Pratique

Visite de François de Rugy et d’Emmanuelle Wargon à Volgelsheim

Un projet d’avenir pour le territoire de Fessenheim

Publié le 06/02/2019

Vendredi 1er février à Volgelsheim, François de Rugy, ministre d’État chargé de la Transition Écologique et Solidaire, et sa secrétaire d’État Emmanuelle Wargon ont signé le projet d’avenir du territoire avec les élus des territoires concernés.

Ce projet de territoire appelle tout d’abord à un contexte. La centrale nucléaire de Fessenheim a été mise en service en 1977. C’est la plus ancienne des 19 centrales nucléaires françaises. Sa fermeture s’inscrit dans l’un des grands objectifs énergétiques de la France, fixés dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) présentée par le gouvernement en novembre 2018, dans le cadre de la Stratégie française pour le climat et l’énergie. Il s’agit de plafonner à 50 % de nucléaire le mix énergétique français d'ici 2035, en favorisant « le développement des énergies renouvelables ».  La centrale, depuis quarante ans, a joué un rôle important dans l’économie et la vie du territoire de Fessenheim. Sa fermeture remet donc « profondément en question le modèle économique, environnemental et social sur lequel le développement du territoire s’est appuyé ces dernières décennies », explique le document. La solution avancée par le gouvernement et les acteurs locaux est de faire de Fessenheim « un territoire de référence à l’échelle européenne en matière d’économie bas carbone, une économie reposant sur des filières d’excellence et d’innovation, créatrice d’emplois et de valeur ajoutée, et permettant d’assurer, entre autres la réussite de la nécessaire mutation économique des communes les plus concernées par la fermeture de la centrale », toujours d’après ce document. Parmi les ambitions affichées pour l’avenir, il est évoqué cinq points précis : un parc, baptisé EcoRhena, prévu d’être aménagé sur 220 hectares au nord de Fessenheim pour accueillir des activités industrielles, portuaires et fluviales ; une société d’économie mixte franco-allemande qui doit voir le jour d’ici l’été pour « conduire les projets d’aménagement et de développement économique ». Figurant également parmi les priorités du Traité d’Aix-la-Chapelle, la liaison ferroviaire Colmar-Fribourg, qui a disparu avec la destruction du pont sur le Rhin, en 1945, devrait être rétablie. Enfin, un campus des métiers et qualifications pourrait être implanté à Mulhouse, sur le thème des industries du futur et du numérique. Panneaux photovoltaïques et méthanisation Enfin, un appel d’offres dédié au Haut-Rhin vient d’être lancé pour installer 300 mégawatts (MW) de panneaux photovoltaïques (200 MW au sol, 100 MW sur toiture). Le premier dépôt des offres est attendu d’ici le 1er août. « Conformément aux engagements pris lors du comité de pilotage pour l’avenir du territoire de Fessenheim, le gouvernement avait en effet engagé en janvier 2018 un processus de notification auprès de la Commission européenne en vue de lancer un appel d’offres solaires spécifique au Haut-Rhin. La Commission européenne a validé, vendredi 18 janvier, le régime d’aide envisagé, ouvrant la voie au lancement de l’appel d’offres » explique François de Rugy. Limité aux projets situés dans le département du Haut-Rhin, cet appel d’offres doit permettre de développer 200 MW par des centrales au sol, 75 MW par des grandes installations sur toiture et 25 MW par des petites. Un bonus environnemental sera attribué aux centrales au sol qui s’implanteront sur des terrains dégradés. L’appel d’offres se décomposera en trois périodes de candidatures successives avec un premier dépôt des offres attendu dans 6 mois. L’appel d’offres représente un engagement de l’État de 250 M€ au bénéfice du territoire sur une période de 20 ans. « Le lancement de cet appel d’offres concrétise l’engagement du gouvernement sur la reconversion du territoire de Fessenheim auprès des collectivités. Il permettra de développer une production locale d’électricité à partir d’énergies renouvelables et de lancer la filière du photovoltaïque dans le Haut-Rhin », ajoute François de Rugy. Il a également ouvert d’autres pistes de travail : « La méthanisation est un engagement de revenu stable pour les agriculteurs du secteur qui seront associés aux discussions. » Un message entendu par le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann, son directeur Michel Busch, ou encore l’ex-président de la FDSEA du Haut-Rhin et élu de la Chambre d'agriculture Alsace, Denis Nass.

