Pratique

Concours des pratiques agroécologiques, des prairies fleuries et parcours

Des pratiques qui fédèrent

Publié le 12/04/2019

Le concours des pratiques agro-écologiques prairies et parcours se poursuit. La communauté de communes Sud Alsace Largue se joint à sa voisine du Sundgau. Trois autres sites sont concernés : la vallée de la Sauer au Nord de l’Alsace, la Montagne Vosgienne et le « Naturpark Südschwarzwald » dans la Forêt noire allemande.

La Chambre d'agriculture Alsace s’est engagée dès 2014 dans le concours général agricole des pratiques agro-écologiques. Depuis, elle œuvre avec six communautés de communes et trois parcs : le parc naturel régional des Vosges du Nord, le parc naturel des Ballons des Vosges et le « Naturpark Südschwarzwald ». Trois raisons principales à cela : d’abord, conserver les herbages, notamment les périmètres de protection et les zones de captages, afin de valoriser l’herbe. Ensuite, dynamiser les mesures agri-environnementales. Enfin, communiquer sur les filières courtes auprès du grand public et favoriser ainsi les ventes de produits locaux et de terroirs. « La Chambre d'agriculture Alsace est reconnue pour l’organisation de ce concours. Elle fédère les territoires, ses agriculteurs, les habitants, notamment dans les zones urbaines et/ou semi-urbaines. Ce concours est devenu une véritable vitrine sur ces points », rappelle le vice-président de la Chambre d'agriculture Alsace, Denis Nass. Le jury du concours est, lui également, très diversifié. Il n’est pas composé que d’agriculteurs, mais aussi de spécialistes. Cela favorise les échanges. Pour le nouveau millésime national 2020, les territoires cités auparavant se sont inscrits en fin d’année 2018. « Nous sommes en train de « recruter » les éleveurs candidats. Il est possible qu’ils soient trente cette année, contre vingt en 2018, vingt-quatre en 2016 et dix-sept en 2014. Le jury se forme également en ce moment. Comme l’année passée, il sera présidé par Fritz Goldschmidt, agriculteur retraité de Biederthal. Le concours local doit être organisé ce printemps 2019. Les lauréats se retrouveront ensuite devant un jury national. Les lauréats au niveau de l’hexagone seront honorés lors du Salon international de l’agriculture en 2020 », rappelle Frédéric Roy, en charge du dossier à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Son collègue, Jean-François Strehler précise les critères à respecter lors de ce concours : la valeur fourragère des parcelles, la richesse floristique qui s’y trouve et la qualité paysagère. « Il s’agit de préserver et de mettre en valeur les paysages et les sols. Il s’agit également de valoriser les éléments paysagers en lien avec la faune et la flore qui s’y trouvent. Ces actions permettent de créer du lien avec d’autres acteurs du territoire comme les communautés de communes ». Rappelons qu’au niveau du Sundgau, les derniers lauréats ont été Nicolas Gerster (EARL du Grumbach à Durlinsdorf) en 2016, Jonathan Billieux (EARL La Chèvrerie du Bonheur à Levoncourt) en 2017 et Stéphane Fernex (EARL du Geisberg à Biederthal) en 2018. Les bonnes pratiques agricoles La communauté de communes Sundgau est une fidèle participante de la manifestation. « Elle permet de favoriser le dialogue entre le monde agricole et la population locale. Et surtout, elle permet le maintien de l’élevage dans ce territoire. Elle offre une visibilité des bonnes pratiques agricoles et une reconnaissance du travail des agriculteurs. Nous ne pouvons qu’encourager de telles initiatives », se félicite le président de la communauté de communes Michel Willemann. Son homologue, président de la communauté de communes Sud Alsace Largue, Pierre Schmitt, est du même avis. Il est ravi de rejoindre ce concours. « C’est un apiculteur qui m’en a parlé en premier. Nous avons nous-mêmes sur le territoire des prairies fleuries, mais également une belle activité agricole. Il est donc naturel de participer nous aussi », ajoute l’élu. Le vice-président de la Chambre d'agriculture Alsace et maire de Gommersdorf, Denis Nass est ravi. « C’est une façon positive de parler de nos métiers. L’herbe est d’intérêt général. Elle préserve l’eau, les zones inondables, la biodiversité et l’élevage dans notre secteur. Il faut continuer de donner une image positive de l’agriculture. Ce concours le permet. Les difficultés ne manquent pas actuellement. La sécheresse de 2018 a impacté sur nos fourrages. Continuons de travailler tous ensemble ». Une action également soutenue par le Conseil départemental du Haut-Rhin comme l’a rappelé l’élue présente, Sabine Drexler.

