Vie professionnelle

Publié le 18/07/2019

Les députés en charge des questions agricoles au Parlement européen ont élu leur bureau mercredi 10 juillet. Entre barrage à l’extrême droite et nouveaux dirigeants, la commission Agriculture version 2019-2024 change de visage.

Trente-six voix pour, onze contre. Le conservateur allemand Norbert Lins a été largement élu à la présidence de la commission Agriculture, mercredi 10 juillet. Face à lui, la Française Maxette Pirbakas n’a eu aucune chance. Presque tous les partis s’étaient mis d’accord pour lui barrer la route. La raison ? Elle appartient au Rassemblement national (RN) et au groupe eurosceptique Identité et démocratie (ID). L’affaire était entendue depuis plusieurs jours. Les eurodéputés allaient respecter le « cordon sanitaire ». Une stratégie mise en place par l’ensemble des groupes politiques pour empêcher les partis nationalistes d’accéder aux responsabilités. À l’image du front républicain évoqué en France lorsque le RN arrive au second tour d’un scrutin. « Un déni de démocratie » pour Gilles Lebreton, autre député RN de la commission Agriculture. Car le groupe ID dispose de 73 représentants dans l’assemblée strasbourgeoise. La cinquième force politique. Il pouvait donc prétendre à des postes à responsabilité. En comparaison, les Verts, qui disposent d’un élu de plus, ont obtenu la direction de deux commissions.   Le déni de démocratie continue au Parlement européen ! https://t.co/vHpSVMxIx4 — Gilles Lebreton (@Gilles_Lebreton) 10 juillet 2019   Le symbole de la Pac La machine démocratique se serait grippée ? « Je ne vois pas comment on peut confier des responsabilités dans la construction européenne à des gens dont le seul but est justement de défaire l’Union européenne », rétorque Anne Sander, eurodéputée alsacienne du PPE (droite). Et quelles responsabilités. La commission Agriculture se charge de questions de haute importance. La Pac notamment. Premier budget de l’UE et politique communautaire la plus aboutie. C’est justement pour cela que le RN s’intéresse particulièrement à cette commission, avance Anne Sander. « C’est un symbole », confirme-t-elle. Autre problème posé par une présidence RN : la perte de crédibilité. « Il nous faut un président fort et soutenu par les membres de la commission », appuie Anne Sander. Elle pointe notamment la nécessité d’avoir une personnalité à même de négocier face à la commission Environnement, très puissante et marquée à gauche. La perspective d’une présidente issue d’un parti ostracisé compliquerait encore plus la tâche de la commission Agriculture pour faire valoir ses arguments. Une eurosceptique peut en cacher une autre Maxette Pirbakas enchaîne donc les déconvenues lors de la session constitutive du bureau. Elle se présente au poste de 1re vice-présidente. Échec. Son adversaire, l’écologiste Francisco Guerreiro, remporte 38 voix. Elle retente sa chance comme 2e vice-présidente. Las. Daniel Buda (PPE) la bat avec 30 voix d’écart. Mais la séance est ajournée juste avant les votes pour les 3e et 4e vice-présidents. En cause : un nouveau débat éthique. Car les conservateurs eurosceptiques du groupe ECR veulent présenter l’Espagnole Mazaly Aguilar. Aucun problème au premier abord. Malgré leurs positions très critiques envers l’UE, les partis issus de ECR ne sont pas blacklistés. Ils pilotent même des commissions parlementaires. Le problème : Aguilar est une élue de Vox, le seul parti d’extrême droite d’Espagne. Alors, cordon sanitaire ou pas ? « Moi je suis favorable à ce qu’il y ait un candidat ECR, j’ai beaucoup travaillé avec eux par le passé, commence Anne Sander. Mais s’ils pouvaient proposer quelqu’un de plus acceptable… » L’eurodéputée réserve pour l’instant sa décision. Car les groupes discutent des alternatives possibles. Le nom d’un socialiste italien circule. Réponse le 23 juillet, pour la suite du scrutin.    

