Vie professionnelle

Chambre d'agriculture d’Alsace

« Nous avons du pain sur la planche »

Publié le 20/06/2019

La première session de la Chambre d'agriculture d’Alsace depuis son installation au mois de mars s’est déroulée lundi à Sainte-Croix-en-Plaine. L’occasion de dresser les différents et nombreux défis qui attendent les élus de la chambre consulaire pendant les six prochaines années.

Trois réunions de bureau, un séminaire des élus, une quinzaine de réunions de commissions et une feuille de route pour les six prochaines années. Depuis leur installation au mois de mars, les nouveaux élus de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) n’ont pas chômé. Trois mois « intenses » nécessaires pour définir les priorités stratégiques de la mandature. Regarder l’avenir avec « réalisme » et « confiance » Pour la CAA, les grands enjeux de demain s’articulent autour de trois axes stratégiques portés par ses trois commissions transversales : la performance des entreprises, des filières et le renouvellement des générations ; la transition énergétique, la préservation des ressources et l’accompagnement des territoires ; et la reconnaissance du rôle de l’agriculteur dans la société en lui redonnant la fierté du travail quotidien. Si tous les chantiers qui se profilent sont conséquents, celui lié à la communication sera peut-être encore plus dur à mener. Chaque jour, la profession agricole voit circuler avec un désarroi dans les médias généralistes des informations anxiogènes sur ce qu’elle produit, et comment elle le produit. OGM, mal-être animal, rapport fracassant sur les pesticides, perte de biodiversité, santé des consommateurs… « L’agribashing a la côte. Il fait le buzz sur les réseaux sociaux et génère de l’audience à la télé. Le bonheur n’est même plus dans le pré, puisque les vaches qui broutent de l’herbe et les poules bios qui picorent à l’extérieur produisent, paraît-il, du lait et de la viande contaminés aux polluants rejetés par nos usines et nos incinérateurs. Nous pouvons comprendre que certains ressentent de la nostalgie par rapport à l’image bucolique de l’agriculture d’antan. Mais n’oublions pas que nos grands-parents travaillaient beaucoup, étaient très fatigués le soir, ne prenaient pas de vacances et n’arrivaient pas tous à l’âge de la retraite, bien maigre par ailleurs. Alors, arrêtons les caricatures et trouvons de vraies solutions aux problèmes », appelle de ses vœux Denis Ramspacher. Rester attentif à l’évolution de la Pac L’avenir de l’agriculture alsacienne - et française - reste conditionné à l’évolution de la Politique agricole commune (Pac). Après des élections européennes marquées par la montée des votes nationalistes et écologistes, la profession agricole tâche dès maintenant de se positionner. « L’urgence climatique qui sous-tend le vote écologiste constitue indéniablement la priorité, notamment parmi les jeunes générations. Dans nos métiers, nous pouvons constater année après année les effets de ces dérèglements et excès climatiques. Nous devons y faire face en gérant mieux l’eau, en adaptant nos systèmes de production et nos mécanismes assurantiels. Nous avons aussi une belle carte à jouer dans la production d’énergies renouvelables et le stockage du carbone dans le sol », poursuit le président de la CAA avant de mettre en garde contre « certaines dérives idéologiques » et des « recettes simplistes » qui pourraient déboucher du verdissement probable de la future Pac. Plus que jamais, Denis Ramspacher est persuadé que l’agriculture française a besoin de « plus d’Europe » et de « mieux d’Europe ». Dans les faits, cela voudrait dire moins de normes et de complexité, davantage de convergence fiscale, sociale, environnementale, dans un marché unique mieux régulé et protégé de la mondialisation ultralibérale. Soutenir toutes les filières Reste le bio et les circuits courts, présentés ici et là comme la solution « universelle » pour améliorer le revenu des agriculteurs. Séduisantes sur le papier, ces solutions doivent être développées par un certain « pragmatisme », avance Denis Ramspacher. « Produire trop de bio va détruire le marché du bio et appauvrir les producteurs. N’imaginons pas un seul instant que les consommateurs vont tous accepter de consacrer 20 à 30 % de plus à leur budget alimentaire, ou tous devenir vegan. Oui, nous devons développer le bio, mais en fonction des marchés et de la demande. Nous sommes à 10 % aujourd’hui. Passons à 15, peut-être à 20 % dans cinq ans. Mais gardons la valeur ajoutée de nos filières d’excellence pour les agriculteurs et ne tombons pas dans l’idéologie. Idem pour la vente en circuits courts qui est une excellente solution à la condition que tout le monde ne s’y mette pas en même temps, au risque de générer une concurrence terrible entre les producteurs. Nous aurons donc besoin, comme hier, de toutes nos filières, longues et courtes. » Être acteur de la transition écologique Si la compétitivité de la ferme France ne semble pas faire partie des priorités du gouvernement, ce n’est pas le cas de la transition écologique. Un sujet dans lequel est « pleinement engagée » la profession agricole alsacienne depuis des années, comme tient à le faire remarquer le président de la CAA : « Nous travaillons de façon déterminée pour préserver nos ressources, notamment l’eau, pour améliorer nos pratiques, pour répondre aux attentes sociétales, et pour produire des énergies renouvelables. Et nous sommes prêts à accélérer et amplifier nos actions. » Preuve en est, la signature lundi après-midi de la convention « Ermes » qui engage l’ensemble du monde agricole à améliorer la qualité de l’eau dans 19 captages dégradés. Mais aussi le dynamisme qui entoure la filière des énergies renouvelables avec pas moins de 25 projets de méthanisation en cours et un intérêt manifeste des agriculteurs pour le solaire photovoltaïque.