3e Prix régional des solidarités rurales

« La ruralité, ce n’est pas le désert »

Publié le 06/04/2019

Pour la troisième année consécutive, le Prix régional des solidarités rurales souhaite récompenser celles et ceux qui soutiennent et font vivre la ruralité du Grand Est à travers leurs actions. Sous-représentés jusqu’à maintenant, les Alsaciens sont invités à concourir. Ils ont jusqu’au 30 juin pour le faire.

Dans les campagnes aussi, il y a (beaucoup) de vie. C’est en tout cas ce que cherche à démontrer le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) Grand Est en organisant pour la troisième année consécutive le Prix régional des solidarités rurales. Cette initiative, unique en France, est née en Champagne-Ardenne en 1993. Étendue à l’échelle du Grand Est en 2016, elle a conservé son ADN originel : mettre en lumière celles et ceux qui, dans la région, œuvrent pour soutenir l’initiative économique, sociale ou environnementale dans les territoires ruraux. À la clé, 71 000 € de dotation, dont 15 000 € pour le premier prix, 10 000 € pour le second, et 7 000 € pour les sept lauréats suivants. Une « mise en lumière » des actions Depuis le 1er avril, les associations, groupements, entreprises, collectivités et établissement agissant dans les 4 354 communes éligibles de la région peuvent concourir en remplissant le formulaire dématérialisé présent sur le site internet du Ceser Grand Est : www.ceser-grandest.fr. Seules les actions déjà mises en œuvre au plus tard au 31 décembre 2018 sont éligibles. Comme l’explique Véronique Klein, première vice-présidente du Ceser Grand Est et membre du jury, « ce prix est une récompense, pas une subvention ». Elle poursuit : « Ce qui compte surtout pour les lauréats, c’est l’éclairage qui est fait sur eux au niveau de la région. Aujourd’hui, la ruralité se sent délaissée. Avec cette opération, elle est mise en lumière aux yeux de tous. » Pour être éligible à ce prix régional, l’action mise en œuvre doit répondre à l’un des critères suivants : avoir une dimension économique (emploi, autofinancement, diversification des ressources, pérennité de l’action) ; favoriser le développement local, territorial ou durable ; revêtir un intérêt manifeste pour la ruralité ou pour les liens sociaux ; ou encore s’appuyer sur un partenariat actif (public ou privé) favorisant la mise en commun de toutes les forces mobilisables pour le développement de la zone rurale. Ce prix régional est complété par huit autres prix décernés par les partenaires de l’opération : la Caisse d’Épargne Grand Est Europe, la Banque des Territoires-Groupe Caisse des Dépôts, EDF, le groupe La Poste, AG2R La Mondiale et la Foire de Châlons-en-Champagne. Chacun de ces prix partenaires dispose de ses propres critères (lire en encadré). La ruralité alsacienne manque à l’appel Lors des deux premières éditions, des profils très divers ont été récompensés : une association en Meurthe-et-Moselle qui propose des emplois en CDI à des personnes au chômage, des centres d’accueil pour migrants dans la Meuse, un magasin-bar en Meurthe-et-Moselle proposant aux habitants alentour un endroit convivial pour se retrouver, une association dans l’Aube qui réhabilite un potager historique de 1 ha, ou encore le chantier de réinsertion professionnelle aux Jardins du Giessen, à Muttersholtz, qui est, à ce jour, la seule action alsacienne à s’être illustrée. « Malheureusement, nous avons reçu très peu de dossiers issus de nos territoires. Pourtant, la ruralité est très présente chez nous et il y a des choses qui se font que ce soit le long des collines sous-vosgiennes, dans le Sundgau ou en Alsace Bossue », souligne Véronique Klein. L’appel est donc lancé pour les potentiels candidats haut-rhinois et bas-rhinois qui souhaiteraient démontrer, à leur tour, que « la ruralité n’est pas une fatalité, qu’elle est moderne, connectée et surtout pleine de vie ». Les personnes intéressées ont jusqu’au 30 juin pour déposer leur dossier. Un jury de 22 personnes se réunira ensuite quatre reprises avant la remise des prix prévue au mois de novembre prochain.

