Pratique

Publié le 10/03/2019

Ce n’est un secret pour personne, le Salon international de l’agriculture est un rendez-vous incontournable de la politique française. De toutes les régions, élus et notables montent à Paris pour défendre les territoires. Pour la Région Grand Est, le SIA était l’occasion cette année de mettre en avant ses actions en faveur de l’innovation, à commencer par le programme Ferme du futur.

Le 27 février était présenté, dans le cadre du Salon international de l’agriculture, le plan régional Ferme du futur, en présence d’élus du Conseil régional : Pascale Gaillot, vice-présidente et membre de la délégation agriculture et viticulture, Philippe Mangin, vice-président et membre de la délégation bioéconomie, agroalimentaire et bioénergie, et Lilla Merabet, vice-présidente et membre de la délégation compétitivité, innovation et numérique. Rappelant que le Grand Est est la deuxième région agricole française, ils se sont attelés à défendre ce projet qui a pour objectif de « rendre l’innovation accessible à tous les agriculteurs ». L’ambition de la Région est d’être au service de toute l’économie, et donc aussi de l’agriculture. D’abord mis en place pour l’industrie et l’artisanat, le programme a déjà rencontré un franc succès selon les élus. Interpellés sur le terrain, ils ont donc décidé d’intégrer la dimension agricole à leur action. « Avec plus de 49 000 exploitations, l’agriculture représente le premier excédent commercial de la Région, ont-ils avancé. Le plan régional Ferme du futur vise à améliorer la performance et la compétitivité des exploitations, sur les volets organisationnels, technologiques et environnementaux tout en plaçant l’homme au cœur de la démarche. » Selon Philippe Mangin, « l’agriculture ne traverse pas de crise, mais elle entre en rupture profonde » et s’inscrit « dans le même mouvement que l’ensemble de l’économie ». Elle a aujourd’hui deux défis à relever : l’un alimentaire, l’autre écologique. Quels modes d’action concrète ? Actuellement, une soixantaine d’exploitations est en phase d’expérimentation. Objectif affiché : 100 exploitations accompagnées par an. Au-delà des soutiens classiques, dont économiques, c’est « l’ingénierie, la logistique, le regard extérieur » qui permet à l’exploitant « qui a le nez dans le guidon » de passer un cap, a expliqué Philippe Mangin. Première étape de cet accompagnement : un diagnostic de performance. Porté par un consortium de consultants spécialisés - car l’idée est bien de « se parler entre personnes qui se comprennent », précise Pascale Gaillot -, ce diagnostic est intégralement financé par le Grand Est. Se déroulant sur un jour et demi, il porte sur cinq points : la stratégie digitale, l’organisation de l’exploitation, le système d’exploitation et l’environnement, l’utilisation des nouvelles technologies et la valorisation de l’homme. Le plan se prolonge par un accompagnement sur-mesure basé sur une proposition d’actions et de solutions et la mise en relation avec des prestataires de solutions technologiques et académiques. La Ferme du futur, c’est aussi l’occasion pour les participants de faire partie d’une communauté pour échanger sur les bonnes pratiques en termes d’innovation. « C’est incroyable le succès qu’a rencontré cette proposition », se sont réjouis les élus. Ils ont également annoncé des premiers retours très positifs. Après la première phase d’expérimentation, le temps sera au bilan, puis viendront les actions de terrain pour présenter le programme et aller à la rencontre des agriculteurs susceptibles d’y souscrire. Dès avril 2019, un coup d’accélérateur sera donné à ce programme qui revendique déjà 95 % de réussite.

Publié le 22/02/2019

Accueillant 1 800 exposants, l’édition 2019 qui se tient du 24 au 26 février, garde le cap de la prospective en mettant encore plus en avant les innovations et les start-up. Ce mondial des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage est l’occasion de présenter au monde agricole leurs innovations et leurs produits phares. Petite sélection parmi les innovations en agroéquipements et les grandes tendances du Sima 2019.