Élections Chambre d’agriculture Alsace

Les salariés agricoles appelés aux urnes

Publié le 18/01/2019

Les salariés des professions agricoles sont appelés à élire leurs représentants à la Chambre d’agriculture. Deux collèges les concernent et les enjeux sont importants. Plusieurs listes sont en lice et la concurrence est grande pour une participation habituellement faible. La Chambre d’agriculture est pourtant la seule chambre consulaire à accueillir des représentants élus des salariés.

Sur la région Alsace, le collège des salariés est le deuxième collège en nombre d’électeurs avec 9 186 électeurs pour la production agricole et 5 183 électeurs pour les groupements professionnels agricoles, loin derrière celui des anciens exploitants qui représentent 17 113 électeurs mais devant celui des exploitants qui représentent 7 923 votants. En nombre de sièges, le collège des salariés bénéficie de 6 sièges dans chaque département sur un total de 33, avec 3 membres représentant des salariés de la production agricole (collège 3a) et 3 des salariés des groupements professionnels agricoles (collège 3b). Il représente ainsi 18,2 % des élus de la Chambre. À noter, un mode de scrutin mixte, tout comme pour le collège des chefs d’exploitation : la liste majoritaire obtient la moitié des sièges et les sièges restants sont répartis à la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste. Les autres collèges appliquent quant à eux le scrutin majoritaire à un tour. Qui vote alors dans les deux collèges des salariés ? Le premier collège (3a) concerne les salariés de la production agricole, affiliés aux assurances sociales susceptibles de relever d’une convention collective de la production agricole ; le second (3b) rassemble les autres salariés appartenant à des groupements professionnels agricoles. Lors des précédentes élections de la Chambre d’agriculture en 2013, ce sont les élections de ces deux collèges qui étaient les plus concurrentielles avec cinq listes dans les deux départements. Huit sièges étaient alors à pourvoir dans chaque département. N’ayant mobilisé qu’un tiers des inscrits, les taux de participations des collèges 3a et 3b étaient bien inférieurs à celui des chefs d’exploitation qui était de 55 %, ou encore des 93,95 % de coopératives agricoles, observés dans toute la France. Cette année, tout l’enjeu des syndicats est donc de mobiliser les salariés autour de cette élection. En 2019, la concurrence est plus forte encore puisque quatre syndicats ont monté sept listes dans le Bas-Rhin, et cinq syndicats se sont placés avec huit listes dans le Haut-Rhin. Les listes CFDT : FGA, CFE-CGC, CFTC-AGRI et CGT sont présentes dans toute l’Alsace, tandis qu’une liste Force Ouvrière 68 se propose également aux électeurs du Haut-Rhin. On note toutefois l’absence de l’UNSA Agriculture, présente en 2013. Liste CFDT : FGA vos avancées sociales : c’est nous ! « La CFDT est la première organisation syndicale de France. Et depuis 12 ans, notre organisation siège à la Chambre d'agriculture pour représenter les salariés, que ce soit dans le Haut-Rhin ou le Bas-Rhin », rappelle Mario Troestler, tête de liste de la CFDT : FGA pour le collège 3b du Bas-Rhin. « Nous défendons le pouvoir d’achat des salariés par la hausse des salaires, leur protection sociale, l’amélioration des conditions de travail, l’égalité entre les hommes et les femmes », décrit Mario Troestler. Mais la CFDT : FGA - et c’est plus original - a aussi la volonté de porter la vision des salariés sur des dossiers « trop souvent agricolo-agricoles », comme l’élevage, la viticulture, l’environnement, le maraîchage. « C’est ainsi que nous avons porté en session Chambre une motion contre la banalisation des AOC en viticulture, car nous estimons qu’autoriser la production de gewurztraminer dans d’autres régions viticoles met en péril l’emploi des salariés de la viticulture en Alsace. » Autre volonté de la CFDT : FGA : faire changer le regard des employeurs sur les salariés agricoles, « pour qu’ils ne soient plus considérés comme une charge mais comme une valeur ajoutée, ce qui doit contribuer à donner de l’attractivité aux métiers de l’agriculture ». Pour cela, la CFDT : FGA s’attache à présenter des candidats issus d’horizons très différents, et à les former. Il conclut : « La Chambre d'agriculture est la seule chambre consulaire où siègent des salariés. Il s’agit d’une chance à ne pas galvauder. » Liste CFE - CGC La CFE-CGC souhaite pérenniser l’emploi salarié, développer la qualification par la formation et valoriser les métiers de l’agriculture. « Nous comptons le faire avec nos valeurs. À savoir : placer tous les salariés au cœur de l’entreprise et de ses stratégies, faciliter et reconnaître les compétences professionnelles et favoriser un dialogue social responsable, gage d’avenir pour les salariés et les entreprises. Nos cinq engagements principaux sont clairs. Nous voulons affirmer le rôle de la coopération et du mutualisme dans la filière agricole et agroalimentaire. Nous