oenologie

Domaine Burghart-Spettel à Mittelwihr

Retour sur terre de la cuvée enterrée

Publié le 01/10/2017

En pleines vendanges, la tension montait peu à peu au sein du domaine Burghart-Spettel à Mittelwihr à l’approche du jour J, jour du déterrement de la palette de 600 bouteilles de riesling grand cru Mandelberg 2015, enfouies l’an passé à plus de 2 mètres de profondeur, à l’endroit même où ce vin avait pris naissance.  

Bertrand Spettel et son épouse avaient eu l’idée d’enterrer cette palette après avoir découvert, lors d’un voyage en Belgique, un vin qui avait vieilli durant une année dans de l’eau de mer. Un an après cet enfouissement, très précisément 363 jours, le jour tant attendu du déterrement est arrivé ce mardi 12 septembre. Toujours avec l’appui de l’entreprise Gsell de Sigolsheim qui avait déjà procédé à l’enfouissement et devant de nombreux invités pour la circonstance, la palette a fait sa réapparition après une année dans sa cave naturelle à l’abri de la lumière, des vibrations et à une température idéale. Un moment de stress pour les viticulteurs qui se sont empressés d’en ouvrir quelques bouteilles pour déguster, en compagnie de leurs invités, le fruit de leur initiative, comparant ce vin souterrain au même vin conservé en cave. Aux dires de quelques connaisseurs présents, le vin de cette cuvée élevée une année sous terre serait plus ouvert, plus expressif et plus aromatique avec des épices de poivre gris. Une opération qui semble donc s’avérer positive. Une réflexion est d’ores et déjà en cours pour une éventuelle reconduite de cette opération.

Publié le 13/09/2017

À Katzenthal, Christine et Daniel Meyer utilisent le chat pour donner une identité forte à leur gamme et à leur domaine.

Daniel Meyer n’avait pas encore donné son premier coup de sécateur en 2017 qu’il savait déjà à quoi s’attendre. Le gel d’avril se solde par des dégâts notables. « Je vais faire ma plus petite récolte » avoue-t-il. L’hectare d’auxerrois de plaine qu’il destine habituellement au crémant n’a fourni qu’aux alentours de 35 hl. Son gewurztraminer a aussi souffert. Daniel et Christine comptent sur le volume rentré en 2016 pour maintenir le courant de ventes qu’ils ont développé en dix-sept ans d’initiatives commerciales. Daniel reprend le domaine de 6 ha de son père Alfred en 2000. Il a 31 ans, une formation de pâtissier et sept ans d’activité comme salarié viticole pendant lesquels il vit au quotidien un passage au bio. Alors qu’il enchaîne son BPA, son père le lance d’entrée dans le bain en lui confiant la vinification. Novice en cave, il s’en sort en signant un contrat de suivi œnologique assuré par Michel Pinsun, œnologue de la chambre d’agriculture. À l’époque, le domaine est à l’étroit dans le bourg. Daniel prend le taureau par les cornes et réalise une sortie d’exploitation en bordure de la commune en 2007. Le nouveau caveau qu’il vient d’y aménager doit progressivement relayer l’ancien point de vente d’une trentaine de mètres carrés tenu par sa mère au village. Daniel s’interroge sur ses choix à la vigne. « Avec les sécheresses qui se répètent, l’herbe qui occupe un rang sur deux n’a peut-être plus sa place. En hiver ou tôt au printemps, j’ai commencé à passer une charrue quatre dents à dix centimètres de profondeur dans les sols les plus légers. Après coup, je décide en fonction de la météo de renouveler le passage ou de laisser pousser » dit-il. Daniel réajuste les éléments minéraux par un engrais organique tous les trois ans après analyse de sol. Il protège ses vignes par un systémique à la floraison et laisse effeuiller les deux côtés de ses parcelles les plus vigoureuses. Il vise le rendement autorisé par appellation sauf en pinot noir et en gewurztraminer. L’essentiel d’une vendange rentre en bottiches qui, en attendant l’essai d’un tapis de chargement, sont amenées par un élévateur dans le pressoir de 40 hl. Des plaques descendent la température de débourbage à 10°. Seules les premières cuves sont levurées avant vinification dans une cuverie un tiers bois, deux tiers inox à une température qui n’excède jamais les 19°. L’Élixir voyageur Le temps des vins à sucres résiduels élevés « plus faciles à vendre » est passé. Le domaine est retourné à des rieslings à 1-2 g. En 2017, l’Élixir de Katz, un assemblage à parts égales de riesling, pinot gris et gewurztraminer reviendra de ses 15 g habituels à 2 ou 3 g. « Nous commençons à travailler aux Pays-Bas. La demande porte uniquement sur du sec » constatent Christine et Daniel. Le couple attend un premier retour du Canada où Christine s’est rendue en mai 2017 après une formation au CFPPA. En scrutant les premières réactions de sa clientèle, Daniel et Christine savent déjà qu’ils ont misé juste en s’identifiant au chat suggéré par le nom de leur commune. La viticultrice l’a stylisé et repris pour désormais signer la gamme avec une couleur dédiée à chaque type de vin. Le domaine se construit sa réputation avec le site que Christine a réalisé elle-même après avoir participé à une formation au CFPPA d’Obernai et en publiant en moyenne une actualité par semaine sur les réseaux sociaux. L’une d’entre elles concerne régulièrement l’Élixir. Christine et Daniel confient une bouteille à des connaissances, à charge pour eux de la photographier partout où ils se rendent sur la planète, de la Laponie à l’île Maurice. Le compteur du site a dépassé les 2 000 vues et a suscité des commentaires. Le domaine ajuste chaque année ses prix. Un mailing annuel et un autre ciblé auprès d’un potentiel de 5 000 clients constituent une communication obligatoire. Car depuis dix-sept ans, Christine et Daniel cumulent chaque année 35 000 kilomètres pour effectuer des livraisons sur Paris, se rendre sur seize salons en associant parfois leur déplacement avec des dégustations privées. « Il nous arrive de louer une camionnette. Pendant que Christine est sur un salon, j’enchaîne trois dégustations. Un tel week-end doit permettre de vendre au moins 1 000 bouteilles » analyse le viticulteur. Mais l’objectif du couple serait de diminuer ces jours d’absence. « J’en ai compté quatre-vingt-dix sur 2016 » signale Daniel. Le couple espère traduire le bel impact que laisse leur étiquette ainsi que le grand panneau noir avec l’emblème du chat qui retient les regards sur un salon, par une hausse de fréquentation de leur caveau. Leurs efforts depuis cinq ans pour se constituer un portefeuille d’importateurs doivent permettre d’écouler leurs vins par un circuit qu’ils espèrent moins gourmand en temps.

