Pratique

Trophée alsacien de l’innovation alimentaire

Des consommables originaux et insolites

Publié le 12/04/2019

Le samedi 30 mars, la 13e édition du Trophée alsacien de l’innovation alimentaire s’est tenue au Marché couvert de Colmar. cet événement a permis au public de découvrir neuf produits élaborés et présentés par des lycéens, des étudiants et des apprentis.

Les visiteurs et les touristes ont eu l’opportunité de goûter ces différents consommables originaux et insolites, fruit de l’imagination des étudiants en agroalimentaire et en marketing. Ce rendez-vous devenu incontournable au fil des années a été coordonné par l’UHA, en partenariat avec le Marché couvert colmarien, l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace et le Campus des métiers et des qualifications en agroalimentaire Grand Est. Ce projet a donné la possibilité aux étudiants de créer en équipe pluridisciplinaire un produit alimentaire nouveau, intégrant toutes les facettes de la complexité du développement, répondant à un cahier de charges. En prenant compte d’une liste imposée de quinze ingrédients, produits et sous-produits présentant un intérêt pour leurs qualités nutritionnelles. Chacune des neuf équipes en compétition a défendu son projet devant un jury de professionnels de la filière, en animant un stand dont elle a assuré la conception et la présentation au public de la dégustation. Parmi les produits présentés primés : Gourmand Ice, une barre glacée allégée en matière grasse et sans gluten, avec griottes, cranberries, amande et chocolat noir, grand prix du public ; Incaflor, une préparation à base de café décaféiné, passiflore et verveine, prix du jury décerné par l’ensemble des professionnels. Din’Apéro, bouchées apéritives triangulaires à base de poireau et de farce au riz et légumes, prix du coup de cœur décerné par l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace. Découverte également au hasard des stands : Fresc’eau, une boisson énergétique à base d’eau végétale, eau de coco et sève de bouleau ; Fell, une soupe déshydratée aux légumes à aromatiser avec des capsules d’épices et/ou d’herbes aromatiques ; Frutali, des raviolis sucrés composés d’une pâte aux légumineuses et d’un fourrage aux super fruits d’Alsace ; Minicuits, un apéritif surgelé au cœur légumineux entouré de deux biscuits salés ; Spirn’Go, une barre à base de spiruline à destination des sportifs ; Spirugel, un complément alimentaire sous forme de gel à base de spiruline et aromatisé à la vanille.

3e Prix régional des solidarités rurales

« La ruralité, ce n’est pas le désert »

Publié le 06/04/2019

Pour la troisième année consécutive, le Prix régional des solidarités rurales souhaite récompenser celles et ceux qui soutiennent et font vivre la ruralité du Grand Est à travers leurs actions. Sous-représentés jusqu’à maintenant, les Alsaciens sont invités à concourir. Ils ont jusqu’au 30 juin pour le faire.

Dans les campagnes aussi, il y a (beaucoup) de vie. C’est en tout cas ce que cherche à démontrer le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) Grand Est en organisant pour la troisième année consécutive le Prix régional des solidarités rurales. Cette initiative, unique en France, est née en Champagne-Ardenne en 1993. Étendue à l’échelle du Grand Est en 2016, elle a conservé son ADN originel : mettre en lumière celles et ceux qui, dans la région, œuvrent pour soutenir l’initiative économique, sociale ou environnementale dans les territoires ruraux. À la clé, 71 000 € de dotation, dont 15 000 € pour le premier prix, 10 000 € pour le second, et 7 000 € pour les sept lauréats suivants. Une « mise en lumière » des actions Depuis le 1er avril, les associations, groupements, entreprises, collectivités et établissement agissant dans les 4 354 communes éligibles de la région peuvent concourir en remplissant le formulaire dématérialisé présent sur le site internet du Ceser Grand Est : www.ceser-grandest.fr. Seules les actions déjà mises en œuvre au plus tard au 31 décembre 2018 sont éligibles. Comme l’explique Véronique Klein, première vice-présidente du Ceser Grand Est et membre du jury, « ce prix est une récompense, pas une subvention ». Elle poursuit : « Ce qui compte surtout pour les lauréats, c’est l’éclairage qui est fait sur eux au niveau de la région. Aujourd’hui, la ruralité se sent délaissée. Avec cette opération, elle est mise en lumière aux yeux de tous. » Pour être éligible à ce prix régional, l’action mise en œuvre doit répondre à l’un des critères suivants : avoir une dimension économique (emploi, autofinancement, diversification des ressources, pérennité de l’action) ; favoriser le développement local, territorial ou durable ; revêtir un intérêt manifeste pour la ruralité ou pour les liens sociaux ; ou encore s’appuyer sur un partenariat actif (public ou privé) favorisant la mise en commun de toutes les forces mobilisables pour le développement de la zone rurale. Ce prix régional est complété par huit autres prix décernés par les partenaires de l’opération : la Caisse d’Épargne Grand Est Europe, la Banque des Territoires-Groupe Caisse des Dépôts, EDF, le groupe La Poste, AG2R La Mondiale et la Foire de Châlons-en-Champagne. Chacun de ces prix partenaires dispose de ses propres critères (lire en encadré). La ruralité alsacienne manque à l’appel Lors des deux premières éditions, des profils très divers ont été récompensés : une association en Meurthe-et-Moselle qui propose des emplois en CDI à des personnes au chômage, des centres d’accueil pour migrants dans la Meuse, un magasin-bar en Meurthe-et-Moselle proposant aux habitants alentour un endroit convivial pour se retrouver, une association dans l’Aube qui réhabilite un potager historique de 1 ha, ou encore le chantier de réinsertion professionnelle aux Jardins du Giessen, à Muttersholtz, qui est, à ce jour, la seule action alsacienne à s’être illustrée. « Malheureusement, nous avons reçu très peu de dossiers issus de nos territoires. Pourtant, la ruralité est très présente chez nous et il y a des choses qui se font que ce soit le long des collines sous-vosgiennes, dans le Sundgau ou en Alsace Bossue », souligne Véronique Klein. L’appel est donc lancé pour les potentiels candidats haut-rhinois et bas-rhinois qui souhaiteraient démontrer, à leur tour, que « la ruralité n’est pas une fatalité, qu’elle est moderne, connectée et surtout pleine de vie ». Les personnes intéressées ont jusqu’au 30 juin pour déposer leur dossier. Un jury de 22 personnes se réunira ensuite quatre reprises avant la remise des prix prévue au mois de novembre prochain.