voulons agir afin que nos entreprises du secteur agricole restent les moteurs de la ruralité dans nos territoires. Nous voulons amplifier la reconnaissance et la place des salariés dans le monde agricole. Nous voulons permettre le développement économique et la compétitivité des entreprises agricoles. Et nous voulons favoriser la synergie entre les acteurs du secteur agricole », explique Chantal Stentz de Wettolsheim. Marc Schneider, élu sortant de Wuenheim, rappelle l’attachement de la CFE-CGC à la Chambre d'agriculture. « Nous sommes solidaires des travaux menés jusqu’à présent à la Chambre. Ils sont partagés avec les salariés. Globalement, nous avons été assez actifs les mandats précédents. Aujourd’hui, la place des salariés dans le monde agricole est en augmentation. Ils doivent jouer leur rôle de façon complémentaire et solidaire pour défendre une agriculture pourvoyeuse d’emplois et de richesses pour tous ». Liste CFTC AGRI La CFTC AGRI, présentant des listes dans le Bas-Rhin (3a) et le Haut-Rhin (3a et 3b), « milite pour une agriculture multi-performante et vertueuse d’un point de vue économique, social, sanitaire et environnemental. L’une ne peut se faire au détriment de l’autre ». Cela passe par la création d’un label pour l’agriculture responsable. Elle s’engage par ailleurs à négocier la convention collective, les salaires, les avantages sociaux et des accords majeurs pour la vie professionnelle et familiale. « Être à la table des négociations, c’est poursuivre un travail engagé depuis plusieurs années pour améliorer les salaires, la couverture santé, la prévoyance, les conditions de travail… » Ainsi, la CFTC-AGRI prête par exemple attention à l’encadrement du télétravail, « pour le respect de la vie privée et le droit à la déconnexion ». Elle revendique aussi une égalité au niveau des droits et des avantages entre les salariés des entreprises et exploitations agricoles et ceux d’autres secteurs. De plus, elle avance que « comme les exploitants agricoles, les salariés, à travers par exemple les associations de salariés, doivent bénéficier des financements du développement agricole ». Enfin, la CFTC AGRI se présente comme « un syndicat différent des autres » qui privilégie « le dialogue entre les employeurs et les salariés » : « Sans entreprises en bonne santé, il n’y aurait pas d’emploi stable et de qualité. » Liste CGT Salaire, retraite et santé. Voici les trois piliers du programme de la CGT pour les élections aux Chambres d’agriculture. La centrale syndicale demande une « revalorisation urgente du pouvoir d’achat des salariés agricoles. » Cela passe par de meilleurs salaires. La CGT appelle donc à un SMIC à 1 800 €, une augmentation immédiate de 400 € et l’instauration automatique du treizième mois. Le syndicat plaide aussi pour une retraite à taux plein dès 55 ans ainsi qu’une revalorisation des pensions de 400 €. Une manière de compenser « l’espérance de vie des salariés agricoles, inférieure de 6 ans à la moyenne nationale », selon l’organisation. Dernier cheval de bataille : la santé. La CGT exige une meilleure prise en charge des frais de santé sans donner plus de détails sur son projet. Elle demande aussi l’embauche de 3 500 conseillers et gestionnaires MSA afin d’améliorer l’accueil des usagers et le traitement des dossiers. Enfin, les syndicalistes réclament de meilleures conditions de travail, le renforcement de la médecine du travail et plus de moyens pour les commissions d’hygiène et de sécurité. Avec ce programme, la centrale espère au moins égaler son score de 2013. Elle a fini en deuxième position du collège 3a dans les deux départements alsaciens. Les électeurs du collège 3b l’ont cependant recalée à la 4e place dans le Bas-Rhin et à la 3e dans le Haut-Rhin. Liste Force Ouvrière 68 Uniquement présent dans le collège 3a du Haut-Rhin, Force Ouvrière 68 est « particulièrement attentif en conditions de travail », avance en tout premier point Jacques Rimeize, secrétaire général de FO 68. Le syndicat revendique ainsi la prise en charge du temps de déplacement, la reconnaissance de l’ancienneté́ et les savoir-faire acquis, la prévention de la pénibilité ou encore une « Pac sociale » qui éviterait le travail détaché. La liste FO 68 s’est constituée avec des candidats représentatifs de la diversité de territoire dans le département et de structures, tenant compte tant des exploitations agricoles que des jardineries, précise le secrétaire général. FO 68 s’engage à défendre les salariés agricoles « à la fois dans les commerces et sur le terrain, dont ceux isolés sur des petites exploitations et qui ont parfois du mal à se faire entendre et à trouver les bons interlocuteurs syndicaux ». Le syndicat est aussi actif par le biais d’un représentant régional au sein du Comité Hygiène Sécurité Conditions de Travail (CHSCT). Par ailleurs, les salariés peuvent compter sur « un appui local, notamment juridique ». « Il faut que les salariés soient représentés pour être défendus », conclut Jacques Rimeize.