Troisième contrôle de maturité

Les guêpes aux aguets

Publié le 06/09/2017

Les raisins résistent pour l’heure bien à la météo incertaine et aux précipitations. L’acidité totale reste très honorable, mais surtout les pH restent bas proches de 3. Toutefois, l’état sanitaire se dégrade sur les raisins à pellicule fine.

Les vendanges battent leur plein dans le vignoble alsacien. Et pour l’heure, les données de maturité, collectées par le Civa et mises en ligne, témoignent d’une très bonne acidité (qui a cependant fort baissé), tout en résistant remarquablement à l’évolution de la maturité. Les toutes dernières données datent de prélèvements effectués le vendredi 1er septembre. Entre Orschwihr et Ribeauvillé, les pinots blancs et les auxerrois affichent entre 10,5 et 11,5° d’alcool potentiel pour des pH oscillant entre 2,9 et 3,2, à la faveur de belles concentrations en acide tartrique. Au 30 août, les données de gewurztraminer indiquent quasiment toutes une maturité très avancée pour ce cépage, souvent supérieure à 13° et même proche de 14°. Après la quantité très faible, c’est l’état sanitaire des gewurztraminers qui préoccupe avec beaucoup de piqûres de guêpes et des baies tuilées et contenant des larves de drosophiles. Il en va de même pour nombre de parcelles de pinot noir et de pinot gris, qui ont eu à subir des attaques d’hyménoptères et de drosophiles, conduisant les viticulteurs à réviser leur organisation habituelle des vendanges, et devant récolter des pinots noirs de cuvaison avant les crémants. Les grappes extrêmement agglomérées et la finesse des pellicules accentuent ces nouveaux risques sanitaires de fin de cycle, conférés par les insectes. S’ajoutent à cela, des populations de pince-oreilles extrêmement élevées dans certaines parcelles. L’évolution des rieslings reste en revanche très modérée, comparée à celle des pinots, avec des titres alcoométriques potentiels se situant autour de 9,5°/10,5° du nord au sud du vignoble au 28 août, des pH à 2,8/2,9 et une acidité totale se situant le plus souvent entre 7 et 8 g/l en équivalent sulfurique, ce qui rappelle le millésime 2013 ou 2008.

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