Produits locaux en restauration

Un « gros potentiel » à développer

Publié le 05/04/2019

Le premier salon CHR Pro Expo Alsace a permis de mesurer l’intérêt des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration pour les fruits et légumes estampillés « Alsace ». L’intérêt est bel et bien présent chez bon nombre d’entre eux. Mais il reste un travail « de fourmi » pour en faire un marché vraiment porteur et lucratif.

La mode alimentaire est à un retour vers le « local ». Dans les grandes surfaces, les produits dits « régionaux » ou « made in France » sont devenus pour beaucoup de consommateurs le critère d’achat numéro un. Avant le prix. Dans la restauration, la situation est plus nuancée. Beaucoup de chefs se focalisent en premier lieu sur la rentabilité de leur entreprise. Même si nombre d’entre eux restent enclins à privilégier les produits de saison de leur région. C’est ce qu’a pu constater Yannick Wir, animateur Sud Alsace à l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), lors des trois jours qu’il a passés au premier salon CHR Pro Expo Alsace, à Colmar. Un congrès dédié aux professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. « Ceux qui privilégient l’approvisionnement local sont des gens qui souhaitent raconter une histoire à leurs clients, celle du producteur à côté de chez eux, croit savoir Yannick Wir. De l’autre, il y a ceux qui veulent des fraises d’Alsace toute l’année avec un prix au niveau de l’Espagne car c’est ce que leurs clients veulent. » De l’importance des grossistes Qu’il soit ou non locavore dans sa démarche, le restaurateur est avant tout un professionnel très exigeant. « Il veut des produits standardisés, livrés tous les jours et à un prix compétitif », témoigne le conseiller de l’Ifla. Difficile pour un producteur seul dans son coin de satisfaire ces demandes. À moins d’être situé juste à côté du restaurant en question. « Du producteur au restaurateur en direct, cela reste très compliqué quand même. Il y a toute une logistique à prendre en compte. C’est pour cela que les grossistes, qui assurent efficacement cette transition, sont importants », explique Yannick Wir. Ça l’est d’autant plus dans la mesure où il y a un « énorme potentiel » dans la restauration pour la marque « Fruits et légumes d’Alsace ». Mais le chemin est encore long pour en faire un marché lucratif. « Autant on est bien présents dans la restauration collective, autant on a encore beaucoup à construire dans la restauration traditionnelle. On a déjà fait l’opération Folle choucroute d’Alsace avec des chefs. Pourquoi ne pas reproduire des choses similaires ? On a des idées pour développer ce marché, mais ça reste un travail de fourmi. » Terra Alter livre des légumes prédécoupés Pour intégrer le monde de la restauration, l’association Terra Alter Est, créée en juillet 2018, a opté pour une autre approche : livrer des légumes bios et locaux découpés et prêts à l’emploi. Un concept qui a déjà séduit de nombreuses collectivités pour les cantines de leurs différentes structures (écoles, maisons de retraite, etc.). Mais l’idée peine à convaincre les chefs des restaurants. Plusieurs raisons à cela souligne Marion Moreaux, responsable du développement Terra Alter Est : « Il y a tout d’abord des petits restaurants qui préfèrent encore travailler avec des produits bruts. Ensuite, beaucoup de restaurateurs commandent du jour au lendemain. Or, nous avons besoin d’un jour ou deux pour récupérer les légumes frais, les découper dans nos ateliers et ensuite les mettre sous vide. » Actuellement, l’association s’alimente en légumes bios auprès de quatre maraîchers haut-rhinois et complète ce qui lui manque auprès de producteurs bas-rhinois. Elle emploie six personnes en situation de réinsertion professionnelle. Les salariés découpent chaque jour 600 kg de légumes. L’objectif serait de monter à une tonne quotidienne et développer des partenariats avec d’autres maraîchers bios situés dans un rayon de 120 km autour de Wittenheim. Mais le Graal reste de nouer des relations étroites avec des restaurateurs « locavores ».

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