Pratique

Publié le 23/04/2019

En 2019, Heineken investit six millions d’euros dans une ligne de production de bières sans alcool sur son site de Schiltigheim. Le brasseur hollandais veut profiter de l’essor de ce nouveau marché.

Heineken surfe sur la vague de bière sans alcool. Le géant néerlandais va brasser une lager 0 % d’ici la fin de l’année dans son usine de Schiltigheim. « Ce sera notre première brasserie française à fabriquer de la « 0.0 » », se réjouit Pascal Sabrié, président d’Heineken France, de passage en Alsace mercredi 10 avril. Jusqu’à présent, les bouteilles à étiquette bleue arrivaient des Pays-Bas. La nouvelle ligne de production représente un investissement de 6 M€. Principalement pour construire un bâtiment de désalcoolisation. Car la bière 0 % suit le même processus de fabrication que ses sœurs alcoolisées. Sauf qu’avant de la mettre en bouteille, les brasseurs retirent l’alcool. Via une distillation sous vide à 40 °C. « Ce process permet de conserver toutes les qualités du produit par rapport à la non-fermentation (l’autre technique de brassage de la bière sans alcool) », précise Stéphane Crépel, directeur de la brasserie de l’Espérance. « Innover pour suivre les tendances » Les premiers essais doivent être conduits d’ici décembre. Pour un démarrage à grande échelle en janvier 2020. La chaîne doit débiter jusqu’à 200 000 hl/an de « 0.0 ». Quatre fois plus que les 50 000 hl vendus en France par la marque l’an dernier. Mais Heineken mise sur l’essor de ce débouché de niche (4 % du marché global). Depuis 2015, le secteur des bières allégées en alcool connaît une croissance annuelle de plus de 20 %. « Nous devons innover pour suivre les tendances », souligne Pascal Sabrié. Et poursuivre ses concurrents. Carlsberg et sa filiale Kronenbourg captent plus de la moitié des ventes dans le pays. Alors depuis trois ans, le groupe hollandais multiplie les incursions sur le terrain des bières sans alcool. En 2017, il lance la « Heineken 0.0 ». Elle rafle rapidement 25 % des parts de marché. En 2018, il décline sa bière blanche Edelweiss en sans alcool. Depuis le début de l’année, l’entreprise sponsorise des « Zéro zones ». Une campagne de publicité XXL dans 2 500 grandes surfaces et bars. Enfin, elle va commercialiser la « Affligem 0.0 » en avril 2019. Sa première bière d’abbaye garantie sans alcool. @HEINEKENFrance double la mise sur le 0.0 avec une action à 3 niveaux : investissements en Alsace, extension de l'offre, et valorisation en points de vente. pic.twitter.com/chsZejSS6t — HEINEKENFrance (@HEINEKENFrance) 15 mars 2019 Heineken n’est pas le seul à s’intéresser de près à ce créneau. Dès 2015, le Belge AB InBev, leader mondial du secteur, s’est fixé pour objectif de vendre 20 % de bières sans alcool d'ici 2025. 90 millions d’hectolitres prêts à inonder le marché mondial. Schiltigheim n’a qu’à bien se tenir.

Publié le 23/04/2019

Les organisateurs du salon Expo Biogaz ont choisi l’EPL Agro de la Meuse à Bar-le-Duc pour faire la promotion de cet événement national, qui aura lieu les 12 et 13 juin à Lille. Un choix motivé par la position de leader de la région dans ce domaine, et de l’établissement en matière de formation à la méthanisation.

