Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa)
L’interprofession des vins d’Alsace va amplifier sa mutation
Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa)
Publié le 01/07/2019
Didier Pettermann est réélu président du Civa. Un projet de Cité internationale des vins d’Alsace est à l’étude. De même, qu’une refonte des statuts du Civa. Le projet d’accords interprofessionnels triennaux reste à approuver par les ministères. Bilan d’une mutation de l’interprofession alsacienne en 2019 qui reprend position sur l’amont de la filière.
La présidence du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), créé en 1963, est tournante, avec une alternance production-négoce. Toutefois Didier Pettermann a été reconduit dans ses fonctions de président, avec l’aval du négoce, lors de l’assemblée générale qui se tenait à la Maison des vins d’Alsace le 24 juin. C’est que la mutation en cours « pour faire du Civa une entreprise au service du vignoble et le sortir de son environnement institutionnel ». Un projet qui nécessite une gouvernance stable. Malgré la baisse des ventes de vins d’Alsace, le bilan fait apparaître en 2018 un résultat net de 427 000 €. Dû surtout à des économies drastiques sur les dépenses et une politique de « thésaurisation » pour concentrer les investissements sur la nouvelle campagne de communication lancée en 2019. Avec néanmoins 7,43 millions d’euros (M€), le marketing export occupe encore 39 % des dépenses en 2018, tandis que le marketing France ne représente que 10 %. Mais en volumes, la part exportée des vins d’Alsace avoisine 25 %. Le budget 2019 devrait réduire cette « disproportion ». Le marketing France passerait à 22 %. Les cotisations volontaires obligatoires (CVO) représentent 85 % des recettes et les subventions de l’OCM-Vins (européennes), 8 %. Dans son rapport moral, Didier Pettermann n’a pas fait mystère d’une situation économique où les vins d’Alsace « peinent à se vendre depuis quelques années ». Même si le bailleur de fonds de la promotion des vins d’Alsace « fait tout ce qu’il peut ». Cependant, la situation est très « disparate selon les modèles organisationnels et économiques ». « Piloter la filière avec responsabilité » C’est pourquoi, la nouvelle campagne de communication, à laquelle, globalement, la profession et le consommateur adhèrent, « n’est qu’une première phase ». Elle reçoit « un accueil remarquable ». C’est « une campagne enfin statutaire, qui traite l’Alsace avec modernité et puissance ». Mais, « la promotion n’est pas que l’affaire du seul Civa, poursuit Didier Pettermann. Cet élan doit être repris par les entreprises. » Il s’agit d’afficher les « facteurs de différenciation par rapport à nos concurrents, d’aller à la reconquête des marchés et des centres de consommation, les villes forteresses ». Et en aval, « les cibles prioritaires sont les distributeurs de vin, les cavistes et la grande distribution. Ils doivent être accompagnés dans la refonte de leur offre. Ils doivent bénéficier de notre aide pour focaliser l’attention sur nos produits fer de lance » : riesling, gewurztraminer, crémant et grands crus. Mais, « les fluctuations de production n’ont fait qu’empirer l’âpreté de la bataille sur les marchés », souligne le président du Civa. Et même si « d’autres vignobles sont encore plus mal lotis que nous », il appelle « à se remettre en cause, piloter la filière avec responsabilité et lancer un nouveau chantier sur l’amont de la filière ». Il propose de l’organiser en « deux visions de gestion. À court terme et moyen terme. » Il s’agit de « définir un intérêt commun et l’ambition à dix ans pour les vins d’Alsace » dont la filière est particulièrement « interdépendante ». Le comité directeur du Civa a déjà commencé à travailler « sur l’identification des premiers chantiers structurants pour l’avenir des vins d’Alsace ».