Beiser Environnement - Fourrage Lib : Un râtelier connecté - Médaille de Bronze Sima Awards Reposant sur un essieu de transport, le râtelier mobile Fourrage Lib est conçu pour alimenter des animaux sur des pâtures éloignées. Son système de pesée permet de suivre en continu l’évolution du stock réel de fourrage restant et par conséquent, la quantité de fourrage consommée par les animaux présents. Connecté à un serveur par les réseaux bas débit Lora ou Sigfox, le dispositif donne accès aux informations par l’intermédiaire d’une application mobile sous Android et une interface web. L’éleveur peut paramétrer des alertes, en fonction de la quantité restante dans le râtelier. Dotée de râteliers et d’auges galvanisés, cette remorque est également géolocalisée. Kuhn Redvista : La réalité augmentée pour l’entretien et le réglage des outils - Médaille d’argent Sima Awards Utiliser sa tablette ou son smartphone pour visualiser les points de réglage et d’entretien d’un outil, tel est le but de l’application mobile Kuhn Redvista qui met à profit la réalité augmentée. Utilisable par l’agriculteur ou le technicien de la concession, elle permet de supprimer les documents papier et d’avoir à disposition des informations mises à jour. Il suffit à l’utilisateur de scanner un autocollant sur la machine pour accéder aux informations, y compris en l’absence de connexion internet. L’utilisation très intuitive de cette application mobile facilite l’utilisation et l’entretien des outils par des utilisateurs novices. Isagri : Fernand, un assistant vocal pour les agriculteurs - Médaille de Bronze Sima Awards Outil de facilitation des recherches par l’agriculteur, l’assistant vocal Fernand exploite la reconnaissance vocale et l’intelligence artificielle pour faire le tri dans les données issues des logiciels de gestion de l’exploitation ou d’autres services agricoles. Il fournit une réponse vocale ou visuelle, l’application étant utilisable sur smartphone, tablette ou une enceinte connectée. Ce nouvel outil numérique a été développé par Promize, start-up interne du groupe Isagri. John Deere Support Connecté : La télématique « intelligente » - Médaille d’Argent Sima Awards De plus en plus de tracteurs et automoteurs John Deere sont équipés du système de télématique JDLink qui remonte des informations sur leur fonctionnement. Ces données issues de nombreuses machines sont collectées et analysées par des algorithmes afin de détecter des risques de panne. Le service Expert Alerts va ainsi permettre au concessionnaire de proposer à ses clients des interventions de maintenance préventive. Le concessionnaire est aidé dans le suivi des machines par le système Machine Dashboard, sorte de tableau de bord, qui priorise les interventions à réaliser en fonction de leur degré d’urgence. Amazone WindControl : Corriger l’effet du vent sur la nappe d’épandage - Médaille de Bronze Sima Awards À partir d’un capteur embarqué sur l’épandeur d’engrais centrifuge mesurant la vitesse et la direction du vent, le dispositif WindControl corrige les paramètres d’épandages pour compenser les décalages de la nappe d’épandage induits par le vent. Il agit indépendamment sur le point de chute de l’engrais des deux disques droite/gauche et aussi sur la vitesse de rotation de ces derniers. Les paramètres sont visualisés sur la console Isobus, l’utilisateur étant averti si les conditions de vent ne peuvent plus être compensées par le système. Le WindControl fonctionne en association avec le capteur ArgusTwin qui contrôle en continu la trajectoire de l’engrais en sortie de disque. New Holland Inverseur de DFR : Prévenir les risques de bourrage - Médaille de Bronze Sima Awards Les moissonneuses-batteuses CR sont dotées d’un tambour d’alimentation transversal baptisé DFR, implanté entre le convoyeur et les rotors de battage. Celui-ci dispose d’un système d’inversion hydraulique (vérin commandant un cliquet sur une