Assemblée générale

Alsace Qualité change de tête

Publié le 18/06/2019

Nouveau président, nouveau directeur, nouveaux signes de qualité… L’association Alsace Qualité est dans une belle dynamique. Ça tombe bien, les prochains défis à relever ne manquent pas de piquant.

Ce n’est plus un vent de renouveau. C’est un ouragan de changements qui a été acté au cours de l’assemblée générale d’Alsace Qualité, vendredi 14 juin. À la présidence d’abord. Jean-François Vierling, qui a assuré cette mission pendant 18 ans, a été remplacé par Jean-Michel Schaeffer. À la direction, ensuite. Après le départ de l’ancienne directrice, Bénédicte Dubois, il a été décidé de mettre à disposition un salarié de la Chambre d'agriculture pour assurer cette fonction. Une manière de conforter le lien déjà très étroit qui uni les deux structures. Et c’est à Régis Huss que cette mission a été confiée. Toujours dans les ressources humaines, Marie Denizot a été embauchée en tant que chargée de mission dédiée à la marque Savourez l’Alsace - Produit du terroir. Côté résultats, Alsace Qualité n’a pas à rougir. 2018 a été marquée par l’obtention de l’IGP choucroute Alsace. Un dossier de longue haleine, qui a occupé les équipes d’Alsace Qualité durant deux décennies. Deux nouveaux cahiers des charges label rouge ont été homologués. Un pour le poulet jaune fermier élevé en plein air et l’autre pour le poulet noir fermier élevé en plein air. Enfin, Alsace Qualité a accompagné 17 viticulteurs de l’association Terra Vitis Alsace dans leur dossier de certification collective HVE de niveau 3. Il s’agit d’une des premières certifications collectives, qui plus est avec un niveau d’exigence très élevé. Un motif de grande fierté pour les salariés d’Alsace Qualité. Année record pour les formations Autre source de satisfaction, le nombre d’adhérents à Alsace Qualité s’est stabilisé. À 164 entreprises. Mais surtout, Elles adhèrent plus aux services proposés par l’association. Illustration : le taux de participation aux journées de formations a bondi de 135 % ! Une « preuve de la confiance que les entreprises membres accordent à Alsace Qualité », se félicite Jean-Michel Schaeffer. Et qui « reflète la qualité du service proposé », appui Régis Huss. Par ailleurs, de vastes chantiers se profilent. « Nous allons devoir accompagner les entreprises dans la mise en œuvre des dispositifs issus de la loi Egalim », indique Jean-Michel Schaeffer. En effet, au 1er janvier 2022, les repas servis en restauration collective dans les établissements chargés d’une mission de service public devront compter 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits biologiques. Il va donc falloir travailler l’achat des produits sous signes de qualité en restauration collective. Un sujet complexe puisque ces marchés sont aussi soumis au droit de la concurrence européen.

Publié le 14/06/2019

Rendez-vous incontournable de l’année, le traditionnel congrès des JA a vu arriver une délégation du Grand Est représentée en nombre par une soixantaine de jeunes, venus des 10 départements.

Les 4,5 et 6 juins derniers, à Roanne, le programme s’est montré riche, les échanges nombreux et variés. Assemblée générale nationale, le congrès est le moment d’échanger sur les différents sujets d’actualité avec les administrateurs nationaux : l’installation bien entendu, mais aussi les filières, le foncier, l’agribashing ou les politiques agricoles ont été les sujets les plus plébiscités. Il faut dire que les questions et les problématiques sur ces thèmes ne manquent pas… Ce congrès est également le moment d’échanger sur les sujets de fond. En premier lieu, sur notre réseau. Un travail de deux ans, est actuellement mené avec le réseau JA, afin de travailler sur l’identité du syndicat. L’objectif : mieux comprendre qui est JA, ses valeurs principales et ses moyens d’action, surtout en matière de communication sur le monde agricole, qui doivent en découler. Et bien entendu, une grande partie de ces trois jours, a été consacrée à la traditionnelle séance des amendements au rapport d’Orientation. Sur le thème d’« une ruralité éternellement jeune », ce rapport a été débattu pendant 10 heures au total ! Ce premier rapport non agricolo-agricole, souhaite remettre du lien entre la ruralité et l’agriculture. Les jeunes en seront les principaux acteurs. Demandant une réflexion différente, les régions se sont prises au jeu de ce rapport. Leur objectif : amender les parties qui leur semblent nécessaires, afin d’appuyer leurs idées ou des problématiques particulières. Une « lutte » parfois acharnée entre le national et les JA. Chacun, prêt à défendre ses idées. Mission accomplie pour le Grand Est, et notamment pour la délégation haut-rhinoise, avec 90 % de la trentaine d’amendements proposés qui ont été acceptés ! Le dernier jour, s’est déroulée une table ronde sur le thème « Nouvelle donne internationale, quels impacts pour l’agriculture ? ». Il s’agissait cette fois-ci de répondre aux questions du comment se situer dans la géopolitique internationale, de la cohérence entre échelons politiques, ou encore de comment s’adapter aux différents échanges internationaux, etc. Un moment apprécié, permettant d’ouvrir des portes vers les futurs travaux à mener au sein de Jeunes Agriculteurs. La séance de clôture a été inaugurée par une grande première : une séquence de questions-réponses avec le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume. Posées par les responsables régionaux, les questions se sont déclinées autour de six thématiques : installation, foncier, EGAs, accords commerciaux internationaux, produits phytosanitaires et Pac ! Les attentes étaient grandes : obtenir des réponses précises et claires de l’État. Ce qui fut le cas ! Moment salué par les congressistes qui ont obtenu plusieurs engagements du ministre. Les JA seront là pour s’assurer qu’ils seront respectés ! Le discours de clôture avec le ministre Didier Guillaume

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