oenologie

Atelier de dégustation millésimes anciens

De 1967 à 2017

Publié le 01/08/2017

Le 29 juillet, la Confrérie Saint-Étienne a organisé un atelier de dégustations de millésimes anciens, tous issus d’année en 7. Un voyage dans le temps qui est remonté jusqu’en 1967.

1947, 2017. Voilà 70 ans que la Confrérie Saint-Étienne est ressortie de l’oubli pour faire perdurer, à nouveau, la mémoire et les traditions liées aux vins d’Alsace. Une longue période pendant laquelle la confrérie a accumulé des « trésors » dans son impressionnante œnothèque constituée aujourd’hui de 65 000 bouteilles. Une richesse qu’elle partage chaque année pendant la Foire aux vins à travers ses ateliers de dégustation de millésimes anciens. Le premier de cette édition 2017 a eu lieu le samedi 29 juillet autour des années en sept. Une dégustation qui a fait remonter les 25 participants dans le temps, en partant d’un pinot auxerrois de 2007 pour terminer sur un tokay de 1967. Le millésime 1947, pourtant reconnu comme un très grand millésime de XXe siècle, n’était pas présent à cet atelier. « On n’a malheureusement plus assez de bouteilles en réserve », explique le chancelier-receveur de la Confrérie Saint-Étienne, Jean-Paul Goulby. Peu importe, les belles surprises étaient de tout de même au rendez-vous au cours de cette dégustation commentée par Christian Beyer, major 2017 de la Confrérie Saint-Étienne, et Jean-Marc Bentzinger. En premier lieu, ce dernier a rappelé les rudiments d’une bonne dégustation entre la vue, le nez, le deuxième nez et la prise en bouche. Pour cette première « découverte », les participants ont pu évaluer le pinot auxerrois 2007 produit au lycée agricole de Rouffach. « Un vin aux senteurs un peu fumées qui s’explique par la belle maturité du raisin utilisé », commente Jean-Marc Bentzinger. Au second nez, on retrouve des notes de noix de muscade apportées par le terroir argilo-calcaire de la parcelle. En bouche, on retrouve des notes de pêche et d’abricot. « C’est un vin encore adolescent qui n’a pas dévoilé toutes ses richesses », poursuit Jean-Marc Bentzinger. C’est ensuite un muscat 1997 issu du terroir d’Eguisheim qui est proposé. « C’est un cépage très délicat qu’on pense qu’il faut boire très vite. Ici, on a la preuve qu’un vin d’Alsace bien né, sur un bon terroir, peut être de haute qualité pendant une longue durée. »

Publié le 01/08/2017

Aux Domaines Schlumberger les choses bougent avec l’arrivée aux commandes de la jeune génération Séverine et Thomas Beydon le domaine change, et les gros investissements engagés par leur oncle Alain Beydon se poursuivent.