couronne dentée) piloté depuis la cabine. Lorsque le régime du DFR passe en dessous de 100 tr/min, synonyme d’un risque de bourrage, le convoyeur et les rotors se désengagent automatiquement. Le chauffeur inverse le sens de rotation du convoyeur pour dégager la matière, puis celui du DFR jusqu’à ce qu’il soit libre en rotation. Il inverse à nouveau la rotation du convoyeur pour évacuer la matière issue du DFR. La gestion du bourrage s’effectue ainsi sans descendre de la cabine. Deutz-Fahr : Un 5D très accessible Abritant un moteur FarMotion 3 cylindres de 2,9 l répondant à la norme Tier 4i, le tracteur 5 D Keyline se compose de quatre modèles à transmission mécanique 15/15 ou 30/15 (avec doubleur mécanique). Ces deux transmissions sont également proposées dans une déclinaison Eco, autorisant une vitesse de 40 km/h au régime moteur de 1 870 tr/min. Dotés de trois régimes de prise de force (540, 540E et 1 000 tr/min), ces tracteurs disposent d’un engagement électrohydraulique du pont avant et du différentiel, ainsi que d’un circuit hydraulique à centre ouvert de 50 l/min alimentant jusqu’à trois distributeurs et le relevage arrière de 3,5 t. Valtra : Nouvelle motorisation sur les séries N, T et S Les tracteurs des séries N, T et S disposent d’une motorisation répondant à la norme antipollution phase V, intégrant FAP à régénération passive (régénération active uniquement au moment des vidanges en atelier toutes les 600 h) et SCR (+ EGR sur la série S), pour les modèles à partir de 170 ch. Les nouvelles motorisations sont disponibles sur les séries T et S, et le seront au printemps sur le N174 et à l’automne pour les N134 et N154. En outre, un second écran tactile est proposé sur les modèles N, T et S SmartTouch. Pouvant être placé où l’on veut dans le poste de conduite, il sert au pilotage des outils Isobus, au guidage, aux options de gestion de parcelle ou comme écran de caméra. Le tractoriste annonce par ailleurs l’arrivée d’une suspension pneumatique de pont avant sur la série N, héritée de la série T. Cet équipement sera disponible au printemps sur le N174 et à l’automne pour les N134 et N154. Claas Convio Flex : Une coupe à tapis très flexible - Médaille de Bronze Sima Awards Destinée aux moissonneuses-batteuses Lexion, la barre de coupe à tapis Convio Flex se distingue par son tablier flexible apprécié notamment pour les cultures basses comme le soja, le pois et dans les céréales versées. Le débattement de 22,5 cm du tablier est assuré par plusieurs vérins qui relient le tablier au châssis. Le pilotage s’effectue intégralement en cabine, assisté de certains automatismes comme la régulation automatique de la vitesse des rabatteurs en fonction de la charge ou de celle des tapis en fonction de la vitesse d’avancement. Le système Auto Contour fonctionne selon quatre modes : céréales avec tablier rigide, céréales versées permettant de commuter du flexible au rigide, toujours flexible avec degré de flexibilité réglable en ajustant la pression des vérins, et enfin, Auto Contour Flex qui ajuste en plus, la hauteur du convoyeur, lorsque le débattement de la coupe n’est pas suffisant. La Convio Flex dispose de tapis très faiblement inclinés pour limiter les pertes et de nouveaux rabatteurs à doigts en plastique et entraînement hydraulique, assurant un travail près du sol et limitant l’enroulement de matière. Väderstad : La modulation plus accessible Les semoirs Rapid A 400-800S et Rapid A 600-800C/J accèdent au protocole de communication Väderstad Universal Control qui simplifie la liaison entre le semoir et les différentes solutions de cartographie. Le fournisseur de cartographie se connecte au semoir en liaison sans fil pour fournir les cartes de modulation pour la dose de semence et/ou l’engrais, qui sont directement intégrées par la régulation du semoir. Les premiers services de modulation compatibles sont iSoyl de Soyl et ControlMaster de Dataväxt.

