Pratique

Publié le 09/12/2019

Quelles questions se poser pour bien transmettre son exploitation ? La chambre d’agriculture Alsace (CAA), la section des anciens exploitants de la FDSEA 67, les Jeunes agriculteurs (JA), le CFG et la MSA ont alerté sur les aspects sociaux, fiscaux et contractuels à prendre en compte pour une session réussie. La réunion du 21 novembre, à la maison de l’agriculture à Schiltigheim, a fait salle comble. Elle a rassemblé plus de cent futurs retraités. Deux autres rencontres ont eu lieu les 19 et 28 novembre, à Balschwiller et à Sainte-Croix-en-Plaine.

Pas moins de sept intervenants se sont succédé au micro sur la tribune de la salle des séances à la maison de l’agriculture à Schiltigheim, le jeudi 21 novembre, pour rappeler aux cédants potentiels les questions qu’ils doivent se poser en vue de réussir leur transmission d’exploitation. Philippe Wolff, membre du bureau de la section des anciens exploitants de la FDSEA 67, Ludovic Heimburger de la MSA, Jean-Louis Vogtensperg, expert-comptable au CFG, Claire Ringeisen, juriste de la FDSEA 67, Sophie Goehry, conseillère en charge de l’installation non aidée notamment à la CAA, Thomas Gillig, vice-président des JA 67, et Aude Baumann, cheffe du service bas-rhinois de la Safer, ont balayé, en trois heures, tous les aspects à considérer lors d’une cession. Ai-je droit à la retraite ? Quel type de contrat peut être mis en place si je continue à travailler une fois retraité ? Quelle est la valeur de mon exploitation, de mes parts sociales ou de mon outil de travail ? Comment transmettre le capital d’exploitation et quel est le devenir du foncier en propriété ? Que deviennent mes baux ruraux ? Quelles sont mes obligations envers mes salariés ? Que deviennent mes prêts, mes parts de coopérative, mes contrats d’assurance, etc. ? Quel est le devenir de mes droits à produire, de mes aides financières ? Enfin, quel est le parcours à l’installation du repreneur ? « Chaque situation est unique », insiste Ludovic Heimburger. C’est pour cela que, d’un commun accord, les intervenants enjoignent les futurs cédants à commencer à s’intéresser sérieusement à la transmission de leur exploitation au moins quatre ans avant leur départ à la retraite. Anticiper est la clé de la réussite, selon eux. Le conseiller de la MSA recommande de demander son relevé de carrière trois ans avant la date à laquelle l’exploitant souhaite cesser son activité. « Vous êtes les acteurs de la transmission ! » Philippe Wolff a résumé, en début de réunion, les mutations qui touchent le secteur, notamment l’augmentation des valeurs patrimoniales. Il a attiré l’attention, entre autres, sur la nécessité de transmettre une entreprise performante aux repreneurs « pour ne pas les plomber », le contexte économique actuel étant déjà assez difficile. Si le retraité souhaite d’ailleurs continuer à