Qualité de l’eau en Alsace
Un partenariat ambitieux et une volonté commune
Qualité de l’eau en Alsace
Publié le 05/06/2019
Le 17 juin, une ambitieuse convention de partenariat sur la qualité de l’eau en Alsace sera signée à Luemschwiller par l’ensemble des acteurs impliqués. À la clé, la volonté commune d’améliorer la potabilité de la ressource aquifère en réduisant de manière notable l’utilisation des herbicides en agriculture, en premier lieu dans les 19 zones où les captages ont été répertoriés comme « dégradés » par l’Aprona en 2017.
Après les constats, place aux actions concrètes, collégiales et ambitieuses. C’est avec cet état d’esprit que sera signée le 17 juin à Luemschwiller une convention de partenariat pour la mise en place de contrats de solutions territoriaux en faveur de la qualité de l’eau en Alsace. Plus d’une dizaine d’acteurs ont accepté de collaborer afin d’inverser la tendance à la hausse des teneurs en phytosanitaires dans les eaux de la nappe d’Alsace et des aquifères du Sundgau. 19 captages dégradés Tout est parti de la publication par l’Aprona et la Région Grand Est du rapport ERMES Alsace à la fin de l’année 2017. Si celui-ci soulignait les actions positives entreprises par le monde agricole pour stabiliser, voire diminuer dans certains secteurs, les taux de nitrates dans les eaux souterraines, il alertait aussi sur les teneurs « élevées » et « globalement en augmentation » en produits phytosanitaires, notamment dans le Haut-Rhin, sur le piémont au niveau de Molsheim et dans la nappe du pliocène de Haguenau. >>> Visualisez la qualité globale de la nappe sur le site de l'Aprona Si l’augmentation observée entre 2009 et 2016 est à relativiser dans la mesure où simplement plus de molécules étaient recherchées, le caractère rémanent des substances actives dans les eaux souterraines a alerté les autorités. Sur les 21 molécules dépassant la limite de potabilité de 0,1 μg/l en nappe d’Alsace, 8 faisaient partie des molécules autorisées à cet instant. Dans le Sundgau, le rapport était plus critique avec 4 molécules autorisées sur les 10 dépassant ce seuil de 0,1 μg/l. Au total, ce sont 19 captages qui sont dégradés par les phytosanitaires autorisés et leurs métabolites, dont majoritairement des herbicides. De l’accompagnement, pas de contrainte Pour répondre aux différents enjeux, la convention associe l’ensemble des « acteurs de l’eau » autour d’une même table. D’un côté, il y a les engagements pris par chacun, de l’autre, il y a un cadre global qui va se décliner en contrats de solutions territoriaux, impliquant les coopératives agricoles, les distributeurs de phytosanitaires, les gestionnaires d’eau potable, les services et organismes de l’État et les collectivités. Ces dernières auront la responsabilité d’initier les démarches autour de leurs captages d’eau. Elles auront donc un rôle central. « L’idée est de mettre en place une multitude de petites solutions, chacune adaptée à son territoire », explique le vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Denis Nass. En bout de chaîne, on retrouve les agriculteurs qui sont amenés à faire évoluer leurs pratiques. Non pas sous la « contrainte », comme ce qui a pu être vécu par le passé quand il s’agissait d’actions en faveur de l’environnement, mais bel et bien dans une logique d’accompagnement de la part des services de l’État et de la Région, et propre à chaque situation.