Publié le 17/01/2019

Élaboré comme la choucroute, le navet salé est le premier produit « fraîcheur » de l’année. Il arrive à point nommé après les agapes de fin d’année. Bien que méconnue, cette racine râpée puis lacto-fermentée comme la choucroute présente des vertus nutritives exceptionnelles.

C’est une production confidentielle. Mais à chaque fois que des vendangeurs la découvrent lors des repas, ils en deviennent des inconditionnels, fait observer Jean-Michel Adès, choucroutier à Krautergersheim. Gorgé de fibres et de vitamines, le navet salé aurait des fonctions détoxifiantes. Si les quelques producteurs de navets adhérents à l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et les trois élaborateurs de navets salés (Adès à Krautergersheim, Speisser à Geispolsheim et Claude à Chavannes-sur-l’Étang) se gardent de mettre en avant ces allégations santé, ils soulignent l’intérêt gustatif et gastronomique de cette spécialité locale. Elle est aussi appelée râpe salée en Franche-Comté, compote de rave en Suisse et navet confit aussi en Alsace. Une dizaine de producteurs alsaciens se partagent la production de navets sur une surface moyenne d’une quarantaine d’hectares. Trois choucrouteries transforment 900 tonnes de navets en 350 t de navet salé. La racine de navet subit le même processus de transformation lacto-fermentée que la choucroute : une fermentation réductrice vivifiante. Après avoir été râpée, salée à 2 %, elle est entreposée en cuve à l’abri de l’air pour engager ses fermentations, libérer des jus et donc concentrer la matière sèche d’un facteur trois. D’où le concentré de vitalité qui en résulte ! Une niche qui gagne à être connue et mieux valorisée Mercredi 9 janvier, c’était le lancement de la saison. Les représentants des trois choucrouteries étaient présents chez Jean-Michel Adès, qui accueillait aussi des représentants d’Auchan Illkirch, de la Sodexo, la Draaf, d’Alsace Qualité et de la Fédération des artisans bouchers-charcutiers du Bas-Rhin. Cette dernière, qui distribue une part des navets salés alsaciens dans ses magasins, entend bien que sa consommation s’accompagne de viandes et donc ne pas se laisser damer le pion sur le plan communication par des mouvements végans, a fait observer son président Jean-Luc Hoffmann. Pour Jean-Michel Adès, le navet salé est une niche alsacienne qui gagne à être connue et mieux valorisée. D’où son appel aux acteurs de la distribution pour qu’ils pratiquent des prix « plus valorisants pour le métier ». Plus globalement, la filière fruits et légumes d’Alsace peut se targuer d’être la seule région française, dont les volumes et les surfaces ont augmenté en 2018 : un point d’honneur que le président de l’Ifla, Pierre Lammert, a souligné.

Pages

Les vidéos