L’EPL Agro de la Meuse à Bar-le-Duc accueillait le 2 avril journalistes, représentants de la filière biogaz et organisateurs du salon du gaz renouvelable, Expo Biogaz. L’établissement fait figure de pionnier en matière de formation à la méthanisation. Un domaine auquel il s’intéresse depuis le début des années 2010, a rappelé son directeur Bernard Meurisse. Dès 2014, en partenariat avec l’Ensaia de Nancy, l'EPL lance un diplôme universitaire (DU) « Mise en œuvre d’une unité de méthanisation ». La première formation en France. Après un démarrage timide, le succès est au rendez-vous, et la quatrième promotion est en cours. Besoin de professionnalisme À la demande de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF), une nouvelle formation va voir le jour cet automne. Encore à l’état de projet, elle visera « à former des exploitants d’unité de méthanisation », a expliqué Étienne Halbin, le formateur qui pilote le dossier. Elle devrait prendre la forme d’un brevet professionnel (BPREA) doublé d’un Certificat de spécialisation (CS), accessible avec la capacité agricole. L’habilitation officielle par le ministère de l’Agriculture est attendue en juillet, pour un démarrage en septembre, avant un déploiement national. Quatre ou cinq établissements sont envisagés sur le territoire. « Il s’agirait de former une soixantaine de personnes par an », indique Étienne Halbin. GRDF, très intéressé, apporte sa contribution pour la réalisation de modules de formation à distance. « La méthanisation a un besoin de professionnalisme énorme, a confirmé Sylvère Adam, représentant de l’AAMF, la méthanisation est un atelier à part entière, avec une nouvelle forme de développement agricole ».   Méthanisation : une nouvelle #formation à distance financée par GRDF #biogaz cc @GRDF @BiogazVallee https://t.co/mqZp19fTN2 — Emploi Environnement (@emploienviro) 9 avril 2019   La Région mobilisée Philippe Mangin, vice-président de la Région Grand Est en charge de la bioéconomie, est venu témoigner de l’engagement régional en faveur de cette filière. « La méthanisation est un levier de transition agricole, qui répond aux enjeux d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement et des ressources naturelles », a-t-il justifié. Outre un complément de revenu « stable et durable » pour les agriculteurs, elle s’inscrit dans la politique régionale de transition énergétique. Avec toutefois le souci de veiller à « un développement le plus harmonieux possible ». Une charte a été signée en ce sens au dernier Salon international de l’agriculture, et la Région souhaite mettre en place d’un « schéma directeur » d’ici l’automne, a-t-il indiqué. Trois acteurs (dont l’Ensaia et l’Aria Grand Est) ont été retenus pour animer la réflexion. La préoccupation est notamment « de bien évaluer la ressource » pour éviter une concurrence avec l’élevage. Et de « privilégier les projets collectifs », pour rendre cette activité accessible au plus grand nombre. Il a également invité à réfléchir « à l’échelle des territoires, en intégrant les besoins des collectivités ». La Région a décidé d’un soutien de 5 millions d’euros par an en 2019 et 2020, sous forme de subvention, d’avance remboursable ou de prise de participation. Une bonne centaine de projets sont en cours, et environ autant en fonctionnement, ce qui place la Région au premier rang français pour le nombre de méthaniseurs. Philippe Mangin s’est toutefois inquiété de la « baisse brutale » des tarifs prévue dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie, estimant qu’elle pourrait remettre en cause certains projets. Une crainte confirmée par Christophe Desessard, de GRDF, qui préfère mettre en avant « les externalités positives » de la méthanisation, notamment sur l’emploi et l’environnement.   Texte et photo : Alain Humberclaude

Concours des pratiques agroécologiques, des prairies fleuries et parcours

Des pratiques qui fédèrent

Publié le 12/04/2019

Le concours des pratiques agro-écologiques prairies et parcours se poursuit. La communauté de communes Sud Alsace Largue se joint à sa voisine du Sundgau. Trois autres sites sont concernés : la vallée de la Sauer au Nord de l’Alsace, la Montagne Vosgienne et le « Naturpark Südschwarzwald » dans la Forêt noire allemande.

