l’Alsace, les eaux souterraines sont protégées par des formations géologiques favorables au ruissellement, jusqu’au Rhin. Conclusion de Benjamin Lopez : « Ce qui est détecté à un certain point vient de ce secteur, mais aussi de bien plus en amont. »   Lire aussi : « Par ici la bonne soupe ».

Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin

« Nous sommes les premiers partenaires de la proximité et de la ruralité »

Publié le 16/01/2020

En ce début d’année, la présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin Brigitte Klinkert, entourée de deux de ses vice-présidents, Rémy With et Michel Habig, évoque les dossiers liés au monde agricole. L’abattoir de Cernay, les filières courtes, les Gerplan, le développement touristique dans les espaces ruraux ou encore la présence de l’Alsace au prochain salon de l’agriculture à Paris du 22 février au 1er mars. Sans oublier la Collectivité européenne d’Alsace qui prendra sa place à compter du 1er janvier 2021.

Lors de la dernière assemblée générale de l’abattoir du Haut-Rhin, Christophe Bitsch a succédé à Denis Nass à la présidence. Au nom du département, Rémy With et Michel Habig étaient présents pour rappeler que l’institution départementale tient à ce site. Brigitte Klinkert : « Nous sommes le propriétaire des locaux, mais également le partenaire historique. Avec les agriculteurs, le Conseil départemental du Haut-Rhin est à l’origine de la création de cet abattoir. Cinq millions d’euros ont été investis pour la construction du bâtiment. Nous l’avons fait car nous voulons favoriser le développement des filières courtes. L’abattoir de Cernay facilite les choses sur ce point. Depuis, nous participons annuellement aux frais de maintenance des locaux et aux investissements nécessaires. À hauteur de 150 000 euros par an. Il faut ajouter un million d’euros pour les travaux à venir. Après des débuts difficiles, l’exploitation de cet abattoir est désormais à l’équilibre grâce au travail effectué par l’équipe du président Denis Nass. Je tiens à rendre hommage à ce dernier. Il vient de laisser cette responsabilité à Christophe Bitsch avec qui les relations sont également très pertinentes. Nous travaillons désormais ensemble sur le projet concernant l’extension de l’abattoir. Plus que jamais, ce dernier est un outil indispensable pour les professionnels, le développement des filières courtes, le maintien de l’herbe et la préservation des paysages dans nos territoires. » Les travaux à venir sont nécessaires ? « Oui. Ils vont permettre au personnel de travailler dans des conditions encore plus favorables avec, par exemple, davantage de vestiaires. Il va également y avoir la possibilité de développer la capacité de stockage du froid. Et, la profession agricole va pouvoir y développer un atelier de « préparations hachées assaisonnées ». Cela permettra de diversifier le travail. L’abattoir doit pouvoir proposer des produits de qualité qui répondent aux demandes des consommateurs. Concernant les travaux, le Conseil départemental du Haut-Rhin est prêt à assumer sa partie au niveau du financement. Nous attendons encore les réponses de nos autres partenaires que sont la Région Grand Est et l’Agence de l’eau. L’objectif est de finaliser le projet en 2020 pour démarrer les travaux qui prendront quelques mois. Nous espérons être opérationnels en 2021. Pour le reste, nous sommes satisfaits du fonctionnement général de l’abattoir. Nous veillons au respect de la réglementation. On se doit d’être exemplaire. Nos agents sont régulièrement sur place et veillent, en lien avec le personnel et la profession agricole, à ce que tout se passe bien. » Le Conseil départemental du Haut-Rhin est également un partenaire important de la Chambre d'agriculture Alsace. Comment cette collaboration est-elle menée ? « Ce partenariat se traduit par une convention annuelle qui privilégie les actions concourant à la sauvegarde d’une agriculture respectueuse de l’environnement. C’est véritablement un acte de foi ; 340 000 € sont prévus en 2020. Au-delà de ce partenariat, le Conseil départemental du Haut-Rhin conduit de nombreuses politiques volontaristes en soutien au monde agricole. Je pense tout d’abord aux Gerplan. Ils vont fêter leurs 20 ans en 2020. Ces actions mobilisent tous les acteurs locaux autour de projets qui visent une gestion durable des espaces et ainsi un maintien d’une activité agricole de qualité et de proximité. Hormis Colmar Agglomération, les quinze autres structures intercommunales du Haut-Rhin ont intégré la démarche. Elle concerne 345 communes auxquelles il faut ajouter quatre allemandes dans le cadre du Gerplan transfrontalier. Près de 1 200 actions ont été mises en place ces 19 dernières années. 