travailler pour aider le jeune installé, aucun problème… du moment qu’il est assuré, a ajouté Ludovic Heimburger. Jean-Louis Vogtensperg a remarqué à ce propos : « Si l’on reste associé non exploitant, attention au compte courant d’associé, à la plus-value sur les parts s’il y a cession, car elle est non exonérée pour l’associé non exploitant. » Le comptable a distillé maints conseils durant son long exposé. Sur le foncier, aussi, rappelant que le notaire est un interlocuteur « primordial » avec lequel les comptables peuvent collaborer dans l’intérêt de l’exploitant.     La #transmission de l'exploitation, sujet toujours au coeur des préoccupations du monde agricole. Réunion d'information co-organisée par la la Chambre d'#Agriculture #Alsace, @JeunesAgri_67 @FDSEA67 et les partenaires sociaux. @msa_actu #CFG ...@EAVPHR #lagricultureelleassure pic.twitter.com/pqWIN3Qaxq — Germain Schmitt (@germain_schmitt) November 21, 2019     Pour les fermiers, la transmission des baux ruraux se prépare au moins un an avant la transmission de l’exploitation, a martelé Claire Ringeisen, des démarches préalables auprès des propriétaires étant requises. Si le bail peut se céder dans le cadre familial, un nouveau bail sera obligatoirement signé avec le successeur hors cadre familial, si le propriétaire le veut bien puisqu’il n’est nullement tenu à accepter de louer ses terres au nouvel arrivant qui n’est ni conjoint, ni descendant. Le cédant doit reprendre chaque contrat (contrat de travail, d’assurance et de banque, MAE, etc.) et se renseigner sur les transferts possibles, deux ans à l’avance, selon la juriste de la FDSEA 67. Sophie Goehry et Thomas Gillig ont souligné encore une fois que si, dans le Bas-Rhin, les exploitations trouvent souvent des repreneurs, c’est quatre ans avant l’installation que ces derniers doivent démarrer le processus. Pour les successeurs sans formation agricole, le cédant doit solliciter une autorisation préfectorale d’exploiter, qui n’est souvent délivrée que plusieurs mois après la demande, une publicité étant faite pour favoriser la transmission à des agriculteurs formés. Un Point information transmission (PIT) sera créé en 2020 à la CAA pour orienter au mieux les futurs retraités. Aude Baumann a répété que la Safer n’est pas un « empêcheur », qu’elle a un rôle d’évaluation, encourageant la salle à faire appel à la société. Les diverses questions des intéressés, toujours tirées de leurs cas particuliers, ont prouvé la nécessité pour chaque cédant potentiel de contacter les spécialistes de la transmission. Julien Koegler, animateur de la réunion en sa qualité de président de la commission installation et transmission de la CAA, a invité les futurs retraités à être proactifs : « Vous êtes les acteurs de la transmission ! » Quelques-uns auraient apprécié plus d’informations sur l’installation hors cadre familial.