Publié le 18/07/2019

Événement, lundi 8 juillet, sur le parvis du Conseil départemental du Haut-Rhin à Colmar où La Brigade Verte a pris ses quartiers d’été, l’espace d’une soirée, pour fêter ses 30 ans.

Entourée d’un aréopage de personnalités - conseillers départementaux, maires, sénateurs, députés, représentants des forces de l’ordre… - Brigitte Klinkert a été accueillie par une haie d’honneur de cavaliers et l’ensemble des agents de la Brigade réuni en arc de cercle pour saluer les invités. La présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin a rendu un vibrant hommage aux 70 agents, gardes champêtres, hommes et femmes de terrain, qui incarnent un modèle de service public dont les maîtres mots sont « proximité, efficacité et promotion de la citoyenneté ». « Creuset d’engagement citoyen » dont le Conseil départemental - alors conseil général - fut le précurseur à la fin des années 80 et qui a depuis essaimé dans toute la France. Rappelons que le Conseil départemental du Haut-Rhin est toujours le principal financeur de la Brigade Verte qu’il soutient à hauteur de 1,43 M€. Ses missions vont du sauvetage et ramassage d’animaux à la sensibilisation à l’environnement en passant par l’éradication des moustiques, le suivi des plantes invasives, les interventions liées à la chasse ou à la circulation routière. Henri Masson, président de la Brigade Verte, a rappelé avec enthousiasme les grandes étapes historiques et missions du service, se félicitant des relations de confiance durables nouées avec les élus locaux au fil des ans. « Une brigade qui pourrait, avec l’avènement de la Collectivité européenne d’Alsace en 2021, s’étendre au Bas-Rhin et devenir la Brigade Verte d’Alsace » a souligné Henri Masson. Une proposition à laquelle Frédéric Bierry - qui avait fait spécialement le déplacement à Colmar ce lundi à l’invitation de Brigitte Klinkert - adhère à 100 %.

Comptes de l’agriculture

Coup d’œil sur la ferme France

Publié le 12/07/2019

Difficile de tirer un bilan positif de l’agriculture européenne en 2018. Et pourtant, force est de constater que la France ne se porte pas si mal et se hisse même sur la première marche du podium en termes de valeur. Derrière la tendance globale, il y a aussi les réalités des filières, avec des hauts et des bas : tour d’horizon avec les chiffres de l’INSEE à l’appui.

Les perspectives étaient bonnes fin 2018, quand les résultats provisoires de l’agriculture française ont été publiés. La tendance se confirme aujourd’hui : plusieurs indicateurs sont à la hausse. Ce n’était pourtant pas gagné au vu des chiffres de nos voisins européens. Seule l’Espagne sort également son épingle du jeu. L’Allemagne a par exemple dû essuyer le revers d’une baisse importante de sa production végétale. Que nous racontent ces chiffres ? Photographie globale d’une année entière, à travers tout le pays, les comptes de l’agriculture permettent surtout de se positionner sur l’échelle mondiale. Dès lors, les spécificités, notamment régionales, sont gommées dans la masse. L’INSEE propose néanmoins le détail des filières. Un point de vue tout à fait intéressant à observer. C’est là que l’on découvre une filière vin très porteuse qui pèse pas moins de 14 milliards d’euros. Mais alors que les volumes ont explosé et que la récolte a été excellente, les prix, eux, peinent à monter. Et pour cause : les viticulteurs doivent encore combler les manques du marché en 2017. Autres fluctuations importantes par rapport à 2017 : les prix des céréales, du fourrage, des légumes et pommes de terre sont montés en flèche. L’explication se trouve là aussi dans les volumes, en baisse. Mais d’autres filières se maintiennent. La viande, la volaille, les œufs et le lait font montre d’une stabilité globale. Voilà donc comment on peut en venir à la conclusion que la ferme France se porte relativement bien. Avec une valeur ajoutée de 33 milliards d’euros en un an, les efforts des agriculteurs ont porté leurs fruits.

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