Produits locaux en restauration

Un « gros potentiel » à développer

Publié le 05/04/2019

Le premier salon CHR Pro Expo Alsace a permis de mesurer l’intérêt des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration pour les fruits et légumes estampillés « Alsace ». L’intérêt est bel et bien présent chez bon nombre d’entre eux. Mais il reste un travail « de fourmi » pour en faire un marché vraiment porteur et lucratif.

La mode alimentaire est à un retour vers le « local ». Dans les grandes surfaces, les produits dits « régionaux » ou « made in France » sont devenus pour beaucoup de consommateurs le critère d’achat numéro un. Avant le prix. Dans la restauration, la situation est plus nuancée. Beaucoup de chefs se focalisent en premier lieu sur la rentabilité de leur entreprise. Même si nombre d’entre eux restent enclins à privilégier les produits de saison de leur région. C’est ce qu’a pu constater Yannick Wir, animateur Sud Alsace à l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), lors des trois jours qu’il a passés au premier salon CHR Pro Expo Alsace, à Colmar. Un congrès dédié aux professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. « Ceux qui privilégient l’approvisionnement local sont des gens qui souhaitent raconter une histoire à leurs clients, celle du producteur à côté de chez eux, croit savoir Yannick Wir. De l’autre, il y a ceux qui veulent des fraises d’Alsace toute l’année avec un prix au niveau de l’Espagne car c’est ce que leurs clients veulent. » De l’importance des grossistes Qu’il soit ou non locavore dans sa démarche, le restaurateur est avant tout un professionnel très exigeant. « Il veut des produits standardisés, livrés tous les jours et à un prix compétitif », témoigne le conseiller de l’Ifla. Difficile pour un producteur seul dans son coin de satisfaire ces demandes. À moins d’être situé juste à côté du restaurant en question. « Du producteur au restaurateur en direct, cela reste très compliqué quand même. Il y a toute une logistique à prendre en compte. C’est pour cela que les grossistes, qui assurent efficacement cette transition, sont importants », explique Yannick Wir. Ça l’est d’autant plus dans la mesure où il y a un « énorme potentiel » dans la restauration pour la marque « Fruits et légumes d’Alsace ». Mais le chemin est encore long pour en faire un marché lucratif. « Autant on est bien présents dans la restauration collective, autant on a encore beaucoup à construire dans la restauration traditionnelle. On a déjà fait l’opération Folle choucroute d’Alsace avec des chefs. Pourquoi ne pas reproduire des choses similaires ? On a des idées pour développer ce marché, mais ça reste un travail de fourmi. » Terra Alter livre des légumes prédécoupés Pour intégrer le monde de la restauration, l’association Terra Alter Est, créée en juillet 2018, a opté pour une autre approche : livrer des légumes bios et locaux découpés et prêts à l’emploi. Un concept qui a déjà séduit de nombreuses collectivités pour les cantines de leurs différentes structures (écoles, maisons de retraite, etc.). Mais l’idée peine à convaincre les chefs des restaurants. Plusieurs raisons à cela souligne Marion Moreaux, responsable du développement Terra Alter Est : « Il y a tout d’abord des petits restaurants qui préfèrent encore travailler avec des produits bruts. Ensuite, beaucoup de restaurateurs commandent du jour au lendemain. Or, nous avons besoin d’un jour ou deux pour récupérer les légumes frais, les découper dans nos ateliers et ensuite les mettre sous vide. » Actuellement, l’association s’alimente en légumes bios auprès de quatre maraîchers haut-rhinois et complète ce qui lui manque auprès de producteurs bas-rhinois. Elle emploie six personnes en situation de réinsertion professionnelle. Les salariés découpent chaque jour 600 kg de légumes. L’objectif serait de monter à une tonne quotidienne et développer des partenariats avec d’autres maraîchers bios situés dans un rayon de 120 km autour de Wittenheim. Mais le Graal reste de nouer des relations étroites avec des restaurateurs « locavores ».

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