518e Sainte Catherine à Altkirch

Une foire ancrée dans son territoire

Publié le 26/11/2019

Moins de stands que les années précédentes, mais du soleil et une ambiance conviviale. Voilà ce qu’il faut retenir de cette 518e édition de la foire de la Sainte Catherine à Altkirch, jeudi 21 novembre. Une manifestation qui a reçu la visite de la présidente du Conseil départementale du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert.

Entourée du maire et conseiller départemental d’Altkirch Nicolas Jander et d’autres élus locaux, Brigitte Klinkert a parcouru pendant une heure les allées de la foire, juste après avoir visité la nouvelle caserne des sapeurs-pompiers. Brigitte Klinkert pense être venue pour la première fois à cette Sainte Catherine. « Je m’y suis peut-être rendue, enfant, emmenée par mon père. Mais, je n’en ai pas de souvenirs précis. Là, l’occasion s’est présentée. J’étais curieuse de découvrir cette manifestation. C’est une foire qui est ancrée dans son territoire. Elle témoigne de son attractivité et de la ruralité de ce dernier. Même si cette foire n’est plus agricole, les agriculteurs sont fort heureusement toujours présents. L’agriculture et la viticulture représentent une part importante dans la vie économique de notre Alsace. Et des événements comme cette Sainte Catherine font vibrer l’âme de notre Alsace. On y ressent toute une tradition », explique Brigitte Klinkert. Une tradition qui a été respectée. Comme chaque année, la place Xavier-Jourdain, dite de la Halle au Blé, a été investie par les concessionnaires agricoles et l’avenue Clémenceau par les partenaires du monde agricole. En revanche, on a bien observé un nombre de stands moins importants. « Il ne faut pas rêver. On ne reviendra plus aux 600 exposants. Là, nous sommes autour de 360 stands. Il y a de nombreux fidèles et quelques nouveaux », témoigne Sébastien Murer, chef de la police municipale. Parmi ces nouveaux, Serge Obrier, venue d’Issoire en Auvergne. « On m’a parlé de cette foire alors je tente. Je propose du saucisson qui est un produit très spécifique dans ma région. Je tente de faire une dizaine de foires chaque année. Certaines sont très intéressantes », précise le marchand. Recroisé quelques heures plus tard alors que la nuit commence à arriver, il se félicite de la journée. « Cela valait le déplacement. Si le matin a été très calme, j’ai réussi à faire pas mal de vente ensuite. Sufisamment en tout cas pour me faire un chiffre d’affaires pertinent. Je compte revenir l’an prochain », ajoute-t-il. Échanger et communiquer Moins de stands donc, mais toujours autant de monde. Les gens aiment la Sainte Catherine d’Altkirch. Une nouvelle fois, les parkings étaient pleins aux abords de la manifestation. Paul Hoffer, agriculteur installé dans la capitale du Sundgau, a prêté la vaste cour de sa ferme aux visiteurs cherchant à se garer. « Je le fais tous les ans. Il y a ici de la place. Une soixantaine. Nous, les agriculteurs, nous sommes toujours là quand il le faut. Je ne demande rien. Je le fais toujours avec plaisir », précise le professionnel. À noter cependant que l’on prend de moins en moins congés une journée entière pour venir à la manifestation. « C’est vrai que c’était très calme ce matin et que ça bouge bien davantage ce soir », constate cet éleveur de chevaux venu comme tous les ans de Poussay dans les Vosges. « Je n’ai pris que l’après-midi en effet. La foire, c’est l’occasion de venir en famille et de rencontrer des amis que l’on voit très rarement pendant l’année. Cette fois, il y a davantage d’animaux. C’est sympa pour les enfants », se félicite Yves, domicilié à Landser. Chevaux, poneys, poules, brebis et autres lapins et coqs étaient en effet bien présents au bas de la place Xavier-Jourdain. Un peu plus loin, la mutualité sociale agricole était en pleine campagne de communication à l’approche des élections de janvier 2020. Tout comme les nombreux partenaires du monde agricole. À commencer par la Chambre d'agriculture d’Alsace. Un stand qui permet aux agriculteurs de se retrouver. C’est l’occasion de croiser deux « Catherinettes » : Virginie Jaegy, agricultrice de Largitzen et Marine Muller, pompier professionnel à Lyon native de Strueth. Un rapide retour sur la place Xavier-Jourdain. En ce milieu de journée, les concessionnaires agricoles rencontrent leurs fidèles clients entre les tracteurs et autres matériels agricoles exposés. « Nous faisons de la communication. La Sainte Catherine, c’est l’occasion d’échanger en toute convivialité », conclut Laurent Fuchs de chez Alsaterr à Dannemarie.

Publié le 19/11/2019

Aurélie Ruetsch, 28 ans, exerçant à Oberdorf (désormais Illtal), dans le Sundgau, a remporté la coupe de France des fleuristes, le 7 octobre dernier à Tours. Habituée des concours, elle s’est vue remettre non seulement le premier prix de cette compétition, mais également le prix « coup de cœur », le prix spécial en équipe, le prix pour une réinterprétation de la Joconde (Léonard de Vinci étant le thème imposé de cette 48e édition) et le prix pour la reconstitution du « Petit jardin du Clos Lucé ».