140 000 euros y sont consacrés tous les ans. Pour fêter ce 20e anniversaire, nous réfléchissons à redynamiser ces Gerplan afin de leur apporter une nouvelle visibilité. » Le Conseil départemental intervient pour aider les filières courtes, notamment par la mise en place d’un site internet grand public « Ma Ferme 68 ». Plus largement, comment se dessine votre soutien pour l’agriculture locale ? « Ce soutien s’inscrit en effet dans une politique volontariste globale. Il y a l’abattoir, mais également l’approvisionnement de nos collèges à partir des productions locales via la plateforme ApproAlsace.fr. Cela nécessite une certaine organisation. Mais, cela marche bien. Nous menons également des opérations plus ciblées comme celle intitulée « Je mange local c’est génial ». Et nous développons des circuits de proximité avec l’aide au développement des marchés locaux ou des magasins de vente directe. La mise en place du site internet grand public « Ma Ferme 68 » va dans ce sens. Ce site doit permettre aux gens de trouver des magasins directement sur internet. C’est une manière de communiquer. Sur ce site, on peut ainsi facilement trouver des producteurs à proximité de chez soi en les géolocalisant. Nous cherchons à favoriser ces échanges et à encourager le manger local, la production locale, l’acheter local. Pour être complet, le Conseil départemental du Haut-Rhin soutient également l’agriculture de montagne et l’élevage notamment pour préserver les paysages. Nous consacrons une ligne budgétaire de 195 000 euros par an aux mesures agro-environnementales. Nous sommes également présents dans le cadre de la modernisation des ateliers de transformation et de l’intégration paysagère des bâtiments agricoles. Sur un autre plan, le département soutient le développement touristique dans les espaces ruraux, en plaine comme en montagne. Ces activités nouvelles représentent souvent des compléments de revenus pour les exploitations agricoles. C’est aussi la question de la transition énergétique. Les agriculteurs jouent un rôle important dans ce secteur. Le département soutient à ce titre le développement de la production d’énergie par méthanisation. » Revenons à l’actualité politique régionale. Un compte à rebours et une affiche géante ont été installés sur la façade du Conseil départemental du Haut-Rhin à Colmar pour évoquer la naissance, le 1er janvier 2021, de la Collectivité européenne d’Alsace. Quel enthousiasme ! « Nous sommes toutes et tous mobilisé (e) s pour aboutir à ce projet qui va rapidement, désormais, devenir une réalité. Nous serons bientôt la cinquième collectivité métropolitaine après Paris, Lyon, Marseille et la Corse. Il y a une loi « Alsace » et c’est une première ! L’Alsace va réapparaître sur les cartes de France et dans le quotidien des gens. L’Alsace va pouvoir jouer un rôle important avec des compétences nouvelles et spécifiques. Je pense tout d’abord aux routes où nous allons avoir le pouvoir de réguler le trafic. Je pense également à la coopération transfrontalière, au développement du bilinguisme ou encore à la possibilité pour les organisations professionnelles et associations sportives de se structurer à nouveau au niveau de l’Alsace. Nous entendons également mettre en place une veille de nos services publics en Alsace pour garantir aux gens la proximité, l’efficacité, la rigueur et la citoyenneté sur toutes nos actions. Les Alsaciens peuvent être fiers de la création de cette collectivité. Concernant nos relations avec nos amis bas-rhinois, nous travaillons sur une convergence de nos politiques. Nous aurons, à partir de 2021, cinq années pour mener à bien cette convergence même si toutes les politiques ne doivent pas forcément être toutes uniformes sur l’ensemble de l’Alsace. Il y a des axes prioritaires comme la solidarité avec les aides pour les personnes âgées ou les handicapés. Pour d’autres axes, il faudra prendre son temps et construire dans la durée. » L’Alsace sera également présente au prochain Salon de l’agriculture à Paris, du 22 février au 1er mars. « Oui. Sous l’impulsion de nos deux départements, d’Alsace destination tourisme (ADT) et en partenariat avec la Chambre d'agriculture, l’Alsace sera à nouveau présente lors du Salon de l’agriculture. Elle le sera dans deux halls différents. Dans celui consacré aux régions de France et à leurs produits, il sera possible de déguster et d’acheter des produits de la région. Et dans celui consacré aux services et métiers de l’agriculture, l’accent sera mis sur les savoir-faire des agriculteurs alsaciens. Il y a une forte volonté cette année d’avoir pour l’Alsace davantage de lisibilité et de visibilité. » Un dernier mot pour les maires et élus locaux à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochains ? « Ils ont toute ma reconnaissance. Ce sont les premiers acteurs de la proximité. Je comprends leurs inquiétudes. Le contexte budgétaire est compliqué. Il s’ajoute à un certain désengagement de l’État, à la suppression de la taxe d’habitation et à la disparition de certains services publics. Malgré ce contexte, je ne peux qu’inciter les élus à ne pas baisser les bras. Nous avons besoin d’eux pour concrétiser les projets des territoires. Le Conseil départemental du Haut-Rhin est leur partenaire fidèle. Nous développons une politique territoriale en termes de conseils, d’équilibre, de soutien financier aux projets. Demain, la Collectivité européenne d’Alsace sera également une collectivité de proximité et poursuivra son engagement auprès des maires et élus locaux. »

Publié le 24/12/2019

À Sainte-Croix en Plaine, la distillerie artisanale La Grange commercialise depuis un an des produits atypiques en Alsace : des gins bios, confectionnés principalement à base de plantes et cultures locales. Un projet lancé par un passionné d’aviation désireux de perpétuer l’art ancestral de la distillation, avec quelques touches d’arômes en plus.