Aux Domaines Schlumberger les choses bougent avec l’arrivée aux commandes de la jeune génération Séverine et Thomas Beydon le domaine change, et les gros investissements engagés par leur oncle Alain Beydon se poursuivent. Après avoir refait l’ensemble des bâtiments liés au conditionnement et à la commercialisation des vins, les gérants du domaine ont décidé en janvier 2017 d’investir dans l’achat d’une nouvelle rinceuse, tireuse, boucheuse avec des becs électropneumatiques permettant de faire le vide d’air dans les bouteilles. C’est un investissement lourd qui a été mûrement réfléchi et décidé en concertation avec l’ensemble des protagonistes explique Alain Freyburger œnologue et responsable du chai aux Domaines. Il a tout d’abord été utile de définir nos besoins et ensuite d’aller voir ce qui existe sur le marché. En termes d’objectifs, la volonté première était de réduire le nombre de jours de mise sur l’année avec le même effectif en termes de personnel et ceci pour 750 000 bouteilles embouteillées par an. C’est la société Stevial de Bennwihr qui a répondu au mieux aux attentes expri­mées par les dirigeants du domaine avec la vente d’une nouvelle technologie, encore peu connue dans le domaine des vins, permettant un remplissage personnalisé pour chaque type de vins : la tireuse électropneumatique. Après une mise en route qui a nécessité un peu de formation et de patience de la part des salariés passant d’un système Fimer ancien et manuel à une technologie demandant un peu de programmation, Alain Freyburger et Arthur Pacheco se disent satisfaits et convaincus du choix qui a été effectué. Au niveau des vins, aux Domaines une grosse partie des volumes est destinée à la vente à l’export, on se doit d’avoir des vins irréprochables, les bouteilles sont lavées, elles sont vidées de l’air qu’elles contiennent en injectant de l’azote. Le bouchage se fait sous un cadencement faible permettant une meilleure qualité de bouchage. Cette opération est pour une très grande partie réalisée en bouchage en liège naturel. Le même bloc intègre également un système de bouchage en capsules à vis. Entre le vin et le bouchon est également injecté de l’azote pour une meilleure tenue du vin dans le temps. Le nettoyage du bloc est réalisé à la vapeur sans usage de produits chimiques. L’investissement qui se situe aux alentours de 500 000 € a été possible pour partie grâce aux aides européennes à l’investissement octroyées par FranceAgriMer. Pour l’heure, les analyses réalisées par le Cofrac ainsi que l’audit AIB sont encourageantes. Grâce à l’utilisation d’azote, l’enrichissement en oxygène est trois fois moins important et la combinaison en oxygène libre a diminué de 10 mg. Avec ce nouveau process, les vins auront selon Alain Freyburger et Arthur Pascheco, une bien meilleure tenue dans le temps. Concernant les conditions de travail avec le même nombre de personnes c’est-à-dire trois salariés, le nombre de jours de mise a été réduit de moitié et se concentre maintenant sur le premier semestre de l’année. Pour Alain Freyburger, même si au début, il faut apprendre à maîtriser l’ensemble de l’équipement et que cela prend un peu de temps (à ce titre il souligne la forte implication de Jérémy Stentz de Stévial qui a été un bon pédagogue en la matière et de Jean-Paul Stentz régulièrement présent pour un appui technique) ensuite l’on gagne un réel confort de travail ce qui permet de dégager du temps pour effectuer les commandes, mais aussi d’autres travaux dans de meilleures conditions. Concernant l’azote, un générateur a été installé dans les locaux pour un coût de 30 000 €, la gestion de l’azote est effectuée par la société Aircraft Service qui est basée à Orschwihr. Là aussi, c’est le sérieux et la proximité de l’entreprise qui ont été retenus. L’investissement qui se situe aux alentours de 500 000 € a été possible pour partie grâce aux aides européennes à l’investissement octroyées par FranceAgriMer. Pour l’heure, les analyses réalisées par le Cofrac ainsi que l’audit AIB sont encourageantes. Grâce à l’utilisation d’azote, l’enrichissement en oxygène est trois fois moins important et la combinaison en oxygène libre a diminué de 10 mg. Avec ce nouveau process, les vins auront selon Alain Freyburger et Arthur Pascheco, une bien meilleure tenue dans le temps. Concernant les conditions de travail avec le même nombre de personnes c’est-à-dire trois salariés, le nombre de jours de mise a été réduit de moitié et se concentre maintenant sur le premier semestre de l’année. Pour Alain Freyburger, même si au début, il faut apprendre à maîtriser l’ensemble de l’équipement et que cela prend un peu de temps (à ce titre il souligne la forte implication de Jérémy Stentz de Stévial qui a été un bon pédagogue en la matière et de Jean-Paul Stentz régulièrement présent pour un appui technique) ensuite l’on gagne un réel confort de travail ce qui permet de dégager du temps pour effectuer les commandes, mais aussi d’autres travaux dans de meilleures conditions. Concernant l’azote, un générateur a été installé dans les locaux pour un coût de 30 000 €, la gestion de l’azote est effectuée par la société Aircraft Service qui est basée à Orschwihr. Là aussi, c’est le sérieux et la proximité de l’entreprise qui ont été retenus.