La Chambre d'agriculture Alsace s’est engagée dès 2014 dans le concours général agricole des pratiques agro-écologiques. Depuis, elle œuvre avec six communautés de communes et trois parcs : le parc naturel régional des Vosges du Nord, le parc naturel des Ballons des Vosges et le « Naturpark Südschwarzwald ». Trois raisons principales à cela : d’abord, conserver les herbages, notamment les périmètres de protection et les zones de captages, afin de valoriser l’herbe. Ensuite, dynamiser les mesures agri-environnementales. Enfin, communiquer sur les filières courtes auprès du grand public et favoriser ainsi les ventes de produits locaux et de terroirs. « La Chambre d'agriculture Alsace est reconnue pour l’organisation de ce concours. Elle fédère les territoires, ses agriculteurs, les habitants, notamment dans les zones urbaines et/ou semi-urbaines. Ce concours est devenu une véritable vitrine sur ces points », rappelle le vice-président de la Chambre d'agriculture Alsace, Denis Nass. Le jury du concours est, lui également, très diversifié. Il n’est pas composé que d’agriculteurs, mais aussi de spécialistes. Cela favorise les échanges. Pour le nouveau millésime national 2020, les territoires cités auparavant se sont inscrits en fin d’année 2018. « Nous sommes en train de « recruter » les éleveurs candidats. Il est possible qu’ils soient trente cette année, contre vingt en 2018, vingt-quatre en 2016 et dix-sept en 2014. Le jury se forme également en ce moment. Comme l’année passée, il sera présidé par Fritz Goldschmidt, agriculteur retraité de Biederthal. Le concours local doit être organisé ce printemps 2019. Les lauréats se retrouveront ensuite devant un jury national. Les lauréats au niveau de l’hexagone seront honorés lors du Salon international de l’agriculture en 2020 », rappelle Frédéric Roy, en charge du dossier à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Son collègue, Jean-François Strehler précise les critères à respecter lors de ce concours : la valeur fourragère des parcelles, la richesse floristique qui s’y trouve et la qualité paysagère. « Il s’agit de préserver et de mettre en valeur les paysages et les sols. Il s’agit également de valoriser les éléments paysagers en lien avec la faune et la flore qui s’y trouvent. Ces actions permettent de créer du lien avec d’autres acteurs du territoire comme les communautés de communes ». Rappelons qu’au niveau du Sundgau, les derniers lauréats ont été Nicolas Gerster (EARL du Grumbach à Durlinsdorf) en 2016, Jonathan Billieux (EARL La Chèvrerie du Bonheur à Levoncourt) en 2017 et Stéphane Fernex (EARL du Geisberg à Biederthal) en 2018. Les bonnes pratiques agricoles La communauté de communes Sundgau est une fidèle participante de la manifestation. « Elle permet de favoriser le dialogue entre le monde agricole et la population locale. Et surtout, elle permet le maintien de l’élevage dans ce territoire. Elle offre une visibilité des bonnes pratiques agricoles et une reconnaissance du travail des agriculteurs. Nous ne pouvons qu’encourager de telles initiatives », se félicite le président de la communauté de communes Michel Willemann. Son homologue, président de la communauté de communes Sud Alsace Largue, Pierre Schmitt, est du même avis. Il est ravi de rejoindre ce concours. « C’est un apiculteur qui m’en a parlé en premier. Nous avons nous-mêmes sur le territoire des prairies fleuries, mais également une belle activité agricole. Il est donc naturel de participer nous aussi », ajoute l’élu. Le vice-président de la Chambre d'agriculture Alsace et maire de Gommersdorf, Denis Nass est ravi. « C’est une façon positive de parler de nos métiers. L’herbe est d’intérêt général. Elle préserve l’eau, les zones inondables, la biodiversité et l’élevage dans notre secteur. Il faut continuer de donner une image positive de l’agriculture. Ce concours le permet. Les difficultés ne manquent pas actuellement. La sécheresse de 2018 a impacté sur nos fourrages. Continuons de travailler tous ensemble ». Une action également soutenue par le Conseil départemental du Haut-Rhin comme l’a rappelé l’élue présente, Sabine Drexler.

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