Au pays des poires williams, framboises, kirschs, quetsches ou mirabelles, le gin a aussi sa place parmi les alcools forts. Une conviction qui a poussé Florian Gill à créer sa propre distillerie avec deux associés à Sainte-Croix en Plaine, dans un ancien garage de maintenance agricole. Son nom : La Grange. Il a une idée fixe en tête : produire des gins, whiskies et liqueurs bios les plus « locaux » possible. « J’utilise au maximum ce qui est produit en Alsace », explique-t-il. De la baie de genièvre évidemment - l’ingrédient principal du gin - mais aussi du marc du raisin, diverses plantes aromatiques qui évoluent en fonction des saisons ou, dernièrement, du safran produit par un agriculteur de Guémar. N’étant pas chapeautée par une quelconque AOC, la recette du gin peut ainsi évoluer au gré de la créativité du distillateur. Les premières cuvées commercialisées par Florian Gill en témoignent. Il y a d’abord le Super Broussard - en référence à un avion de transport français des années 1960 - qui est un mélange « complexe » de vingt-cinq plantes différentes comme la lavande, le thym, le romarin ou la coriandre. Un cocktail aromatique « bien arrondi » en bouche qui bénéficie d’une saveur florale très appréciable en bouche. On trouve ensuite le Pin-Up Wings, un gin à base d’agrumes, très léger en bouche. Là encore, le nom est intrinsèquement lié à l’univers aéronautique et ses pin-up peintes sur les carlingues des avions de chasse pendant le Seconde Guerre mondiale. On trouve enfin le dernier né de la production : le gin au safran « La Rose des vents », un mélange de « subtilité » et de « noblesse » qui, là encore, est un clin d’œil assumé au monde de l’aviation. Au-delà de l’idée marketing, c’est surtout un bon moyen pour Florian Gill de mettre en avant sa passion lointaine pour cet univers. « Plus jeune, je voulais devenir pilote professionnel. Mais étant diagnostiqué daltonien, je n’ai pas pu concrétiser ce rêve… » Et puis, historiquement, il faut savoir qu’il y a une forte tradition du gin dans l’aviation. La boucle est bouclée, la gastronomie en plus. Un argument « local » qui séduit Avec son gin, Florian Gill se place aux antipodes du « gin de boîte de nuit ». Ce qui compte à ses yeux, c’est le travail artisanal, l’utilisation d’un savoir-faire ancestral transmis par son grand-père, et la capacité d’une petite distillerie comme la sienne à pouvoir innover. Une philosophie qui est un peu absente en France à ses yeux. « Le gin revient beaucoup à la mode chez nos voisins européens. En France, on est plus timide. On n’a pas la tradition autour de cet alcool. Pourtant, les possibilités sont vastes. » Cela fait deux ans qu’il s’est lancé dans cette aventure aux côtés de Vivien Remond et Enzo Georges, de la brasserie Ste-Cru, à Colmar. La commercialisation des premières bouteilles a démarré il y a un an. Fidèle à sa philosophie « locale », il a sollicité un à un ses clients - bars, restaurants, cavistes - pour leur faire découvrir sa production. Petit à petit, il a réussi à faire parler de lui. Pas suffisant encore pour dégager un bénéfice net, mais cela ne saurait tarder. « C’est un travail de longue haleine pour être reconnu. On n’a pas un gros réseau de communication comme ce qui peut exister dans la viticulture. Du coup, il faut réussir à se faire connaître des gens qui aiment le gin. Après, on sent que l’argument « local » fonctionne bien. C’est en tout cas ce qui a déclenché le premier acte d’achat chez de nombreux clients. La question était de savoir s’ils allaient adhérer sur le long terme. Aujourd’hui, les ventes augmentent. C’est encourageant pour l’avenir. » Ça l’est d’autant plus dans la mesure où il a investi toutes ses économies dans ce projet, et quitté son métier de moniteur de ski qu’il exerçait depuis de nombreuses années. « C’est sûr, quand on se lance dans une telle aventure. Il faut y croire. Mais on sentait qu’il y avait quelque chose à faire avec le gin. Je suis convaincu qu’on peut faire découvrir cet alcool autrement. Pour y arriver, il faut avoir la meilleure réponse gastronomique possible. Et avec tous les produits cultivés en Alsace, on peut imaginer plein de choses. Il suffit d’être créatif. » Et aussi tomber sur des personnes motivées à l’idée de créer un produit qui sort un peu de l’ordinaire, à l’image d’Hervé Barbisan, qui produit le safran à Guémar. « J’aimerais bien travailler directement avec un viticulteur pour récupérer ses marcs de raisin. Pour le moment, je n’en ai pas encore trouvé un qui soit capable de m’apporter la quantité dont j’ai besoin. Peut-être l’année prochaine, qui sait ? »

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