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa)

Les conditions d’un millésime d’anthologie sont réunies

Publié le 26/07/2017

« Un raisin sain et en petite quantité », c’est ce qu’il faut retenir du millésime 2017 qui se prépare dans les vignes, et dont les conditions font penser au mémorable millésime 1947, annonce le Civa.

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) a fait procéder, en lien avec l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), la Chambre d’agriculture d’Alsace et l’EPLEFPA, aux prélèvements pour les prévisions de récolte 2017. Cette évaluation quantitative s’appuie sur les travaux de modélisation établis par l’Inra de Colmar : elle se base cette année sur un réseau de 200 parcelles représentatives de l’encépagement, des spécificités pédoclimatiques alsaciennes et de l’état sanitaire du vignoble. À l’instar d’autres vignobles français, l’Alsace connaîtra une petite quantité de récolte en 2017. L’ensemble des cépages et l’ensemble des régions viticoles alsaciennes sont touchés, mais de façon plus marquée, les secteurs les plus précoces et ceux victimes des épisodes gélifs des 20-21 avril derniers, qui avaient occasionné une gelée noire impactant environ 4 500 hectares du vignoble. Cela se constate aujourd’hui à travers un faible nombre de grappes par souche, du fait principalement de la destruction des rameaux primaires. L’estimation de récolte s’élève pour l’heure à 855 000 hectolitres. Ce chiffre peut cependant encore évoluer en fonction des conditions météorologiques à venir, mais également au vu des conditions exceptionnelles de ce printemps qui peuvent biaiser le modèle d’estimation. Dont la robustesse est basée sur le scénario climatique moyen, précise le Civa. L’autre explication à cette petite quantité de récolte est attribuée aux fortes précipitations du printemps 2016, qui ont compromis l’initiation florale (qui rappelons-le se réalise l’année n - 1, au moment de la floraison, et qui est fortement dépendante de la température et la luminosité, très déficitaire lors de ce printemps 2016). Toujours en 2016, une vendange particulièrement étalée et une chute des feuilles précoces n’ont pas permis une accumulation de réserve optimale pour les vignes, précise le Civa. S’ajoutent enfin les maladies du bois rendant non productif 14 % du vignoble en moyenne, sans compter les complants ou autres pieds manquants (source : Observatoire des maladies du bois IFV). 1947-2017, millésimes d’anthologie Après un mois de janvier 2017 froid et sec, les conditions climatiques enregistrées sont douces et battent au passage certains records de chaleur. Le débourrement est précoce (6 avril en moyenne sur le vignoble). Après l’épisode de gel, les vignes se développent correctement amenant une floraison observée le 6 juin 2017. La floraison a été rapide, de l’ordre d’une semaine. À noter que pendant la période de développement végétatif, une période plus fraîche a occasionné du filage et de la coulure. Au niveau protection du vignoble, le printemps chaud et sec n’a pas permis au mildiou et à l’oïdium de s’installer dans les vignes. Début juillet, le vignoble est sain. Un facteur de satisfaction en perspective pour ce millésime… Ce contexte troublant fait d’ailleurs penser certains anciens vignerons au millésime de 1947, connu pour avoir été le millésime du siècle… Du point de vue des marchés, heureusement que le millésime 2016, satisfaisant en volume et surtout d’une excellente qualité, a permis de reconstituer partiellement les stocks de bon nombre d’opérateurs alsaciens et de maintenir les vins d’Alsace sur un maximum de marchés, tant en France qu’à l’export. Avec ce contexte 2017, l’Alsace n’aura donc pas profité longuement des bénéfices du millésime passé. Le niveau de stock théorique actuel, croisé avec le niveau prévisionnel de cette récolte, nécessitera une analyse fine de certaines opportunités commerciales pour pouvoir répondre aux demandes de l’ensemble des marchés. Mais pour rester pragmatique et selon un vieil adage vigneron, rappelons-nous que « ne pourra être réellement quantifié ce millésime que quand il sera rentré dans les caves ».

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