Salon international de l’agriculture

Le Grand Est en force

Publié le 21/02/2019

Le Salon international de l’agriculture n’est plus qu’à quelques jours d’ouvrir ses portes. Dégustations, démonstrations, conférences, ateliers et jeux seront proposés aux visiteurs, sans oublier les remises des prix du Concours général agricole qui rythmeront l’ensemble du salon, qui se tiendra du 23 février au 3 mars au Parc des Expo à Paris. La race vosgienne et les produits du Grand Est seront, bien sûr, mis à l’honneur.

Le grand rendez-vous du monde agricole est un immanquable pour qui veut découvrir le terroir français, sans faire le tour du pays. Les talents issus de l’agriculture régionale seront mis en évidence durant neuf jours, tout d’abord dans le hall 1 avec la race bovine vosgienne présentée dans un chalet habillé de bois des Vosges. Ensuite dans le hall 3 où se déploiera l’Espace Grand Est avec 22 îlots sur plus de 1 000 m². Il accueillera notamment un village de 90 producteurs qui proposeront des spécialités gastronomiques régionales à la dégustation et à la vente. Un stand prestige sera dédié aux animations avec la participation de l’Agence régionale du tourisme, des lycées hôteliers et de chefs renommés. Le visiteur pourra en effet découvrir un parcours d’animations, mais également déguster des spécialités gastronomiques des terroirs alsaciens, champardenais et lorrains dans un restaurant où officieront des lycéens du Grand Est en formation hôtellerie-restauration. La région a voulu proposer une invitation au voyage à travers les spécialités culinaires oui, mais pas seulement. Le réseau des Chambres d’agriculture du Grand Est valorisera tout au long du salon les atouts et les talents des territoires. Chaque jour, un séjour sera à gagner dans une des destinations touristiques ciblées : Alsace, Champagne, Lorraine, Ardennes et le Massif des Vosges. Pour Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est, « le travail en amont est énorme pour présenter le meilleur de notre région, l’intérêt est de mettre en avant la diversité de nos produits et leur qualité ». Ainsi, 300 candidats ont présenté près de 1 600 échantillons au Concours général agricole. Les éleveurs quant à eux sont aux petits soins avec 260 animaux inscrits aux concours. Inauguration mardi 26 février Le stand de la Région Grand Est sera inauguré le mardi 26 février à 11 h par Jean Rottner, président de la Région Grand Est, Jean-Luc Pelletier et René Collin, ministre wallon de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région. L’inauguration de l’espace Grand Est du hall 1 se fera à 17 h 15, suivie de la traite des vaches à 18 h. Le même jour sera signée une charte pour le développement de la méthanisation. Elle engage les acteurs de la filière à initier les échanges en amont de la construction d’une stratégie régionale pour la méthanisation. L’objectif est de mettre en œuvre un développement vertueux, raisonné et harmonieux de la méthanisation en Grand Est. Le lendemain, mercredi 27 février, la thématique de la Bioéconomie sera mise à l’honneur avec une journée dédiée. Pour Jean Rottner, « la bioéconomie doit devenir le fer de lance essentiel du Grand Est, nous devons accélérer et avoir un coup d’avance ». Des projets concrets portés par une vingtaine de candidats seront présentés.   Un salon de terroir et de politique Au Sia, élus et citoyens ont l’habitude de se croiser dans les allées, pour échanger, et parfois s’interpeller. Pour la Région Grand Est, le Sia est ainsi l’occasion de défendre sa politique agricole. Profitant du rayonnement médiatique de l’événement, elle défend son bilan - son plan sécheresse de 6 M€ mis en place fin 2018 pour accompagner les éleveurs qui ont acheté des fourrages supplémentaires et pour les soutenir dans leurs investissements - et ses priorités d’action. Pour aider les agriculteurs à relever les défis de demain, en 2019, la Région Grand Est consacre 32 M€ à quatre grandes priorités : la compétitivité et la modernisation de la chaîne alimentaire ; le développement des marchés régionaux, ciblant 5,5 millions de consommateurs du Grand Est et développant l’exportation ; l’innovation en réponse efficace aux enjeux environnementaux et climatiques ; et l’installation des jeunes en agriculture et en viticulture ainsi que l’accompagnement aux créations d’activités. 2019 est aussi synonyme de nouvelles perspectives pour le Grand Est, avec comme ligne de mire l’accélération de la transformation des exploitations agricoles. Objectif affiché : permettre aux agriculteurs, de petites et grandes exploitations de relever les défis de la compétitivité, de la diversification des marchés, du renouvellement des générations et de la préservation des ressources. « Nous voulons faire aimer l’agriculture et dire aux Français : vous avez des paysans près de chez vous, profitez-en ! », souligne Jean Rottner. Pour le président de la Région Grand Est, le Sia et ses 600 000 visiteurs venus du monde entier est une occasion unique de lutter contre « l’agriculture bashing ». « Les agriculteurs sont des passionnés et ils ont l’impression d’être totalement incompris par rapport aux efforts qu’ils font aujourd’hui », ajoute Jean Rottner qui appelle à montrer au public « une agriculture positive, innovante et responsable ».

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