Depuis l’enfance, Aurélie Ruetsch voulait devenir fleuriste. Elle se souvient qu’elle s’amusait dans les serres de l’entreprise de son père. C’est donc naturellement qu’elle a emprunté cette voie de formation. Après avoir réussi son CAP de fleuriste, elle a obtenu son brevet professionnel puis son brevet de maîtrise. « Ce que j’apprécie dans ce métier ? La diversité des fleurs, leurs formes, leurs couleurs. Cette variété et cette immensité touchent à l’émotion. Ce métier est avant tout une passion. Je n’arrive pas à rester derrière un bureau », explique Aurélie Ruetsch. En 2009, la jeune femme a rejoint l’entreprise familiale qui existe depuis 1987 pour sa partie horticole, et depuis 1992 pour « Sundgau Fleurs ». C’est son père, Jean-Luc Ruetsch qui a développé ce remarquable outil de travail. À Illtal, on trouve un magasin de vente de 110 m2 et pas moins de 1 500 m2 de serres et de tunnels. La production, la vente et le développement de l’entreprise concernent désormais toute la famille Ruetsch. Le magasin marche très bien. « Nous avons une belle clientèle locale, des clients originaires de l’ensemble du Sundgau, mais également de la région de Saint-Louis et de Mulhouse. Ce sont souvent des gens fidèles, des habitués. Mon père est également présent au marché d’Altkirch le samedi matin depuis plus de 25 ans. Il est membre de l’association « Terroir du Sundgau » qui s’occupe de ce marché. Pour ma part, je suis arrivée sur l’entreprise il y a déjà dix années », ajoute Aurélie Ruetsch. Meilleure ouvrière de France ? Créatrice, passionnée et ambitieuse, elle a toujours voulu faire des concours pour aller plus loin dans son métier, se confronter aux autres, faire passer ses messages floraux. « Je pense avoir évolué positivement grâce à à ces concours. Il ne faut jamais rester dans sa « bulle ». Il faut sortir de sa zone de confort. Fleuriste, c’est un métier qui bouge tout le temps. Il faut donc chercher à découvrir les nouvelles tendances », avoue Aurélie Ruetsch. Son premier concours (et sa première victoire) date de 2007. Depuis, elle a souvent multiplié les places d’honneurs. Du 4 au 7 octobre 2019, elle s’est donc rendue à Tours pour participer à cette finale du championnat de France des fleuristes. « Nous étions dix finalistes. Huit hommes et deux femmes. Je n’étais pas très optimiste sur mes chances. Dans ce métier, techniquement et esthétiquement, les hommes sont souvent bien meilleurs. Je pense que c’est ma détermination qui a fait la différence. D’autant plus que les années précédentes, à Reims, j’avais obtenu le bronze et à Mulhouse l’argent. Je voulais cette fois l’or, et au minimum l’argent », raconte la jeune fleuriste. La compétition n’a pas été simple avec sept épreuves « surprise » et deux autres où les participants devaient ramener leurs pièces. Il s’agissait d’un lustre sur le thème de la renaissance et un autre, semi libre, avec la Joconde revisitée. « Sur ces quatre journées, il y a eu pas de moins de 25 heures d’épreuves dont six heures la première après-midi. Cela s’est bien passé. J’ai bien été aidée et soutenue par mon père. Quand j’ai été citée à plusieurs reprises pour les prix spéciaux, j’ai commencé à reprendre confiance pour le titre. Même si cela ne veut pas forcément dire grand-chose. Ensuite, quand on me décerne ce titre, je suis évidemment ravie et heureuse. C’est la récompense de tant d’années de travail. Mais, ce n’est pas fini. Je considère que cette coupe de France était un entraînement pour le concours du meilleur ouvrier de France qui se déroulera en 2021 », poursuit Aurélie Ruetsch. Désormais, elle a ce nouveau concours en tête. Elle le prépare tout en poursuivant le développement de l’entreprise familiale. « Nous avons d’ailleurs un projet ici à Illtal. Nous avons trouvé un terrain au bord de la route à Oberdorf. Nous allons y installer un nouveau magasin de vente remis au goût du jour. Et, à l’arrière, il y aura des serres de vente. La production, elle, va rester sur le site actuel. Nous serons encore plus visibles. Et encore plus proches de nos clients que nous pourrons encore mieux conseiller et servir avec du self. L’objectif est de réaliser ces travaux pour 2021 », conclut Aurélie Ruetsch. 2021, une nouvelle année décisive pour cette jeune femme passionnée et heureuse avec ses fleurs.

Pages

Les vidéos